A la rencontre des Rwandais

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lundi, juillet 25 2011

Murabeho...y Murakoze

Au revoir et merci

A chacun de mes voyages cela se passe ainsi et je crois que je ne suis pas un cas isolé. 3 mois, au jour le jour, progressivement on prend ses marques, on construit ses petites habitudes. On rencontre de nombreuses personnes, on multiplie les activités....et arrive la dernière semaine, le dernier weekend, la dernière rencontre, le dernier repas...

On découvre tout d’un coup qu’il reste de nombreuses choses à faire, que trois mois c’est bien trop court.

Mon dernier weekend, j’ai eu la chance de le passer au bord du lac Kivu à Gisenyi accompagné de deux amis. Nous avons découvert ensemble pour la première fois les abords du plus grand lac du Rwanda. La vue est réellement splendide, l’air change, plus frais. C’est avec la brise rafraichissante que je me rends compte que dans les terres c’est souvent ce qui manque. En effet la température n’est jamais extrême mais sans vent, le soleil peut rapidement devenir pesant.

lac1 lac2 lac3

De nombreux palmiers bordent la promenade. J’ai été surpris d’entendre des petits cris d’oiseaux particulièrement stridents. Je lève les yeux sur un palmier, et je vois des chauves-souris ! En plein jour, elles se prélassent la tête à l’envers sous les feuilles de palmiers...surprenant.

chauves-souris

Nous irons jusqu’à la frontière congolaise toute proche qui précède la ville de Goma au Congo. Il n’y a pas de visas pour les originaires de l’Afrique de l’Est, seulement des laisser-passer faciles à obtenir. Cela facilite le développement du business de la sous-région et les déplacements des particuliers. D’ailleurs la ville est quasiment congolaise, nous avons rencontré davantage de Congolais que de Rwandais ! Enfin n’ayant pas moi-même accès à ces conditions simplifiées de passage, nous rebrousserons chemin. Quelques petites criques se dessinent le long de la route vide de baigneurs. Malgré un environnement idyllique, point de commerces rutilants qui écrasent le tourisme en Europe par exemple. Quelques grandes demeures, et autres hôtels de luxe mais toujours en retrait du rivage à l’exception du Serena Hotel qui possède jalousement une plage privée. Je suis surpris par un type d’arbre étrange. Il s’agit d’un hybride où la base est un tronc en bois classique mais dont les ramifications sont en...cactus !

Il est temps de profiter de la mer...pardon du lac ! Ainsi je me baigne dans une eau plutôt chaude. Quel rafraichissement face au soleil persistant. J’aperçois au loin une tour sur l’horizon au milieu de l’eau. Après vérification, il s’agit bien d’un puits d’exploitation du gaz que renferme le lac Kivu en profondeur. Selon des rapports sur cette énergie, les quantités recensées sont prolifiques ! Son extraction pourrait stabiliser facilement la consommation d‘électricité qui pour le moment souffre de nombreuses coupures. Malheureusement, les investissements restent anecdotiques sur ce créneau car la technologie nécessaire est complexe.

puits de gaz

Retour. Le temps de faire une petite photo avec les aides ménagères (Charlotte et Manuel) du logis de mon bienfaiteur Fidèle, avec qui j’ai passé de bons moments, et me voila embarqué pour un déjeuner d’adieu avec les exécutifs et collègues de Duhamic. Après un discours du secrétaire exécutif Innocent, je me vois remettre des cadeaux. Surpris et touché par cette attention je me plie à la tradition par un petit discours.

repas1 repas2 repas3

Retour au bureau, moment des adieux avec l’équipe, chacun est surpris que je parte déjà, c’est pourquoi je distribue mon numéro et mon mail à qui me le demande. La plus chamboulée était apparemment mon amie Julienne qui m’amenait le café tous les jours avec qui j’échangeais toujours quelques mots et quelques rires car elle ne parlait que kinyarwanda. Que dire de la famille Mutabazi qui m’a offert un accueil formidable en me considérant comme un membre de la famille. Merci à Anathalie pour tout ce qu’elle m’a appris sur le Rwanda, à Arlette « la Sénégalaise », sa fille de 6 ans et Alvin le fils de 8 ans. Pour leurs efforts de parler tous les jours en Français avec moi et pour leurs cours sur le kinyarwanda.

Merci aux artisans pour m’avoir fait découvrir le secteur de la menuiserie, leurs compétences, leurs motivations, leurs rêves.

Merci à Gilbert et Jean Bosco pour leur amitié, leur compagnie, pour le partage de leurs idées et de m’avoir accompagné dans la découverte de la culture rwandaise.

Merci à Juvénal d’Adenya, compagnon de route expérimenté sur le terrain pour sa gentillesse, ses connaissances et son accueil.

Le dernier mot sera pour Fidèle Mutabazi. Autant mon responsable, mon collègue, mon hôte que mon ami. Nous nous serons côtoyés tous les jours durant ces trois mois. Rarement j’ai eu de si bons rapports autant professionnels que personnels avec quelqu’un. Je le remercie pour sa franchise, son honnêteté, son ouverture d’esprit, son accueil, nos échanges, sa simplicité et sa joie de vivre. J’aurai appris beaucoup à ses côtés.

Les Rwandais sont très accueillants, c’est pourquoi il est difficile de les quitter. De retour en France, je reçois déjà des appels téléphoniques pour avoir de mes nouvelles. Voila ma première expérience en Afrique noire touchée à sa fin. Comment dans de telles conditions, ne pas promettre de revenir ?

Merci également aux lecteurs qui j’espère, ont apprécié de partager avec moi ces moments de vie!

A bientôt

Au revoir

Bilan

J’ai suivi pendant trois mois les artisans menuisiers de Nyaruguru. Je suis arrivé pour la mise en route de deux nouvelles unités de machines. Durant ces quelques mois j’ai pu assister à plusieurs formations : Il y a eu celles pour les gestionnaires et machinistes après qu’ils aient été définitivement recrutés. Ensuite, il y a eu la formation des artisans bénéficiaires du programme pour qu’ils comprennent le fonctionnement des unités et qu’ils les gèrent eux-mêmes. Par exemple, ils ont dû ensemble discuté des tarifs à établir pour les différentes opérations de service. J’ai pu aussi voir la reconnaissance officielle pour certains artisans qualifiés. Lors d’un concours artisanal national, une troisième place à été obtenue.

Durant cette courte période, j’ai pu voir que le projet se concluait. Les deux sites ont débuté leur activité dans de bonnes conditions. Malgré des doutes préliminaires sur l’utilité des machines, les artisans sont bien présents pour profiter de leur mise en route. Lorsqu’ils voient la vitesse d’exécution et le résultat, ils ne peuvent que s’en réjouir. Malgré la relative concurrence qu’ils peuvent entretenir entre eux, j’ai pu assister à une réunion pour l’organisation de la grande exposition artisanale nationale. Les différents ateliers ont pu s’exprimer et contribuer à la fourniture du stand en articles de menuiserie à exposer pour fin juillet. Comme me le disait un artisan, les commandes sont plus importantes (et même significatives) à partir d’Août quand les gens construisent leur maison. En effet, lors de ma présence, les commandes étaient éparses mais existantes.

J’ai pu assister au support quotidien de Duhamic et d’Adenya pour favoriser la croissance de l’activité. J’ai vu Fidèle motiver les troupes, leur donner des conseils précis sur la qualité et le choix des produits, sur le respect des délais, sur la gestion des machines ou même sur la nécessaire maîtrise de toute la filière. Comment répondre de façon pertinente aux clients, obtenir des marchés, etc.

J’aurai dû voir également le démarrage du séchoir à bois. Malheureusement, des améliorations techniques sont nécessaires pour optimiser son fonctionnement. Des tests seront effectués pour vérifier la qualité de son action. Etant donné les quantités de matière première concernées (capacité de 600 madriers), il est crucial de s’assurer de la bonne marche des opérations (homogénéité du séchage, risques d’incendies maîtrisés, efficacité, etc.)

J’ai de mon côté effectué plusieurs entretiens (salariés d’Imbonya, artisans) pour comprendre leur histoire et voir de plus près leur mode de fonctionnement.

En conclusion je dirai que leur défi majeur est de toujours mettre l’accent sur leur visibilité. Leur expertise est là, mais le client n’en a pas forcément la connaissance. Le client achète de l’importation sans forcément savoir qu’il peut favoriser des artisans locaux et ainsi participer au développement de régions reculées comme le Nyaruguru ! Obtenir des marchés publics me semble aussi crucial pour faire décoller significativement l’activité. Ainsi, la réputation s’établira et le bouche à oreilles fera le reste !

Trois mois sont trop courts pour être en mesure de comprendre un projet, son contexte, son histoire dans son intégralité. Il n’empêche, cette expérience m’aura permis de découvrir un secteur inconnu auparavant, un contexte très spécifique et surtout, une solution durable à la pauvreté dans les campagnes du Rwanda. Il s’agit de diversifier les activités, remettre en valeur la campagne et ses opportunités, surtout quand les éléments pour réussir existent mais qu’il s’agit seulement des les réunir. Alors encore une fois, bravo à Duhamic et Adenya pour leur accompagnement de long terme. Le projet touche à sa fin dans quelques mois, et je pense avoir pu constater la capacité pour les artisans de s’autonomiser sous peu. Comme dit Fidèle : « Leur accompagnement ne sera jamais vraiment fini, après tant d’années d’échanges et de contacts entretenus, Duhamic restera un interlocuteur privilégié pour la représentation des artisans de Nyaruguru. »

mercredi, juillet 13 2011

Les forgerons

C’est déjà la dernière semaine, trois mois passent à une vitesse folle. Mon dernier passage au sud me permet d’enfin rencontrer les forgerons de Gishamvu et de Munini. Ils manient la masse avec vigueur et précision ! Leur matière première se trouve dans la récupération des déchets métalliques. C’est impressionnant d’observer leur travail lorsqu’ils battent le métal encore rougeoyant sur l’enclume qui retentit d’une musique caractéristique.

Ici, ils préparent des clous, des lames pour rabots, des bracelets, des petites pièces pour les systèmes de fermetures. Le dernier découpe avec un patron les morceaux qui seront destinés à des instruments de musique traditionnels : les amayugi. Ils s’accrochent aux pieds voire aux bras pour que chaque pas résonne et rythme la musique.

