Echoes Planet : une aventure solidaire

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vendredi, avril 20 2012

Dernier billet avant changement de cap.

Bonjour à tous,

De martinique, voici le dernier papier que vous pourrez lire sur ce blog. J'ai pris la décision d'arrêter le projet des graines et de suspendre mon tour du monde. Après le départ de Yann, j'ai voulu relever le défi: continuer les travaux de préparation d'Echoes pour le Pacifique tout en gagnant ma vie et continuer ce beau projet éco-solidaire...mais seul, c'est évidement beaucoup trop, il n'y a plus de plaisir, simplement de l'orgeuil et je n'en veux pas. Au cours de ce périple, de la préparation à l'éxécution, j'ai réalisé, l'empleur de la tâche que FDH accompli chaque jour, leur motivation, leur ténacité et leur savoir faire. J'ai aussi réalisé que pour ce genre de choses, il faut une équipe. D'ailleur, c'est bien de cela que l'on parle au fond..de la vie ensemble, de s'aider, se soutenir, se compléter pour avancer. Cependant je reste convaincu et c'est là que tout commence, que chaccun à sa propre échelle peu faire avancer les choses. A travers nos propres attitudes, nos propres choix, notre propre sensibilité à comprendre ce qu'est vraiment le monde, ce qu'est la nature, qui est notre voisin à quoi ressemble sa vie. A mon échelle, j'espère avoir contribué à réaliser ne serait ce qu'une toute petite part de ce que l'élan du présent nous demande d'accomplir sur terre. Je m'en retourne à d'autres projets, persuadé que pour aider les autres, il faut être stable et épanoui soit même. Dans les jours qui viendrons, j'enverrais en Haïti les 2 Kg de graines que je garde à bord. Le Mouvement Papaye qui se bas pour la sécurité alimentaire saura bien s'en occuper. Je vais vendre Echoes afin de clore l'histoire et me poser quelques temps, quelque part, passer à autre chose, trouver une nouvelle dynamique. Plus tard, je repartirais sur un autre bateau, une autre histoire.

Je vous souhaite à tous, beaucoup d'ouverture, de sensibilité et de joie.

Bon vent.

Romain.

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ps: Le seul fait de rêver est important. Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier. Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil...et des rires d'enfants. Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d'être vous.



Jacques Brel

samedi, février 4 2012

Antilles

Le dimanche 08 janvier, Fabrice et moi sortons Echoes du Kourou où il était resté depuis ces 8 derniers mois, en direction des îles du salut sous un grain franchement féroce. Une toute petite étape sur la route des Antilles, le temps de préparer la suite. Le lendemain en fin de matinée nous mettons le cap sur Trinidade. Le GPS ne veux pas fonctionner, Fabrice m'apprend une bidouille pour reconnecter le câbler à sa prise. Il m'en apprendra d'autres! Les trois jours suivants se succèdent tout en bleu et en soleil, ponctués de siestes et de poissons volants. La nuit nous testons le detecteur de radar qui fonctionne à merveille. Dans la soirée du jeudi, nous appercevons les lumières des plateformes pétrolières de Trinidade..Au levé du jour, nous les avons dépassés, les côtes sont en vue. Vers 19h nous entrons dans le golf du Paria pas le Nord. La nuit est tombée, sans carte détaillée, nouis avançons au pif avec un oeil sur le sondeur et un autre sur les lumières. A 23h, nous sommes à quai d'une marina. L'endroit est immense: marina, chantiers navals, dry docks..Il y a un monde fou, beaucoup d'activité. Nous passerons le weekend ici, le temps de prendre quelques repères car Trinidade est un des endroits où je pourrais sortir Echoes de l'eau pour le retaper à fond en fin de saison. Dimanche en fin de journée, nous larguons à nouveau les amarres en direction des Grenadines. en sortant de la baie, les conditions s'avèrent être beaucoup plus musclées que prévues. Jusqu'au lundi soir nous luttons en tirant des bords encore et encore contre ces 30 noeuds de vent de NNE qui nous refuse le cap. Nous avons atteind la pointe Nord de Grenade quand le GPS tombe à nouveau en panne, nous décidons de rebrousser le chemin pour nous refugier à St George. Nous restons trois jours afin de réparer et régler quelques problèmes à bord. Echoes n'a pas aimé le long séjour dans la chaleur et l'humidité Guyanaise et il nous le fait savoir. Jusqu'en Martinique, la meteo nous forcera à rester près des côtes et à nous arrêter souvent (Union, Mayero, Bequia...) de petites escales colorées et des paysages magnifiques tout au long de cette remontée musclée. Le 25 janvier, nous sommes au Marin. Fabrice quitte le bord en direction de la Guadeloupe. Je ne regrette pas de l'avoir eu à bord, il aura été d'une aide précieuse et nous avons beaucoup rigolé en dépis des difficultées. De mon côté, je remets tout en ordre..grand ménage, grand rinçage. Je fais le point...ce voyage m'a permit de voir toutes les tâches qui m'attendent et surtout de donner des prioritées. Dès que possible, je commenderais un foc et une grand voile pour remplacer mes deux sacs à patates qui vont finir par me jouer des tours si je ne peut pas remonter correctement au vent sans compter sur mon vieux moteur. Ensuite ce sera le gréement...mais pour l'heure, il me faut trouver du travail. DSCN3016.JPG DSCN3018.JPG DSCN3022.JPG DSCN3052.JPG DSCN3072.JPG DSCN3075.JPG DSCN3079.JPG DSCN3116.JPG DSCN3119.JPG DSCN3131.JPG DSCN3134.JPG DSCN3166.JPG DSCN3181.JPG DSCN3214.JPG DSCN3219.JPG

mercredi, janvier 4 2012

Bientôt au large

Les mois ont passés, nous voilà en 2012 (bonne année!!), et je fini de préparer mon départ pour les Antilles...que c'est il passé depuis mon dernier billet de septembre?...j'ai largué mon job, j'en ai pris un autre que j'ai largué aussi il y a un mois...tout en réalisant à quel point la mer, l'eau bleue me manquent, je décidai donc début décembre de tailler ma route...

Pendant tout ce temps, il m'est arrivé de détester la Guyane et l'ambiance qui y règne derrière les apparences mais finalement elle s'est révélé être une vrai mère pour moi. Au terme de cette longue et intense période d'évolution qu'aura été cette escale, je me rend compte qu'elle m'a pris mes colères, mes peurs et mes doutes. Elle m'a donné l'affection de gens formidables désormais amis. Ensuqué dans la chaleur et l'inertie locale, je n'ai pas eu d'autre choix que de lâcher prise, tout oublier, y compris mes joies et mes plaisirs..un jeu dangereux où il faut bien se connaître pour ne pas se perdre...je n'ai pratiquement rien fait d'autre. Je n'ai rien fait de ce que je rêvais de faire en arrivant...J'aurais aimé vous décrire un peu plus tous cela, vous parler des gens, de la nature mais le rapport que j'ai eu avec cet endroit est tellement profond et intime que je ne peux pas, peut être plus tard, avec du recul, je pourrais partager un peu plus.

Cette escale, loin d'être facile aura été essentielle pour moi, je me sent tout neuf, prêt pour un nouveau départ, prêt à embrasser le monde. Depuis quelques jours je m'occupe pas mal de cette prochaine navigation, j'ai démonté, nettoyé, remonter entièrement le système de refroidissement de mon moteur, changé les silent-blocks qui le soutiennent. J'ai aussi changé de mouillage principale, révisé le secondaire. J'ai installé un détecteur de radar...rangé, réorganisé, acheté des cartes...il ne me manque plus qu'un bon avitaillement et zou! Je m'attendais à partir en solo mais finalement, nous serons deux, Fabrice, mon voisin de ponton et ami m'accompagne. Fabrice est un vieux loup de mer, fêtard et rigolo, il a été entre autre capitaine de la « Boudeuse » , Skipper aux quatre coins du monde, il a beaucoup de choses à m'apprendre, sa vision du bord et de la navigation m’intéresse. Nous prévoyons de partir pendant le weekend...il nous faudra avant de rejoindre le large, extirper Echoes de la vase et s'arrêter au mouillage des îles du salut où l'eau est plus claire pour gratter la coque envahie de coquillages et de crasse. La première étape sera Tobago.

A bientôt et bon vent.

