Gaëlle in India

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jeudi, août 7 2008

Retour en France !!

Et voilà, après 5 mois qui sont passés finalement plutôt vite, je suis de retour en France ! Le voyage a été long et fatiguant... La nuit de dimanche à lundi a été très courte, décollage à 6h45 heure indienne et arrivée à Lyon à 18h35 après un vol de 10h Bangalore-London, 3h d'attente et un vol London-Lyon... Et j'étais bien contente d'arriver enfin ! Et de retrouver mes parents, ma soeurette et une partie de ma famille ! Je suis encore un peu déphasée et reprendre le rythme est plus dur que je ne l'aurais pensé... Mais à peine le temps de rentrer, de récupérer un minimum du décalage horaire (changement de rythme et de climat surtout !), de défaire mes valises, que je les ai déjà refaites ! Demain, je pars pour 3 semaines au Portugal, en famille ! Et ça va me faire beaucoup de bien, un petit retour aux racines après 3 ans sans avoir pu y aller !

Mais c'est quand même bizarre de retrouver le rythme français... ça m'a fait un petit pincement au coeur de partir, de dire au revoir à mes collègues FEDINA, à ma famille d'accueil, etc. Même si mon séjour n'a pas toujours été facile, j'en garderais de très bons souvenirs pour les rencontres que j'ai pu faire, les choses que j'ai pu découvrir et partager avec les gens.

Donc voilà, un nouveau voyage qui se termine, une nouvelle expérience qui me marquera pour longtemps et qui m'aura beaucoup appris sur moi et sur les autres, de nouveaux souvenirs, etc. Mais aussi toujours l'envie de repartir !! Où et quand ? ça reste encore à voir !

Après 3 semaines au Portugal, je serais de retour à Clermont aux alentours du 30 août, puis le 1er septembre je serais à Paris pour un mois, au siège de FDH pour finaliser ma mission en Inde. Ensuite en octobre, ça sera retour à la case "recherche de travail"... Et ça sera une autre aventure !

Donc à très bientôt pour un nouveau voyage, une nouvelle aventure et un nouveau blog !

dimanche, juillet 27 2008

Attentats à Bangalore vendredi 25 juillet...

Vous avez sans doute vu aux infos ou sur Internet : vendredi dernier, une série d'exploisions a eu lieu en début d'après-midi dans 8 endroits différents de Bangalore, zones fortement peuplées (surtout des quartiers pauvres...) ou fréquentées. Bilan : 1 mort, une dizaine de blessées, des dégâts matériels et une véritable psychose dans la ville. Les explosions étaient de faible intensité, elles ont eu lieu à proximité d'arrêts de bus, de centres commerciaux ou aux abords des routes. Les explosions ont eu lieu dans des zones où travaille FEDINA et ses animateurs mais heureusement, tout le monde va bien ! Le vendredi après-midi, une activité autour des panneaux graphiques réalisés pendant l'atelier dont je vous ai parlé était prévu dans l'un des quartiers touchés. Certains de FEDINA était déjà sur place et le programme a été annulé. Sur le coup, quand on a entendu les nouvelles et vu les images à la télé, ça fait vraiment bizarre...

Pour l'instant on ne sait pas trop les raisons et les auteurs des explosions mais plusieurs hypothèses : - En mai dernier, un nouveau gouvernement a été élu à la tête de l'état du Karnataka, celui du parti du BJP (pro-hindou et anti-musulman) dont je vous avais déjà un peu parlé. Donc ça pourrait être des opposants au nouveau gouvernment, des mouvements islamiques, les responsables. - Cela pourrait aussi être des groupes qui soutiennent le gouvernement afin de rejeter la faute sur les communautés musulmanes de la ville et créer des conflits. Comme ça a été le cas, il y a 2 semaines environ : des têtes de porc ont été accrochées à l'entrée de 2 mosquées ce qui a provoqué la colère des habitants musulmans et qui a entrainé des émeutes et des affrontements entre hindous et musulmans... - Cela pourrait être aussi l'oeuvre de mouvements anti-indiens et pro-pakistanais, les conflits au Kashmir étant toujours d'actualité...

En tout cas, de nouveaux attentats ont eu lieu dans d'autres villes, capitales d'état où le BJP a aussi été récemment élu... Samedi à Amhenabad et dimanche à Surat (des bombes ont été retrouvées mais pas d'explosions), dans l'état du Gurajat, il y a également eu des séries d'attentats... Ceux d'Amhenabad ont fait beaucoup plus de dégâts : plus de 40 morts et plus de 100 blessés. Même mode opératoire, même composition des bombes, donc lien établi avec les attentats de la veille à Bangalore. Et du coup, l'Inde est en état d'alerte et c'est même la panique ! Les grandes métropoles sont sous haute surveillance, les gares et aéroports ont renforcé les contrôles, etc. Des alertes à la bombe sont publiées dans les états du Kerala et du Tamilnadu, etc. Ces attentats font aussi suite à l'attentat qui avait touché l'ambassade de l'Inde à Kaboul, en Afghanistan, début juillet et à la série d'attentats de Jaipur dans le nord de l'Inde au mois de mai...

Et bien sûr comme à chaque fois avec ce genre d'évènements, ce sont des dizaines de civils qui sont touchés... J'ai vraiment du mal à comprendre les motivations qui peuvent pousser des gens à tuer leurs semblables de cette façon, au nom de la religion ou de la politique...

Un mois de juillet très chargé !

Je crois que le mois de juillet a été le plus chargé de ceux que j’ai passé en Inde.

Le 28 juin après-midi, j’ai rencontré 2 des SHG soutenus par le projet de FEDINA dans le bidonville de Koramangala à Bangalore. Même constat que dans les bidonvilles de Bijapur, quant à l’état des routes, l’accès à l’eau ou aux infrastructures sanitaires et quant au fonctionnement et à l’impact des SHG pour les femmes et leur famille. Dernièrement, un canal traversant le bidonville était totalement bouché par l’amoncellement de déchets au niveau d’un pont, tellement que l’eau passait par-dessus le pont et inondait la route. Sur la pression des habitants du bidonville, des travaux de nettoyage ont commencé : le pont a été détruit et le canal a été vidé des déchets qui l’encombraient. Pas besoin de vous dire que les odeurs et les conditions d’hygiène autour du canal sont désastreuses… Et le bidonville n’échappe pas au phénomène de décharge en plein air où des tonnes de déchets s’entassent.

Les 1er et 2 juillet, je suis allée à Hunsur avec Parveen, pour visiter l’organisation Adivasi Girijina Abhivrudha Sangham (AGAS), membre du réseau de FEDINA, et dont les groupes bénéficient du projet. Hunsur est une toute petite ville au climat plutôt frais, et il a plu ; c’est la 1ère que j’ai eu froid en Inde ! Ça m’a d’ailleurs valu d’attraper la crève au retour à Bangalore…

L’organisation sur place travaille en particulier avec des communautés tribales proches des forêts. Les tribus en Inde sont une des populations dites marginalisées, leurs membres vivent dans des « hamlet », sorte de petit hameau en retrait des villages. Il y a encore 20 années, ils habitaient dans des huttes de bois mais depuis le gouvernement a lancé des programmes de développement pour l’habitation, ainsi que pour d’autres services municipaux comme l’eau ou les sanitaires. Sauf que ces programmes ont été souvent mal mis en place, par négligence ou à cause de la corruption des autorités locales et des compagnies chargées des travaux. Par exemple dans le hameau de Sonalli, la plupart des maisons des familles tribales ont été construites grâce à ce programme censé allouer 25 000 roupies par maison (moins de 400 €). En réalité, quand on voit les dites maisons, on a du mal à croire qu’autant d’argent ait été utilisé pour la construction et pour cause, la moitié de la somme a été détournée, les matériaux utilisés sont de médiocre qualité, les murs sont tous fissurés, l’installation sanitaire est presque inutilisable, les aérations sont minuscules, etc. Plusieurs familles vivent souvent dans la même maison de 10 x 20 m².

La problématique principale que rencontrent les tribus est l’accès à la terre et aux ressources naturelles. Après l’indépendance, le gouvernement a distribué des portions de terre aux familles tribales mais bien souvent elles ont été usurpées par les autres communautés ou bien par manque d’éducation ou de notion de propriété, les tribaux donnaient leur terre à cultiver aux fermiers du village. Quand peu à peu, les organisations leur ont dit qu’ils avaient le droit d’avoir leur terre et de la cultiver pour leurs besoins vivriers, bien sûr les fermiers ne voulaient pas rendre les terres. Dans la plupart des hameaux où travaille l’organisation soutenue par FEDINA, un processus de demande de terre a été mis en place et certaines familles ont réussi à retrouver leur propriété mais parfois sans documents le prouvant. Dans le hameau de Takkaldhi, les familles ont réussi à récupérer 120 acres de terre.

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Pour aider les tribus à subvenir à leurs besoins, l'AGAS a mis en place un programme de développement de la terre où plusieurs familles des tribus ont la possibilité de constituer une épargne afin d’emprunter de l’argent pour l’achat de graines, fertilisants et outils nécessaires à l’exploitation de leur terre. Les familles ont deux types de culture : les cultures commerciales qu’elles vendent sur les marchés (diverses graines, coton, lentilles, maïs, etc) et les cultures vivrières pour leurs besoins quotidiens (riz, millet, froment, etc).

Le dernier jour, après la visite du dernier hameau, Mahadevi, la responsable de l'AGAS nous a amené visité un temple tibétain, le Golden Temple. C’était un peu loin donc on pensait prendre un taxi mais quand on a demandé le prix, et que les chauffeurs m’ont vu, ils ont tous demandé une somme astronomique ! On s’est rabattu sur un rickshaw et manque de chance celui qu’on a choisit avait des soucis de moteur, en plein chemin on a du s’arrêter et trouver un autre rickshaw pour la dernier partie du trajet… Et il pleuvait des cordes ! Et les trajets en rickshaw quand il pleut, c’est très humide… Bref après 1h30 chaotique en rickshaw, nous sommes arrivés dans le village tibétain où les évènements récents au Tibet sont très présents : partout des banderoles demandant la paix ou l’indépendance du Tibet. La visite du temple, vraiment très joli et richement décoré, a été plutôt rapide car ce jour-là il y avait une cérémonie spéciale donc on nous a demandé de faire vite… L’enceinte du temple n’était pas très grande. En repartant, la cérémonie avait commencé avec une horde de moines tibétains en jaune et rouge.

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Les 3 et 4, nous avons rejoins la ville de Nanjungod, à 1h30-2h d’Hunsur, pour retrouver Theresia de l’organisation Spoorthi travaillant avec FEDINA et dont certains groupes bénéficient du projet de soutien aux femmes. La rencontre des groupes de Nanjungod est celle qui m’a le plus marquée non seulement par l’impact plus que positif des groupes de femmes créés que par l’accueil génial que j’ai reçu dans les villages de la part des femmes.