Trio découpe des amayugi amayugi

Après la masse et l’enclume, leur outil principal et le foyer. Au milieu d’un lit de briques, un soufflet artisanal fait d’un sac permet de faire monter la température pour que le métal devienne incandescent et soit déformable.

enfants sur foyer

Un autre produit fini est la lame pour ciseaux à bois qui est limée pour la rendre tranchante comme un rasoir.

en train de limer lames de ciseau

Il y a également le soudeur qui est là pour assembler les différentes tiges de métal. Il crée ainsi les sièges typiques des vélos taxis. Des tiges à l’avant sont également ajoutées pour renforcer la solidité du cycle qui doit subir les défauts de la route en permanence avec des poids parfois considérables. En effet combien de fois ai-je croisé la route de personnes transportant mille choses sur leurs vélos : des montagnes de bidons, du bois, des longues tiges de métal, des énormes sacs de nourriture, jusqu’à trois caisses de bouteilles empilées les unes sur les autres...

soudeur1 soudeur2 avant vélo arrière vélo

Enfin, ce qui lui rapporte réellement de l’argent est la constitution des grilles protectrices qui encadrent toutes les fenêtres de toutes les maisons. Ici, vous pouvez voir l’atelier de Gishamvu lui-même équipé ainsi.

atelier

J’ai été surpris de voir qu’avec des moyens rudimentaires, Ils fabriquent également des clés ! Cela semble très fastidieux comme opération mais le résultat est indéniable.

clé

A Munini, j’ai trouvé un curieux mais ingénieux soufflet. Il ressemble à un double tambour. En fait, ces tiges accrochées aux sacs recouvrant deux cavités permettent de doubler la vitesse pour atteindre des températures infernales.

soufflet2

J’ai pu assister à l ‘élaboration d’une lame de hache. C’est impressionnant, le morceau de métal rectangle et très épais et inexorablement aplati et tordu pour prendre la forme voulue. Les artisans y mettent toute leur force et tapent pendant une dizaine de secondes à tour de rôle sans interruption. Le tout dans un rythme assourdissant.

hache1 hache2 hache3

Leurs gestes sont sûrs, rapides et précis. Je serre les dents lorsque je vois deux artisans travailler ensemble, l’un tient le burin qui dépasse à peine de son poing, l’autre tape nonchalamment (mais puissamment) avec le marteau, atteignant sa cible à chaque fois.

une équipe soudée

Je repars avec des sons de cloche dans les oreilles mais bien content d’avoir pu observer ce métier. Nous passerons finalement là où les artisans menuisiers s’étaient réunis pour une formation sur la gestion et pour discuter des prix des services collectifs, à Kibeho. C’est ici que serait apparu la vierge marie. Reconnu en 2002 par le Vatican, l’église érigée pour l’occasion est devenue un lieu de pèlerinage majeur du pays.

mercredi, juillet 6 2011

Les outils manuels

En parlant toujours de ces unités d’usinage, on en oublierait presque les outils que la majorité des artisans utilisent le reste du temps. Certains artisans ne peuvent pas s’offrir les services communautaires ou bien décident tout simplement d’économiser le coût que cela représente même si il faut bien insister sur le fait que ces mutuelles d’équipement sont là pour faciliter le travail des menuisiers. Les services leur sont destinés !

Enfin même avec l’utilisation des machines, les artisans ont toujours besoin de faire l’assemblage et la finition à la main.

Dans les outils qui sont incontournables vous trouvez en premier lieu le ciseau à bois. Il sert à creuser les mortaises, réduire la largeur d’un bâtais, faire un débutage, etc.

ciseau à bois utilisation ciseau1 utilisation ciseau2

Le vilebrequin est aussi un outil « d’usinage » qui permet de creuser les trous pour des vis. Il sert notamment pour la pose des gonds de portes.

vilebrequin utilisation vilbrequin

Il y a également la varlope qui rabote de façon plus uniforme les planches, les rendant droites.

varlope utilisation varlope

Ensuite, vous avez l’équerre pour mesurer, tracer les lignes de coupes à 45° ou 90° en utilisant la scie bien sûr. Des morceaux de bois cloués dans le plan de travail servent de cales pour prendre appui lors du sciage par exemple.

équerre scie

Pour continuer dans le tracé, j’ai découvert le trisquin. C’est une sorte de manche en bois avec un clou à son extrémité. Cela sert à tracer des lignes parallèles tout le long d’une planche pour le sciage ou les rainures.

trisquin

Un moyen efficace existe pour rendre immobile un produit intermédiaire sur le plan de travail pour œuvrer celui-ci plus précisément. Il consiste un lourd barreau de métal appelé valet, que l’on insère dans un trou du plan de travail et que l’on assujetti à coups de maillet. Il est conseillé de mettre une cale sur la planche pour ne pas l’abîmer.

Valet

Nous arrivons dans la phase d’assemblage avec le traditionnel marteau pour les clous.

cloutage

La presse est très utilisée pour agréger plusieurs planches ensemble pour les panneaux de portes surtout.

presse

Pour terminer, l’imbrication de chaque partie d’un produit se fait à l’aide du maillet pour que les mortaises et les tainos s’insèrent parfaitement.

assemblage final

La finition peut se faire avec le désagréable papier de verre pour éliminer toute imperfection et rendre les panneaux le plus lisse possible.

papier de verre

Voila, vous pouvez maintenant vous faire votre petit kit du parfait menuisier. Mais gare aux fainéants, c’est un métier physique et laborieux !

mercredi, juin 22 2011

Naguiye parc Akagera !

Je suis allé au parc Akagera !

A peine revenu le soir de Nyaruguru que je repars samedi matin à 5h30 pour la province de l’est ! Enfin, je vais découvrir cette région qui suscita longtemps ma curiosité dans le sens où il parait…que la région est plate ! Comment ? Le pays des mille collines comporte une région dénuée de ces reliefs sacrés ? J’étais tellement habitué aux collines que j’avais presque oublié ce que c’était de rouler sur une route plate !

ROUTE PLATE

C’est Emmanuel qui nous emmène au parc Akagera, à 2 heures de route de Kigali. Je dis « nous » car j’ai la chance d’être accompagné par Gilbert un collègue responsable du projet de lutte contre le sida avec qui j’ai sympathisé et l’ami Jean Bosco. Gilbert est enthousiaste car il n’y est encore jamais allé.

Nous traverserons le parc du sud au nord. Celui-ci est étendu de façon verticale le long de la frontière tanzanienne. A l’entrée du parc, nous croiserons plusieurs bus de jeunes écoliers venus de l’école de green hills de Kigali. Bien heureux d’avoir amené ma carte d’étudiant, le prix d’entrée sera divisé par deux ! Qu’il est bon d’être étudiant… Bon, après avoir attrapé un guide, Saïd de son prénom, nous entamons la visite. A cette époque de l’année (début de la saison sèche), les animaux ont tendance à délaisser la partie sud du parc bien plus sèche. C’est pourquoi notre chauffeur ne s’y attardera pas. Les chaos rencontrés sur la route valent ceux de Nyabimata ! En tout cas, nous verrons quand même plusieurs animaux au début du parcours. Des babouins, des impalas, des waterbucks, des topis et….un black mamba ! Lorsque le guide nous arrête pour observer cet énorme serpent, celui-ci traverse la route rapidement…sous la surprise je n’ai pas pu le prendre en photo, mais il est clair que ce serpent est énorme ! Pour nous rassurer bien sûr, le guide nous apprend qu’une morsure de celui-ci et c’est la mort en 15 minutes…Je ne vous ai pas parlé du premier animal rencontré : le parasite. Vous savez, ces grosses mouches qui sucent le sang habituellement des éléphants par exemple, eh bien quand ils considèrent le véhicule comme un animal, ils ne vous quittent plus ! Une centaine autour de nous et intrépide que je suis, je souhaite abaisser la vite pour une photo d’un animal et c’est le champ de bataille à l’intérieur !

Impalas

mâles

water buck

Elan du Cap

Nous passons à la pêcherie où nous apercevrons un bébé crocodile. Nous arrivons ensuite sur la « plage aux hippos ». Malheureusement nous n’en rencontrerons pas. Seuls ces oiseaux sont présents.

oiseaux

Nous prenons de la hauteur avec vue sur le deuxième plus grand lac du Rwanda après le lac Kivu. Nous apercevons aux jumelles les fameux éléphants de mer en contrebas. Nous ne pouvons pas descendre les approcher, aucune route ne descend près de leur lieu de baignade.

lac

Nous arrivons enfin au nord du parc. C’est la que se trouve une immense plaine qui facilite l’observation puisque nous pouvons nous y déplacer librement avec le 4x4. La vue est magnifique, nous pourrons découvrir les phacochères, les buffles, les zèbres et le clou du spectacle est sans aucun doute les girafes !

phacochères

bufles

zèbres

girafe1

Emmanuel

Cette dernière photo est amusante, on dirait que la girafe esquive le doigt d’Emmanuel !

Voila, il est déjà temps de rentrer, nous sommes déjà bien fatigués avec la chaleur. Nous regretterons seulement d’avoir manquer les éléphants et les hippopotames ou même la chance de surprendre un léopard ! Les lions manquent aussi à l’appel. Il y en avait avant la guerre mais depuis, ils ont disparu par la chasse. Le parc est cependant géré en collaboration avec les parcs voisins pour réussir à réintégrer certaines espèces comme le lion. La girafe en est un exemple réussi.

Gilbert, Jean Bosco et moi

A la sortie du parc, nous croiserons des élevages de centaines de vaches aux cornes majestueuses. C’est également une région où poussent des forêts entières de bananiers ! Nous faisons une pause déjeuné vers 15h. Après 6 tournées de brochettes à 200frw pièce, nous rentrerons, épuisés mais heureux.

vaches

lundi, juin 20 2011

L’exposition nationale, un rendez-vous clé

Les coopératives intégrées au programme de développement triennal de la filière bois se sont réunies pour discuter de l’organisation de l’exposition artisanale nationale 2011. Elle aura lieu fin juillet jusqu’à début août pendant 2 semaines. Cet événement est une grande opportunité pour valoriser la production artisanale locale. En effet, outre la publicité qu’ils en retirent, des commandes importantes peuvent avoir lieu directement sur place. C’est ainsi qu’Imbonya reçu pour 3 millions de francs rwandais (3890 euros) de commandes lors de la session 2010. C’est pourquoi il est nécessaire de se réunir au préalable pour organiser tout les détails le mieux possible. 4 coopératives sont représentées par leurs présidents respectifs et leurs secrétaires.

De gauche à droite : Evariste Minani (Imbonya), Fidèle Mutabazi (Duhamic), Chrysogone Abayigana (Imbonya), Emmanuel Bizumuremyi (Coamenya), Jean-Baptiste Rwamuza (Imbonya), Viateur M.Rutabana (Coamenya), Jean Damascène Nutuzo (Ndago), Bernardin Gasirabo (Nyabimata), Callixte Nsanzimana (Nyabimata), Patrique Ngendahayo (Coamenya). Tout à droite à pein visible : Athanaze Nkurunziza (Imbonya). Philippe Hodali (Coamenya) n’était pas encore arrivé.

réu expo

Fidèle, débute la séance en faisant un état des lieux des besoins. Il rappelle aux artisans l’utilité de créer des cartes de visite et de porter des tee-shirts au nom de leur coopérative. Pour la participation de Duhamic, l’association a déjà réservé les 2 emplacements d’exposition pour 900 000 frw. Il met en garde contre une relative baisse de la qualité de fabrication des produits de la coopérative Imbonya qui a acquis une bonne réputation (de nombreux prix obtenus). Il ne faut donc pas relâcher les efforts car la concurrence est rude. Rappelons qu’une coopérative bénéficiaire du programme, Coamenya, est maintenant en compétition au niveau national pour le concours de qualité des produits de menuiserie. Fidèle prévient que l’espace d’exposition est restreint et qu’il va falloir optimiser le choix des produits et l’aménagement des stands. Le président d’Imbonya fait part de son expérience de l’événement des précédentes années. Il précise qu’il faut organiser suffisamment de place pour circuler autour des produits pour rendre la visite plus confortable. Il ajoute qu’il faut faire attention aux concurrents qui viendront surement pour identifier les modèles. Il finit par conseiller avec Fidèle de n’exposer que des portes en eucalyptus. Il s’agit de promouvoir la spécialité des artisans du sud qui est le travail de cette essence de qualité supérieure pour que les clients identifient clairement le groupement. Néanmoins, il faudra également préciser qu’ils peuvent produire dans les autres essences. Le président de la coopérative de Ndago propose également d’exposer l’outillage de menuiserie. Un autre participant fait remarquer l’importance des portes qui représentent la plus grande partie des commandes. Après une longue discussion, le groupe se met d’accord sur quels produits et quels modèles fabriquer. Ils déterminent finalement la répartition de la production entre tous les ateliers.

6 portes seront exposées toutes en eucalyptus dont un modèle vitré et un autre avec cadre. Les modèles sont choisis dans leurs catalogues de référence. Chaque coopérative en produira au moins une. 10 chaises sont prévues. Coamenya en produira 2 en eucalyptus et 2 en filao (essence plus sombre et tachetée). Les 6 autres seront fabriquées par Imbonya en eucalyptus. La coopérative s’occupera aussi de l’outillage.