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dimanche, septembre 4 2011

De Kourou

Yann est parti le 15 juin dernier, j'ai mis un long moment à écrire et un autre long moment à poster ces quelques lignes...après une phase de colère, de replis et de réflexion, je fais le point sur la prochaine étape..Trinidade. Là bas, ce sera le moment de réparer, changer tous ce qui ne va pas à bord (la liste est longue) pour préparer la suite du voyage: les Antilles mais surtout le Pacifique car autant on trouve tous ce qu'il faut en concentré  sur les Antilles, autant de l'autre côté de Panama les distances seront beaucoup beaucoup plus longues et les approvisionnement beaucoup plus difficiles...Echoes et moi devons être fin prêt avant....Gréement, gelcoat, peintures, batteries neuves, pilote automatique, détecteur de radar,...une éolienne? Fond parti de la liste mais aussi et surtout: un moteur..l'ancien est en train de mourir, de fuites, de rouille...les écrous tombent...c'est la débâcle (j'ai découvert récemment qu'il n'est pas bien aligné avec l'arbre d'hélice et que c'est ce qui a causé la majeur partie de nos soucis précédents) pourvu qu'il puisse tout de même m'emmener à Trinidade si besoins. Là bas, je trouverais tous ce qu'il faut à moindre coût...en attendant, je bosse dure, il faut de l'argent, beaucoup d'argent...Depuis quelques temps, je remplace le chef de cuisine de l'hôtel des Roches qui n'a pris aucun repos depuis deux ou trois ans! Ma mission est d'apporter du neuf au restaurant. J'organise, je change le style des menus, de la carte, je forme les cuisiniers, j'encourage, je veille à un meilleur fonctionnement, une meilleure communication dans cet établissement asphyxié par un vieux train train bourré de non-sens et le manque de logistique. C'est le grand chambardement, je me donne à fond. Je m'amuse beaucoup aussi... A part une ou deux ballades dans les environs, je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter le pays ni d'aller en forêt, je reste à Kourou....Une ville étrange partagée entre des quartiers populaires, des quartiers de casernes et le site spatial. Kourou donne l'impression de vivoter, sur fond de pauvreté, de stagnation. A part la technologie spatiale, peu d'initiatives en matières de développement, et encore moins d'encouragement...On dirait une France du tiers monde. La grande majorité (des blancs) n'est pas là pour rester et vivre mais pour économiser de gros salaires avant de repartir. Les autres cherchent un travail qu'ils aimeraient stable jusqu'au bout. D'autres encore cherchent un toit, des papiers..ou de l'or sur fond de western sauvage....Pas de bus réguliers, pas de tri des déchets, pas ou peu de traitement des eaux, des routes défoncées, beaucoup de vols, d'alcool, de crack, beaucoup de militaires et de gendarmes...Un étrange tableau avec au milieu, une fusée, fierté nationale … Je suis malgré tout ravi de cette escale riche en couleurs et en rencontres, en échanges culturels...Créoles, Saramakas, Bushinengués, Brésiliens...Tout ce petit monde se côtoie, vie ensemble...beaucoup d'enfants, de gaîté. Je ne me lasse pas de regarder pousser la mangrove. Cette masse verte qui respire et bouge à tout instant, habitée par une foule de bestioles...Ici de manière générale, la vie est partout, exacerbée. Le cycle de vie et de mort semble incroyablement rapide..Tous ce que la nature fait naitre est à nouveau avalé par elle presque aussitôt. Dès que possible, j'irais faire un tour dans le pays, j'espère pouvoir écrire quelques articles et faire quelques photos pour vous montrer....

mardi, juin 14 2011

Au revoir et à bientôt...

Nous sommes en Guyane depuis un mois et demie et après de longues réflexions et ayant pesé le pour et le contre, j'ai décidé d’arrêter le voyage, de quitter le bord et de retourner en France. J'ai pris conscience au cours de ce périple que le voyage à long terme ne me convenait pas. Certes j'apprécie la sensation de découvrir de nouveaux lieux,de nouvelles cultures, je ressens surtout le manque des miens famille ou amis, et surtout l'absence de repères fixes me pèse. Je ne me sens pas une âme de nomade ou de vagabond, pourtant j'ai rencontré des gens formidables et vu des paysages magnifiques. Je ne ressens pas l'envie de forcément voir ce qu'il y a au delà de découvrir la prochaine île, seulement le besoin de plus en plus fort de rentrer au fur et à mesure que je m'éloigne. J'aime faire de la voile, naviguer et passer du temps sur l'eau, et je continuerai de le faire, mais il me faut une base, un chez moi où j'ai mes marques et où je puisse me ressourcer.

Romain continuera donc le voyage seul ou avec d'autres équipiers. Il a la force, la volonté et le courage nécessaire pour mener à bien son rêve et continuer à porter le projet. Je resterai à sa disposition pour des questions techniques ou des conseils via internet pour la suite de son voyage. Je m'excuse auprès de tous ceux que j'ai déçu mais je pense sincèrement que la vie sur la route, même sous les tropiques, ne me convient pas.

Sur ce je vous dis au revoir et à bientôt sur le vieux continent. Yann

samedi, mai 21 2011

De l'estuaire de l'Amazone

Le 27/04 . En fin de matinée nous quittons les grand poteaux de bois contre lesquels nous étions amarrés et nous nous lançons dans le courant de la rivière sous un soleil de plomb. Comme d'habitude, nous regardons défiler une dernière fois notre escale. Belem et Nazareh, la dame de la rivière nous saluent en faisant sonner les cloches de la cathédrale au moment où nous passons devant...Les bateaux, le marché, le fort et ses grands arbres...Petit à petit, la rivière s'élargit. Tour à tour, au fil des heures le courant qui s'inverse nous pousse où nous retiens. Nous croisons des pêcheurs, des grains, le ciel est un camaïeux fantastique de gris de toutes les teintes. Entre deux averses, le soleil fait naitre des reflets d'or pur sur la surface de l'eau. C'est une navigation compliquée et fatigante. Les courants puissants qui tourbillonnent, les coups de vents soudains et violant entre deux calmes plats, les trombes d'eaux qui s'abattent sur nous puis ce soleil écrasant... tous se mélange. Nous naviguons au moteur. A l'intérieur il fait très chaud. J'essaie de trouver un peu de fraicheur dans la cabine avant en profitant de l'air qui descend du capot ouvert entre deux averses. DSCN2768.JPG DSCN2790.JPG Au 3e jour nous ne voyons plus le soleil, il pleut presque tout le temps. L'eau sur laquelle nous avançons deviens salée, elle a quitté sa robe marron pour devenir kaki transparente. Nous sortons de l'estuaire de l'Amazone, Pas fâchés de quitter le coin, nous aimerions de l'eau bleu transparente et des dauphins avec une petite brise portante et du soleil pour sécher, tout est mouillé, moite, de pluie, de sueur ou d'eau de mer. Hier soir une vague s'est invitée dans ma cabine. Au 4e jour, nous sentons venir un climat plus océanique. , le ciel s'ouvre, nos vœux sont exaucés niveau météo. Nous pouvons enfin tout sortir à sécher. La mer est de plus en plus salée. Le vent s'établit et les période de navigation sous voile s'allongent. Nous sommes ravis de ce changement, nous pouvons enfin brancher le régulateur d'allure et faire autre chose que de barrer nuit et jour les yeux rivés au compas à chercher le meilleur compromis cap/courant. Un magnifique couché de soleil marque notre sortie de l'estuaire de l'Amazone. Plus tard, les nuages devenus petits se partagent la nuit avec les étoiles que nous n'avions pas vu depuis longtemps. C'est toujours un réconfort après un passage difficile. Nous passons le Cabo Norte dans la soirée. DSCN2827.JPG Le 30 au matin, les courants tourbillonnent qui nous ont chahutés jusque là se taisent petit à petit et laissent place à un courant puissant qui remonte le long de la côte Brésilienne vers le Nord et nous poussent en plus du peu de vent à des allures allant jusqu'à 9 noeuds! Nous rattrapons nos laborieux premiers jours. La mer est devenue vert bouteille.Dans l'après midi, nous traversons une prairie d'algues. Le soleil tape fort, j'ai installé un morceau de toile dans le cockpit qui nous renvois la brise à l'intérieur et nous rafraichi...6nds...320° nous avons retrouvé le plaisir de naviguer. Le 01/05 les grains ont refait leur apparition et se succèdent. Dans la nuit, Cayenne est en vue, nous la dépassons pour remonter jusqu'aux îles du salut que nous laissons sur notre tribord vers 9h avant d'entrer dans le chenal qui nous conduit jusqu'au ponton des pêcheurs... DSCN2833.JPG DSCN2839.JPG DSCN2841.JPG Depuis nous avons trouvé une place, Echoes est planté dans la vase, il ne la quitte qu'a marée haute..petit à petit nous nous installons, en route pour une nouvelle vie, il nous faut trouver du travail d'urgence.

mercredi, avril 27 2011

Belem / Kourou

Un petit mot pour vous dire que nous partons demain en direction de la Guyane. Un route que nous devrions mettre entre 4 et 5 jours à parcourir. J'ai hâte de revoir la mer qui me manque, Echoes a besoins de se dégourdir lers voiles et nous avons désormait grand besoins de trouver du travail...en avant la Guyane donc!

vendredi, avril 22 2011

Une escale, une rencontre avec le MST.