Impacts positifs : la place des femmes a considérablement évoluée, elles sont plus libres d’aller et venir, elles sont plus indépendantes financièrement de leur mari, elles ont acquis des connaissances et le courage leur permettant de soulever des problématiques et de s’adresser aux gens ainsi qu’aux autorités pour demander des améliorations dans leur village par exemple. Et elles ont gagné le respect et la confiance des banques qui leur accordent des prêts leur permettant de subvenir à leurs besoins quotidiens ou de commencer un petit commerce. On peut voir une grande solidarité et entraide parmi les membres des différents groupes et les femmes prennent très à cœur les sujets les touchant directement : la violence domestique, la pratique de la dot, mais aussi les foeticides féminins, les mariages précoces, etc. Elles se mobilisent pour sensibiliser les gens du village et de l’extérieur sur ces questions par la participation à des manifestations, des sit-in, des défilés, etc. Elles reçoivent de nombreuses formations sur les lois, les droits des femmes, les programmes du gouvernement, etc.

Accueil génial : dans tous les villages qu’on a visité, d’abord, il y avait la curiosité de me voir débarquer, surtout celles des enfants, puis la joie d’accueillir en offrant du thé, des bananes, des gâteaux, de l’eau de noix de coco, etc. J’ai visité 4 villages différents et à chaque fois c’était la même chose et je repartais avec les mains pleines de bananes et de gâteaux… La générosité des femmes, leurs sourires et leur joie de vivre m’ont vraiment fait chaud au cœur, surtout quand on sait qu’elles travaillent dur chaque jour pour participer aux revenus de leur famille. Je crois que c’est vraiment ce contact avec les femmes qui m’aura beaucoup apporté pendant mon séjour en Inde : un sourire, un signe de la main ou de la tête, un petit « Namasté » ou « Namaskaram », autant de sésames pour un contact mémorable. A chaque fois que je quittais les villages, les femmes ne voulaient pas que je parte, elles voulaient me montrer leur maison, me présenter leurs enfants, me servir à manger, etc. Et quand je commençais à prendre des photos, il fallait que j’en prenne une de chacune !

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Les 9, 10 et 11 juillet, une formation pour les animateurs de comités de diffusion de la Campagne Désarmer pour Combattre la Pauvreté a été organisée. Ça a été l’occasion de revoir les responsables de certaines organisations que j’avais rencontrés au cours de mes visites du projet et de demander des nouvelles des équipes du projet ou de certaines femmes qui m’avaient marqué. La formation était destinée à établir un programme de formation que les animateurs de chaque comité ferait ensuite passer au sein de leur organisation, puis aux groupes avec lesquels ils travaillent sur le terrain. Tout ceci, dans le but de diffuser au plus grand nombre la campagne et ses enjeux, de lui donner plus de visibilité dans les villages et les bidonvilles, puis au niveau des états.

Le 11, German, un artiste français d’origine chilienne, qui a été choisi pour animer l’atelier graphique en lien avec la campagne, est arrivé à Bangalore. Dès le lendemain, l’atelier a commencé ; y ont participé une vingtaine de personnes, des animateurs de FEDINA (de Bangalore et de Bijapur) et aussi des habitants de certains bidonvilles de Bangalore. Le but de l’atelier était d’encourager les participants à représenter par des panneaux graphiques (collages, peintures, dessins, etc) leurs visions des réalités et problématiques de l’Inde (pauvreté, manque d’hygiène, pollution, situation de la femme, travail des enfants, suicides des paysans, discriminations contre les Dalits, dépenses militaires, influence de la mondialisation, etc.) et en particulier des bidonvilles mais sans misérabilisme, ainsi que les initiatives qui peuvent être mises en place pour faire face à ces situations. Cet atelier a eu vraiment beaucoup de succès : les participants étaient très motivés et la production de travaux a été énorme et de très bonne qualité. A la fin de l’atelier, les meilleurs panneaux ont été sélectionnés pour les rassembler sur des bannières qui seront ensuite affichées dans plusieurs endroits de Bangalore et qui seront aussi exposées en France. L’occasion de montrer les situations auxquelles sont confrontées les indiens au quotidien et ce qui est fait, ou peut être fait, pour tenter de les faire changer.

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Entre temps le 15 juillet, la visite des représentantes d’ETAM qui finance une partie du projet de FEDINA et FDH pour l’amélioration de la place des femmes en Inde a débuté. Mais là-dessus, je vais faire assez court car j'en garde plutôt un mauvais souvenir, surtout par rapport à l'attitude des 2 employées qui sont venues. Heureusement, le 16 juillet, Raul de FDH est arrivé à Bangalore pour visiter également le projet. Pour vous donner une idée du rythme de ces 2 visites : le 15 à Trichy, 2 nuits d’affilée dans le train, le 16 à Bangalore et le soir direction Mysore, le 17 rencontre avec les groupes de Nanjungod et d’Hunsur, le 18 visite d’un hameau proche d’Hunsur, l’après-midi retour à Bangalore, le 19 rencontre avec les organisations travaillant avec FEDINA à Bijapur et à Tirunelvelli, l’après-midi inauguration du Centre Dwani (Voix en langue kanada) dans le bidonville de Lingarajipuram de Bangalore. C'est un centre de soutien et de conseil juridique qui accueillera des femmes des bidonvilles victimes de violences, discriminations ou faisant face à des situations de vie difficiles. Les animateurs de FEDINA seront présents quotidiennement dans ce centre, qui bénéficiera également de l'intervention d'avocats.

L’inauguration du centre a été très réussie, plus de 300 personnes étaient présentes. A cette occasion,certains panneaux réalisés pendant l’atelier graphique ont été exposés à l'intérieur du centre. Ça a été aussi l’occasion pour moi de jouer à l’indienne et de porter pour la 1ère fois de ma vie un saree ! C’était plutôt sympa mais je n’étais pas très à l’aise au début, autant à cause du regard des gens que de la difficulté que j’avais à marcher avec ! J’avais l’impression qu’à chaque pas, il allait se défaire… Déjà pour le mettre ça a été toute une histoire, heureusement que Roshni de FEDINA m’a donné un coup de main. Après quelques temps, j’étais plutôt contente du résultat et j’ai eu beaucoup de succès avec mon saree !

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Cette semaine a été plus calme et ça fait du bien, j’ai pu récupérer un peu… Mais mon travail n’est pas encore terminé, j’ai jusqu’au 2 août pour rédiger de petits comptes-rendus sur les visites que j’ai faite dans les villages et les bidonvilles et retracer des aspects du projet, ainsi que des portraits de certaines femmes. Ces petits textes seront utilisés pour le site Internet de FDH mais aussi pour la création de documents de demande de dons. Entre temps, il faudra que je pense à préparer mon retour, faire les achats de souvenirs et autres cadeaux, trouver quelque chose pour remercier ma famille d’accueil, faire un petit repas « de départ » à FEDINA et faire mes valises ! Dans une semaine, à cette heure-ci je serais dans l’avion !

Ces 5 mois en Inde seront passés bien vite… L’expérience a été plus qu’enrichissante et intéressante. L'opportunité que j'ai eu de bouger dans le sud du pays, de rencontrer des organisations comme FEDINA et Ekta Parishad qui travaillent avec FDH depuis des années pour l’amélioration des conditions de vie dans les villages et les bidonvilles, pour ces populations laissées de côté par la croissance fulgurante de l’Inde. J’ai eu la chance de rencontrer des gens géniaux et de discuter avec des femmes indiennes même sans connaître leur langue : le plus important, c’était l’échange, le partage, les moments de complicité…

Au cours de ces 5 mois, je me suis attachée aux gens de FEDINA, surtout à Parveen avec qui j’ai été très proche et qui m’a accompagné presque pour chacune de mes visites dans les villages. Je me suis bien plu également chez ma famille d’accueil, où j’avais de bons petits plats et surtout une oreille attentive en la personne de Juliana, ma maman indienne. Quand je dis maman, je pèse mes mots car parfois elle était encore pire que la mienne ! Je garderais d’excellents souvenirs de mon séjour en Inde et j’espère que je pourrais rester en contact avec les gens que j’y ai rencontré et peut-être qu’un jour je reviendrais ! Mais j’avoue que j’ai aussi été moins enthousiasmée par l’Inde que j’ai pu l’être par le Brésil…

Le début de mon séjour ici n’a pas été tout le temps facile, certains aspects de la société indienne sont très pesants (surtout par rapport à la situation des femmes…) et j’ai vraiment eu du mal à m’y faire. Certes cela fait partie de l’identité, de la culture et de la tradition indienne mais dans un pays qui se dit moderne et en pleine croissance, le poids des traditions est plutôt un paradoxe… Heureusement, il y a beaucoup d’amélioration comme j’ai pu le constater grâce au projet que j’ai suivi et j’espère que ce n’est que le début !

Voilà, je pense que ça sera le dernier article que j’écrirais avant de rentrer en France la semaine prochaine… Le séjour se termine, le blog aussi et j’espère que vous avez aimé suivre mes aventures indiennes ! Peut-être un futur blog depuis un nouveau pays, qui sait ?

Visite d'Hampi - 26 juin

Fermez les yeux et imaginez-vous au milieu de 30km2 d’une nature luxuriante et de collines rocheuses, au milieu de centaines de monuments, temples, palais en ruines, statues, accompagnés de quelques singes et d’un soleil de plomb… Ouvrez les yeux, vous êtes à Hampi ! :-) Un joyau architectural de l’époque des rois Vijayanagar qui au 14e siècle rivalisait en puissance et en exubérance avec la cité de Bénarès.

Pour la petite histoire, il parait que la déesse Parvati aurait choisi les bords du fleuve Tungabhadra, qui traverse le site d’Hampi au nord, pour y mener une vie ascétique et attirer le dieu Shiva. Mais ce sont surtout les rois qui à partir de 1424 commencèrent à construire palais et temples hindous jusqu’à ce qu’en 1565, les rois musulmans du nord de l’Inde envahissent et pillent la cité qu’ils laisseront par la suite à l’abandon. Ce n’est qu’au 19e siècle qu’un Anglais, puis au 20e siècle un couple franco-indien découvrent les 1er vestiges d’Hampi. En 1987, le site est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO et depuis le travail archéologique dévoile chaque fois un peu plus de la splendeur de cette ancienne cité. Aujourd'hui, le site attire de plus en plus de touristes et de pèlerins venant honorer le couple divin Parvati et Shiva. Un petit village (appelé Hampi Bazaar) s’est formé le long du fleuve et autour du temple de Virupaksha, le seul encore en activité, avec de petites pensions, des petits restos (cuisine des 4 coins du monde car beaucoup d’étrangers s’y sont installés), des petites boutiques d’artisanats, des petits musées, etc. La visite de ce site est l’une qui m’a le plus enchantée (c’est pourquoi je prends le temps de vous décrire l’endroit…) malheureusement on n’avait qu’une seule journée pour essayer d’en voir le maximum, donc autant dire que ça a été rapide et un peu fatiguant… Pour visiter le site, on a loué un rickshaw et un guide nous a accompagné pour aller plus vite mais il est aussi possible de se balader au grès des chemins avec un bon guide (papier celui-là !) et en vélo. Cette 2e option m’aurait bien tenté, mais pas le temps… On a commencé par admirer une vue d’ensemble de Hampi Bazaar depuis l’ensemble d’Hemakutam. Il parait que c’est l’endroit idéal pour admirer le coucher de soleil…

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          Hampi Bazaar

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          Virupaksha Temple

Ensuite on a visité le temple de Virupaksha. Petite précision : il faut se déchausser pour entrer dans les temples et parfois les non-hindous ne sont pas admis. Dès l’entrée, surmontée d’un énorme gopuram (sorte de pyramide), des gamins pieds nus accourent pour nous vendre des cartes postales ou une des nombreuses poudres de couleur dont les hindous se marquent le front soit disant pour porter bonheur. Dans la cour du temple, il y a beaucoup de gens, surtout des personnes âgées, qui demandent une petite pièce… Le temple est envahie de singes, c’est là qu’avait été tourné le film français Hannuman à l’époque duquel 200 espèces différentes avaient été relâchées. Ils sont mignons mais il faut se méfier, ils sont très malins et voleurs ! Le temple est dédié à la déesse Lakshmi, déesse de la Fortune et de la Prospérité, fille de Parvati et Shiva, le long des murs sont représentées des images du Mahahbharata et au centre est situé le lingam sacré où les hindous déposent des noix de coco en offrande à la déesse. Dans l’une des salles, à travers un trou dans la paroi, on peut voir le gopuram de l’entrée se reflété à l’intérieur mais à l’envers ! Secret des architectes de l’époque… En sortant du temple, contre une petite pièce, un éléphant tout paré de guirlandes de fleurs et de poudre de couleur vous donne un petit coup de trompe en signe de porte-bonheur.

