Au revoir et merci
A chacun de mes voyages cela se passe ainsi et je crois que je ne suis pas un cas isolé. 3 mois, au jour le jour, progressivement on prend ses marques, on construit ses petites habitudes. On rencontre de nombreuses personnes, on multiplie les activités....et arrive la dernière semaine, le dernier weekend, la dernière rencontre, le dernier repas...
On découvre tout d’un coup qu’il reste de nombreuses choses à faire, que trois mois c’est bien trop court.
Mon dernier weekend, j’ai eu la chance de le passer au bord du lac Kivu à Gisenyi accompagné de deux amis. Nous avons découvert ensemble pour la première fois les abords du plus grand lac du Rwanda. La vue est réellement splendide, l’air change, plus frais. C’est avec la brise rafraichissante que je me rends compte que dans les terres c’est souvent ce qui manque. En effet la température n’est jamais extrême mais sans vent, le soleil peut rapidement devenir pesant.

De nombreux palmiers bordent la promenade. J’ai été surpris d’entendre des petits cris d’oiseaux particulièrement stridents. Je lève les yeux sur un palmier, et je vois des chauves-souris ! En plein jour, elles se prélassent la tête à l’envers sous les feuilles de palmiers...surprenant.

Nous irons jusqu’à la frontière congolaise toute proche qui précède la ville de Goma au Congo. Il n’y a pas de visas pour les originaires de l’Afrique de l’Est, seulement des laisser-passer faciles à obtenir. Cela facilite le développement du business de la sous-région et les déplacements des particuliers. D’ailleurs la ville est quasiment congolaise, nous avons rencontré davantage de Congolais que de Rwandais ! Enfin n’ayant pas moi-même accès à ces conditions simplifiées de passage, nous rebrousserons chemin. Quelques petites criques se dessinent le long de la route vide de baigneurs. Malgré un environnement idyllique, point de commerces rutilants qui écrasent le tourisme en Europe par exemple. Quelques grandes demeures, et autres hôtels de luxe mais toujours en retrait du rivage à l’exception du Serena Hotel qui possède jalousement une plage privée. Je suis surpris par un type d’arbre étrange. Il s’agit d’un hybride où la base est un tronc en bois classique mais dont les ramifications sont en...cactus !
Il est temps de profiter de la mer...pardon du lac ! Ainsi je me baigne dans une eau plutôt chaude. Quel rafraichissement face au soleil persistant. J’aperçois au loin une tour sur l’horizon au milieu de l’eau. Après vérification, il s’agit bien d’un puits d’exploitation du gaz que renferme le lac Kivu en profondeur. Selon des rapports sur cette énergie, les quantités recensées sont prolifiques ! Son extraction pourrait stabiliser facilement la consommation d‘électricité qui pour le moment souffre de nombreuses coupures. Malheureusement, les investissements restent anecdotiques sur ce créneau car la technologie nécessaire est complexe.

Retour. Le temps de faire une petite photo avec les aides ménagères (Charlotte et Manuel) du logis de mon bienfaiteur Fidèle, avec qui j’ai passé de bons moments, et me voila embarqué pour un déjeuner d’adieu avec les exécutifs et collègues de Duhamic. Après un discours du secrétaire exécutif Innocent, je me vois remettre des cadeaux. Surpris et touché par cette attention je me plie à la tradition par un petit discours.

Retour au bureau, moment des adieux avec l’équipe, chacun est surpris que je parte déjà, c’est pourquoi je distribue mon numéro et mon mail à qui me le demande. La plus chamboulée était apparemment mon amie Julienne qui m’amenait le café tous les jours avec qui j’échangeais toujours quelques mots et quelques rires car elle ne parlait que kinyarwanda. Que dire de la famille Mutabazi qui m’a offert un accueil formidable en me considérant comme un membre de la famille. Merci à Anathalie pour tout ce qu’elle m’a appris sur le Rwanda, à Arlette « la Sénégalaise », sa fille de 6 ans et Alvin le fils de 8 ans. Pour leurs efforts de parler tous les jours en Français avec moi et pour leurs cours sur le kinyarwanda.
Merci aux artisans pour m’avoir fait découvrir le secteur de la menuiserie, leurs compétences, leurs motivations, leurs rêves.
Merci à Gilbert et Jean Bosco pour leur amitié, leur compagnie, pour le partage de leurs idées et de m’avoir accompagné dans la découverte de la culture rwandaise.
Merci à Juvénal d’Adenya, compagnon de route expérimenté sur le terrain pour sa gentillesse, ses connaissances et son accueil.
Le dernier mot sera pour Fidèle Mutabazi. Autant mon responsable, mon collègue, mon hôte que mon ami. Nous nous serons côtoyés tous les jours durant ces trois mois. Rarement j’ai eu de si bons rapports autant professionnels que personnels avec quelqu’un. Je le remercie pour sa franchise, son honnêteté, son ouverture d’esprit, son accueil, nos échanges, sa simplicité et sa joie de vivre. J’aurai appris beaucoup à ses côtés.
Les Rwandais sont très accueillants, c’est pourquoi il est difficile de les quitter. De retour en France, je reçois déjà des appels téléphoniques pour avoir de mes nouvelles. Voila ma première expérience en Afrique noire touchée à sa fin. Comment dans de telles conditions, ne pas promettre de revenir ?
Merci également aux lecteurs qui j’espère, ont apprécié de partager avec moi ces moments de vie!
A bientôt

























































































































































