Un rôle transversal entre Cenca et Frères des Hommes


Après 3 semaines de préparation au sein de Frères des Hommes, me voici fraîchement débarquée dans mon ONG péruvienne : Cenca. Plus que la langue, j'appréhendais d'être considérée comme stagiaire –stage, volontariat…ce genre de « petites expériences » qui ne rentrent jamais dans les cases administratives- et à ce titre d'avoir un rôle mineur au sein de l'équipe de Cenca, de ne pas trouver ma place. « FAUX », dirait Norman ! Ça aura été tout le contraire. Dès le tout premier jour, nous nous sommes retrouvé, toute l'équipe au complet, et avons pu échanger sur leurs actions, ce que je souhaitais/pouvais mettre en place.

La véritable révélation aura été la considération énorme que l’on m’accordait. La logique de Cenca : une hiérarchie horizontale ou chacun a un rôle à jouer… et pas seulement pour la belle image de l’organisation. Non ! Ici, peu importe notre âge, notre expérience, d’où nous venons, on nous écoute vraiment et l’avis de toute l’équipe importe dans chaque grande décision. Un fonctionnement qui, s’il fait parfois perdre du temps dans de longs discours, m’a souvent semblé incroyablement enrichissant. Et cela donne envie de s’investir puisque notre avis compte !

Et puis il y avait ce rôle d’intermédiaire entre deux ONG : je faisais partie à la fois du groupe Cenca, et à la fois FdH, me permettant de me sentir « utile » pour les deux institutions, de parfois faciliter le dialogue, la compréhension d’un projet ou simplement faire remonter des informations.

Variété des domaines d'action


Au fil du temps, j'ai ainsi pu mener diverses actions de communication mais pas seulement. Et c'est ici tout l'intérêt de cette expérience. Le fonctionnement de cette équipe péruvienne permet à chacun de s'investir autant qu'il le souhaite. Si nous ne demandons rien, personne ne nous en fera la remarque. Mais à l'inverse, lorsque nous souhaitons mener des actions, participer à des projets, développer des initiatives, Cenca nous laisse carte blanche (à condition que cela rentre dans ses champs de compétences bien sûr). Et puisqu'il s'agit de notre projet, il est intéressant de nous laisser une grande autonomie! Cela a également été possible car Frères des Hommes me faisait confiance. Cette dimension aura été pour moi une réelle motivation à m'engager dans de nombreux projets, notamment sociaux : un atout énorme et des compétences professionnelles nouvelles que je n'aurais jamais eu l'occasion d'aborder dans d'autres structures.

Adaptation à un autre rythme de vie


Que ce soit au travail, concernant les horaires, les projets... le rythme de vie péruvien reste sensiblement différent au rythme français. Et à Cenca encore plus qu'ailleurs ! J’ai vite compris que venir pile à l’heure en réunion ne servait pas à grand-chose. Mais on s’habitue très rapidement au fonctionnement souple, on rivalise de bonnes idées pour mobiliser les équipes de travail, on apprend à s'adapter aux retards "normaux" au Pérou... Que de bonnes habitudes !

Comment je suis devenue française


Enfin, les engagements sociétaux (parfois politiques) de Cenca et des différents partenaires Brésiliens ou Boliviens m’ont permis d’acquérir de nouvelles connaissances historiques, culturelles, politiques… Cela m’a amené à m’intéresser bien plus précisément aux mouvements sociaux d’Amérique Latine, à réfléchir plus précisément sur nos modèles français, européens, mondiaux… J’ai pu me questionner bien plus précisément sur le rôle de chacun en tant que citoyen, ceux qui se battent pour leurs convictions politiques, ceux qui luttent pour leurs idéaux ou simplement qui cherchent à améliorer leurs conditions de vie du quotidien… Et bien sûr, il y avait tous ces clichés sur nous, les « franchutés ». Et petit à petit, à force de raconter nos « plats typiques », de répondre aux questions curieuses et bien clichées des péruviens, j’ai petit à petit pris conscience du rôle que j’avais à jouer, de l’image que je transmettais en tant que française. Et puis il y a les petits conforts du quotidien qui nous manquent, toutes ces petites choses qu’on apprend à valoriser… Jusqu’au moment où l’on retourne en France pour être « la péruvienne » et ou on réalise tout ce qui nous manque déjà… de là-bas !