2 personnes tiendront le stand. Il faut que ceux-ci soient capables de parler français et anglais pour être en mesure de répondre aux clients et visiteurs étrangers. Il est nécessaire qu’ils soient bons en communication et familiers de tels événements publics. Enfin, il est décidé pour chaque responsable d’atelier, un voyage d’étude sur place pour étudier la concurrence.

L’après midi est entamée quand la réunion s’achève. Comme dit Fidèle « nous avons travaillé comme des agronomes ! ». Il fait référence à une boutade professionnelle comme quoi ces fameux agronomes lorsqu’ils sont sur le terrain auraient rarement l’occasion de manger le midi ! Nous avons commencé la réunion tardivement car Fidèle, Bonaventure Ntirugulirwa, spécialiste forestier de l’ISAR et le technicien Muvala en charge du séchoir ont étudié la possible mise en route du séchoir.

deant le séchoir

Malheureusement, les nouvelles sont mauvaises. En effet beaucoup de détails seraient à régler. Les craintes sont multiples. D’un côté, on pense qu’il y a un risque d’incendie avec la possibilité d’étincelles dans les fours d’alimentation qui sont très proches du bois qui sera stocké. Il aurait fallu mettre les fours en haut du mur pour supprimer ce risque d’après un séchoir réalisé dans la région du nord.

Devant les fours

On se pose également la question de l’homogénéité du séchage, les planches les plus proches du four ne vont-elles pas être sèches plus rapidement que les plus éloignées ? Parlons du système de répartition de la chaleur : les ventilateurs. Il s’avère plus judicieux de pivoter les pales pour une action plus efficace et de descendre les hélices de quelques dizaines de centimètres.

Hélice A l'intérieur

Quand à l’hermétique, elle paraît quelque peu compromise. En effet deux trappes existent pour évacuer la fumée…mais il faut améliorer le système comme pour minimiser la perte de chaleur avec par exemple un tuyau aspirateur. Des interstices autour des ventilateurs doivent être colmatés. Enfin la porte du séchoir en bois s’est un peu affaissée et laisse entrevoir le jour ! Il faut absolument acheter des joints ou de la mousse pour la rendre étanche.

Voila, beaucoup de questions ont été soulevées. Mais comme dit Chrysogone un artisan d’Imbonya, il faut tester pour voir si tous ces détails ne sont pas superflus ! En effet la réflexion académique des spécialistes va parfois un peu trop loin selon certains. Ce séchoir est une première expérimentation dans la région. Après avoir décidé d’un test sur quelques madriers, on décide plutôt de faire un test à vide pour contrôler le niveau de chaleur et sa répartition dan l’enceinte. Cependant lors de notre visite, tous les environs étaient privés d’électricité. Nous reviendrons une prochaine fois pour effectuer ces tests.

mercredi, juin 15 2011

Le démarrage des unités

Ça y est, l’activité va pouvoir débuter. Ces deux dernières semaines nous avons accompagnés les deux sites d’usinage de Ndago et Nyabimata pour la dernière ligne droite. Nous sommes venus avec le formateur Gelas pour superviser une dernière fois les deux opérateurs sur l’utilisation de chaque machine. C’est un artisan expérimenté et un technicien reconnu. C’est lui-même qui déjà avait installé le site de Gishamvu auparavant. Il a également réalisé une précédente formation avant que les machinistes ne soient encore désignés. Pour cette dernière, il s’agit de produire deux chaises et un bureau pour meubler…le bureau du gestionnaire de chaque site !

Nous commençons naturellement par le site de Ndago (premier site que l’on croise en venant de Butare). Gelas fait un tour des machines pour vérifier leur état.

Scie groupe devant scie circulaire Geras devant dégauchisseuse toupie

Vous êtes vous jamais demandé lorsque vous regarder dans la sacoche d’un bricoleur une collection de clés, à quoi peut bien servir la plus grosse ? Voyant une clé de 41, je saute sur l’occasion. Gélas me fait tout de suite une démo de ce à quoi elle peut bien servir…Dé/monter la tête de la toupie ! Effectivement sur des machines industrielles, ce type de clés peut être plus facilement sollicité que dans le garage d’un particulier…

Clé41

C’est alors que l’on constate que la dégauchisseuse possède des lames complètement abîmées ! La conclusion est qu’il est indéniable que la machine a été utilisée à leur insu et qu’en plus, ces personnes n’ont pas pris soin du matériel. Ils ont surement dû passer une planche avec des clous ! Cela nous retardera donc pour son utilisation puisque nous devons envoyer quelqu’un à Gishamvu où se trouve une machine à aiguiser électrique. Le système est un gros cylindre muni de 4 lames qui une fois allumé, tourne à grande vitesse pour aplanir et unifier le madrier que l’on y passe afin d’obtenir une planche droite.

démontage cylindre cylindre détail lame démontage

La raboteuse fonctionne sur le même système que la dégauchisseuse, avec un cylindre muni de 3 lames. Cependant elle aplanie uniquement les faces larges des madriers. Une plateforme mobile permet de déterminer l’épaisseur que l’on veut. Il s’agit de diminuer progressivement l’écart pour être précis. Il suffit ensuite d’engager la planche et des cylindres s’occupent de faire progresser la planche sur toute sa longueur. Chaque madrier passera et repassera maintes fois.

raboteuse raboteuse JD raboteuse G

Après avoir épuré les planches, il faut les couper ! La scie circulaire est très « maniable ». Je demande au formateur à quoi servent toutes les poignées et autres vis. Il s’avère que la machine est plus flexible qu’il n’y paraît. On peut couper les planches dans la largeur : Pour se faire vous avez une sorte de plateforme qu'il faut juste coulisser en maintenant la planche contre une règle qui permet d’effectuer les coupes au millimètre. Cette règle peut être déplacée pour modifier l’angle initial de 45°. Après avoir démonté la plateforme coulissante, on peut effectuer l’opération dans la longueur…attention aux doigts ! Il y a également deux manivelles pour faire pivoter la scie de 45 degrés ou modifier sa hauteur de coupe.

scie1 scie2 scie3 scie4

Et voila le travail ! Quand l’artisan doit faire ces opérations à la main à la varlope (raboteuse à main), il prend énormément de temps, il fatigue rapidement et la précision reste aléatoire. Ces outils donnent un résultat très satisfaisant. C’est fascinant de passer ses doigts sur la planche et de la sentir lisse, presque douce !

résultats résultats1

Malgré des opérations limitées, les copeaux viennent déjà envahir le hangar !

copeaux

Nous terminerons par faire une mortaise pour la porte du bureau qui n’avait toujours pas la poignée d’installée. Il suffit de bloquer à l’aide de presses la porte sur l’établi et de bien faire correspondre la tête de la machine avec la partie à usiner. On règle la profondeur voulue de l’opération et la machine en marche, on manipule deux leviers pour gérer la profondeur et le déplacement horizontal.

morta1

morta2 morta3

Les pièces ainsi réalisées seront reprises par les menuisiers de la coopérative Imparanya pour qu’ils aillent les assembler dans leur atelier.

Nous continuons notre route pour Nyabimata, accrochée dans les hauteurs des collines les moins accessibles.

L’objectif est le même, produire deux chaises et un bureau pour la gestionnaire. Dès la mise en fonction des machines, de nombreux observateurs viendront assister aux opérations. Il s’agit des menuisiers pour la commande bien sûr, mais aussi des artisans non directement intégrés au programme qui demanderont dans la foulée, quelques services d’usinage.

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Après ce suivi, Fidèle me laissera à Nyabimata plus longtemps pour que je continue l'observation de l’avancée de la production avec Juvénal l’animateur Adenya. Le soir, c’est l’occasion pour moi de tenter d’échanger avec le formateur et les machinistes. Gelas à des bribes de français mais ce n'est pas le cas des autres. Nous réussirons malgré tout à communiquer par gestes. Ce sera l’occasion de découvrir beaucoup de Kenyarwanda ! Un professeur local m’adressera d’ailleurs la parole en pointant du doigt le problème de la transition des langues à l’école entre le français et l’anglais. Sans formation à l’anglais, les professeurs ont beaucoup de mal à proposer un enseignement de qualité.

Chaque dernier samedi du mois, Adenya effectue une réunion du personnel pour faire un point sur les activités en cours. Ils m’inviteront à participer aux échanges. Juvénal me fera gentiment la traduction. Les différents projets en cours seront abordés, chacun demandant des précisions sur les projets des autres. Après cette réunion (et un bon repas), l’équipe décide d’aller au site d’usinage de la colline voisine à pied (pour digérer !) car beaucoup d’entre eux (seul Juvénal est impliqué dans ce projet) n’ont encore jamais vu le site ! Gelas se fera un plaisir de les informer sur le fonctionnement des machines.

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Finalement je rentre par les transports en commun. Un minivan a été acheté par Adenya pour désenclaver la région de Nyabimata. Je repars avec Gelas à 5h30 du matin. La route est bien plus longue dans ce véhicule ! Ce n’est pas un tout terrain ! Déjà qu’en 4x4 nous n’allons pas vite mais là, nous roulons au pas. A chaque racine, trou et bosse nous passons au ralenti pour ne pas laisser derrière nous quelque élément de dessous le véhicule. Nous penchons parfois dangereusement sur le côté si bien que je crois que nous allons nous retourner. Enfin, le chauffeur averti connaît par cœur son parcours et nous amène à Butare à 8h. Ici, nous prenons un de ces minibus plus récents qui filent aussi vite que les voitures sur les routes goudronnées. Nous arrivons bien fatigués à 11h à Kigali. Gelas m’invite à déjeuner chez lui le midi. Nous passons à côté de son lieu de travail, une immense foire où se bousculent différents artisans. Arrivé chez lui, je découvre tous les meubles en bois qu’il possède. Il les a bien sûr lui-même fabriqués. Buffet de coin aux angles arrondis, table à manger, table basse, chaises, fauteuils, guitare...Ils sont très beaux avec une finition parfaite. Son expertise n’est plus à prouver ! Après avoir fait connaissance avec les petits Prince et Précieux et remercié mon hôte, je les laisse profiter de ce dimanche en famille…

mardi, mai 31 2011

Le centre semencier d’Adenya

Lors de la formation pour les nouvelles équipes des mutuelles d’équipement, j’ai émis le souhait de visiter le centre semencier d’Adenya dont j’avais entendu parler. Juvénal a trouvé un moment pour m’y emmener, laissant les binômes travailler sur un exercice final pour manipuler les outils de gestion.

Juvénal me dit que le site n’est pas loin... mais d’ajouter la route n’est plus praticable en voiture. Ah ? Ça ne doit pas être méchant. En fait je pourrais constater d’expérience que la route est en effet non praticable. Entre crevasses érodées, inclinaisons critiques et mares stagnantes, la moto a bien du mal à se frayer un chemin.( Et pour tous ceux qui pensent que j’en rajoute concernant les secousses je les met au défi de témoigner du contraire !) Les quelques kilomètres seront rudes et sportifs, surtout pour le passager qui doit se cramponner non stop, avec les soubresauts en première ou deuxième vitesse ! Parfois je devrais même descendre pour ne pas désarçonner à cause de la côte,

côte

ou pour ne pas prendre un bain précipité !

mare aux canards

L’exercice valait le coup, nous débouchons finalement sur le sommet de la colline qui offre une vue sur les cultures de thé. Pas une maison, le décor est splendide.

Thé Thé2 Thé3

Nous arrivons au hangar qui renferme les précieuses semences. Il s’agit de pommes de terre de différentes variétés.

Extérieur

Intérieur avec responsable

Fidèle et la responsable du site m’expliquent le procédé : laisser pousser les petits tubercules, après une certaine période, couper pour replanter pour une moitié, et pour l’autre laisser arriver à maturité. Cela donne les fameuses semences qui sont triées par calibre, les plus petites retourneront dans le processus.