Belem, ville de renommée aux portes de l'Amazonie nous faisait rêver bien avant de décider de nous y arrêter. Une fois sur place c'était l'occasion immanquable de rencontrer le MST (le mouvement des paysans sans terre au Brésil) dont FDH est un partenaire historique. C'était aussi l'occasion d'un premier don de graines sur notre parcours autour du monde.

Quelques jours après notre arrivée à Belem, Raul (responsable de la communication chez FDH) nous donne les coordonnées de Ulisses. Il sera notre contact au MST. Un petit problème se pose, nous devons trouver un interprète pour nous aider à organiser un rendez vous et communiquer avec lui. Malheureusement, ici les bilingues ne courent pas les rues, nous n'avons rencontré personne avec qui nous pouvions parler librement...sauf, à l'alliance Française!...Je file là-bas demander de l'aide à la bibliothécaire, aux professeurs puis finalement à Monsieur Stephani (directeur de l'Alliance et consul de France à Belem) qui quelques jours plus tard me présente Isabela, étudiante en Français à l'Alliance et volontaire pour nous aider dans cette mission.

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Entre deux, en fouinant sur internet, j'ai découvert que le MST préparait une manifestation pour le weekend, nous sommes jeudi, il ne faut pas rater ça! Le temps de briefer notre interprète (qui nous sommes, qui est FDH, qu'est ce que nous sommes venus faire à Belem...)et grâce à elle, dès le lendemain, le premier rendez vous est pris. En fin de journée nous sommes dans le Nord de la ville...un quartier populaire étrange avec sa gare routière, ses grands axes routiers, ses tours en béton...la banlieue. Nous trouvons Ulisses sur la place Sao Bras au milieu de tout un tas de gens, ils sont en train de monter un camp, là sur la place et n'en bougeront pas du weekend! Nous sommes le15 avril, après demain est un jour important, il sagit de la commémoration du 17 avril 1996 où 19 manifestants du MST furent assassinés par la police militaire.

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Le lendemain, le camp est monté, des drapeaux, des banderoles un peu partout, une ambiance très familiale, des vieux, des jeunes, des enfants (qui ont leur tente garderie).

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Tout le monde est très à l'aise et semble se connaître...visiblement ce n'est pas la première manifestation, tout est très organisé, chacun connait ses tâches... Nous retrouvons Ulisses en organisateur et orateur.

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Le MST est là donc mais aussi les représentants des Ribeirinhos (habitants de la rivière), le MSTU (MST urbain, « les sans maison »), la fédération des agriculteurs du Brésil, Najup Isa cunha un groupe d'étudiants en droits, un autre d'étudiants en ingénierie forestière, le FEAB (fédération des étudiants en agronomie du Brésil...au total, plus d'une centaine de personnes....Tous sont là pour présenter leurs revendications ( la demande d'investissements pour les infrastructures publiques, l'éducation, la santé, le logement...L'électricité et une meilleure sécurité pour les Ribeirinhos, victimes des pirates de la rivière qui volent leurs récoltes. Tous souffrent de l'insécurité alimentaire...) parler de leurs actions prochaines individuelles et collectives et ce qui a changé depuis le massacre de leurs compagnons il y a 15 ans ( les nombreux problèmes des paysans relayés au second plan derrière ceux de l'industrie malgré un gouvernement soit disant de gauche, on évoque les aides aux grandes entreprises, les investissements publique qui ne concernent que les grands centres urbains (riches), la modification du code forestier qui bénéficie aux grands propriétaires...et l'accès de plus en plus facile aux OGM au détriment des semences naturelles...).

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Beaucoup, beaucoup de choses à dire donc. Entre deux Ulisses nous présente à l'assemblée, j'en profite pour dire que nous sommes venus là en témoins et que nous représentons le soutiens de FDH dans la lutte, Isabela se charge de la traduction...

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En début de soirée, Ulisses qui est très pris trouve un moment à nous accorder. Nous allons pouvoir lui poser quelques questions.

Quels sont les problèmes majeurs du Brésil?

Le premier problème est vieux de 400 ans, quand les terres ont étés divisées en grandes exploitations et distribuées aux grands fermiers (aujourd'hui 1% des propriétaires terriens possèdent 54% des terres cultivables). Déjà à l'époque, les ressources naturelles partaient vers le Portugal, le marché extérieur. Depuis un siècle l'industrialisation des exploitations grâce à des capitaux étrangers mène à l'endettement et participe au déséquilibre social. La plus grande partie de la production continue de partir à l'étranger (le Brésil possède la plus grande biodiversité au monde, la plus grande réserve d'eau douce et le climat est propice à l'agriculture mais malgré cela, plus de 40 des 170 millions d'habitants souffrent de la faim!). De plus il y a le grand paradoxe de la modernisation des techniques agricoles (engrais, pesticides, OGM...) et l'esclavage toujours pratiqué. Ce qui nous mène au problème suivant: l'insécurité, il y a 50 000 homicides par an au Brésil, dont un grand nombre ici, dans l'état du Para. Le Brésil est un pays où règne la loi du plus fort et où on règle ses problèmes soi-même. C'est une vrai guerre civile entre les riches et les pauvres. Ensuite il y a le problème de l'éducation, le gouvernement Lula tente d'améliorer la situation au niveau de l'université mais néglige la formation primaire (il y a beaucoup d'écoles uni-classes et l'accès à l'université reste sélectif).

Quels sont les problèmes particuliers à l'état du Para?

La violence et le crime y sont très fort. Il y a encore de l'esclavage moderne et puis la course à l'Amazonie et à ses ressources, bois, terre, eau pour la construction de centrale hydrauliques, plantes médicinales que les grandes compagnies s'approprient à coup de brevets. Tout le monde (pays étranger) veut sa part du gâteau Amazonien.

Qui sont les membres du MST?

Principalement des familles d'agriculteurs et quelques alliés parmi les étudiants, avocats, intellectuels.

Quelles sont les actions du MST? Ses caractéristiques et principes?

Le MST est le plus grand mouvement du Brésil. Il s'attaque à tous les problèmes sociaux. Les droits de l'homme et plus particulièrement le droit des femmes, l'alimentation, l'éducation, la sécurité, le logement, le droit du travail, la défense de l'environnement tout en restant un mouvement familiale mais la problématique principale reste l'accès à la terre et la mise en place de la réforme agraire (processus de redistribution des terres) c'est pour cela que le MST pratique l'occupation des terres. Depuis 1988 le MST lutte contre la déforestation en informant et en éduquant les paysans en pratiquant le partage des expériences. Dans chaque état du Brésil, il a mis en place des centres d'information et de formation à la protection forestière.

Comment le MST est il perçu ici? Nous sommes le grand ennemi des médias qui sont manipulés par les grands propriétaires terriens. Et bien qu'étant encouragés à l'étranger par de sérieuses organisations comme l'UNICEF (qui leur a remis des prix) nous sommes considérés comme des terroristes.

Comment se passe l'occupation des terres?

L'occupation des terres s'effectue après quelques recherches...elles doivent être relativement proche des villes. Le MST vérifie la légalité des terres à occuper en s'appuyant sur l'article 189 de la constitution de 1988. Cet article stipule que les terres doivent avoir une fonction sociale!

Comment s'organise l'occupation et le travail de la terre?