Petite parenthèse sur les éléphants dans la religion hindoue. L’éléphant est la représentation du dieu Ganesha (Ganesh), dieu de la Prospérité et de la Sagesse, fils de Parvati et Shiva. Les éléphants sont donc sacrés pour les hindous et ils sont presque obligatoirement présents à tous les festivals religieux, sous peine d’une véritable exploitation parfois… Les éléphants sont retirés des réserves naturelles pour passer leur vie au service d’un temple, ils restent immobiles sous un abri toute la journée à manger des feuilles, ainsi que des fruits ou légumes que les gens veulent bien leur donner, ils ne bougent que 2 fois par jour pour bénir les fidèles devant ou à l’intérieur des temples. Tout ça pour dire que les conditions des éléphants sacrés n’est pas vraiment reluisante… Je vous raconte ça parce qu’en visitant le temple de Nanjungod (week-end à Mysore le 17 mai) l’éléphant qui se tenait sous son abri derrière le temple m’avait vraiment semblé tout triste d’être soit disant sacré… On avait l’impression qu’il pleurait… Du coup, à chaque fois que j’ai pu retourner à Nanjungod (à l’occasion de la visite du projet sur place), j’allais toujours lui faire une petite visite avec un régime de bananes ou quelques concombres !

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         Mon copain l'éléphant de Nanjungod

J’en reviens à Hampi.

Après le temple, nous nous sommes baladé dans Hampi Bazaar jusqu’au fleuve où plusieurs indiens faisaient leur toilette et où les femmes lavaient leur linge. Il est possible de traverser le fleuve avec une petite barque de rondins pour rejoindre l’autre rive où de nouveaux restos et hôtels se construisent, dans le respect du site et de la nature pour l’instant, mais jusqu’à quand ? Hampi est le 1er site touriste que j’ai visité en Inde qui était propre !

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          Tungabhadra River

En longeant le fleuve on a rejoint le temple Achyuta-Raya, en contournant une colline on est tombé sur une immense allée de colonnes menant aux ruines d’un ancien palais perdu au milieu de nulle part.

Ensuite, on est rentré à Hampi Bazaar pour reprendre le rickshaw et descendre visiter la partie sud du site. Sur le chemin, on a visité le temple dédié à Krishna (celui-là je ne sais pas de quoi il est le dieu ;-) ). Le sanctuaire principal recouvre un pilier où sont représentés les 10 avatars de Vishnou. En face du temple, une série de colonnades.

On a visité le temple de Badivinlinga qui abrite un lingam immense immergé dans un bassin alimenté par plusieurs canaux. Juste à côté, se dresse l’Image de Narasimha (époux de la déesse Lakshmi, c’est pire que les Feux de l’amour !!), une immense statue (6,70 mètres) qui représente l’une des incarnations de Vishnou.

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Petit trajet en rickshaw jusqu’à un temple souterrain qui a été découvert très récemment. Il était recouvert de boue, ses piliers ont encore les pieds dans l’eau et il est habité par des centaines de sauves-souris ! Puis visite de la ville royale, étendue sur une plaine aérée. D’un côté, le quartier des femmes, le Zénana, entouré tours de guets aux 4 coins de l’enceinte. Au milieu, les quartiers de la reine, derrière le bain de la reine, un peu plus loin le Lotus Mahal, associant éléments hindous et musulmans. Derrière le Zénana, on trouve l’étable aux éléphants où étaient abrités, nourris et soignés les 15 éléphants préférés du roi (sur 800 parait-il !). En face du Zénana, le temple de Hazara Rama sculpté de scènes du Ramayana.

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         Une des vues sur la cité royale

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         Le Lotus Mahal

En continuant la visite, on s’est baladé au milieu des ruines des quartiers royaux, totalement rasés à la base, donc on ne pouvait qu’imaginer ce que ça devait être à l’époque. Le seul monument de l’ensemble encore debout est le Mahanavami Dibba, sorte de pyramide d’où on peut voir l’ensemble de la ville royale. Du sommet on peut voir plusieurs bassins et citernes, ainsi que les ruines de la salle d’audience aux 100 piliers.

Un peu plus loin sur le chemin, on a visité le bassin privé de la reine fermé par de hauts murs d’enceintes, entourés par des sortes de douves et surmontés de balcons où s’installaient chanteurs et musiciens pendant que la reine prenait son bain.

Tout ça on l’a fait le matin, de 10h à 14h30 ! Autant dire que c’était un vrai marathon !

Une pause pour manger puis on a visité le temple de Vitthala, situé le long du fleuve. C’est le plus impressionnant et le plus travaillé des temples d’Hampi. Une large allée de colonnades mène à l’entrée principale, un gopuram aux pierres rougeâtres en son sommet. Au milieu de la vaste cour cernée de galeries à portique, ce trouve un imposant char en pierre, dont les roues tournaient réellement parait-il. Derrière s’élève le hall de danse où avaient lieu les soirées du seigneur Vitthala. Le hall est supporté par des dizaines de piliers « musicaux » car ils résonnent, chacun d’un son différent, quand on les frappe de la main. C’est un édifice plutôt joli mais la restauration est plutôt désastreuse ! Au milieu des piliers « musicaux » originaux, de gros piliers de briques ont été construits pour soutenir le toit du hall. Au loin, on peut voir sur le sommet d’une colline le temple du dieu-singe Hanuman que l’on dit né ici.

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Et voilà, après ça, il était déjà 16h30, on est rentré sur Hospet, histoire de se reposer un peu à l’hôtel avant de prendre le train à 20h pour rentrer à Bangalore, 7h de trajet…

Visite du projet à Bijapur (23 au 25 juin)

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, c’est dimanche, un de ces dimanches très pluvieux donc mon programme shopping tombe à l’eau ! Depuis quelques jours, la pré-mousson c’est installée avec surtout de la pluie en fin de journée. Je m’attends à un véritable déluge, pluie non-stop pendant des semaines mais en fait, il faut croire que j’ai eu de la chance car cette année la mousson est très faible. Moi je me réjouis mais ce n’est pas le cas de tout le monde… Comme les agriculteurs qui, sans pluie, n’ont pas pu cultiver leurs terres, ce qui prévoit des récoltes plutôt catastrophiques et donc peu de revenus pour les petits paysans des villages…

Donc vu que je ne peux pas sortir j’en profite pour vous raconter un peu mon dernier mois en Inde, qui a été plus que chargé !

Du 22 au 24, je suis partie dans la ville de Bijapur au nord du Karnataka accompagnée de Parveen, pour visiter l’antenne de FEDINA sur place et quelques groupes de femmes qui sont soutenus par FDH. Le voyage de Bangalore à Bijapur a été assez éprouvant car c’est la semaine où mon estomac avait décidé d’en avoir marre de la nourriture indienne… Autant vous dire que les 13h de trajet en train ont été plus que longs !

Bijapur est une ville importante du nord du Karnataka par sa taille et par son rayonnement alentour mais c’est une ville très différente de Bangalore la « high-tech » ! J’avais plus l’impression d’être dans un très gros village que dans une ville. C’est une ancienne ville fortifiée et on y trouve de nombreux monuments de style musulman, comme le Gol Gumbaz que l’on a visité avec Parveen le dernier jour. Cet immense monument, en forme de cube et surmonté d’une coupole, abrite la tombe du dernier roi de la dynastie des Adilshahi (15e siècle) ainsi que celle de sa famille. Ce qui est assez impressionnant c’est la taille de la coupole, un peu moins de 38 mètres de diamètres, d’une épaisseur de 2 à 3 mètres. Elle a été construite dans un seul bloc de pierre et n’est soutenue par aucun pilier ! On peut monter au sommet du monument (presque 200 marches !! On y est allé un matin à 6h30, après ça on été en forme pour la journée !) et faire le tour de la coupole à l’extérieur avec vue sur la ville et à l’intérieur avec vue sur la galerie centrale. La salle juste en dessous de la coupole est appelée « the whispering gallery » (la galerie aux murmures) car un simple murmure s’entend de n’importe où dans la salle et un claquement de doigt se répercute en écho sur les parois. On a fait le test avec Parveen : on s’est tenu l’une est l’autre à l’opposé de la salle et on pouvait se parler comme si on était assise l’une à côté de l’autre ! C’était marrant.

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        Le Gol Gumbaz

Pour en venir au boulot, le 1er jour, on a rencontré l’équipe de FEDINA sur place qui a été créé il y a un peu plus de 10 ans pour travailler à l’amélioration des conditions dans les bidonvilles et organiser les populations marginalisées, dans ce cas surtout les femmes, les Dalits et la minorité musulmane qui est très importante à Bijapur, ainsi que les personnes âgées. Ensuite on a visité 3 bidonvilles où on a pu discuter avec des groupes de femmes.

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L’une des problématiques à laquelle font face les habitants de ces bidonvilles est que certains sont encore en cours de légalisation auprès du gouvernement, c'est-à-dire qu’ils ne peuvent pas encore bénéficier des services municipaux pour l’aménagement des routes, des sanitaires, du tri des déchets ou de l’accès à l’eau. D’où des conditions d'hygiène plutôt désastreuses en raison desquelles FEDINA et les habitants de ces quartiers se mobilisent pour demander l’enregistrement des bidonvilles. Dans beaucoup de cas aussi, les familles font face aux menaces d’expulsion soit à cause d’expansion de route ou bien parce que certaines maisons ont été construites proches (ou même sur) les ruines des anciennes fortifications de la ville… Sauf que la plupart des familles y vivent depuis des dizaines d’années ! La mobilisation se fait à travers les groupes de femmes mais aussi à travers des comités de développement des bidonville qui organisent des manifestations, des sit-in, des grèves de la faim pour faire pression sur les autorités locales. Dans un des endroits, la déclaration du bidonville a été obtenue après que les habitants aient bloqué pendant toute journée les personnes de la municipalité dans leur bureau en les empêchant d’en sortir.