Petites pousses Tubercules bassines des calibres

A l’extérieur, le compost utilisé pour les tubercules est stérilisé par vapeur d’eau dans ces bidons.

Stérilisateurs

Au premier plan, le compost qui doit être retourné régulièrement pour être homogène. Il passera au semis pour être nettoyé des impuretés (branches). Il est issu d’une variété de différentes plantes coupées en morceaux de quelques centimètres. Il servira de terreau fertile pour accueillir les semences. Au second plan, des établis protégés du soleil, qui accueillent les semences viables au dernier stade, pour qu’elles se réhabituent au vent avant d’être vendues.

compost

Nous visitons deux étables voisines qui fournissent du fertilisant (excréments) et du lait vendu également.

étable

Nous rentrerons finalement avec un petit cadeau des environs, du maïs. Nous dégusterons ceux-ci cuits le soir même, un délice.

maïs

En bonus, des photos qui choqueront toutes les mamans françaises ! La petite Lola, neuf mois et déjà addicte à la…bière. Non, vous ne rêvez pas, et ceci est tout à fait répandu (je l’avais déjà rencontré auparavant). C’est tout à fait accepté à tout âge comme vous pouvez le voir. C’est peut être efficace contre les cris intempestifs...cependant, nous éviterons d’importer ce point culturel !

Lola Lola2

Formez les rangs !

C’est lors d’une nouvelle descente à Nyaruguru, que j’assiste aux trois jours de formation des nouvelles recrues. Il ‘s’agit des deux nouveaux gestionnaires et deux machinistes des sites d’usinage de Ndago et Nyabimata. Rachel Uwizeyimana, l’actuelle gestionnaire de la coopérative Imbonya participera également pour faire bénéficier de son expérience.

La formation a lieu à Nyabimata au siège d’Adenya. Je pars très tôt de Kigali, à six heures. Nous passons prendre Alexis, technicien Duhamic au Nyaruguru pour le ramener avec nous. Arrivés au sud, nous passons successivement à Gishamvu pour prendre Rachel, et trois autres secteurs pour le reste de l‘équipe. Nous voila huit personnes embarqués dans (aussi dans la benne du pick-up) la voiture pour attaquer l’ascension vers Nyabimata. Nous arriverons finalement vers 12h. La route est longue car, pour aller à Gishamvu, il n’y a qu’une route qu’il faut ensuite prendre en sens inverse pour atteindre la route de Nyabimata. Un repas typique nous attend là-bas, l’Agatogo. Il s’agit d’un mélange de viande (en l’occurrence ici du lapin), de bananes, et de la sauce d’arachide.

repas trad

Après ce repas, Juvénal, l’animateur du projet bois, nous fera une présentation de la formation, les points clés etc. Les présentations faites (ils sont tous dans la trentaine), Rachel la gestionnaire d’Imbonya prend la parole, Juvénal me fera la traduction. Malgré son manque d’expérience (dit-elle), elle insiste sur l’importance de connaitre le vocabulaire de base de la menuiserie. C’est parti pour un tour d’horizon des termes techniques : rabotage, sciage, mortaise, ténos, rainure, débutage, batais…Je vous passe les détails, mais ce fut très instructif. Ensuite, elle parle plus précisément de l’organisation des services en citant l’exemple de l’unité d’usinage qu’Imbonya s’est appropriée. Chaque service doit avoir un tarif relatif à la qualité du bois et à son essence. L’exemple est donné pour le rabotage, l’eucalyptus à 400 frw pour 4 mètres, et le cyprès, 150 frw pour 2 mètres.

1er jour

Elle enchainera par les difficultés rencontrées au lancement de l’activité. Dans les grandes lignes, il s’agit d’un manque de collaboration entre le machiniste et le gestionnaire, des erreurs dans la correspondance des opérations et des factures. De façon plus insidieuse, des problèmes sont à constater du côté des menuisiers utilisateurs du service. En effet, ceux-ci ne ratent pas une occasion pour profiter des services gratuitement ! Certains cachent leurs besoins en énonçant qu’une partie de ceux-ci mais utilisant davantage de service, d’autres paieront soi-disant plus tard, après l’utilisation du service. Enfin, profitant de la pause de midi, des menuisiers sont déjà venus pour utiliser les machines eux-mêmes en toute impunité en l’absence de l’équipe.

Donc l’objectif général est de bien être rigoureux dans la gestion pour ne pas laisser des passagers clandestins s’infiltrer dans l’utilisation des services ! Les sites sont au service des menuisiers certes, mais le respect des règles seul, pourra rendre égal l’accès aux services et les sites rentables. Le binôme doit être complémentaire et attentif aux allers et venus des menuisiers. Rachel continuera sur la gestion des machines, l’importance de leur entretien, pour anticiper tout dégât majeur. La gestion des stocks sera également abordée. La gestionnaire recommande de comptabiliser les sorties de matière première par pièce. Auparavant elle les effectuait au m3, mais cela s’est soldé par des pertes. Il faut toujours savoir de combien de planches a besoin chaque artisan pour produire chaque article. Enfin, pour clarifier les activités, après usinage des pièces, les artisans doivent retourner dans leur ateliers pour continuer leur activité pour ne pas qu’il y est trop de monde sur le site. La solution réside dans l’acquisition de parcelles proches de la mutuelle d’équipement.

C’est alors que les « élèves » posent des questions et s’interrogent su quelques points. Par exemple, l’un s’exprime sur la gestion des déchets (planches éclatées, cassées, mauvais calibre…). Le tout serait de baisser le prix de ces derniers pour pouvoir les vendre et répercuter cette perte par une hausse des prix des bonnes planches. Une autre question concerne les grosses commandes, peut-il y avoir des réductions ? Juvénal informe qu’il sera de leur ressort de le déterminer en concertation avec les menuisiers qu’ils rencontreront prochainement. Pour terminer je suis surpris d’apprendre qu’ils connaissent déjà quelle machine consomme le plus d’énergie (la toupie) et qu’ils ont des stratégies pour optimiser son utilisation comme attendre un nombre consistant d’opérations à faire avant d’allumer la machine (c’est l’allumage qui consomme le plus).

C’est la fin de la journée, j’en profite pour découvrir les environs avec Jean Bosco, le futur gestionnaire de Ndago qui est le seul à parler Français et Anglais.

Le second jour sera réservé aux outils de gestion. Une petite introduction sur la gestion, brainstorming sur sa définition pour laquelle nous retiendrons la version courte : le suivi des variations de patrimoine au jour le jour, à la différence de la majorité des petits commerces qui ne tiennent absolument aucun compte. Juvénal insiste sur l’importance d’être rigoureux, de justifier toutes les opérations et d’accorder une attention égale à chaque livre de compte. Voici les modèles utilisés : livre de caisse, fiche de stock ; livre de banque, facture, bon de commande, reçu, bon de dépense.

outils de gestion

Après la présentation de ces outils, ils s’exerceront à les utiliser, étudieront le bilan et le prix de revient. Pendant un exercice final, je m’éclipserai pour visiter le centre semencier de Gasé avec Juvénal.

Cette petite formation touchera à sa fin le troisième jour par la visite du site de Gishamvu, avec l’étude et les essais des opérations sur les différentes machines. Juvénal donnera quelques derniers conseils concrets à l’équipe.

travail sur machine

groupe de travail

Il est temps maintenant de faire une petite photo de promotion ! L’équipe se connait davantage maintenant. Cela permettra une meilleure coordination des différents sites. De gauche à droite, Innocent Ibizimana (machiniste Ndago), Jean Bosco Mugabonake (gestionnaire Ndago), Jean Damascène Nzabalinda (machiniste Nyabimata), Espérance Nyampundu (gestionnaire Nyabimata) et Rachel Uwizeyimana (gestionnaire Imbonya). Rachel prendra surement le poste de gestionnaire de la centrale de séchage bois et une nouvelle personne sera recrutée par Imbonya pour la remplacer. Il est temps de revenir à l’ « Etendue » !

nouvelle équipe

lundi, mai 30 2011

Kigali la grande

« -Là, c’est le mont Kigali

-Ah, et peut-on y accéder ? La vue doit être magnifique…

-Bien Sûr »

Alors, c’est parti ! Voici le petit extrait d’un échange informel avec mon guide et ami Jean Bosco. Cet étudiant en finance est aussi veilleur de nuit chez Duhamic, là où je l’ai rencontré. Depuis, lorsqu’il réussi à se libérer (eh oui, études le jour, travail la nuit…), il me fait découvrir la ville.

Cet étudiant est fascinant. Comme beaucoup, il vient de la campagne et est monté sur la capitale pour étudier. Il partage un petit deux pièces avec ces deux frères. Malgré la gratuité de ces études (Avec une moyenne supérieure à 90% au secondaire, le gouvernement lui a octroyé une bourse) et son travail de nuit, son budget est très serré voir insuffisant. En plus de devoir payer la nourriture pour la fratrie et le logement, il doit également payer l’école du petit frère. Malgré des conditions de vie difficiles, Jean est foncièrement positif et tourné vers l’avant. Il est plein d’idées et d’initiatives. J’en veux pour preuve la réalisation d’un livre quasi philosophique sur des réflexions personnelles, sur comment aller de l’avant malgré des barrières qui apparaissent insurmontables. De témoignage de Fidèle et d’autres lecteurs, il aurait une vision surprenante de vérité sur le génocide auquel il n‘a pas été témoin vu son âge. En plus de cela, il a également enregistré deux chansons qu’il a réalisées seul et dont une est même passée à la radio. Cerise sur le gâteau, il fait des études de finance et en est passionné ! Avec ça, rien ne pourra l’arrêter ! En tout cas, ce genre de tempérament force le respect.

Ainsi, nous parlions de ce «mont Kigali » qui aurait été intéressant à visiter pour surplomber la ville. Candidement, je leur demande s’ils y sont déjà allés. C’est alors que Jean me répond en utilisant un concept bien connu : la pyramide de Maslow. Il me rappelle fort judicieusement que pour le moment, lui et sa famille sont encore au bas de la pyramide, à devoir satisfaire les besoins primaires : la nourriture, et la sécurité. Bougon qu’il m’ait remis à ma place en utilisant un tel concept, je me fais un devoir de les y emmener ! En effet, Jean à la manie de souvent faire référence à des notions d’économie, de marketing, ou autre loi de finance. Toutes ces choses que j’ai moi-même étudié mais que j’essaie parfois d’oublier, après ces années à apprendre à tout mettre en boîte, tout expliquer par des lois rigides, j’aspire parfois à plus d’humanité. Je ne vous cache pas que malgré tout, ces rappels académiques ne me font pas de mal !

Enfin, que disais-je ? Oui, le mont Kigali ! Nous prenons donc un bus avec ticket pour la journée jusqu’au quartier Nyamirambo pour se rapprocher de cette colline…enfin de ce mont. Sur la route, nous traverserons le quartier musulman où j’essaierai malgré tout de prendre à la volée quelques exemples de mosquées.

mosquée2 mosquée mosquée3

Un peu de marche est bienvenue même si la montée au départ est rude ! C’est amusant de voir comment nous, piétons, nous tirons la langue par la difficulté de l’ascension sur ce chemin escarpé, étroit et défoncé alors que nous croisons des motos et autres berlines rebondissant nonchalamment sur les chaos comme si de rien n’était.

Aller

Après une petite heure, nous entrons dans une forêt de pins à la fraîcheur bienvenue.