La prise possession se fait par l'installation d'un campement pour 10 familles d'agriculteurs. Les petites unités sont plus faciles à organiser et renforcent le tissus social. Elles permettent plus de mobilité, la création d'un meilleur esprit de communauté et facilitent l'éducation ainsi que la vie en autarcie . La coordination est assurée par deux organisateurs issus de ces 10 familles (toujours un homme et une femme) qui s'assurent du bon fonctionnement du campement, de la production et de l'éducation. Le travail de la terre, sa production et son usage dépendent des régions.. Dans le Nord, il sagit surtout de la production de subsistance. Dans le Sud l'excédent peut être transformé et vendu. Il y a toujours une recherche de diversification de la production qui s'effectue de la façon la plus naturelle possible avec des moyens traditionnels. Pas d'OGM, pas de pesticides! (au Brésil les OGM ne sont pas clairement signalés sur les produits finis, et chaque habitants consomme environ 5,12L de produits chimiques par ans!)

Trouvez vous facilement des semences naturelles?

Le MST travail avec Bio-nature qui produit les semences. Nous avons aussi un partenariat avec le Venezuela pour l'échange de graines (et la création d'une école Latino-américaine d'agronomie et d'environnement).

Quelles sont les actions futures prévues?

L'occupation des terres!!! Et notamment l'enregistrement au cadastre de nouvelles terres occupés (les médias eux parlent d'invasion!). Le MST veut développer, en partenariat avec une université Espagnole et l'UFRA (Universidade Federale da Amazonia) un centre de référence en agronomie au Para. L'emplacement (5ha de terre) est déjà occupé et dispose de quelques structures pour ce centre qui devrait voir le jour d'ici un mois.

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Dimanche après midi, il y a beaucoup plus de monde, nous nous rejoignons autour du monument érigé sur la place en mémoire des compagnons morts il y a 15 ans. C'est un moment très émouvant, où l'on ressent tout le poids de la réalité de la vie de ces hommes et femmes et l'intensité de leur lutte devient palpable, la vie ne leur a pas laissé le choix. Les principes de développement durable, d'agriculture familiale que nous avons décidé de défendre par choix et par amour de la nature sont ici une nécessité pour laquelle on se bat et parfois on meurt. DSC01420.JPG

Un peu plus tard dans la journée, nous offrons les semences biologiques que Kokopelli nous a confié au MST via Ulisses. Il est ravi.

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Lundi 18, nous retrouvons Ulisses et les manifestants pour une longue marche vers l'INCRA (ministère du développement agricole à Belem) ponctuée d'un arrêt devant l'immeuble d'une chaine de TV locale. Quelques journalistes sont là, TV et journaux. Au terme de cette marche..des revendications et des négociations....

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Un peu avant le départ pour la marche, Ulisses nous a présenté un de ses compagnons de lutte, c'est lui qui va s'occuper des graines. Isabela n'ayant pas pût venir pour nous faire le traduction, nous communiquons dans un joli mélange d'Espagnol, Portugais, signes et gestes... Nous passons en revue les différentes espèces et variétés (j'avais préparé une liste en Portugais, il est impressionné par la diversité de ce que nous leur avons amené. Il y a un peu de tout: concombre, courges, melon, pastèque, tomates, piments, soja...) et lui précise que ces plantes venues d'Europe seront plus fragiles que les locales et qu'il faudra d'abord faire des essais, ensuite, il faudra les isoler des autres plantations afin d'éviter tout croisement et donc affaiblissement des espèces locales. Je lui explique l'importance de la démarche de l'association Kokopelli (qui lutte pour la sauvegarde de la biodiversité et la sécurité alimentaire) qui a produit ces semences, celle ci ne prendront leur véritable valeur que s'il les multiplie...conscient de l'enjeu et de ses responsabilités, il accepte le défi. Ulisses nous a trouvé la personne idéale pour ce travail: expérimenté, consciencieux, sensible et à l'écoute, il saura optimiser ce don « avec un bon ami à lui qui est ingénieur en agronomie ». Ouf!...Voilà une partie des graines arrivées saines et sauves et entre de très bonnes mains, je respire, nous sommes ravis.

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mercredi, avril 13 2011

Ballades à Belém

Nous voilà enfin arrivés à Belém, ville mythique, qui a donné son nom au fameux trois mats barque et à la Torre de Belém de Lisbonne (dont une copie se trouve à Mindelo!). C'est une ville aux multiples visages,cernée des fleuves Para et Guama et de la forêt amazonienne, que nous découvrons lors de nos démarches pour faire notre entrée visa et autres douanes. D'une part il y a le côté carrefour commercial avec le fameux marché de Ver O' Peso ( le plus grand d'Amérique du sud) qui, au delà des stands vendant fruits, légumes, poissons, animaux, potions, herbes, poteries et vanneries, s'étend à tout un quartier où les rues grouillent de commerces divers allant du réparateur de téléphone mobile au marchand de vêtements sans oublier les nombreux stands vendant des « salgados » ( beignets frits en forme de poire garnis de viande ou de poulet) des noix de cocos ou des jus de fruits. Juste à côté se trouve le port de pêche, sorte de capharnaüm de bateaux entassés et surveillés par de nombreux vautours. Vient ensuite,en retrait de le rivière, le centre ville aux rues ombragées par de grands arbres et parsemé de parcs abritant le théâtre, la vie culturelle et administrative de Belém. On y retrouve les traces de constructions anciennes au milieu de bâtiments modernes et des tours. DSC01198.JPGDSC01163.JPGDSC01182.JPGDSC01267.JPGDSC01207.JPG D'autre part on trouve les quartiers populaires, faits de maisons en briques, en bois et tôle et toujours pourvus de grilles séparant le garage/salon de la rue. Ces grilles que l'on retrouve partout, même devant les magasins alors qu'ils sont ouverts, témoignent du fort taux de criminalité qui règne dans la ville. A cela s'ajoutent les divers corps de police, véritables « Robocop » armés jusqu'au dents, qui patrouillent en permanence. Dans ces quartiers une multitude de petits métiers permettent aux habitants de subvenir à leur besoins. Ainsi on y trouve de nombreux « Lava Jato », où les voitures sont nettoyés à la main, des garages,réparateurs de vélos, bars et échoppes diverse proposant des billets de lotterie ou une coupe de cheveux... sans oublier les nombreuses églises et lieux de prêche leur permettant de pratiquer leur religion omniprésente.DSC01137.JPGDSC01193.JPGDSC01221.JPGDSC01225.JPG C'est dans un de ces quartiers que nous avons trouvé, après quelques recherches, une place pour notre bateau dans une « marina » toute neuve: La Marina B et B, où Echoes est amarré à de grands pieux lui permettant de suivre les mouvements de la marée, est gardée 24h sur 24 et se compose surtout de vedettes à moteur mises à l'eau à la demande par une équipe très sympathique et accueillante. Comme elle dispose d'un ponton faisant office de bar/restaurant qui nous permet de nous mettre à l'abri lors des violentes pluies quotidiennes, nous pouvons faire plus amplement connaissance avec les marineros et leurs amis tout en ayant une vue imprenable sur le fleuve et la forêt qui borde l'autre rive. marina_belem.jpgDSC01258.JPG Lors de mes promenades en ville je suis frappé par les contrastes flagrants qui règnent ici. Que se soit les pick-up dernier cri comparé aux vieilles coccinelles et combis VW, la différence entre la chaleur étouffante (plus de 30°) qui alterne avec des pluies diluviennes, la nonchalance des habitants alors que pour quelques rials ou une chaine en or on peut se faire tirer dessus, le calme reposant des parcs par rapport aux fiestas et barbecues dominicaux ou la musique ne semble connaître d'autre volume qu'à fond (ni salsa ni samba mais de la pop et de la techno!) ou tout simplement le vert de la foret sur le fond marron des fleuves. En tant qu'étranger j'ai du mal à trouver mes marques d'autant plus qu'il n'y a quasiment pas de touristes à Belém et que j'ai un peu le sentiment d'être une bête curieuse. Je me contentes donc de regarder et d'observer cette ville et ses habitants. Mon seul regret est de ne pouvoir accéder à la forêt qui l'entoure, cette dernière étant séparée du bâti urbain par de grands murs dont je me demande si ils sont là pour protéger la ville de la végétation ou alors les arbres des ravages de l'homme!DSC01208.JPGDSC01248.JPGDSC01251.JPGDSC01274.JPG

jeudi, avril 7 2011

Transatlantique: 16 jours en mer.

Le 13 Fevrier, nous laissons Mindelo et nos amis derrière nous. Ça y est, nous sommes partis et petit à petit Sao Vicente va devenir un souvenir...15 jours de mer nous attendent, je décompresse après la course au préparatifs de ces derniers jours. A nous la douce contemplation et la rêverie...Nous sommes au moteur, en attendant d'être suffisamment loin de l'archipel pour profiter des alizés...