Grâce aux groupes formés, les femmes ont également la possibilité de constituer une épargne afin de recourir à des emprunts, auprès du SHG lui-même quand l’épargne est assez conséquente ou auprès des banques. Avec l’argent qu’elles empruntent, les femmes peuvent payer les dépenses du quotidien : l’éducation, la nourriture, les soins médicaux, etc. Et certaines d’entres elles ont commencé un petit commerce ou bien ont pu rentabiliser une activité qu’elle avait déjà mais qui était difficilement bénéfique. Mais dans les grandes villes, ce genre de petites activités génératrices de revenus – vente de légumes, de sarees, de bangles, gestion d’une petite épicerie, etc. – est souvent difficile et souffre de la concurrence des magasins et des produits bons marchés qui inondent les rues. Les femmes qui ne peuvent pas commencer de petits commerces travaillent, pour la plupart, comme des domestiques ou des ouvrières de la construction.

Un autre aspect primordial du fonctionnement des SHG est la sensibilisation que les femmes reçoivent concernant des problématiques sociales diverses, mais surtout celles les touchant directement comme la violence domestique par exemple. Pour ces femmes, les SHG sont plus que bénéfiques, tant économiquement que socialement. Elles ont la possibilité d’améliorer les conditions de vie au quotidien et de pouvoir acquérir une certaine autonomie ou indépendance par rapport à leur mari ou leur père. Elles gagnent aussi en confiance et en courage afin de se mobiliser pour l’amélioration de leur milieu de vie mais aussi de la situation des femmes dans leur bidonville.

Un petit topo sur les secteurs informels des travailleuses domestiques et d’ouvrières de la confection. FEDINA travaille à la syndicalisation de ces 2 secteurs à Bijapur (et également à Bangalore).

Le 1er emploi surtout des femmes qui font le ménage dans les maisons des familles de classe moyenne ou aisée. La plupart du temps, elles travaillent dans plusieurs maisons par jour et sont peu payées ou du moins pas en proportion du travail qu’elles effectuent quotidiennement. Pour exemple, j’ai rencontré une dame à Bijapur qui travaille tous les jours dans 3 maisons différentes (vaisselle, balai, serpillère, poussière et lessive sont les tâches les plus courantes, également faire la cuisine dans certains cas) pour à peine 900 roupies par mois, soit moins de 15 euros. Outre le fait que les salaires soient dérisoires, bien souvent les conditions de travail sont assez pénibles. Certaines domestiques subissent des mauvais traitements : leurs employeurs les exploitent, leur demandent du travail supplémentaire sans les payer en conséquence, ne leur accordent pas ou rarement de jours de congés, rechignent à leur donner ne serait-ce qu’un verre d’eau… Et parfois, en cas de problème dans la maison, si quelque chose disparaît par exemple, c’est la domestique qui est accusée, souvent à tord… Heureusement, tous les employeurs ne sont pas comme ça, mais il en existe et donc pour soutenir ces travailleuses un syndicat est indispensable.

Pour le secteur de la construction, il faut savoir que ça n’a rien à voir avec le BTP en France. C’est un truc qui m’a assez choquée quand je suis arrivée en Inde, les constructions ou restaurations de maisons, d’immeubles ou autres, se font encore avec des moyens rudimentaires… Et les ouvriers travaillent dans des conditions difficiles… D’abord, la plupart du temps, ils travaillent à mains nus et pieds nus (ou en tong, ce qui n'est guère mieux) sans aucune protection… Et ce ne sont pas les échafaudages de fortune en bois (oui oui vous avez bien lu en BOIS !) qui vont les protéger des chutes ou effondrements… Autant les hommes que les femmes, et parfois même des enfants, travaillent dans le bâtiment et sont mal payés, ne bénéficient d’aucune compensation en cas d’accident ou de maladies (le plus souvent respiratoires ou des articulations).

Quand on pense que les français sont toujours en train de se plaindre pour des augmentations, la réduction du temps de travail, les retraites, etc…

Les 2 jours suivants ont été un peu fastidieux pour moi… On a assisté à des formations : l’une pour les membres des comités de développement de bidonvilles et l’autre pour les leaders des groupes de femmes. Ça aurait pu être très intéressant, mais j’étais toujours malade et pas mal fatiguée donc j’avais beaucoup de mal à me concentrer. En plus, les formations étaient en kannada, la langue locale, autant dire que je ne comprenais rien, et Parveen ne me traduisait pas beaucoup… Mais lors de la 2e formation, j’ai eu l’occasion de discuter avec certaines leaders de groupes de femmes sur leur implication dans leur bidonville et sur leurs activités au sein du SHG, donc c’était plutôt intéressant et à chaque fois, cela m’a permit d’avoir un aperçu de la réalité indienne.

Le 25 juin, on est parti en début d’après-midi car on avait prévu de s’arrêter sur le site d’Hampi sur la route de Bangalore. 6h de trajet en bus, sur une route horriblement étroite, en ligne droite et hyper dangereuse, encore plus quand il n’y avait que des bus et des camions et qu’ils conduisent vraiment comme des dingues ! Je me suis fait les plus grosses frayeurs de ma vie ! On a croisé plusieurs accidents, le conducteur de notre bus doublait n’importe comment sans faire attention à ce qui arrivait en face ou si il avait le temps de doubler, etc. Autant dire qu’une fois arrivée à Hospet (15km de Hampi) vers 20h le soir, j’étais bien contente d’être encore en vie !

jeudi, juillet 24 2008

J-10 !

Bonjour tout le monde ! Un petit poste tres tres rapide pour dire que tout va bien, que j`ai ete mega occupee ce dernier mois et que ce n`est pas termine... Les derniers jours en Inde vont etre plutot charges et ca va faire tout bizarre de repartir... Mais aussi tres impatiente de retrouver famille, amis et nourriture francaise ! Avant de rentrer le 4 aout prochain, je ferais mon maximum pour mettre un peu a jour le blog, enfin si je me suis pas noyee dans mes bagages ! Sinon a mon retour, je serais plus tranquille pour m`en occuper... A tres vite ! Bons baisers indiens !

lundi, juin 16 2008

Le système des castes en Inde

Après plusieurs demandes, voilà une petite explication autour des castes en Inde. C’est un système bien compliqué lié à la religion et qui est source de beaucoup de discriminations, inégalités et de conflits.

Le système des castes a été introduit par l’hindouisme comme l’expression de la conception du monde introduite par cette religion dans le Mahabharata et le Ramayana (un peu la Bible de l'hindouisme). C’est censé être en fonction des castes que s’établie le kharma de chaque hindous, c'est-à-dire la somme des actions passées qui conditionne la réincarnation de l’âme… Toute une conception…

Par ce système, l’hindouisme a introduit une conception de société inégalitaire et hiérarchique. Chacun appartient à un groupe et chaque groupe a une position bien définie dans la hiérarchie sociale indienne.

Il existe 4 varnas (castes) : les brahmanes, caste de lettrés, prêtres, enseignants, ingénieurs, censés être sortis de la bouche de Brahma (le dieu hindou créateur du monde) ; les kshatriya, rois, princes, administrateurs, guerriers, sortis ses bras ; les vaisyas, artisants, commerçants, hommes d'affaires, agriculteurs, bergers, sortis de ses cuisses ; les sudras, serviteurs, sortis de ses pieds. Et il y aussi les indiens qui n’appartiennent à aucune varna, les parias ou intouchables, sortis d'un peu nul part. Les 3 premières castes représentent 20% de la population, les sudras 42% et les hors-castes 20%. La différence entre les castes se base sur la pureté spirituelle et rituelle. Ceux qui appartiennent aux hautes castes se livrent à des activités « pures », tandis que les castes les plus basses ont des occupations qui les rendent encore plus «impurs» (manipulation des déchets, des cadavres humains, des animaux morts, travail du cuir, etc.)

La caste est un cadre de vie, les membres des basses castes ne peuvent donc pas décider du jour au lendemain d’intégrer la caste supérieure à la leur. En plus à l’intérieur des castes, il existe des subdivisions : les jatis, les castes de naissance. Le nom d’un hindou indique sa jati et donc sa caste ; quand 2 hindous se rencontrent et déclinent leur nom, ils savent à qui ils parlent et règlent leur comportement en fonction. Cependant, un hindou «né» dans la caste des potiers ou des cordonniers peut devenir commerçant ou ingénieur mais continuera à suivre les rites religieux de sa naissance. Je vous l’avais dit : c’est compliqué !

Moi perso, dans la rue, je suis incapable de distinguer un Dalit d’un Brahmane ou d’une autre caste…

Par contre, les castes ne correspondent pas aux classes sociales. Tous les brahmanes ne sont pas prêtres et tous les prêtres ne sont pas brahmanes. Ils existent des brahmanes riches et de petits agriculteurs, mais aussi des cuisiniers (seul un brahmane peut préparer la nourriture d’un autre brahmane !). Un intouchable peut devenir riche en dirigeant une usine qui travaille le cuir et un brahmane peut rester pauvre toute sa vie. La caste joue un rôle contraignant qui organise la solidarité et l’entraide ; tous les interdits sont aussi sévèrement condamnés par les législations indiennes mais sont encore très scrupuleusement respectés par les hindous, notamment dans les villages.

Le cas des intouchables, ou Dalits, est particulier. Par définition, ce sont ceux exclus de la société avec pour conséquence l’absence de contact avec les plus « évolués » et l’asservissement aux castes supérieures. Le principe a été déclaré inconstitutionnel après l’Indépendance de l’Inde, le gouvernement a introduit un quota de Dalit dans l’Administration et des bourses d’études aux enfants mais les traditions ont la vie dure et les discriminations et les rejets sont encore nombreux et parfois très violents ! (cf. un article précédent sur le « mur de l’intouchabilité »).

(source : Le Routard)

Visite d'Ekta Parishad au Tamil Nadu

Jeudi 12 juin, je suis rentrée de 2 semaines au Tamil Nadu. Une partie de mes visites était consacrée aux projets d'Ekta Parishad, en particulier un projet d'agriculture organique qui devrait démarrer d'ici quelques mois dans la région de Nagapattinam (au sud de Pondichéry) avec le soutien de FDH. Durant la 2e partie de mon séjour au Tamil Nadu, j'ai visité plusieurs groupes participant au projet de soutien aux femmes de FEDINA en partenariat avec FDH ; mais ces visites feront l'objet du prochain article !

Le 27 mai au soir, j'ai pris un train de Bangalore jusqu’à Trichy ; arrivée le lendemain vers 4h du matin puis bus jusqu’à Nagapattinam ; arrivée vers 8h30 à la gare routière de cette petite ville située sur la côté est, où m'attendaient Ari, le responsable d'Ekta Parishad dans l'état du Tamil Nadu et Murugaiyan qui s'occupe du projet de Nagapattinam lorsque Ari se déplace jusqu'aux autres projets d'Ekta dans l'état. Après un petit déjeuner à l'indienne (dosa, petites sauces et thé), on a du reprendre un bus jusqu'au petit village où j’allais visiter le projet d’agriculture organique mené suite au tsunami. Cette visite permettra de retravailler avec Ari sur une proposition de projet visant à renouveller le soutien de FDH, par le biais de la région Centre, pour l'implantation du projet dans un autre ensemble de villages. Je suis restée 4 jours dans ce petit village complètement perdu au milieu de nulle part : pas de réseaux, pas de téléphone public et encore moins d'accès Internet... Mais au moins ça m’a permit de me mettre au vert ! Et c’était vraiment très reposant : pas de bruit, pas de pollution (la plupart des villageois se déplacent en vélo), peu de monde, et le tout à quelques pas de la plage. Une plage déserte, sans aucun aménagement touristique, vraiment agréable pour une petite balade en fin de journée. :-)

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Le 1er jour, Ari m'a fait une petite présentation du projet et du concept de l'agriculture organique, parce que je dois bien avouer que je n'y connaissais pas grand chose... Mais c'était plutôt intéressant, encore plus quand j'ai pu aller dans les champs des agriculteurs où le projet a déjà été mis en place. Nous avons d'abord "fait le tour" du projet, en se rendant chez plusieurs fermiers. Puis le lendemain, j'ai pu discuter plus longuement avec 2 fermiers dans le village de Kameswaraù.