Forêt

Nous irons en premier lieu sur le versant opposé de la colline pour admirer la paysage qui s’étend vers le sud. Le serpent du fleuve principal Nyabarongo qui récupère tout les affluents du pays est reconnaissable de loin.

autre versant autre versant2

Je suis surpris de voir les fossés anti érosion aussi nombreux même dans la forêt. Il faut les enjamber tous les 5 mètres ! Nous trouvons finalement un endroit dégagé pour enfin admirer la vue de Kigali. Encore une fois, le rendu photo (désolé) n’a rien à voir avec la vue qui s’offre à nous. C’est vraiment très beau.

vue kigali vue kigali2

C’est alors que Jean me révèle l’origine de « Kigali ». L’histoire raconte que le roi du Rwanda serait monté jusqu’ici, aurait embrassé du regard les environs et aurait dit « Que mon royaume est étendu ! ». Le roi n’avait clairement pas la notion des distances car il appelait « son royaume » uniquement la région actuelle de Kigali ! De plus, à l’époque du roi, le Rwanda était bien plus étendu qu’aujourd’hui. Enfin, cette anecdote amusante nous apprend que « Kigali » veut dire « étendu » et qu’ainsi devint le nom de la ville.

A vrai dire, nous ne sommes pas sûrs d’être réellement sur le mont Kigali. En effet nous voyons plus loin le long de la crête un point qui semble plus élevé. Nous nous y dirigeons mais sur le chemin nous rencontrons une femme qui ramassait du bois et lui demandons si nous pourrions voir quelque chose de là-haut (car d’ici les arbres hauts et nombreux nous cachent la vue). La seule chose qu’elle nous apprendra est la présence d’un camp militaire plus haut. Cela aura raison de notre motivation et nous préférons rebrousser chemin. Enfin plus bas, nous aurons l’occasion d’apercevoir tout de même la ville.

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Voyez ici une entaille créée dans la terre pour favoriser le stockage de l’eau pendant les pluies torrentielles pour maîtriser son adduction. Il y en a très régulièrement le long de cette route.

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Pour terminer, je vous montre cette photo pas évidente d’un oiseau local. Ici, ils sont magnifiques, colorés, avec des chants variés. Malheureusement ils sont aussi très petits et rapides ! C’est pourquoi je n’ai pu jusqu’ici que rapporter ce maigre trophée. Il y a aussi beaucoup de rapaces, grandes créatures planant au gré des vents.

oiseau

Echauffés par cette petite randonnée, mes amis rwandais m’emmènent jusqu’au parlement qui garde les séquelles des combats (impacts de balles) lors des événements. De ce point de départ, nous remontons une grande avenue qui rassemble beaucoup d’ambassades, de ministères et de bâtiments internationaux (européens, Unicef, FAO…). Nous voyons même un hôtel dont un grand nombre de parts sociales appartenait au colonel Kadhafi. Depuis les récents événements, elles ont été destituées et le nom à consonance arabe a été changé.

Avenue

Après avoir dépassé la résidence présidentielle où les véhicules sont interdits de s’arrêter, nous terminons par l’ambassade américaine qui dispose d’une grande surface et d’une bibliothèque ouverte au public.

16h, Ca y est nous déclarons forfait, la fatigue se fait sentir, la brochette aussi !

Que la lumière soit !

Durant notre séjour au sud, nous avons croisé plusieurs fois des équipes d’électrification. Le développement du réseau continue doucement mais surement. A commencer par le secteur de Cyahinda où habite Alexis Dushimimana, le responsable local du projet de reboisement de Duhamic que nous rencontrons à chacun de nos déplacements dans le sud.

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En discutant avec lui, je lui demande comment il faisait (fait encore, la ligne n’est pas encore fonctionnelle) concernant le travail informatique (rapports, études…), ou même pour recharger son téléphone. Il me dit qu’il se débrouille et que par exemple, il s’est rapproché du centre de santé voisin qui est déjà relié au réseau. Il pouvait ainsi recharger son ordinateur et son portable. Cependant, il m’avoue que ce n’est vraiment pas idéal, dans le sens où il doit aller au centre à chaque déchargement de son ordinateur et que chaque déplacement est une perte de temps en soi. Il peut travailler jusqu’à minuit et après il faut qu’il rentre en moto sur les chemins défoncés. En tout cas, il avait l’air vraiment satisfait qu’enfin, la ligne arrive chez lui. Il a déjà préparé tout les équipements chez lui pour recevoir l’électricité : le tirage des câbles, les lampes, les prises électriques…

Sur notre route pour l’ouverture des comptes en banques, nous avons de nouveau croisé une équipe, affairée sur un pylône. J’a vu les enfants et autres badauds observant l’installation, pleins d’espoir que leur maison soit choisie pour être reliée.

Pylones1 Pylones2 Pylones3

Comme me disait Fidèle, dès qu’une zone, un secteur, un umudugudu (village) bénéficient de l’électricité, cela multiplie la vitesse du développement des environs. Les premières maisons servent de pôles d’attraction, le service est sans doute gracieusement offert par les premiers heureux chanceux ou proposés à bas tarif (comme Adenya) pour recharger les portables sacrés, porte ouverte sur de nombreux services.

Telephones

En premier lieu communiquer avec la famille, les amis éloignés au lieu de faire des heures de marche, mais c’est aussi l’occasion de pouvoir écouter la musique, les nombreuses radios du pays pour ouvrir les horizons et même pour les plus avertis, consulter internet. Et le centre « économique » local, le bar resto brochette/pommes douces pourra même peut être investir dans une télévision ce qui décuplera pour sûr, sa clientèle. Il paraît même que l’électricité est gratuite les 6 premiers mois du rattachement ! A l’heure des révolutions arabes prétendument soutenues par les télécommunications, la diffusion de l’utilisation des téléphones portables construira un réseau social où l’information circulera plus régulièrement, les relations seront renforcées, et l’expression de la société civile locale pourra s’affirmer. Chacune et chacun sera au courant de la dernière formation, du dernier forum de concertation et des décisions prises lors de ceux-ci. Dans le processus de décentralisation nationale, et dans la volonté de prendre en compte la société civile dans la prise de décisions, j’ose penser que, les télécommunications peuvent jouer un rôle certain.

En bonus, une photo que j’ai réussi à prendre. En hommage à toutes ces personnes qui parcourent des kilomètres avec toute sorte de choses (fourrage, bois, sac à dos, panier, planches, bidons, matelas, outils…) empilées sur la tête. J’ai rarement pu en prendre car à chaque fois, je les croisais en voiture sans oser demander à m’arrêter ou n’ayant pas mon appareil photo sur moi. D’autant plus que les personnes en question acceptent difficilement la photo, ne se considérant pas à leur avantage. Donc ceci n’est qu’un aperçu toute somme classique, mais je vous promets que dès à présent je mets en priorité de rassembler une collection de clichés sur le sujet ! Alors patientez et espérez !

mardi, mai 24 2011

La matière première

C’est parti pour un nouveau voyage dans le sud ! Je remarque que nous ne passons pas par le même chemin que d’habitude. En effet aujourd’hui, nous allons rencontrer les scieurs, qui préparent les planches à partir de ces grands eucalyptus. Nous prenons une route plane mais étroite coincée entre des rangées d’habitations. Le rodéo est toujours d’actualité ! Enfin, ce qui me crispe bien souvent ce n’est pas le fait que je sois balloté dans tous les sens, mais davantage toutes ces personnes et majoritairement des enfants que nous frôlons le long de la route. Jamais une hésitation du chauffeur, c’est lui le prioritaire, des semonces de klaxon en cas de doute mais pas de freinage ça passe ou….ça passe toujours !

En tout cas nous voila dans une partie de Nyaruguru que je découvre pour la première fois. Nous recherchons les scieurs pour faire une commande en prévision du lancement de l’activité de la centrale bois et surtout, vérifier la qualité du bois livré. Après quelques hésitations sur le chemin, je finis par découvrir surpris, un homme perché sur un plancher à la couleur familière sur le bas côté d’une pente bien raide. Celui-ci brandit bien haut une scie démesurée. Le spectacle est fascinant. Il joue tranquillement le funambule, au bord de la planche qu’il fabrique. Ne vous y trompez pas, l’homme est une masse et est secondé par un collègue en dessous pour lui renvoyer le mouvement de la scie.

scieur 1

scieur2 scieur3

Vous pouvez voir comment ils transportent leurs troncs et autres grosses branches. Cependant, je me demande toujours comment ont-ils fait pour disposer l’énorme plancher que notre premier protagoniste est en train de scier !

Scieurs

Nous continuons notre route pour emmener ce qui semble être le responsable de la coopérative pour qu’il nous présente les stocks prêts à être transportés. Fidèle va pouvoir ainsi étudier la qualité. Le principal étant de vérifier la droiture de la l’axe de la planche et aussi la constance de l’épaisseur de celle-ci. Il utilise une simple brindille pour se faire. Enfin, il regarde s’il le bois n’est pas lézardé, éclaté à l’intérieur.

Fidèle

Les planches ainsi préparées font 4m de long sur 5cm sur 15cm. On m’explique que 4 mètres coupé en deux, c’est la hauteur d’un battant de porte. En attendant la livraison, les ouvriers disposent la sciure et quelques branches par-dessus les planches pour protéger du soleil.

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Nous nous arrêterons plusieurs fois pour étudier les différents stocks disponibles. Eh oui, chaque arbre abattu est travaillé sur place. Les vestiges des arbres majestueux sont visibles via les souches restées nues accrochées à la terre. Certaines sont énormes et témoignent de l’âge vénérable atteint par certains arbres

Souche

A notre dernier arrêt, j’entends une machine fonctionner. Je suis curieux de voir quelle machine peut bien être utilisée sur place pour scier les planches alors que les lieux de travail sont mobiles. Je reste stupéfait quand je vois un ouvrier utiliser…une tronçonneuse ! Outre pour abattre les arbres, cette dernière est utilisée pour dessiner les planches dans la longueur ! L’opération, je suppose, permet un gain de temps formidable.

Tronçonneuse

Cependant avant que je ne rencontre cet outil hurlant, je remarquais auprès de Fidèle l’abondance de sciure après la découpe. Il déplore effectivement cet état de fait, car tous ces déchets sont de la matière première perdue. C’est alors que je vois un « scieur » utiliser la tronçonneuse pour faire sa marque avant d’aller plus loin. L’entaille est assurément profonde et lorsqu’elle sera répétée, elle fera perdre une longueur de planche supplémentaire. Néanmoins, je rappelle que la centrale de séchage bois fonctionne avec des copeaux de bois. Donc un débouché potentiel existe pour rentabiliser cette matière première volatile.

En tout cas, le travail est rude et nécessite une force physique considérable. Même le moins jeune de l’équipe ne rechigne pas à porter un énorme morceau d’eucalyptus quasiment seul ! Quand je pense qu’un été je transportais des caisses de poulets de 15 kilos toute la journée et que mon dos l’a supporté difficilement, je ne peux qu’éprouver du respect pour ces durs à cuire qui ne rechignent pas à la tâche dans des conditions très difficiles.

Transport

Les démarches administratives et le recrutement

Le jour suivant, nous avons procédé à l’ouverture des comptes pour les nouvelles unités d’usinage ainsi que pour la centrale bois. Il s’agit de comptes joints entre les deux associations partenaires où Fidèle et Juvénal d’Adenya, doivent cosigner. Nous allons donc aux banques les plus proches de chaque site pour y ouvrir un compte.

banque populaire

Chaque banque délivre un livre de compte très beau qui ressemblerait presque à un passeport !

co-signataires

Au préalable, quelques signatures des autorités locales (centre et districts) sont nécessaires pour les tenir au courant et rendre la démarche officielle.

bureau secteur bureau Nyagisozi

Finalement, le dernier jour nous irons effectuer le recrutement des deux machinistes nécessaires pour chaque mutuelle d’équipement. 3 candidats restaient en lice. Ces derniers ont suivi différentes formations octroyées par le programme et ont été notés en conséquence par les chefs d’atelier. Nous arrivons donc au point de rendez-vous, le fameux atelier du « maître » artisan Charangabo.

charangabo atelier

Malheureusement, un candidat manque à l’appel. Ils décident de lui donner une chance en attendant qu’il arrive. Après une attente relativement longue, sans moyen particulier de le contacter, Fidèle et Juvénal décident de se baser sur les notes puisque les deux postulants présents bénéficient des meilleures notes.

