Mardi 15 mars 2016, 2h30 arrivée à Kigali, Rwanda. Malgré l’heure tardive nos partenaires de Duhamic-Adri sont au rendez-vous sur le tarmac pour nous accueillir à bras ouverts. Tôt le lendemain, départ pour Butare, la capitale du district de Huye dans le Sud de ce petit pays. S’ensuivent deux jours de visites aux familles paysannes qui participent au projet de Frères des Hommes.

Rwanda : première visite, premières rencontres

Kigoma, au sommet de l’une des mille collines rwandaises : nous sommes attendus par plus de 50 personnes. Toutes participent à un microprojet mis en place par les familles des environs elles-mêmes avec le soutien de notre association. Au programme : distribution de semences, visite du jardin biologique et de la champignonnière, entretiens avec les autorités locales et les familles des environs. En contrebas, le personnel du centre de santé s’active en répondant à mes questions. Mais le temps est limité : déjà l’heure de traverser en bus la forêt primaire de Nyungwe pour rejoindre le poste de frontière de Rusizi, modeste pont traversant la rivière éponyme.

RDC, autre pays, autre ambiance

En 2-3 enjambées nous nous retrouvons au milieu d’un trafic dense, au goudron craqué de part et d’autre et au cœur d’une végétation… inexistante. Nous voici à Bukavu, centre urbain fréquenté, sur les rives du lac Kivu où se trouve notre second partenaire, l’Apef (association pour la promotion de l’entreprenariat féminin). Les 10 prochains jours s’annoncent chargés : observation de formations en couture, broderie et teinture au centre de formation de l’Apef et participation à des sessions de formation de formatrices animées par Chloé Inisan, chargée de mission chez Frères des Hommes et aussi en mission avec moi . Et surtout, une fois n’est pas coutume, rencontre avec des femmes ayant déjà formées à leur domicile et dans leurs ateliers.

« Quand on a la connaissance on a la parole »

Je découvre dans nos échanges des histoires de vie différentes mais des situations de pauvreté et d’insécurité, elles, tristement similaires... Et surtout, une même volonté de fer de s’en sortir. Et elles y arrivent. Elles sont aujourd’hui nombreuses à gagner leur vie avec leur nouveau métier, à pouvoir acheter de la nourriture et envoyer leurs enfants à l’école. Mieux considérées par leurs maris, elles le sont aussi par leur entourage. Régine Lukungula, teinturière, confie : « je n’ai plus peur. J’ai confiance en moi et j’ose demander ou faire. Vous savez, quand on a la connaissance on a la parole ».