Rencontre avec Iyappan Iyappan__6_.jpg Iyappan__3_.jpg

"Je fais partie d'une famille 4 enfants, 3 garçons et 1 fille. Mon père travaille en Malaisie et rentre peu en Inde, ma mère est femme au foyer, mon frère le plus âgé travaille à Singapour, mon 2e frère travaille avec moi à la ferme et notre jeune soeur va encore à l'école. Quand Ekta Parishad est arrivé dans notre village pour parler de l'agriculture organique, je ne voyais pas l'intérêt de telles techniques mais par curiosité je participais à leurs réunions. Je me suis surtout intéressé à Janadesh car j'y voyais le moyen de sortir du village mais sans percevoir l'enjeu d'une telle marche. Les membres d'Ekta sont venus plusieurs fois chez moi pour nous expliquer l'importance de cette technique agricole et ils m'ont vivement encouragé à commencer une exploitation. Ils me l'ont d'ailleurs présenté comme un impératif à ma participation à Janadesh... C'est vraiment à partir de ce moment que je me suis intéressé à l'agriculture organique et que j'ai découvert la vision d'Ekta. J'ai participé à une formation organisée par Ekta au CESCI de Madurai (Centre for Experiencing Socio-Cultural Experience, ), où j'ai appris les différentes techniques. Quand j'ai constaté les bons résultats obtenus grâce à des techniques comme le compost ou les fertilisants naturels, j'ai décidé de m'y consacrer sérieusement avec l'aide de mon frère et de ma mère, grâce à un emprunt auprès d'Ekta utilisé pour l'achat des semences. J'ai également commencé à transmettre ce que j'avais appris à d'autres fermiers de mon village, intéressés par l'agriculture organique. D'ailleurs, je suis le secrétaire d'un groupe de 13 jeunes fermiers, créé avec le soutien d'Ekta. Un des objectifs sous-jacents de ce groupe est d'encourager les jeunes à rester dans les villages en développant une agriculture respectueuse de l'environnement, au lieu de partir dans les villes où il est de plus en plus difficile de trouver du travail. Aujourd'hui, la fertilité des sols que je cultive est meilleure et la qualité de nos cultures (tomates, noix de coco, mangues, cajou, noisettes, etc) s'est améliorée. Je revends une partie de notre production sur les marchés dans les villages voisins et je souhaiterais cultiver plus de légumes et augmenter les ventes. Si on me proposait un autre travail, à la ville, je refuserais car j'ai trouvé mon équilibre dans la pratique de l'agriculture organique et je peux aider ma famille au jour le jour."

D'après Amithala, mère de Iyappan : "Nous sommes fières de lui, avant de connaître Ekta Parishad Iyappan voulait quitter le village pour aller à la ville. Mais avec l'agriculture organique, il a beaucoup changé, il a des responsabilités. Le village apprécie son initiative et les fermiers viennent le voir pour apprendre des techniques. J'ai commencé à planter des fleurs selon ces techniques et elles sont beaucoup plus jolies qu'avant !"

Rencontre avec Mayilvaganan Mayilvaganan__3_.jpg

"Je travaille pendant 20 ans comme agriculteur en utilisant les techniques chimiques. Depuis 2005 et l'arrivée d'Ekta Parishad dans notre village, j'ai intégré un groupe de fermiers et j'ai changé totalement mes habitudes en adoptant les techniques de l'agriculture organique. Après la création de notre groupe nous sommes allés visiter d'autres fermiers pour leur parler de ses techniques, nous avons fait des démonstrations afin de les convaincre d'adopter ses techniques car elles sont plus efficaces, les résultats sont plus importants et il n'y a pas d'impacts nocifs sur l'environnement et la santé. En plus, cela coûte moins cher que l'agriculture traditionnelle car nous fabriquons nous même des fertilisants et des pesticides à partir de ce que nous trouvons dans la nature. Avant, je proposais mes services à d'autres villageois pour répandre des pesticides dans leurs champs mais je suis tombé malade, depuis que j'ai commencé à utiliser les techniques naturelles, ma santé s'est améliorée. Avec les autres membres des groupes de fermiers, nous travaillons en commun : entre-aide et échange des techniques, vente des produits et partage des bénéfices entre les familles. La vente sur les marchés permet de sensibiliser les gens à nos techniques et nos ventes ont augmenté. Avant le tsunami, je n'avais jamais entendu parler d'ONG et quand on en a vu arriver par dizaine, je pensais qu'Ekta Parishad serait comme les autres organisations venues seulement pour reconstruire nos maisons. Mais je me suis rendu compte que les gens d'Ekta avaient d'autres objectifs et d'autres valeurs. J'ai eu la chance de participer à Janadesh et j'ai réalisé que je faisais partie d'un énorme mouvement de paysans au sein duquel il existe une grande solidarité et entre-aide, non seulement dans mon pays mais aussi à l'étranger. Aujourd'hui, je suis plus sensibilisé aux questions sociales et politiques, et à l'importance d’accéder à un développement durable respectueux de l’environnement et des droits humains."

Le 31, j'ai repris le bus en compagnie d'Ari pour rentrer à Trichy d'où j'ai commencé des visites pour FEDINA.

Entre temps, le 7 mai au matin, je me suis rendue à Madurai où j'ai visité le CESCI, centre de formation géré par Ekta Parishad. C’est un centre de formation et de sensibilisation aux principes d’Ekta (basés sur la philosophie gandhienne), ainsi qu’un centre d’études et de recherches sur les stratégies et réformes qui permettraient de contrer les inégalités et discriminations dont souffrent une grande majorité des indiens. Le centre en lui-même est vraiment très agréable, au milieu de la nature, avec des espaces de rencontres et une bibliothèque bourrée de livres sur Gandhi, les réformes sociales, la question des sans-terres en Inde, la question du travail infantile, les violences contre les femmes, les activistes qui ont marqué la société indienne, etc. Autour du centre, Ekta Parishad a aussi développé un projet pour les femmes et les enfants. Pour les femmes, Ekta a mis en place des groupes de soutien économique et de mobilisation. Pour les enfants, ils ont mis en place une crèche, des activités culturelles (théâtre, chant, danse, etc.) et des formations de sensibilisation aux problématiques sociales.

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Je suis restée 2 jours au centre. Le 1er jour, j’ai eu l’occasion de rencontrer pour la 1ère fois Rajagopal, le fondateur d’Ekta Parishad. C’est un sacré personnage, très gandhien, très peace and love mais aussi très engagé, persévérant et très intéressant. Il faudrait un peu plus de gens comme lui en Inde… Le 2e jour, j’ai retrouvé Benzi d'Ekta Parishad Kerala. Elle était venue avec l’équipe de projet pour la visite du centre et des projets. Ça m’a vraiment fait plaisir de les revoir et ils étaient aussi tous contents ! Ils se sont lancés dans des démonstrations de danses et de chants, c’était plutôt marrant. Ils ont essayé de m’initier… Après 1h de répétition j’étais capable de chanter une petite chanson en Malayalam, la langue du Kerala, j’étais trop contente de moi ! Et eux aussi !

Le soir, je devais à nouveau prendre le train, pour reprendre mes visites des groupes de FEDINA dans le district de Kanyakumari, à l'extrême-sud de l'Inde.

Et là ça a été un grand moment… Je sors du centre pour attendre le bus à 19h30, il y a un bus toutes les demi-heures et pour qu’il s’arrête il a fallut que je me plante au milieu de la route ! En plus l’arrêt n’est pas du tout éclairé donc en pleine nuit ce n’est vraiment pas évident. Benzi n'était pas rassurée que je prenne le bus toute seule (j’avais 45minutes de trajet jusqu’à la gare ferroviaire de Madurai) donc elle a tenu à m’accompagner ! A 20h30, on monte enfin dans un bus (celui de 19h30 nous a pas vu et ne s’est pas arrêté ! Ah j’ai oublié de préciser qu’il s’était mis à pleuvoir des cordes…). En arrivant à la gare, je devais acheter mon ticket et au guichet, on me dit que le train que je veux prendre est en « open ticket », c'est-à-dire qu'on achète un ticket mais il n'y a pas de siège attitré donc le train sera bondé et j’aurais peu de chance de trouver une place assise. Sur des petits trajets, ça serait faisables mais là j’avais 6h de train en perspective ! Et le train indien quand il est bondé c’est vraiment quelque chose ! On s’assoie à 6 sur des banquettes de 3 personnes, dans les allées, sur les portes bagages, etc. Et des fois ça dépasse même par les portes ! Et dans ces cas-là, prendre le train ça devient super dangereux. Très souvent il y a des accidents : des gens qui tombent du train et passent sous les rails, des gens qui n’ont pas pris de ticket et qui pour échapper aux contrôleurs sautent du train en marche, des gens qui traversent sur les voies, etc.

Donc bon je me suis dit que je voulais arriver entière et que donc j’allais prendre le prochain train qui était le lendemain à 16h ! Alors que je devais rencontrer la responsable de l'organisation à Kanyakumari à 10h du matin ! Je l'ai appelé pour la prévenir que je prendrais un bus seulement le lendemain matin mais que je n'arriverais pas avant 14h... Puis rebelote, 45 minutes de bus pour rentrer au CESCI pour la nuit… A 5h du matin, réveil pour reprendre le bus dans le sens inverse, cette fois toute seule. Arrivée à la gare routière de Madurai, je tente ma chance pour demander quel bus je dois prendre pour rejoindre la gare routière longue distance. Le 1er me fait signe qu’il ne parle pas anglais, le 2e me donne des indications mais je comprends rien à son accent, le 3e parle un anglais compréhensible et me donne le numéro du bus, la direction et l’arrêt où je dois m’arrêter ! Ouf ! Heureusement que certains indiens sont adorables ! Donc je repère le dit bus, je monte, je prends mon ticket auprès du contrôleur et le bus démarre. Au bout de 5 minutes, je commence à avoir un gros doute : tous les panneaux qu’on croise indique les villes de Trichy, Chennai qui sont au nord de Madurai alors que moi je vais à Kanyakumari, tout à fait au sud ! Je demande à la dame qui est à côté de moi si le bus va bien à la gare routière longue distance et elle me dit que oui… Et en effet après encore 15 minutes, le bus s’arrête devant la gare routière ! Ouf ! Je descends du bus et la pour la 1ère fois depuis que je suis Inde un contrôleur récupère les tickets de passagers ! Je commence à fouiller dans mes poches, je ne retrouve pas mon ticket… Je commence à fouiller dans mon sac, sans résultat et le contrôleur me dit « Sorry my girl, it’s a 50 rupees fine! » (Désolée jeune fille, c’est une amende de 50 roupies). J’avais payé mon ticket 5 roupies ! Mais bon je n’avais pas trop le choix donc je sors mon porte-monnaie et là qu’est-ce que je trouve : le fameux ticket de bus ! Quel boulet !