Après une terrible attente (je suppose) pour les candidats, Fidèle et Juvénal effectuent les entretiens, négocient les salaires, expliquent les conditions. Tout se passe pour le mieux, et nous finissons par les quitter. Nous les reverrons la semaine prochaine, pour différentes formations notamment sur les machines.

Candidats

lundi, mai 23 2011

Le comptoir de vente

J’ai visité le petit magasin servant de vitrine aux artisans du Sud, membres du programme. Il est situé non loin de Duhamic, sur la route menant au centre ville. C’est une voie très usitée pour tous ceux qui viennent du quartier de Kicukiro et de l’aéroport. Dans cette rue, on peut constater la présence de nombreux commerces (dont un commerce de produits import italiens à des prix défiant toute raison) et d’assez nombreux magasins de meubles. Il y a aussi bien ceux de produits fabriqués à l’étranger que ceux fabriqués localement mais avec des essences importés. Le « libuyu » est une essence se rapprochant de l’eucalyptus par la couleur mais qui est d’une part, importé et d’autre part, d’une qualité moindre. Vous pouvez également rencontrer des boutiques moins structurées proposant des produits d’occasion (canapé tissu, chaise bois abîmée…), de qualité bien inférieure mais je suppose également moins chers. Ces derniers ont une bonne exposition, dans le sens où ils n’hésitent pas sortir leurs meubles sur le trottoir pour bénéficier d’une meilleure visibilité.

Dans le cas de notre comptoir, je constate que la visibilité de l’enseigne est toute relative. Une banderole discrète au-dessus de l’entrée annonce l’origine ainsi que des exemples de produits disponibles. Les autres magasins de meubles bois concurrents voisins (mise à part ceux d’occasion qui relève davantage de produits de substitution) ont globalement la même présentation épurée.

Entrée

Lorsque j’entre, c’est un jeune homme qui m’accueille (environ mon âge). Il s’avère qu’il s’agit du fils de Charangabo, le menuisier reconnu pour sa compétence et son expérience, membre de la coopérative Imbonya que j’avais rencontré dans le sud auparavant.

Fils de Charangabo

Je découvre alors les produits exposés. Les produits qui attirent le regard immédiatement sont les buffets et autres bibliothèques alignés contre le mur. C’est alors que le vendeur me fait une présentation de chaque produit présent, l’essence utilisée, le prix, les détails de fabrication…

Meuble Tv aux portes rétractables

vaisselier porte drapeaux

tbouret

Malgré la présence de nombreux produits différents, je constate que l’exiguïté relative du local empêche une présentation optimale de chaque produit. C’est surement ma formation commerciale qui parle ! En effet, toutes sortes de produits « sont stockés ». Etagères, meubles et sièges sont bien visibles mais j’aperçois une fenêtre mise dans un coin que l’on doit déplacer (lourde) pour pouvoir manipuler les battants la voir sous le bon angle…c’est d’ailleurs derrière cette huisserie que je découvre toute une pile de portes de différents modèles mais…ainsi empilées, qui restent anonymes.

fenêtre

J’imagine bien sûr que sur demande, le vendeur déplace les produits pour en présenter un en particulier mais bon, au premier abord ce n’est pas évident. Cependant deux modèles de porte avec cadre sont tout de même exposés.

portes avec cadres

Enfin j’ai la critique facile, ces commentaires relèvent du détail, le local reste tout à fait accueillant et offre de bonnes conditions pour le client. Pour exemple, une table et des chaises (outre comme modèles d’expo) invitent confortablement le client à consulter les brochures. Ces dernières regroupent un large éventail des choix disponibles pour la production sur commande. Les modèles exposés ne sont que quelques exemples qui sont davantage ici pour témoigner de la qualité de fabrication car les artisans ont appris à fabriquer une large gamme de chaque produit. Ainsi, les clients peuvent réellement différencier et personnaliser leurs choix. La liberté du client est respectée, il est davantage impliqué dans son acte d’achat que lorsque deux modèles uniques existent.

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Je termine par échanger avec le boutiquier sur son parcours, orienté sur la menuiserie bien évidemment. Malgré toute l’expérience que peut lui apporter son père, il souhaite économiser le temps qu’il faudra pour être en mesure de payer les frais de scolarité pour entrer à l’université. Le temps d’accéder à une formation plus complète, il deviendrait bien sûr, artisan menuisier.

Pour terminer, il faut que je précise que pour le moment, seule la coopérative Imbonya bénéficie du comptoir de vente de manière directe. Ils sont en position d’intermédiaire pour redistribuer les commandes aux autres coopératives. Leur expérience et leur reconnaissance sert de vitrine à l’artisanat menuisier du sud. Cependant à terme, le comptoir devrait être accessible de manière égale à tous les artisans pour qu’il devienne réellement un service « collectif ».

mardi, mai 10 2011

Mauve et blanc…

Je n’ai pas assisté à la semaine de commémoration officielle du génocide. Elle se passa la semaine qui précédait mon arrivée. On préféra que j’arrive après pour ne pas perturber les cérémonies ainsi que pour des raisons de sécurité. Cependant, on peut voir que cette commémoration dure en fait plusieurs mois. Chaque site, procède à des hommages funèbres à des moments différents selon les circonstances. La chaîne nationale diffuse régulièrement ces événements et rappelle constamment le génocide par un logo en forme de flamme au dessus du nombre 17(années passées depuis le génocide). Dans la campagne, nous croisons souvent des « arches » en bois, qui est une manière traditionnelle de rendre hommage. Celles-ci sont souvent traversées par des banderoles à la couleur mauve, commémorant le génocide.

J’ai finalement eu l’opportunité d’observer l’une de ces cérémonies. Lors de mon dernier passage dans le sud, Fidèle m’a amené le 7 mai à la frontière burundaise pour rejoindre la commémoration d’un tragique événement perpétré lors du génocide. 300 corps auraient été jetés dans la rivière Akanyaru qui forme la frontière naturelle avec le Burundi. Nous nous arrêtons à Butare pour prendre des morceaux de tissus aux couleurs commémoratives du génocide, mauve et blanc. Nous les attacherons au poignet. Lorsque nous arrivons, la procession a pris du retard. Une marche devait partir du haut de la colline pour descendre au bord de la rivière à la frontière. Nous nous garons à mi-chemin pour attendre de nous intégrer à la marche. Je sens une atmosphère pesante. Les personnes au bord de la route sont silencieuses, dans l’attente. Ils semblent tous concentrés sur leur devoir de mémoire. Lorsque nous nous rapprochons du lieu de commémoration, je vois la frêle frontière que constitue la rivière. Des Burundais sont également venus pour assister à l’événement, au bord de l’eau comme dans les hauteurs.

Le Burundi

Burundi1

Burundi2

Près de deux heures de retard, mais le défilé finit par parvenir sur le site. C’est une foule silencieuse qui avance entourée d’une nuée d’enfants.

défilé

défilé2

défilé3

défilé4

Fidèle et moi restons en retrait à l’abri du soleil qui tape fort. Nous nous étonnons d’ailleurs de la présence de tant d’enfants en terrain découvert par cette chaleur. En effet le programme de la cérémonie est long. Etant donné le retard, celle-ci durera toute la journée.

en retrait

en retrait2

Les gens se regroupent autour des chapiteaux installés pour l’occasion. Des gens chargés de la sécurité temporise le flux des arrivants. Les enfants après avoir été laissés en retrait, courent ensemble pour rejoindre la foule. Leur nombre est impressionnant.

Foule

Enfants

Finalement, les gens se dirigeront les uns après les autres vers une petite esplanade bordant la rivière et seront invités à lancer une fleur dans le courant, symbole fort de l’événement. Plusieurs personnes ne supporteront d’ailleurs pas la chaleur et la charge émotionnelle et s’évanouiront ou exploseront de désespoir. C’est une manifestation impressionnante qui noue la gorge. Mais lorsque l’on voit les réactions de soutien mutuel que partagent les gens entre eux, on ne peut que constater le message pacifique qui est transmis. Plus jamais ça.

Fleurs

Après un moment nous décidons de repartir, étant déjà en retard pour le retour à Kigali. Nous rencontrerons un groupe de jeunes sur le chemin que Fidèle me présente. Il est fier de ce qu’ils sont devenus. Il s’agit de la coopérative fruitière « Dukoranubuhanga » qui signifie « travailler avec perfection ». Ces cinq jeunes ont d’abord travaillé comme simple main d’œuvre lors du programme de reboisement. C’est là qu’ils découvrent le projet, les formations proposées par DUHAMIC. Ils comprennent et s’approprient rapidement les solutions proposées. Aujourd’hui, ils sont la référence nationale en termes d’expertise pour la coopérative fruitière. Ils ont gagné le marché de l’agence de promotion de l’horticulture. Ils sont devenus un point de rayonnement du Nyaruguru. Ce genre de réussite concrète porté par des jeunes est la finalité que DUHAMIC recherche. Cela crédibilise et pousse en avant la poursuite de nouveaux projets.

De droite à gauche: Cecile Mukamaumurara-Kalisa Apollinaire-Solange Mukandayisaba-MarieMukamana-Narcisse Nsengimana

Coop fruit

Mais qu’est ce qu’ils foot !!

Eh oui, par ce vilain jeu de mots j’introduis une thématique incontournable ici, vous l’aurez compris, le football. Si je vous dis « Barça » contre le Real 2-0, ça vous parle ? Bande d’incultes je fais bien évidemment référence au match de Barcelone contre le real Madrid. Un match important pour le championnat espagnol. Oui, la passion du foot n’est pas une légende africaine, elle existe bel et bien. Dans un premier temps, je vous ai raconté que j’effectuais des entrainements avec Fidèle. Ce dernier ayant créé son propre club avec ses anciens camarades étudiants d’Union Soviétique (A l’époque c’était encore l’URSS !) simplement baptisé « Droujba » soit en russe "Дружба", comprenez « Amitié »

Bon jusque-là ça va me direz-vous, mais lorsque vous discutez un peu avec les gens, vous vous rendez compte que c’est une passion nationalement partagée ! Dans tous les bars ayant les moyens d’afficher un écran plat dernière génération, pensez bien que la chaîne SuperSport - qui semble sud-africaine – sera allumée ! !l y a des matchs tout les jours, mais le tournoi anglais semble favorisé et l’équipe d’Arsenal semble la favorite (avec Manchester et Chelsea). Alors quand Arsenal perd 2-0 contre une équipe anglaise anonyme, je peux vous dire que le public se fait entendre ! Pourquoi je vous ennuie avec ça, eh bien il faut bien avouer que ce sport est bien ancré dans la culture et fait fonctionner le commerce. Prenez un bar/restaurant tranquille avec 5 clients silencieux, quand le match commence vous pouvez multiplier par 12 les joyeux lurons rejoignant la fête, prêts à soutenir « leur » équipe du bout du monde. Leur ferveur est franche, affichée. C’est l’occasion d’échanger technique avec le voisin, taquiner l’autre sur la défaite imminente de son équipe. Le tout dans une ambiance de stade lors des buts !

Manchester Vs Chelsea

Moi qui ne me suis jamais réellement intéressé au foot (Une seule fois je me suis déplacé pour voir le dernier match catastrophique du gardien Landreau dans l’équipe de Nantes), je me vois obligé de participer à cette passion générale. Je me suis donc surpris, à devoir regarder certains matches de mon propre chef !