6em jour: Toujours pas de bateau en vue depuis le départ, nous sommes seuls dans ce monde fait de mer et de ciel. 6 jours déjà loin de tout, nous avançons bien mais nous mettrons peut être plus de temps que prévu. La cap est difficile à tenir avec vent arrière qui change tout le temps, passant du Nord Est à l'Est Nord Est, il faudrait constamment manœuvrer mais sous génois tangonné, les virements de bord sont un peu compliqués pour se permettre de les faire jours et nuit plusieurs fois pas quart! Nous préferons laisser Echoes faire des écarts de route... Hors mis les poissons volants et les dorades, dont une qui sèche en filet dans les haubans et deux qui sont passées à la casserole, il n'y a pas grand chose...quelques touffes d 'algues, un oiseau de temps en temps et de plus en plus rare. Aujourd'hui Yann a allumé la radio. Des nouvelles de la Libye et du Japon...Le slarmes aux yeux, j'aurais préférer ne rien entendre.

7e jour: Pas de bateau en vue...ça roule, ça secoue, nous avons du mal à dormir...Autour de nous l'horizon, encore et encore. Comme d'habitude, je trouve incroyable d'être là, juste là, au milieu de toute cette eau bleue. Jour après jour, rien de change, nous sommes là. Passé 6 jours de mer, cela parait irréel, aucun point de repère pour dire que nous avançons vraiment à part notre sillage et quelques points sur la grande carte.



8e jour: Toujours rien autour de nous, tellement rien que lorsque Yann ouvre un paquet de bonbon à l'intérieur au fond du carré, je sens l'odeur sucrée à l'extérieur à l'autre bout du cockpit et ce malgré le vent contraire! Nous passons nos journée à lire, dormir, rêver, observer la mer, si belle, dans le grand équilibre de la nature, comme un verre d'eau de mer deviens pauvre une fois sortie de son contexte et privé de la vie qui l'habite d'ordinaire, je me dis qu'il en va ainsi pour tout et que chaque chose à sa propre valeur mais seulement si elle participe à l'ensemble, à son mouvement, à sa richesse...

9e jour: Les alizés faiblisses, nous enchainons les pétoles...en début d'après midi...un bateau en vue!!

10e jour: 3 bateaux en 24h! C'est fou, tout ce monde d'un coup!...Le bas hauban bâbord montre des signes de faiblesse, un toron viens de se sectionner...

11e jour: Ça souffle fort, nous rattrapons notre retard. Il fait de plus en plus chaud. Nous avançons vers une humidité de plus en plus pesante, il devient difficile de dormir. Je pense à l'arrivée...qu'allons nous trouver là bas, Comment allons nous gérer le climat équatorial avec sa chaleur et ses pluies dans notre petit espace qui manque d'aération?

12e jour: Le vent souffle fort ce matin, un bon force 5 bien tassé, alors que nous passons les 7 nœuds dans un départ au sur, j'entends un bruit dans le gréement...un deuxième toron a laché sur le bas hauban bâbord qui effiloche petit à petit. Je réduis le génois d'un tour puis deux...nous sommes redescendus à 5,5 nœuds. Pour soulager le bas hauban nous tendons deux drisses sur le rail de fargue. Pourvu que ça tienne jusqu'à Belém!

13e jour: L'eau qui jusqu'ici était d'un bleu profond au reflets turquoises dans ses crêtes de vagues devient noire au reflets émeraude foncé...Assis à califourchon sur le balcon avant, un pied dans l'eau, je joue avec les dauphins. Nous n'en avons pas beaucoup vu pendant cette traversée, ils m'ont manqué...

14em jour: A l'approche de l'embouchure de La Rivière Para. Des trombes d'eau s'abattent sur nous, puis c'est le calme choc, puis à nouveau le gros grain, et encore la pétole...Nous sommes en pleine zone de convergence intertropicale, qui heureusement nous attend seulement pour l'arrivée sans être venue nous chahuté avant. La nuit suivante, l'eau devient saturée de plancton. Sous un ciel d'ancre, chaque vague de cette mer agitée devient lumière mouvante, nous naviguons dans les paillettes, la mer éclaire le ciel. Le spectacle est incroyable et au final peu rassurant, je crois voir des feux de bateaux partout! Un peu plus tard, avec le rideau de pluie en plus tout autour de nous, il devient impossible de discerner quoi que ce soit. Nous passons l'équateur dans cette nuit phosphorescente.

15e jour: Nous sommes maintenant sur les eaux marron de la rivière Para que nous devons remonter pour atteindre Belém. Elle est si large que nous n'apercevons pas les rives mais par moment ça sent déjà la terre humide, la forêt et quelques heures plus tard, une ligne verte se dessine petit à petit, une île et ses arbres...c'est beau. Nous remontons doucement contre la courrant.

16e jour: De loin, au levé du jour nous commençons à apercevoir des tours, elles sortent de la brume, au milieu de nul part... Belém! Quelques heures plus tard, nous sommes arrivés et tout en découvrant la ville, son vieux centre, ses vieilles battisses, son marché sur la rive...nous continuons d'avancerà la recherche d'un ponton, d'un endroit où nous arrêter, nous passons le centre, revenons sur nos pas, il n'y a rien pour nous...finalement, au culot, nous nous arrêtons sur le terminal d'une compagnie de croisière en plein centre. Le temps d'aller nous déclarer à la police maritime et de demander quelques renseignement et nous repartons en direction d'un mouillage indiqué par plusieurs personnes. Finalement, sur la route, nous découvrons le « Club Nautique » de Belém avec un ponton occupé par un voilier. Nous venons nous mettre à couple. Son propriétaire, Alex, un Ukrainien nous avec du cognac ( température ambiante, bien chaud donc)..Après 16 jours de navigation, très peu de sommeil et le ventre vide, les 4 ou 5 verres cul sec fond leur effet! Baignant dans notre sueur sous un soleil de plomb, tout en écoutant Alex nous raconter sa vie de marin dans cette langue que nous ne comprenons absolument pas, l'instant est plutôt bizarre! Le cognac terminé, nous faisons part à Alex de notre envie de nous dégourdir les jambes, du coup, bourré d'enthousiasme et de sympathie pour ses nouveaux voisins, il nous emmène faire le tour du quartier au pas de charge...nous suivons en rigolant bêtement, ivres et incrédules, il va nous achever!...Après le tour, il nous invite pour quelques bière en terrasse, Yann se décompose...Si nous restons à couple de ce numéro, nous sommes foutus...

Dans les jours qui suivent, nous passons notre temps à cavaler d'un bout à l'autre de la ville pour trouver une meilleur place de port et remplir les formalités d'entrée dans le pays de notre bateau...Police maritime, services sanitaires, police fédérale...après 4 jours de bataille, ça y est, nous sommes posés...Ouf! Nous avons trouvé une place à deux pas du club nautique, le bateau est bien gardé, nous sommes en sécurité près d'un ponton. Le quartier populaire où nous nous trouvons est apparemment l'un des plus chauds de la ville, d'après ce que les gens nous disent mais aussi d'après ce que nous voyons de nous mêmes, les grilles qui protègent les maisons, les petits magasins (mêmes pendant les heures d'ouverture) et les gardes armés jusqu'au dents qui surveillent les grands... mais j'usqu'ici tout va bien. DSCN2547.JPG DSCN2557.JPG DSCN2564.JPG DSCN2565.JPG DSCN2569.JPG DSCN2571.JPG DSCN2574.JPG DSCN2577.JPG

vendredi, mars 11 2011

Une rencontre importante avant le départ

Alors que nous nous apprêtons à partir pour le Brésil. Madame Annie Matos de l'alliance Française à qui, sur un heureux hasard, j'ai eu l'occasion de parlé de notre projet, nous met en contacte avec Madame Francisca Fortes, déléguée du ministère de l'environnement et de l'agriculture à Mindelo. Madame Fortes nous reçoit cordialement dans son bureau pour faire connaissance. Après lui avoir exposé les grandes lignes de notre projet ainsi que les actions entreprises par FDH et Kokopelli, madame Fortes nous informes sur les engagements du ministère quelle représente en matière de développement durable. La sensibilisation et l'éducation à l'environnement dans les écoles; le soutiens à l'agriculture familiale (irrigation, serres); la conservation des sols avec la plantation d'arbres; l'éducation et la formation des paysans à la conservation et la gestion de l'eau avec le forage de puits, la création de barrages, de réservoirs; l'édition d'une liste des engrais et pesticides interdits au Cap Vert comme le DDT en raison de la pollution et de l'atteinte à la santé publique qu'ils génèrent; l'édition d'une liste de semences recommandées en fonction du sol et du climat au Cap Vert (qui n'interdit en rien la culture d'autres graines mais que les fournisseurs ont déjà du mal à fournir). Pour finir madame Fortes nous parle de la création d'une nouvelle réserve naturelle au Monte Verde qui suit celles de Prahia, Santa Lucia, Santo Antanao...