Je rentre dans la gare pour repérer la plateforme d'où part le bus pour Kanyakumari. Sur le chemin, j’achète de quoi grignoter ; avec toutes ces péripéties il était déjà 8h ! Avant de grimper dans le bus, je vois une petite fille les cheveux tous ébouriffés, toute débraillée qui me tend la main et me fait signe qu’elle a faim…Et ça c’est les situations où j’ai vraiment du mal… Par principe je ne veux jamais donner d’argent, quand je peux je vais acheter quelque chose et je donne, et là ben je lui ai donné le paquet de gâteau que je venais d’acheter… Tant pis pour mon petit déj. Elle m’a fait un grand sourire accompagné d’un « thanks Madam! », elle était vraiment adorable… Ça fait vraiment mal au cœur de voir ces petits bouts devoir se débrouiller dans la rue… Je monte dans le bus et quelqu’un commence à taper sous la vitre du siège où j’étais assise : une femme avec son bébé dans les mains qui me faisait aussi signe qu’il a faim… Sauf que j’avais plus de gâteaux ! Et dans ces cas-là c’est le plus dur, de faire l’indifférente, comme si on ne voyait pas… Et bien sûr face à des touristes occidentaux, ils insistent toujours et beaucoup donnent pour se débarrasser (et parfois c’est des billets de 10-20 roupies alors que les indiens ne donnent que des pièces de 1 à 5 roupies…). Ce jour-là, j’ai été « sauvée » par le départ du bus… Mais ça m’a pas mal travaillé après, face à la misère des gens on se sent toujours impuissant… Et parfois c’est dur de faire la part des choses, parce qu’il arrive aussi que les gens qui font la manche en montrant un bandage sont aussi malades que moi je suis milliardaire, ou que les mères qui montrent leur bébé soient exploitées par des meneurs, etc. Et donc c’est toujours le grand dilemme : donner ou pas, croire ou pas…

Enfin bref, ça c’est la partie de mon expérience en Inde avec laquelle j’ai beaucoup de mal…

Visite des groupes de FEDINA au Tamil Nadu

Ces 2 semaines de visites ont été géniales, vraiment très intéressantes et enrichissantes côté boulot ! Malgré la barrière de la langue, j’ai eu de bons contacts avec certaines personnes des staffs des organisations et avec les femmes participant au projet, elles étaient vraiment adorables ! Plusieurs fois, j’ai eu droit à l’accueil typique indien : chants, couronne de fleurs autour du cou, petite prière hindoue et petites traces de couleurs sur le front. Un des groupes de femmes m’a même offert une écharpe ! Ça m’a beaucoup touché mais ça m’a aussi mise un peu mal à l’aise qu’on m’offre des cadeaux, alors que pour la plupart, les femmes de ce projet vivent tant bien que mal dans leur petit village, de l’agriculture, de la confection textile ou de la fabrication de beddy (petites cigarettes indiennes), etc. Ça confirme l’impression que j’avais eue au Brésil : les gens ont à peine le minimum et il donnerait tout ce qu’ils ont pour faire plaisir aux gens qui s’intéressent à eux ! Et ça je l’ai beaucoup ressentie dans les regards des femmes que j’ai rencontré : elles étaient toutes contentes de pouvoir parler de leurs expériences, de leur implication dans les activités du projet, comment il avait fait évoluer leur vie (même si ce n’est qu’un peu…) mais elles étaient aussi très curieuses ! Elles posaient des questions sur ma famille, si j’étais mariée, si j’aimais l’Inde, sa culture et sa cuisine, comment était la vie en France, si il y avait de la pauvreté aussi dans les pays riches, etc. Et c’est sûr que la France et l’Inde ne sont pas du tout sur le même niveau, mais elles étaient surprises et presque abasourdies d’apprendre qu’en France aussi il y a des pauvres, des mendiants, des sans-terres (c’est comme ça qu’elles ont compris les sans-abris), des conflits entre les communautés, des problèmes de chômage, etc.

Petit résumé de mes visites pour FEDINA :

Le 31 mai, j’ai pris un bus de Nagapattinam pour retourner sur Trichy où j’ai visité le Trust for Rural Development, un organisation qui travaille avec FEDINA sur le projet de soutien aux femmes. J'ai été hébergée chez Ursula, la responsable de l'organisation. Et c’est lors de ma 1ère réunion que j’ai eu mon 1er accueil à l’indienne ! Les femmes des villages sont regroupées en sangham (groupe de femmes) où elles sont initiées au concept de microcrédit solidaire, leur permettant de disposer d’argent pour les dépenses du quotidien et parfois de pouvoir commencer un petit commerce. Chaque femme rembourse ensuite le microcrédit qu’elle a reçu avec un taux d’intérêt imbattable ! Peu à peu elles deviennent solvables et peuvent ouvrir leurs propres comptes bancaires. Et en tant que femmes c’est une vraie révolution alors que normalement elles n’ont pas le droit de disposer de leur propre argent mais dépendent des hommes de leur famille !

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L’organisation anime aussi de nombreuses formations où les femmes sont sensibilisées aux problématiques de la société indienne, à leurs droits et devoirs, etc. Ensuite, dans chaque groupe, les femmes discutent des problèmes qui touchent leur village : l’accès à l’eau et à la terre, les problèmes de discriminations entre castes, les difficultés de payer l’école et les fournitures, les aides du gouvernement qui ne leur parviennent jamais, des cas de violences domestiques ou de viols, etc. Elles sont devenues en quelque sorte des « justicières » : elles discutent entre elles des problèmes, essayent de trouver des solutions et décident d’organiser une mobilisation pour faire changer la situation, elles se rendent auprès de la police, des autorités du village, etc. Et de plus en plus souvent elles obtiennent gain de cause, non sans difficultés, obstacles et remarques blessantes, surtout des hommes. Mais peu à peu, elles ont gagné en respect, en autonomie, en influence et même en pouvoir au sein de leur communauté. Certains hommes viennent même leur demander de régler leur problème, d’autres ont peur d’elles parce qu’elles connaissent les lois et qu’elles peuvent les faire arrêter si ils battent leur femme par exemple.

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      avec le staff de l'organisation

Un autre axe de travail est la syndicalisation des travailleuses du secteur informel, qui par définition ne confèrent aucun droit ou bénéfice aux femmes : pas de salaire fixe et minimum, des heures supplémentaires non payées, pas d’accès aux fonds de pension, pas de possibilité de contester leur situation auprès des employeurs, etc. Par la création de syndicats (travailleuses agricoles, travailleuses textiles, tailleuses de pierre, etc.), l’organisation permet à ces femmes de s’organiser pour demander le respect des droits du travail et tout simplement de leurs droits humains. Et dans certains cas, on note des améliorations : des augmentations de salaires, l’octroi des fonds de pension, l’autorisation d’un jour de congé, etc. Mais ces victoires sont souvent au prix de longues négociations et mobilisations.

Ce qui prouve bien que la société indienne et la situation des femmes évolue et c’est très encourageant mais malheureusement il reste encore tellement à faire ! Les femmes indiennes se prennent en main, elles gardent espoir et se battent pour leurs droits et ceux de leur famille jusqu’au bout, au risque d’être arrêtées, rejetées ou insultées. Une grande leçon de vie…

Le 3 mai au soir, bus jusqu’à Tirunelvelli, tout au sud de l’état, pour visiter une autre organisation de FEDINA. Toujours rencontre avec des groupes de femmes ; même concept de sangham, même activités de sensibilisation, de mobilisation et de syndicalisation, même constats que lors de ma visite précédente mais un contexte différent, celui des femmes qui fabriquent les beedi, petites cigarettes indiennes. Elles travaillent de chez elles, c’est bien plus pratique pour s’occuper en même temps de la maison, mais elles sont payées une misère et les compagnies qui fournissent la matière première ne leur accordent aucune garantie de travail et de salaire. A travers le projet, elles réussissent à faire changer les choses petit à petit.

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Entre temps je suis allée à Madurai comme j'en ai déjà parlé dans le précédent article. Et le lundi 9 juin, je reprennais le bus direction Kanyakumary, à la pointe sud de l'Inde. J'y suis arrivée vers 14h. Le trajet m’a semblé interminable ! En plus la route était vraiment chaotique ! A mon arrivée, Elsey, la responsable de l’organisation Nava Jyothi, m’attendait à la gare routière. Elle m’amène chez elle où je serais hébergée, me sert à manger et me dit que si je veux, je peux me reposer et qu’on peut repousser le programme… Cool !

Pendant les 2 jours qui ont suivi, à nouveau comme pour les autres groupes du projet de FEDINA, j’ai visité des villages et rencontré des groupes de femmes, nouvel accueil chaleureux et nouveaux échanges.

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          avec le staff de Nava Jyothi

Le 11 juin, à 11h30, je prenais un nouveau train, direction Bangalore ! L’épopée se terminait ! Et en beauté avec 20h de train pour parcourir un peu moins de 1000 km, alors que normalement Bangalore-Kanyakumari c’est 550 km ! Par la route… Parce que par le train, ça fait des détours mémorables et en plus s’arrête à tous les arrêts ! Je suis arrivée à Bangalore le 12 à 7h du matin… J’étais bien contente d’être enfin arrivée !

Je suis rentrée chez ma famille d’accueil toute contente, ça faisait du bien de retrouver un environnement familier et de ne plus être une nomade ! Après une douche et un bon petit déj, je suis allée au boulot et là aussi ça m’a fait plaisir de retrouver tout le monde et tout le monde était content de me voir et m’ont accueillit avec des « We missed you! ». Contente de rentrer à Bangalore pour les gens, mais pas vraiment pour la ville : pollution, bruit, du monde partout, des bouchons interminables, etc.

Voilà pour les nouvelles !

Le temps passe super vite ! Dans 1 mois et demi, je serais sur le point de reprendre l’avion pour la France… Et ces dernières semaines vont passer plutôt vite et je vais être pas mal occupée. Je vais à nouveau bouger pour visiter d’autres zones de projets mais cette fois dans le Karnataka, puis mi-juillet, je vais accompagner pendant une semaine 2 employées d’ETAM qui viennent visiter le projet de FEDINA, dans le même temps, Raul de FDH visitera FEDINA et Ekta Parishad. Enfin pendant 2 semaines, un artiste viendra de France pour animer un un atelier graphique autour de la Campagne Désarmer.

Et après tout ça, il me rester à peine 1 semaine… Et finalement, malgré le choc culturel plutôt éprouvant, je me plais bien en Inde, j’adore le boulot que j'ai eu à faire, c’est passionnant, et j’adore aller à la rencontre des gens, recevoir et donner, apprendre et découvrir, échanger et partager, etc. L’Inde restera une expérience bien particulière et marquante en tant que femme et en tant que volontaire…

Suite au prochain épisode ! Et cette fois, promis, j’essayerai de faire en sorte qu’il ne soit pas dans 1 mois !