En tout cas, ce week-end fut l’occasion de rencontrer l’équipe des « Inoubliables », rien que ça, affrontant amicalement l’équipe Droujba. Enfin, amicalement c’est vite dit, pendant tout le match vous sentez la victoire recherchée de chaque côté ! Les inoubliables, ce sont tous d’anciens joueurs professionnels de l’équipe nationale. Autant dire, aussi bien des légendes que des vétérans ! Cependant, les Droujba étaient au meilleure de leur forme, pour décrocher l’égalité, 1-1.

Droujba 1

L’équipe Droujba

Droujba 2

Les Inoubliables

Les inoubliables

Le coup d'envoi

Coup d'envoi

Match

Cette rencontre était un peu spéciale, elle fut organisée en hommage à un joueur en particulier,Jean Baptiste Sembagare, qui fut le fleuron de l’équipe nationale dans les années 80-90. Pendant le génocide il se réfugia en Ouganda. Le jour de la rencontre célèbre un mois et un jour de retour au pays.

Le président des Inoubliables à gauche et le héros national au centre

Le Président des inoubliables

La troisième mi-temps est un moment privilégié pour les discours solennels des responsables de club, et de continuer par des échanges informels. Des photos d’époque tournent suscitant le respect autant que la boutade !

3e mi-temps

L'entraîneur Droujba qui sort les photos d'époque

Les curieux

Fidèle me dit que ce club d’amateurs est l’occasion de se retrouver mais aussi de soutenir ceux qui sont dans le besoin, c’est l’esprit collectif qui dépasse la dimension sportive.

C’est pourquoi, quand j’entame timidement une conversation avec des jeunes rencontrés devant Adenya en fin fond du Nyaruguru à Nyabimata et que présentations faites ils enchaînent sur le foot en me disant qu’ils n’ont pas de ballon. Je prends davantage l’ampleur de la privation. Alors un petit geste, un ballon à ramener la prochaine fois, ça ne peut pas faire de mal.

Etablissement de la mission

Pour ce second passage dans le sud, nous ne resterons que deux jours. L’arrivée d’un nouveau projet pour DUHAMIC a retardé notre départ, Fidèle devant préparer avec l’équipe le plus rapidement possible un aperçu du projet potentiel pour répondre à l’appel à projet de l’UE sur « Les Acteurs Non Étatiques et les Autorités Locales dans le Développement ». C’est l’équipe de Frères des Hommes qui leur fera part de ce nouveau projet.

Nous partons tôt mais la route est longue ! Notre premier arrêt sera à Gishamvu, cœur de l’activité d’Imbonya qui accueille un atelier, une unité d’usinage et le bureau de la coopérative, sans oublier la centrale de séchage bois. Ce fut l’occasion de faire une réunion officielle avec Rachel Uwizeyimana, la gestionnaire, Chrysogone Abayigana, un artisan parlant français, Evariste Minani, le Président d’Imbonya, Juvénal Turahirwa, l’animateur d’Adenya et bien sûr Fidèle Mutabazi le responsable de projet chez DUHAMIC.

de droite à gauche Juvénal, Chrysogone, Denis, Rachel et Fidele

Devant le bureau de la gestionnaire

La gestionnaire Imbonya, Rachel

Evariste Minani s’est tout d’abord exprimé pour se présenter, me souhaiter la bienvenue et décrire dans les grandes lignes sa coopérative. Juvénal me faisait la traduction instantanée. « Imbonezamwuga de Nyaruguru »: perfection du métier est le nom complet de la coopérative. C’est en 1988 que se forme le groupement. FdH développait son programme filière bois depuis 1981 et DUHAMIC intégra le programme en 1989 pour l’autonomisation des acteurs. Après la guerre, Imbonya a su se relever et compte déjà 16 ans d’activité stable de menuiserie. 8 membres la composent (d’environ 64 artisans), avec un conseil d’administration, un conseil de surveillance et un comité de gestion. Le personnel permanent est formé de 6 personnes. Le Président enchaîne sur la pénibilité du travail manuel aux débuts de l’activité. Aussi, DUHAMIC et FdH ont soutenu un programme pour l’acquisition de machines-outils facilitant le travail des menuisiers. Des formations ont également été mises en place pour garantir une meilleure qualité des produits finis. La reconnaissance officielle du statut de coopérative a été enfin acquise le 4 octobre 2010. La démarche est longue et tortueuse, mais elle est la garantie d’une visibilité claire face aux autorités.

La production est vendue sur le marché mais des clients viennent aussi directement les voir dans les ateliers. Leur activité a développé les services pour leur entourage et créé de nouveaux emplois dans la région. Leur expérience leur promet la meilleure place lors des expositions de district, de province ou même de niveau national. Les autorités apprécient réellement leur groupement comme un partenaire de qualité. Imbonya forme de nombreux jeunes à l’apprentissage de la menuiserie. Elle appuie également les nouveaux groupements à élaborer leurs statuts.

Lors d’une commande, en respect des statuts, le travail est partagé équitablement entre les membres car chaque membre possède les mêmes capacités de production. Quant aux services d’usinage, ils sont ouverts à tout artisan extérieur à la coopérative.

Après cette présentation, Fidèle prend le relais. Il fait le constat d’un grand chômage malgré les études des jeunes. C’est pourquoi, il a cette volonté de promouvoir le métier de menuisier. De même, il veut sensibiliser aux métiers de forgeron pour la production d’outils agricoles. Il faut savoir que la majorité de ces outils sont soit importés, soit de mauvaise qualité. Enfin, il veut reproduire ces projets appliqués à la mécanique en rapprochant les jeunes d’une personne expérimentée qu’il connaît.

Il en vient au cœur des objectifs présents. Maintenant qu’Imbonya a de l’expérience et est autonome, il souhaiterait pouvoir étudier de manière approfondie ces organes de gestion pour évaluer son efficacité. Il faudrait également évaluer l’usage des services collectifs (rentabilité, optimisation, prix et coûts des différentes activités, etc.) DUHAMIC souhaite élargir les informations recueillies à l’impact des services collectifs pour les utilisateurs (développement intellectuel, éducation). Comment gèrent-ils le système de petits crédits qu’ils s’octroient entre eux (durées, intérêts). L’étude porterait sur la viabilité de la coopérative sur les trois dernières années pour générer un modèle possible à dupliquer.

Fidèle termine par des conseils techniques, il constate une commande des planches de qualité variable. Il rappelle l’existence d’une période idéale pour couper un arbre quand celui-ci a encore de la sève à l’intérieur. Sinon le bois peut craquer, des fissures apparaissent et la qualité n’est plus assurée. Il recommande de bien connaître l’origine de leur matière première. La force de la coopérative est la qualité face à la concurrence. Donc il faut être rigoureux ! De plus le bois est local et l’eucalyptus est de qualité supérieure au limbuyu importé du Congo. Il faut bien insister auprès des clients qui parfois confondent les deux essences et ne perçoivent pas la finition supérieure.

Ainsi, je reviendrais surement la prochaine fois pour une période d’environ une semaine pour pouvoir interroger les artisans sur le fonctionnement de la coopérative. En attendant, nous observons encore une fois les artisans au travail. Désormais je sais identifier chaque machine et leur usage !

Damien-Nyandwi

Focus

Jean-Marie-Vianney-Rutazihana

Eveniste Nshimiyimana

Pendant la soirée, nous dînons à Butare avec Fidèle, Denis notre chauffeur et Alexis le responsable du projet de reboisement. Nous évoquons le nouveau projet de l’UE à élaborer. Ils me font part de la simplicité du projet qu’ils aimeraient mettre en place. Les cibles privilégiées serait les sans terres et les micro-surfaces. L’idée serait de privilégier quelques arbres fruitiers (avocatier notamment, productif après 3 ans) et de fournir quelques poules et quelques lapins. La nature fera le reste, enfin cela demande un minimum d’entretien, des projets précédents ont été inefficaces par mauvaise gestion. « Les poules ont une capacité de plus de 20 œufs par mois » m’expliquent-ils. Un œuf se vend 90 FRW. La prolifération des lapins n’est plus à démontrer. D’une expérience personnelle, à partir de 15-20 lapins en quelques mois ils se retrouvent à plus de 200 ! Cela participerait à l’autoconsommation et l’équilibre alimentaire bien sûr, mais le potentiel commercial est bien réel. En effet, la plupart des œufs du marché national sont importés ! Et ce qui est formidable, c’est que l’éleveur peut facilement obtenir un revenu substantiel, supérieur à un enseignant urbain par exemple ! C’est un formidable argument pour valoriser la vie rurale.

Enclos à lapins

Nous profitons finalement de ce voyage pour terminer la livraison de chaises pour la paroisse St Dominique du district Kacyiru de Kigali. Il s’agissait d’une commande de 200 pièces qui venait en compléter une première de même quantité. Nous déposons également le matériel nécessaire pour construire des toilettes sur les nouveaux sites d’usinage. Nous emportons deux tables basses avec tabourets dont le vernis n’est pas totalement sec. Fidèle dit au président de mieux anticiper cette phase car la couche risque de souffrir lors du transport.

PHOTOS dépôt toilettes/séchage/transports (1 et2)chaises.

matériel pour les toilettes

séchage

Transport 1

Transport 2

mardi, avril 26 2011

Umuzungu

Voila le terme par lequel on m'a hélé pendant tout le voyage au Sud.

Prononcez les u en "ou" je vous prie et vous saurez dire "homme blanc" ou "riche" en kinyarwanda. Je ne sais que penser face à ces bandes de gamins le long des routes, pas un tournant sans en rencontrer. A la vue d'un blanc ils s'exclament, et vous font signe tout sourire. D'autres trop fascinés vous feront un signe dicret de la main. A votre réponse leur visage s'illuminera. Au départ c'est plutôt déconcertant pour quelqu'un de naturellement réservé comme moi. Lorsque vous passez à toute allure à leur côté dans votre 4x4 vrombissant, vous vous demandez qui est le plus enclavé, le plus prisonnier de sa condition. Mais la réponse reste évidente.

Lors de nos arrêts répétés pour visiter les ateliers de menuiserie, une attraction faisait recette, moi bien sûr. Des enfants trainant sur les chemins finissent toujours par se rassembler en bande et par s'agglutiner autour de moi me fixant de leurs regards pénétrants, fascinés. Touchés par la présence qu'ils dégagent, je reviens rapidement à la réalité lorsque un gamin haut comme trois pommes me lance un "gimme money".

gamins 3 gamins gamins2

Je suis donc parti 3 jours dans le sud, vers le Nyaruguru avec Fidèle et Emmanuel, un chauffeur de l'association. Après avoir fait un passage à Nianza pour visiter l'ancien palais présidentiel et la reproduction des maisons traditionnelles rwandaises, nous nous sommes engouffrés sur les routes du sud. Notre rentrions tout les soirs sur Butare, ancienne capitale jusqu'en 1965, centre économique de la région avec un campus universitaire en expansion.

Pour commencer, on pourrait croire qu'à Kigali ça gigote en voiture quand on alterne asphalte et crevasses dans des chemins toujours pentus. Eh bien lorsque l'on entre dans le Nyaruguru et que l'on souhaite atteindre des destinations reculées comme Nyabimata ou Ndago, il faut s'accrocher, c'est plusieurs heures de rodéo! Enfin passons ce détail.

Au fil du voyage, j'ai vu les collines se vider peu à peu de leurs habitations si nombreuses près de Kigali, pour offrir un panorama remarquable. On pourra facilement croire qu'une colline ressemble à un colline, mais certains spots vous permettent d'embrasser d'un seul regard une vue splendide d'une profondeur incroyable ! Et c'est la magie d'être sur place, mais je ne pense pas que mon pauvre appareil retranscrira cette profondeur de champ ! Le vert peut être nuancé à l'infini... (imaginez ma photo du bandeau pour le blog mais avec plus d'amplitude dans la hauteur des collines)

Point de vue dans le Nyaruguru

Collines

On pouvait également trouver partout tout au long de la route ces dépôts de pierre que les camions peinent à monter sur les hauteurs pour renforcer l'adduction d'eau et les tranchées anti-érosion qui traversent de part en part les flancs des collines.