Trois jours après cet entretien, nous avons rendez vous avec l'association d'agriculture et d'élevage de Calhau et Madeiral à quelques Kilomètres du centre de Mindelo. Nous sommes reçu dans la maison de cette association qui soutient les paysans dans leurs démarches et formation pour une agriculture raisonnée. De plus cette association joue un rôle sociale important en s'efforçant de sensibiliser les paysans au problèmes de drogue, d'alcool et du sida.

Entre 1993 et 2003, Sao Vicente n'a pas eu de pluie. Plus rien ne poussait, les agriculteurs ne faisaient plus que de l'élevage. En 2004, la pluie est revenue, depuis tous s'activent pour la conservation de l'eau, des sols...Les paysans sont sensibilisés et formés aux techniques du goutte à goutte et malgré le manque de moyens, l'association et les familles, épaulées par le gouvernement investissent dans ce système d'irrigation (55ha de goutte à goutte importés du Portugal, Canaries et Israël sont déjà installés) pour remplacer le système traditionnel.

Association et paysans participent aussi à la campagne de forage de puits, à la mise en place de pompes à éoliennes, de réservoirs, de barrages et de digues pour retenir l'eau qui sans cela dévale les pentes montagneuses et arrive directement dans la mer, drainant le sol qui fini par se résumer à des champs de cailloux. Chaque année après la saison des pluies on plante des arbres pour lutter contre l'érosion. Passés les problèmes de sol et d'eau, les paysans manquent de pâturages, de nourritures pour le bétail et de place de stockage pour cette nourriture qu'ils doivent, du fait, aller acheter chaque semaine.



Une fois la production assurée, les paysans font face aux problèmes de conservation des produits de l'agriculture et de l'élevage qui entrainent des pertes importantes. Lieux de stockage, équipement frigorifiques, conserveries,...font cruellement défaut.

L'association d'agriculture et d'élevage de Calhau et Madeiral et le gouvernement travaillent ensembles pour l'amélioration de l'hygiène dans les fromageries avec pour commencer, la construction de bâtiments dédiés à cette activité. Ensuite, viendront l'emballage et l'étiquetage. Pour finir, tous les deux mois, l'association organise une foire agricole traditionnelle avec un marché où chacun peu venir vendre ses produits.

Avant de partir, madame Fortes nous confie que les priorités pour l'association sont la construction d'une grange pour le stockage des céréales et l'achat de goutte à goutte pour continuer le travail d'optimisation des ressources en eau.

De retour en ville, nous rédigeons ce billet et faisons suivre informations et contacts pour FDH...avant de retourner à bord préparer notre départ pour après demain. DSC01102.JPG DSCN2507.JPG DSCN2517.JPG DSC01096.JPG DSC01091.JPG DSCN2521.JPG DSCN2522.JPG DSCN2511.JPG

lundi, février 21 2011

De Tarrafal à Mindelo...

La deuxième escale à Tarrafal nous ayant permis de faire une réparation de fortune du moteur, nous devons maintenant retourner à Mindelo pour y finir les travaux et faire notre sortie officielle du pays. Nous quittons le mouillage venté vers 20 h afin d'arriver de jour dans le chenal qui sépare Sao Vincente de San Anton, les phares et feux n'étant allumés que sur les cartes!!! Céline et Mathieu, qui partent en même temps que nous, poussent au moteur contre la mer croisée, alors que nous envoyons le génois. Mais le vent nous oblige vite à réduire la toile alors que nous sommes au près bon plein dans les rafales. Face aux coups de gite et au cap médiocre nous n'avons d'autre choix que de changer de voile d'avant pour notre bon vieux foc n°1, la grand voile seule ne suffisant pas. La mission est sportive. Entre le vent qui transforme les écoutes en fouets et les coups de butoir qui arrosent le plage avant je dois bien m'accrocher pour affaler le génois. Heureusement la répa du moteur tient le coup et nous permet, à deux, d'envoyer notre voile de près. Une fois ce changement effectué nous pouvons enfin remonter au nord des iles Razo, Branco et Santa Luzia afin d'éviter de prendre le chenal de Mindelo contre le vent, les vagues et le courant. Ainsi toilé Echoes se comporte bien et taille sa route à bonne allure. Nous arrivons fatigués le lendemain matin à 9h30 au mouillage de Mindelo où nous retrouvons Céline et Mathieu, qui sont arrivés dans la nuit, Eric et Phillippe, partis la veille, ainsi que l'équipage du Baiser du Cachalot, Pauline et Victor. Là nous attend la suite des travaux: trouver et remplacer les silent blocks défectueux, changer le bas hauban tribord dont deux torons ont lâché se reposer et se soigner un peu... Le vent souffle toujours fort avec des rafales à plus de 50nds, rendant le mouillage fatiguant. Mais Romain étant parti chasser avec Mathieu et Victor dans une petite baie au sud de la ville, nous réconfortent avec une belle carangue et une langouste qui donneront lieu à un bon repas dominical! DSCN2349.JPG

Ballades à terre

De retour à Tarrafal, c'est le moment pour moi de faire le plein de nature terrestre, de terre, cailloux, arbres (si j'ai de la chance) avant de repartir pour Mindelo. Je pars donc en ballade sur une piste qui longe la côte. Le décors, fait de lave apparemment vieille de 120millions d'années est incroyable. Escarpée, torturée, érodée...on ressent l'âge et la grande puissance de cette terre battue par des vents violents, une mer forte et profonde. J'explore les criques, les ravines qui en remontant deviennent des canyons, trouve quelques endroits grandioses, abrités du vent où je peux me reposer du vacarme et de la force des rafales incessantes...Ici, il est facile d'imaginer le chaos dans lequel ces îles sont nées. Au bout de la piste, une plage de sable blanc (la seule de l'île), une belle récompense après cette longue marche. DSCN2329.JPG DSCN2331.JPG DSCN2336.JPG Dans les hauteurs de Sao Nicolau, se trouve Ribeira Brava. Ce village verdoyant, entouré de riches cultures vivrières, bénéficie de l'humidité des nuages que la montagne garde contre elle. Il est un de ces villages qui nourrissent le reste du pays, pauvre en terre cultivables et en eau. Des bateaux entiers de vivres (fruits, legumes, poissons..) partent du petit port de Tarrafal pour Mindelo. En echange, ils reviennent avec le plein de produits alimentaires secs et produit manufacturés. DSCN2352.jpg DSCN2354.JPG DSCN2359.JPG

Oups, le gros requin!

Mathieu et moi partons explorer les fonds...palmes, masque, tuba...nous nous mettons à l'eau dans la petite baie et partons vers l'extérieure en suivant un tombant. Nous débouchons quelques centaines de mètres plus loin sur une pleine rocheuse, au cœur d'une baie. L'endroit regorge de poissons. Chirurgiens, mérous, anges, perroquets, dorades de tous genres...Tous plus gros les un que les autres...Nous barbotons joyeusement entre 5 et 10m à la rencontre de tous ce petit monde lorsque à quelques mètres de nous j'aperçois un gros requin. Celui ci, tranquille, viens se poser au fond pour dormir (nous apprendrons plus tard qu'il sagit d'un requin nourrice..je lui donne bien 200Kg...le nourrice est une espèce puissante mais plutôt tranquille, mieux vaut tomber sur lui que sur un requin tigre, très gros, très antipathique et très présent au Cap Vert) Je me prépare à plonger discrètement pour m'en approcher un peu mais Mathieu qui l'a vu passé de près bien avant moi, me retiens, il n'est pas rassuré..nous rentrons... DSC00800.JPG DSC00837.JPG Le lendemain, nous sommes repartis, cette fois ci, pour chasser. Pour plus de sécurité, nous partons en annexe. Les consignes sont les suivantes: ouvrir l'œil, ne pas trop s'éloigner de l'annexe, achever les poissons fléchés le plus vite possible pour ne pas attirer les requins avec le sang et le stress de nos proies, ne pas garder sa pêche sur soi, ne pas uriner dans l'eau (les odeurs de ce genre attirent les requins)....La pêche sera bonne, faite de chirurgiens et de mérous. Mathieu qui chasse pour la première fois parviens à ramener quelques jolies pièces. Le surlendemain, nous allons plus loin, à la recherche de langoustes, sans trop savoir où les trouver...nouvelle partie de chasse par moment trop facile dans ce coins ultras poissonneux..je m'essaye à d'autres espèces plus farouches. Nouvelle rencontre avec un requin nourrice, nous avons du poisson pour deux jours..nous rentrons. Demain, nous irons faire tour à terre.