Toujours en Inde toujours vivante !

Bonjour tout le monde !

Après un très long mois sans nouvelles de mes aventures, me revoilà enfin !

Le mois de mai et ce début de mois de juin ont été plutôt chargés ici et il y a eu aussi un petit passage de baisse de moral, mais rassurez-vous tout va bien ! C’était juste un petit coup de nostalgie de la vie française, de la famille, des amis, etc., mais ça fait partie de l’expérience !

Donc il s’en est quand même passé des choses…

J’ai passé tout le mois de mai à Bangalore à bosser sur mes projets pour FEDINA, à préparer la visite des différents groupes participant au projet de soutien aux femmes, à faire des recherches autour de la Campagne « Désarmer pour Combattre la Pauvreté », à rechercher des infos pour la newsletter Résonances de FDH (à lire le n°24 :-) cf. rubrique liens du blog) et à aider Duarte pour la préparation de sa participation à l’AG de FDH à Paris fin mai.

Pour Ekta Parishad, j’ai du rebosser sur les rapports de projets et en faire une synthèse pour que la responsable projets de FDH puisse la présenter aux bailleurs de fond du projet, et ça m’a pris pas mal de temps ! J’ai aussi fait l’intermédiaire avec EP pour un groupe de 3 jeunes parisiens qui veulent se lancer dans une épopée de Paris à New Delhi à vélo à partir de janvier prochain ! L’initiative DynamoS'olidaire est soutenue par FDH et le but sera de faire sponsoriser les kilomètres qu’ils parcourront pour le financement d’une partie d’un projet d’agriculture organique mené par EP dans l’état du Tamil Nadu (visiter le site :-) cf. rubrique liens du blog).

Les 17 et 18 mai, je suis partie avec les filles de FEDINA, Parveen, Roshni, Rahmat et sa coloc, pour un week-end autour de Mysore, une ancienne ville de Maharajas à 2h de route de Bangalore. Sur place on a retrouvé Theresia, responsable d’une des organisations du réseau de FEDINA, qui s’est proposée d'être notre guide. Ça a été un week-end super sympa qui a permis de s’évader un peu de Bangalore et de se retrouver entre filles (ce n’était pas triste des fois !) mais c’était aussi très fatiguant ! En 2 jours, les filles avaient élaboré un programme des plus chargés avec beaucoup de trajet en voiture… Parfois, c’était un peu frustrant, on arrivait à peine à un endroit qu’il fallait déjà repartir ! Mais l’intention était sympa : elles voulaient que j’en voie le plus possible.

Le 17, on a visité un temple perché au sommet d’une montagne (quelle idée ils ont eu les indiens d’aller le construire là haut on se demande…). Ce fameux temple est dédié à Shiva, l’un des nombreux dieux de l’hindouisme. Il est entouré d’un grand mur d’enceinte et en fait il est assez minuscule, d’où la chaleur plus qu’étouffante quand il y a plus de 30 personnes à l’intérieur ! Il parait qu’à l’intérieur du temple, la statue de Shiva est toujours entourée d’une légère brume… Très légère la brume parce que moi je l’ai pas vu ! Mais bon, au sommet on avait une superbe vue sur les alentours.

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Après le temple, on s’est rendu dans une réserve naturelle, ici on les appelle les Wildlife Sanctuary. Celui où on est allé est à cheval sur l’état du Karnataka et celui du Tamil Nadu (dans le 1er, il s’appelle Bandipura et dans le 2nd Mudumalai). En le traversant on est entouré d’une épaisse forêt et presque tous les 100 mètres il y a des panneaux : « attention, zone de passage d’éléphants (mais aussi d’élan, de cerfs, de bisons, etc.), n’arrêtez pas vos voitures ! ». Ça rassure ! C’est aussi une réserve où a été mis en place un projet de protection de tigres. On a vu 5-6 éléphants, des troupeaux de cerfs et de biches, 1-2 bisons, des tas d’oiseaux, des paons (l’oiseau national de l’Inde), des sangliers, etc., mais on n’a vu aucun tigre ! Par contre, les singes sont partout : sur la route, dans les arbres, ils vont même jusqu’aux alentours des restos, des bureaux d’informations du parc, et ils sont très chapardeurs et aussi très gourmands ! C’était plutôt marrant. Il parait qu’il y a aussi dans ce parc des panthères, des ours, des coyotes.

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          Theresia, Roshni, Roshan, Parveen et Rahmat

Le soir, on a visité un autre temple, le plus grand de l’état du Karnataka, situé à Nanjungod à 20km de Mysore. Ce temple est dédié à 5 dieux différents et donc en 5 endroits différents il y a des statues les représentant, couvertes de fleurs, enfumées par l’encens et devant lesquels des dizaines d’indiens prient et méditent. L’intérieur est richement travaillé, les voûtes, les piliers et les murs sont sculptés de diverses figures de l’hindouisme. On ne pouvait pas prendre de photos à l'intérieur...

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          Statue du Lord Shiva à quelques pas du temple

Le 18, levé très tôt pour la journée la plus chargée !

Trajet d’1h en voiture vers un autre temple, situé au bord d’une rivière. Le soleil n’était pas encore trop violent donc on a pris notre petit déj les pieds dans l’eau. Ça a vite dégénéré en bataille d’eau ! Et on a fait une balade dans une petite barque toute ronde fabriquée avec des feuilles de palmiers et de cocotiers séchées. Je sais pas comment ça ne prenait pas l’eau mais on était au sec ! Par contre le gars qui ramait pour faire avancer la barque a eu la bonne idée de s’arrêter en plein milieu et de faire tourner la barque en rond de plus en plus vite. Ça aurait pu être marrant sauf que mon estomac avait choisi ce week-end là pour être tout détraqué, donc autant dire que le tourbillon au milieu de l’eau m’a vite rendue malade et j’étais bien contente de retrouver la terre ferme !

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Après ça, à nouveau 1h de route, vers une ancienne forteresse du 16e siècle. A l’intérieur des remparts, un temple hindou et une mosquée immense se côtoient. Petit arrêt express au bord d’une rivière où des dizaines d’indiens faisaient leur toilette du matin et des indiennes faisaient leur lessive à peine 5 mètres de là ! Scène typique de l’Inde, le tout dans une eau toute grise…

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Après direction une réserve de protection d’oiseaux, la plus grande de l’Inde parait-il ! A l’intérieur il a y des dizaines de sentiers à parcourir au milieu des arbres et des fleurs de toute sorte et aussi un immense lac avec plusieurs petites îlots de verdure où se réfugient des oiseaux du monde entier. On a fait une balade de 30 minutes au milieu du lac, c’était bien sympa. Sauf pour l’autre partie de la population du lac : 150 à 200 crocodiles ! On en a vu plusieurs de loin, aussi immobiles que des pierres…

Après, pose déjeuner. Toujours mon problème d’estomac donc mon repas a été bien sommaire. Puis, on a visité le zoo de Mysore. La veille, avec Roshni, on avait râlé qu’on n’avait pas vu de tigres donc il fallait absolument qu’on aille les voir dans leur cages ! Normalement la visite du zoo se fait en 2h et là il a fallu la faire au pas de course en 1h parce qu’après on avait encore d’autres endroits (dont le Mysore Palace qui est le plus hallucinant d’Inde) où allait ! J’ai bien essayé de leur faire comprendre que j’en avais déjà vu des tigres et que les voir en cage ça m’enchantait pas des masses, mais sans succès.

Après notre marathon, trajet jusqu’à un barrage à 1h de Mysore, alors que je pensais qu’on allait visiter le fameux Mysore Palace… Le chauffeur me dit qu’on y passera au retour, qu’à côté du barrage où on va, il y a des jardins, des fontaines et des jeux de sons et lumières ! C'est vrai, c’était très joli, très coloré, un peu humide et surtout méga bondé !!! Des centaines et des centaines d’indiens qui déambulaient à travers les allées et les fontaines ! A plusieurs reprises, j’ai failli me perdre !

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En rentrant sur Mysore, on s’est arrêté devant le fameux palace qui à 21h bien sûr était fermé… Heureusement, on avait pas tout perdu, le soir le palais se pare de mille feux ! C’est vraiment magnifique ! Donc j’étais contente mais aussi un peu déçue d’avoir visité un zoo à la place de visiter l’intérieur du palais… Mais bon je m’en suis remise !

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          Temple proche du palace

Le 19, levé à 5h du matin, pour prendre un bus à 5h30 vers Mysore (on était hébergé à Nanjungod chez Theresia à 20km de Mysore) et de là, on a pris un bus pour Bangalore. 2h après, on est toutes allée directement au bureau ! Autant dire que le lundi ça a été très dur d’être opérationnelle !

Sinon entre temps, j’ai fait la connaissance de Mélanie une suisse qui fait aussi un stage dans une ONG à Bangalore depuis le mois de janvier. Et ça fait du bien de voir du monde en dehors de l’association ! Elle habite en coloc avec d’autres étrangers, un peu l’auberge espagnole, ou plutôt indienne ! Ils sont tous supers sympas et on se fait de petites soirées de temps en temps. Et surtout, avec Mélanie, on parle beaucoup de nos expériences, nos impressions, nos ressentis, etc. Elle a vécu aussi mal que moi l’adaptation à la vie indienne, aux regards des hommes et à la condition des femmes, donc ça m’a rassurée !

samedi, mai 10 2008

Parlons un peu boulot...

Comme je disais, ces derniers temps, j'ai été pas mal occupée.

Les 5&6 mai, il y avait une réunion générale avec toutes les organisations membres du réseau de FEDINA, dans un lycée de Bangalore. Donc la semaine d'avant a été consacrée à la préparation de la dite réunion.

J'avais à préparer des petites interviews, autant des leaders des organisations que des animateurs ou des personnes bénéficiant des projets, sur le thème Liberté, Egalité, Fraternité. Ces interviews vont servir lors d'un atelier qui se tiendra pendant l'Assemblée Générale de FDH à Paris les 31 mai et 1er juin prochain. Le but de ces interviews est de récolter les impressions et les visions que ce font les Indiens de ces 3 valeurs emblématiques de la République française mais qui malheureusement ne sont que peu appliquées... Ces 3 valeurs sont aussi garanties dans la Constitution indienne depuis son Indépendance il y a 61 ans mais dans la réalité, elles sont loins d'être respectées... Le système des castes "inventé" par les Hindous existe toujours et les changements sont plutôt difficiles. Tous les jours, les gens appartenant aux basses castes (dont celle des Dalits ou Intouchables, avec qui FEDINA travaille beaucoup) et aux minorités religieuses (chrétiens, musulmans, juifs, jaïns, etc) sont victimes de discriminations de la part des castes qui se disent "supérieures". Dans le cas des Dalits, dans beaucoup d'endroits, en particulier dans les zones rurales, il leur est interdit d'entrer dans les temples, de pénétrer dans les lieux publics ou dans les propriétés des castes "supérieures", ils ne peuvent pas puisser de l'eau dans les puits où les castes "supérieures" se servent, ils ne peuvent pas s'abriter sous les arrêts de bus utilisés par les hindous. Ils sont le plus souvent assignés à des tâches plutôt dégradantes (ramasser les déchets, les excréments, etc), ce qui "rajoute" un peu à l'impureté que les castes supérieures leur reprochent...