Pierres pour l'adduction d'eau

pierres

Je me demandais, sur ces chemins escarpés ce que cela donnerait avec la pluie...il ne fallut pas longtemps pour m'en rendre compte ! Perte d'adhérence et donc de direction. Tiens et si on corsait la mise en mettant un camion au milieu du chemin ? Oui, les chauffeurs ne sont pas fous, c'est déjà compliqué par temps clair alors avec la pluie, ils jettent l'éponge.

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Lors de notre retour, nous décidons de prendre le maximum de chaises pour les amener au client à Kigali. Le passage à un dernier atelier fut...compromis par un arbre récalcitrant. Tant pis, une voiture louée ramènera celles-ci plus tard. Nous réussirons tout de même à en ramener une petite quarantaine. chargement

arbre abattu

L'enthousiasme de cet homme n'y fera rien, nous rebrousserons chemin !

arbre abattu 2

lundi, avril 25 2011

Premier aperçu du projet

Me voila embarqué vers le Sud pour faire le tour des projets que DUHAMIC soutient dans le Nyaruguru. Je découvre donc dans un premier temps les ateliers de la coopérative IMBONYA. Lorsque j’arrive au premier atelier à Nyakizu, je vois plusieurs jeunes apprentis affairés au travail du bois. Ce premier atelier s’est construit stratégiquement à côté de l’unité de transformation rassemblant les machines-outils. Par hasard, il se trouve que le hangar de stockage de la centrale d’achat/vente et le séchoir se trouvent juste à côté ce qui m’a permis d’y jeter également un coup d’œil.

Un apprenti au travail

Un apprenti au travail

Un apprenti rabottant un banc

apprenti rabottant

outil machine

Apprentis concentrés sur leur tâche

apprentis concentrés

Nous avons fait un tour d’horizon des différent ateliers, j’ai dû en voir cinq (sur la dizaine que rassemble Imbonya). J’ai principalement vu la finition du même produit qu’ils terminaient tous. Il s’agissait d’une grosse commande collective. Des chaises en eucalyptus pour une paroisse de Kigali changeant ces anciens bancs par de jolies chaises vernies selon la volonté des paroissiens ! Chacune de ces chaises vaut dans les 14 000 FRW... une gros enjeu quand la commande concerne plus d'une centaine de pièces.

Le résultat pour une commande

Echantillon de la commande actuelle

J’ai aperçu aussi une étape de confection des bancs. Cependant il s’agissait seulement du premier contact. Je reviendrai bien sûr pour visualiser tous les procédés de fabrication et l’usage des machines-outils ! En effet ma connaissance de la menuiserie est vraiment limitée. Cependant, je suis très avide d’en apprendre davantage sur les techniques artisanales utilisées car je trouve ce travail du bois très noble. Travailler la matière, la façonner, la valoriser doit être très gratifiant.

Nous avons bien sûr rencontré Evariste Minani, le responsable d’IMBONYA et Chrysogone, un artisan, ce dernier parle très bien français. j’aurais des relations approfondies avec eux pour découvrir plus avant la coopérative.

Dans le cadre du voyage, Fidèle m’a fait découvrir la face de DUHAMIC qui m’est moins familière. En effet, l’association dirige de nombreux projets répartis sur le territoire. Nous avons ainsi visité la pépinière pouvant fournir jusqu’à 1 millions de nouveaux plants ! Cette activité intervient bien sûr dans la stratégie nationale de reboisement du pays. En effet, le Rwanda souffrant d’une densité de population importante et les habitants se chauffent et cuisinent majoritairement au bois. Après que le couvert forestier ait chuté à 10%, une ambitieuse politique de reboisement a permis de revenir aujourd'hui à un taux de 20% avec un objectif en 2020 de 30%.

La pépinière

pepiniere

Ensuite, j'ai découvert l’activité de greffe que m’a présenté un jeune qui travaille sur place.

Un exemple de greffe

Un exemple de greffe

Après cela, accompagné d’Alexis, responsable du projet, nous sommes allé voir les parcelles qui bénéficient de ces plantations. Le travail réalisé est impressionnant. Les surfaces concernées sont de l’ordre de 1000 ha auxquelles viennent de s’ajouter quelques 330 nouveaux hectares. Compter 1600 plants possibles par hectare et faites le calcul. Une femme voisine à la parcelle est interrogée sur le projet, sans même faire partie des bénéficiaires, elle s’empresse de reconnaitre le résultat extraordinaire du projet et de remercier le travail de DUHAMIC auprès des pauvres de la région depuis toutes ces années.

Parcelle de nouveaux plants d'eucalyptus nouveaux plants

Nous passons finalement à Nyabimata voir le site de la nouvelle unité d’usinage du projet. C’est d’ailleurs ici que se trouve le siège d’Adenya où nous rencontrons Juvénal, l’animateur responsable de cette nouvelle unité. Il nous présente l’action d’Adenya et son action majeure de soutien agricole dans un français parfait. Nous nous dirigeons sur la colline d’en face pour visiter le nouveau site. Toujours sur groupe électrogène, le raccordement au réseau électrique est un défi à relever pour la pérennité de l’unité. Chaque site est équipé d'une scie circulaire, d'une dégauchisseuse, d'une toupie, d'une raboteuse et d'une mortaiseuse.

Nouvelle unité d'usinage de Nyabimata

vle unite nyabimata

Après cela, nous découvrons le second site, à Ndago. Il est d’un accès plus aisé (non au sommet d’une colline) et proche du marché local. Déjà connecté, la prochaine étape serait de faire bénéficier les plus proches habitants de l’accès à l’électricité qui nécessiterait que d’infimes raccords. Un peu de lumière le soir, le rechargement de téléphones portables si utiles aux nouveaux acquéreurs. Cela permet à des familles séparées par les événements, par la migration urbaine de pouvoir recréer un contact régulier.

L'unité de Ndago

nvlle unite Ndago

Les unités sont prêtes, le personnel est recruté, formé, l’activité à ses débuts, va pouvoir se développer !

lundi, avril 18 2011

Echauffement...

Ca y est, déjà un week end bien rempli de passé.

Tout s'est enchaîné très vite. L'avion fut une épreuve bien supportable (jamais mangé aussi bien dans un avion!) malgré le peu de repos véritable.

Arrivé sur place, j'ai eu le droit à un accueil chaleureux par Innocent, Secrétaire Exécutif de DUHAMIC-ADRI, pour être conduit à mon logement au sein d'un groupe religieux. Pas le temps de me reposer, je dois manger le dîner! Malgré le manque d'appétit (dîner dans l'avion!) je ne manque pas de faire honneur à ce très bon premier repas rwandais.

La cour d'entrée de la résidence

Cour centrale de mon logement

Le lendemain je me rends compte que mon logement est très proche du siège de Duhamic où je rencontre toute l'équipe. L'après midi sera occupée par un tour dans le centre pour faire des petites emplettes accompagné de Fidèle, le Responsable de projet de l'association. Ce que je note rapidement, c'est la quasi absence de route plane! il faut toujours monter ou descendre pour aller quelque part! De plus, malgré les 4x4, force est de constater le rodéo qu'il faut subir pour passer la plupart des pistes! Quelques routes sont cependant goudronnées. Le centre est plein de vie et je fais rapidement l'expérience des regards braqués sur l'homme blanc que je suis.

Après cette première journée nous nous retrouvons avec quelques collègues pour nous restaurer. Au menu: brochettes de chèvre! C'est un classique ici. Et franchement, c'est très bon! Sans oublier la bière locale au format...original : 72 cl!

Après les chaos du retour, à peine couché que je sens la pluie marteler le toit d'un force aussi incroyable qu'imprévisible. Elle s'arrêtera aussi "sec".

Samedi, j'ai la chance de partir à la rencontre de la famille de Fidèle restée à la campagne sur la colline familiale pour cultiver leur héritage. Le panorama que je découvre est juste fabuleux. Un horizon étendu, et à perte de vue, du vert. Une harmonie se dégage du paysage. Que ce soit les formes arrondies non agressives des collines qui se suivent ou le vert homogène de toutes les cultures confondues.

Fidèle et sa mère

Fidèle et sa mère

Le frère aîné de la famille

Le frère aîné de la famille

Nous traversons les parcelles familiales au gré des rencontres de la fratrie restée pour entretenir leur patrimoine. Fidèle me décrit les cultures, oranges, avocats, haricots, petits pois, ananas, sorgho, bananes... Je me perd rapidement dans cet environnement intégré ou les frontières sont floues. La quiétude de cet espace immense me fascine. Fidèle peut d'ailleurs en profiter pour communiquer avec quelqu'un situé sur le flanc opposé avec facilité alors qu'il n'est qu'un point dans notre champ de vision.

Après une nouvelle pluie tonitruante pendant la nuit, le dimanche se passe au stade de foot! Je ne vous cache pas que manque de sport régulier+soleil de plomb=piètre performance! C'est incroyable de voir ces habitués tenir un match temps réel dans ces conditions! Je vois enfin la pluie de jour surgir subitement en fin de journée. Je teste le transport en moto sans protection dans les crevasses des chemin, pas évident! Concernant les transport en "commun" il existe bien des minibus type combi mais une armée de motards taxi sont également de la partie et en nombre conséquent!

Malgré le fait que j'habite dans la capitale, le calme règne. La seule chose qui ose percer ce silence est le chant éloigné des religieuses pour le carême. Je me laisse porter par ces tonalités nouvelles de qualité irréprochable.

Mardi, je pars pour le Nyaruguru au Sud pour quelques jours pour découvrir le projet de plus près.

mercredi, avril 13 2011

Attention au départ!

Bonjour à tous!

Voila, ça y est, le départ est une réalité. Après tant de temps à se poser des questions, hésiter, passer à côté d'opportunités, je pars pour l'Afrique, je pars pour le Rwanda. Enfin, je vais pouvoir me confronter à mes représentations, et surtout rencontrer la réalité des Rwandais. J'ai toujours eu envie de partager une expérience telle que celle-ci où la différence culturelle force à l'adaptation. Partir seul, partir là ou sa culture reste en sourdine, où l'on a l'obligation de se remettre en question. Cela ne peut faire que du bien de s'arracher à la bulle de la société française dans laquelle on ne se rend plus compte de nos acquis, de notre qualité de vie et surtout, de notre ethnocentrisme.

Je pars pour trois mois. Une durée nécessaire pour espérer toucher du doigt les réalités sur place, découvrir la culture locale, rencontrer la population et finalement apprécier une expérience rare et potentiellement riche d'enseignements.

Ma mission sur place me conduira sur les chemins de Kigali jusqu'à la région plus reculée du Nyaruguru aux côtés de DUHAMIC-ADRI, patenaire locale de Frères des Hommes. A travers un projet de renforcement de la filière bois du pays, je découvrirai les personnes motivés pour sortir de la pauvreté en participant à l'économie solidaire.

Comment s'organise la filière? quels sont leurs points forts? Des améliorations sont elles possibles? voici des exemples de questions que je pourrais poser concernant le projet. Je n'hésiterai pas également à poser des questions sur leurs motivations, comment voient-ils leur avenir, que pensent-ils du soutien de Frères des Hommes? Enfin, j'aurai tout le temps de réfléchir à tou ça dans un futur proche.

Je pars demain matin vers l'inconnu. Je laisse derrière moi tout le microcosme parisien si complexe, bruyant, vivant, à peine acclimaté à celui-ci.