Sao Nicolao

Sur les conseil de Marco, un voisin de ponton de La Gomera qui connait bien le Cap Vert, nous décidons d'aller faire un tour à Sao Nicolao, une île voisine. Nous partons de Mindelo un peu avant le couché du soleil. Les roches qui bordent la baie n'étant pas signalés de nuit, nous préférons partir de jour. ..Arrivés de nuit, sans carte, nous attendons le levé du jour au large de Tarrafal, pour nous engager dans la baie et aller trouver notre place au mouillage. Sur place, nous retrouvons l'équipage de « Libertée... ». Nous avions rencontré le Capitaine au Canaries. Ils sont trois, embarqués sur un Muscadet (6,50m), petit bateau cependant très marin à destination des Antilles. Ils nous parlent de Cariçal, un tout petit village, un tout petit mouillage à peu près abrité...un endroit sublime...Le lendemain, nous voyons arriver nos amis Eric et Philippe puis Mathieu et Céline. Le temps de faire le tour de Tarafal et nous partons pour une exploration de l'île, direction Cariçal! DSC00763.JPG DSCN2216.JPG DSCN2222.JPG DSC00778.JPG DSCN2346.JPG DSCN2362.JPGDSCN2369.JPG DSCN2227.JPG

Excursion à Carriçal

Après quelques jours à Tarrafal de Sao Nicolao nous partons, avec Céline et Mathieu, cap sur le petit village de Carriçal situé sur le versant sud à l'extrémité est de l'ile. La navigation est magnifique. Il y a juste le vent qu'il faut, la mer est calme et le soleil est de la partie... Nos deux bateaux arrivent au coucher du soleil devant une petite baie, surplombée à droite par le village et au fond de laquelle une plage de sable noir, bordée d'une forêt, nous tend les bras. Le cadre est idyllique, d'autant plus qu'un groupe d'oiseaux blancs couronne les arbres. La seule ombre au tableau reste le moteur qui une fois de plus fait des siennes au moment de mouiller. L'accouplement entre le moteur et l'arbre d'hélice est cassé, les silent blocks sont déchirés ce qui rend tout déplacement motorisé impossible. Nous mouillons donc à couple, tête bêche, avec deux ancres, et buvons un coup pour fêter l'arrivée. ((/echoesplanet/public/N_3_Carrical/.DSC00798_m.jpg|DSC00798.JPG||DSC00798.JPG, fév. 2011) DSCN2244.JPG) DSCN2248.JPG Le lendemain, alors que Romain et Mathieu partent repérer les fond sous marins riches en poissons, je tente de démonter les pièces défectueuses, en vain... la rouille a tout soudé!!! Il nous reste à scier les boulons qui retiennent les silent blocks à la main pour bricoler un système de remplacement. Dans l'après midi, nos chasseurs étant partis traquer le diner du soir sous l'eau, Céline et moi partons en expédition au village. Peuplé de quelques centaines d'habitants, il semble hors du temps. Les poules, les canards et les chiens se prélassent sur les routes de terre ocre qui séparent les maison rustiques. On sent une grande nonchalance, les enfants jouent dans les rues, les anciens écoutent la radio et discutent assis le long des murs (c'est bientôt le élections législatives au Cap Vert) et les pêcheurs du village préparent calmement leurs embarcations. Suite à ce tour du village nous visitons la forêt. Composée principalement de robiniers, parcourue de vaches en liberté et de quelques cochons, elle s'enfonce dans une ravine en laissant paraître les traces d'un ancien cours d'eau. Nous rentrons à bord pour savourer un bon repas composé des poissons chirurgiens que Romain et Mathieu ont tiré à l'arbalète. DSC00803.JPG DSC00813.JPG DSC00823.JPG DSCN2260.JPG Le jour suivant commence pour eux par une nouvelle partie de chasse sous marine alors que je joue de la scie à métaux. Céline me sort la tête du moteur pour me signaler que notre ancre a dérapé. Nous faisons quelques tentatives pour nous remettre dans la position d'origine (avec un seul moteur et toujours à couple) avant de nous résigner à porter notre mouillage vers l'extérieur de la baie grâce à l'annexe et avec l'aide de nos chasseurs, tout juste rentrés. Pour nous changer les idées nous allons tous faire un tour à terre et explorer un peu plus la forêt. Nous y découvrons les vestiges d'un ancien lavoir, des enclos de pierre ressemblant à des puits pour les cochons et des cultures protégées par des filets contre les vaches. Au fond de la ravine nous empruntons un escalier escarpé pour poursuivre l'exploration. Nous cheminons dans le lit d'une rivière fait de rochers ronds, dont les villageois exploitent chaque parcelle cultivable pour y planter des fruits, de la canne à sucre et autres légumes... nous ne rentrons à bord qu'à la nuit tombée, heureux de cette promenade, pour déguster la pèche du jour. DSCN2257.JPG DSCN2277.JPG DSCN2279.jpg DSCN2284.JPG DSCN2294.jpg DSCN2302.jpg DSCN2315.JPG Le troisième jour, après la session bricolage habituelle, Romain et moi repartons en forêt. Nous voulons trouver le source de cet ancien cours d'eau. Nous nous enfonçons encore d'avantage au fond de la ravine et après d'autres cultures, plus étendues et construites en terrasses, aboutissons devant une façade rocheuse où l'on s'imagine facilement la cascade qui devait arroser la vallée. Romain décide de pousser plus loin alors que je choisis de rebrousser chemin vers la plage pour faire une sieste. Là je rencontre Anthony, un pêcheur local. Nous communiquons grâce à un imbroglio fait de bribes de portugais, d'espagnol, d'anglais et de français souligné de quelques dessins dans le sable. Rendez vous est pris avec Romain et Mathieu pour une traque à la langouste prévue le lendemain. Malheureusement, dans la nuit, le vent et la houle se levant font déraper l'ancre de Céline et Mathieu. Nos bateaux se retrouvent maintenant très exposés aux éléments, s'entrechoquent et tirent fort sur l'amarrage. Nous décidons donc de quitter ce petit paradis et de repartir vers Tarrafal devant l'inconfort et les dangers potentiels de la situation. La navigation commence au portant pour finir au près dans les rafales qui donnent si bien son nom à la ville. Après avoir tiré des bords dans des risées, à la direction changeante de près de 90°, pour l'approcher nous finissons cette excursion par notre première prise de mouillage sous voiles.

Mindelo

DSCN2182.JPG DSCN2184.JPG DSCN2190.JPG DSC00766.JPG L'arrivée au Cap Vert à été très excitante. Un Pays constitué d'îles et qui a fait naitre la Saudade et d'autres excellents style musicaux folks ne peut pas être foncièrement mauvais! Je rêvais de ces bouts de terre arides balayés par des vents Africains, bordés d'eaux turquoise plaines de poissons colorés, langoustes, barracudas et requins...Mais si en arrivant nous nous réjouissons du sourire et de la nonchalance des gens, cette première impression de douceur se trouve petit à petit contredite par des moments étranges, presque angoissants...à l'heure où les femmes finissent de vendre leurs légumes sur le pavé chaotique des ruelles pauvres, les hommes titubent, le grogue (rhum local) se diffuse dans leurs regards. Il y a quelque chose derrière, quelque chose de sombre, un mélange d'ennuis et de tristesse...La véritable pauvreté est là, derrière ce qui ce matin était des sourires amicaux et courtois. Nous comprendrons plus tard en rencontrant d'autres gens, dans d'autres coins plus tranquilles du Cap Vert que cette ambiance est propre aux grandes villes du pays comme Mindelo, Praia et que dans les petits villages des autres îles, tout est différent. Là bas, agriculteurs et pêcheurs sont occupés à plein temps. Amoureux de leur terre, de la mer, concentrés sur l'harmonie qui règne entre eux et leur milieu, leurs rôle dans leurs communautés, leurs responsabilités, les risques qu'ils prennent à chaque sortie...sans amertume et sans attente du monde extérieure. Ici aussi le rhum distillé dans la montagne coule facilement mais il n'efface pas le sourire et la bonhomie des gens qui aiment parler de leur tranquillité chérie, de leur amour pour la vie et leur île...

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Mais pour l'instant, nous sommes à Mindelo et pour le moment, nous passons nos journées à faire du repérage pour l'approvisionnement en nourriture et en eau. Yann travail sur le système électrique du bord avec ajout d'une nouvelle batterie offerte à la Gomera par un voisin de ponton. Je carène Echoes, grattant les algues et la crasse sous la ligne de flottaison qui poussent à une vitesse folle sous ces latitudes et qui plus est dans les eaux troubles et salles de Mindelo. De temps en temps nous allons à la plage. Le soir nous rejoignons nos amis pour écouter de la musique traditionnelle en buvant du punch, danser et goûter les petits plats locaux cuisinés avec amour dans les petites gargotes. Nous rencontrons d'autres équipages. On parle bateau, transat', nous écoutons le parcours de chacun. DSC00723.JPG DSC00726.JPG DSC00725.JPG Les jours passent, nos soucis principaux restent l'approvisionnement en eau potable et en nourriture, il fait chaud, nous n'avons pas de frigo et à terre, il n'y a pas grand chose en matière de longue conservation, ni même en frais d'ailleurs. Nous comptons tous ce que nous consommons en pensant aux jours à venir et à ce qu'il faut réussir à emmener pour la transat. Heureusement que nous avions à peu près prévu le coup en partant de la Gomera. Chaque jour, je fais mon pain, m'assurant facilement un minimum de nourriture à moindre frais. Nous économisons l'eau aussi. Pas de petites lessives à la main (une grosse de temps en temps à la laverie), peu de douches, il faut tout faire durer. DSC00749.JPG DSC00750.JPG DSC00752.JPG

lundi, janvier 17 2011

La Gomera - Sao Vicente

DSC00719.JPG DSC00721.JPG Partis au moteur depuis deux jours, la mer immense et plate, respire doucement. Echoes roule gentilment sur son ventre qui monte et redescent lentement...Nous avons toujours cette fuite de gazoil en plus d'une petite fuite sur le circuit de refroidissement. nuit et jours, toutes les trois heures, il nous faut pomper le melange d'eau de mer et de carburant dans les fonds. Nous décantons puis rejetons l'eau par dessus bord pour ne garder que le liquide brun visceux dont le stockage commence à poser des problèmes...pourvu qu'il y ait un systeme de traitement à Mindelo! Heureusement dans la nuit du 07, le vent se decide à souffler...très variable,, la girouette fait le manège mais nous avons tout de meme le plaisir de retrouver le silence et de laisser se dissiper l'odeur de diesel qui empeste le carré et avec laquelle nous vivons depuis le départ! Petit a petit, les alizés s'etablissent, nous faisons un essais sous génois tangonné....3 noeuds, 4 noeuds...le vent forçi, Echoes file, nous pouvons enfin mettre le pilote automatique et nous reposer. Les dophins, viennent jouer devant l'étrave, j'éxcite leur curiositée en sifflant et en tapant du pied dans l'eau. 210 est notre Cap pour atteindre Mindelo...27 degrés Nord, 26 , 25...Nous avons fait du chemin depuis les 46 degrés de l'ile de Ré...Sous ces lattitudes, la lune affiche une grand sourire...24, 23 degrés Nord...les jours passent...Pour m'occuper, j'ai monté de nouvelles lignes de peche à la traine, révisé mon arbalette et confectionné une nasse en prévision des parties de chasse et peche à venir. Le 08, une grosse houle s'est levée, le vent qui maintenant atteint force 4 bien tassée nous pousse à plus de 6 noeuds, frisant les 7 noeuds. Toujours sur le meme cap, avec de belle embardées en plus...Echoes, part au surf, se couche, repart...Les quarts se succèdent, les tentatives de peches aussi, j'essais différents leurres...Parfois, je dois remonter ma ligne, à cause des oiseaux de mer aui tournent autour...j'aimerais mieux pecher un poisson qu'un oiseau! Et puis d'abord est ce qu'ils se mangent ces oiseaux là ?!... Le 09 au soir, nous avons fait la moitié de la route...Le soleil vient de se coucher, je m'amuse à penser à la nature qu'il part réchauffer, aux gens qui voient sa lumière se lever, pour qui une journée va commencer...A quoi va t'elle ressembler? là bas, de l'autre coté...Au dessus de nous, la lune se lève pour nous tenir compagnie pendant nos quarts de nuit...Je ne me sents jamais seul au milieu de cette grande mer...car le monde résonne dans mon coeur. Le 10, nous avons arraché le rail et la pièce sur lesquels était fixé le tangon. Les raffales et embardées ont eu raison des rivets qui maintenaient le tout en place. Nous continuons sous genois seul. Un peus plus tard, nos premiers poissons volants! Magnifiques! L'un deux saute dans notre cockpit...Grossière erreure hehehe, il fini en tartare. Le 11 Notre première coryphène! Toute petite, quand je pense que lq plus part de nos potes sortent des morceaux de 8 à 10kg!Enfin bon... Allez hop...tartare aussi, ça bouge trop pour cuisiner. Le 12 Les brumes du matin se dissipent et nous apercevons.,..La terre! Sao Vicente est là avec ses montagnes qui sortent de l'eau. Nous la contournons pour aller chercher la baie de Mindelo et son mouillage où nous retrouvons Céline et Mathieu, nos voisins et amis de La Gomera...m'ayant vu plonger pour nous assurer que l'ancre est bien place, ils vienent nous acceuillir avec de l'eau douce pour la douche. Un peus plus tard nous embarquons sur leur annexe pour aller faire un tour à terre, histoire de se dégourdir les jambes et de découvrir l'endroit. Nos mais nous donnent une foule de conseils au sujet de la vie de tous les jours: l'accès à l'eau (une denrée rare et chère au Cap Vert), les marchés, les bons plans... Un nouveau reve se réalise...Nous sommes au Cap Vert!

Commentaires

Merci a tous pour vos commentaires! Une bonne annee a vous avec autant d'affection que de retard! Hehe ça en fait pas mal...hein? ... Nous sommes bien arrives au Cap Vert! A suivre, le recit du voyage.

mardi, janvier 4 2011

Adieu les Canaries,

Nous sommes le mardi 04 janvier 2011. Ce soir nous partons enfin vers le Cap vert, j'ai grand hâte...un peu d'intimité avec soi-même et la mer pendant une dizaine de jour selon la météo...le plaisir de s'en aller vers de nouveaux paysages, de pêcher à la traine sur la route...

Avant de partir, je suis allé voir Peter, un Allemand qui tiens une ferme à « El Cedr o »  tout petit village perché à flanc de montagne de l'autre côté de l'île. La ferme de Peter est un petit paradis qui contient plus de 70 espèces de fruits et légumes différents...des espèces toutes classiques telles que nous les connaissons en France aussi bien que des espèces exotiques et parfois même rares...Après la visite de ses terres Peter me confie quelques graines de Zapote et de Karobe...(que je ne connais pas encore) pour contribué à notre projet. Curieux et très ouvert, il me demande en échange de lui envoyer d'autres graines « à essayer » quand nous serons de l'autre côté de l'atlantique. Peter me parle un peu de sa vie..., il était architecte, il gagnait très bien sa vie aux quatre coins du monde, un jour il a tout changé. Choisissant d'investir son argent dans des terres...Aujourd'hui, il fait poussé de tout avec passion, nourris sa famille, ses bêtes, donne et vend une partie de ses récoltes. DSCN2166.JPG DSCN2169.jpg

Ces bientôt l'heure, de dire au revoir à notre petite marina, la vue sur le grand rocher, les copains de ponton. Nous emportons avec nous de bons souvenirs comme ce soir de barbecue gargantuesque où sans scrupules nous réglâmes son compte à une dorade coryphène de 8 Kg!!! DSCN2119.JPG DSCN2127.jpg DSC00707.JPG DSC00660.JPG DSCN2120.JPG

En avant la grande bleue! En prévision: le vent de Nord Est nous attend environ 24h de moteur plus loins. Timide au début, il devrait forcir à partir de samedi, et ne pas dépasser 20 nœuds...c'est parfait.

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