Cette semaine une histoire abérante de "mur de l'Intouchabilité" a fait la une des journaux. Il y a 20 ans dans un village du Tamil Nadu (un des Etats où la discrimination envers les Dalits est la plus importante), les hindous ont fait construire un mur séparant leurs propriétés de celles des Dalits, pour les "protéger de l'impureté", condamnant 4 des routes principales et empêchant les Dalits de se déplacer librement dans le village. Après plusieurs manifestations et années de lutte par des associations locales, les autorités ont commencé à s'intéresser au problème et c'est seulement mardi dernier qu'une brèche a été creusée dans le mur pour faciliter l'accès des Dalits au village. En protestation, les hindous ont désertés le village en prétextant qu'ils n'y sont plus en sécurité... En Inde, il existe aussi d'énormes inégalités entre les 15 à 20% des Indiens riches et les 80 à 85% de pauvres qui vivent dans des villages ou des bidonvilles, dans des conditions sanitaires douteuses, avec un accès limité à l'eau potable, à l'éducation, aux soins médicaux et au soutien du gouvernement.

Un autre type de discrimanation est celle envers les femmes... Dans une société aussi patriarcale que l'Inde, les femmes sont profondément méprisées et considérées comme inférieures. Elles n'ont que peu de chance d'aller à l'école, elles ne sont que 39% à être alphabétisées contre 64% des hommes. Et quand elles ont la chance de faire des études, après leur mariage (le plus souvent arrangé et encore trop souvent précoce), elles doivent abondonner les livres pour se consacrer aux tâches ménagères et servir leur mari (après avoir passé l'enfance à servir leur père et leurs frères...). Les disparités entre Etats sont énormes : au Rajasthan, seulement 20% des femmes ont accès à l'éducation contre 86% des filles du Kerala ! Et d'autres disparités existe encore entre les villes et les villages, entre les familles aisées et les familles pauvres. De plus, une fille est considérée comme une charge financière, à cause de la dot qui doit être versée lors de son mariage (bien que cette pratique soit interdite par la loi depuis 1961... ) Avoir une fille, c'est une malédiction. Un proverbe dit : "Avoir une fille, c'est comme arroser le jardin du voisin". Beaucoup de familles s'endettent à vie pour payer la dot de leur fille, qui est victime de violences ou d'harcèlement par leur belle-famille, qui est forcée à la prostitution, quand elle ne se fait pas "suicidée"... Plusieurs conséquences : les infanticides des foetus filles, la vente à des centres d'adoption, les mauvais traitements et la négligence, etc. Heureusement, peu à peu la situation s'améliore...sensiblement... Les femmes se "rebellent" et se rassemblent pour défendre leurs droits et l'égalité face aux hommes dans l'éducation, le travail, la politique, la vie de tous les jours en somme. Dans les villes, les femmes gagnent en indépendance, en confiance, en statut social, etc. Pourtant, au jour d'aujourd'hui, on estime qu'il manquerait 36 à 48 millions de femmes en Inde...

Il existe aussi les discriminations contre les minorités religieuses, surtout envers les musulmans. Un parti hindou, le BJP, pronent même leur "erradication" et encourage les conflits intercommunautaires... Héritage de la Partition d'avec la région qui est devenue aujourd'hui le Pakistan après l'Indépendance. Régulièrement, les journaux rapportent des violences entres les 2 communautés, des bagarres jusqu'aux meurtres... Il y a quelques années, dans l'Etat du Gujarat, ce sont 1500 musulmans qui ont été tués lors d'affrontements survenus après la destruction d'une mosquée par les hindous.

Un autre sujet de la réunion qui concerne directement mon travail a été la Campagne "Désarmer pour Combattre la Pauvreté" lancée à l'initiative de FDH, avec ses partenaires indiens et pakistanais, en 2006-2007. Cette campagne a pour but de réclamer la diminution des dépenses militaires des pays développés et en développement afin de libérer des investissements pour des réformes sociales. D'après des estimations de l'ONU, en réduistant seulement 10% des 1204 milliards de dollars investis dans l'armement, il serait possible de financer des réformes permettant d'améliorer les conditions de vie économiques, sociales et humanitaires de millions de personnes. Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de FDH rubrique Campagnes. Dans le cadre de cette campagne, FEDINA organise plusieures activités de sensibilisation afin de diffuser au plus grand nombre les objectifs de la campagne et de convaincre le gouvernement que réduire leur budget militaire ne portera aucun préjudice à la sécurité du pays. L'objectif est aussi d'étendre l'initiative à tous les autres continents. En juillet, deux ateliers seront organisés (un dans les banlieues parisiennes et un dans les bidonvilles de Bangalore) afin de permettre aux personnes laissées pour compte d'exprimer leur vison de la lutte contre la pauvreté et de la non-violence.

La réunion m'a aussi permis de rencontrer les responsables des groupes soutenus par le projet de soutien aux femmes indiennes de FDH. D'ici 2 semaines, je vais commencer ces visites : 3 groupes dans le Tamil Nadu, 3 dans le Karnataka et quelques groupes dans les bidonvilles de Bangalore. Encore de la vadrouille en perspective ! En juillet, 2 salariées d'ETAM, qui participe au financement du projet, viendront en Inde pour visiter certains groupes pendant 5 jours. Et je suis chargée d'organiser ce voyage et le programme des visites.

Voilà ! Suite au prochain épisode !

Un peu de nouvelles...

Bonjour tout le monde !

J'ai pas eu trop le temps de raconter mes péripéties ces derniers temps... Pas mal occupée par le boulot et les soirs pas mal fatiguée aussi... Et puis à part le boulot il ne s'est pas passé grand chose...

Je vous raconte juste mon week-end dernier, enfin le dimanche parce que le samedi matin j'ai bossé et l'aprèm j'ai commaté et fait ma lessive... Pas super passionnant quoi !

Donc dimanche 4 mai, j'ai passé la journée avec Parveen de FEDINA. On avait rdv à 10h dans une des gares routières de Bangalore. Par peur d'être en retard (avec les bus indiens on est jamais sûr de rien et les dimanches encore moins !), je suis partie 1h à l'avance pour arriver 30 min en avance... En attendant Parveen je me suis baladée dans les rues proches de la gare, Shivaji Nagar. C'est aussi un quartier très commerçant avec un marché quotidien et plein de petites boutiques où faire de bonnes affaires. Autour il y a aussi quelques jolis temples et une église immense. J'aurais bien pris quelques photos mais - boulet que je suis...- j'avais mon appareil photo mais pas les piles !! Que j'avais mis à charger exprès la veille... Un peu dégoûtée sur ce coup là... Vers 10h, je reviens à mon point de rdv, et j'attends, j'attends... La chaleur était déjà étouffante, l'ambiance dans la gare était un vrai bazar : des bus dans tous les sens, du monde partout, du bruit partout (des gens qui crient, des enfants qui jouent et surtout les klaxons des bus, qui s'amusent même à reproduire des airs de Bollywood !), etc. Au bout de 20min, j'appelle Parveen : son bus était bloqué dans les bouchons à cause d'un meeting électoral... 20 minutes plus tard elle est enfin arrivée et on a pris un bus pour aller au parc botanique de Lal Bagh au sud de la ville.

On a fait une super balade au milieu de la nature, en plein milieu de la ville ! Super agréable, on entendait presque pas le bruit du traffic... Des tas d'arbres (dont un impressionnant Banian Tree avec des racines en surface d'une envergure de 15 mètres !) et de fleurs, des buissons taillés de différentes formes, des animaux en ferraille, de grands espaces d'herbes où les familles indiennes viennent passer leur dimanche autour d'un pique-nique et où les amoureux viennent roucouler. Il y a aussi plusieures fontaines mais hors service par manque d'eau, une immense horloge florale avec tout autour les sept nains de Blanche-Neige, un lac artificiel et un étang de lotus, un petit temple au sommet d'une colline d'où on a une vu d'ensemble sur Bangalore et également le Crystal Palace, une immense serre d'architecture coloniale. Là encore je me suis maudite d'avoir oublié mes piles... Après la balade, on s'est arrêté manger dans un des nombreux "hotel" (ici, c'est en fait des petits restos bons marchés). On a mangé des espèces de galettes appellées "dosa" avec un "dal", mixture à base de lentilles et de légumes, tout ça en sirotant un jus de mangue bien frais ! :-D

Après le repas, on a repris un bus pour une autre des gares routières de Bangalore, Majestic qui est encore plus immense car sont regroupés les arrêts des bus municipaux et ceux des compagnies privées qui sillonnent tout le Karnataka. Un joyeux bazar encore une fois ! De là, on a repris un bus pour aller dans un centre commercial, un des plus grands, pas vraiment pour faire des achats parce que les boutiques sont plutôt chères mais plutôt pour se payer une petite glace ! Puis, on a repris un bus (je crois que je n'ai jamais pris autant de bus différents en une seule journée, mais au moins j'ai vu d'autres endroits de Bangalore que mon trajet quotidien maison-boulot !) pour retourner à Shivaji Nagar pour faire du shopping ! Une fois sur place, l'activité du marché était à son maximum et c'était bien difficile de se frayer un chemin entre les étalages et les vendeurs sur les trottoirs (euh sur la route plutôt parce que les trottoirs ici ils connaissent pas vraiment...). Au milieu des gens qui marchandent, des femmes qui choississent leurs saree ou leurs bangles (les fameux bracelets indiens de toutes les couleurs), des gamins qui pleurent parce qu'ils sont perdus, il faut aussi compter avec les voitures, les motos et les rickshaw qui roulent dans tous les sens (normalement on est censé rouler à gauche mais dans la pratique, on sait jamais vraiment...) et qui klaxonnent. Jusqu'à maintenant, j'avais pas vraiment eu l'occasion de faire du shopping en Inde donc je me suis rattrapée... J'ai acheté une paire de tongs (pour remplacer - depuis le temps !! - celles qui m'avaient lâchée en rentrant du boulot un soir de pluie), des dizaines de bangles (rouges, jaunes, bleus, argentés); je cherchais aussi des tuniques à la mode indienne mais j'ai eu du mal à trouver des modèles qui me plaisaient ou alors la matière était pas toujours de très bonne qualité, mais j'en ai quand même acheté quelques-unes. Et au cours de notre shopping, on s'est laissé tenté par quelques douceurs et j'ai fait aussi le plein de fruits pour la semaine (pour changer des bananes, unique fruit que connaisse ma famille d'accueil...); litchis, raisins, mangue, grenade, j'aurais bien acheté une pastèque mais ça aurait fait un peu beaucoup et pour reprendre le bus, j'aurais été plutôt encombrée !

Vers 19h, j'étais de retour à Ejipura, le quartier de ma famille d'accueil, fatiguée mais contente de ma journée. Mais toujours une pointe de déception pour ne pas avoir pu prendre de photos...

mardi, avril 29 2008

3 jours de farniente à Kumta, nord-est du Karnataka

La semaine dernière, à peine rentrée de mes 2 semaines au Kerala, une collège de FEDINA, Parveen, me demande si ça me tenté de passer quelques jours avec elle dans sa famille dans une petite ville du nom de Kumta, sur la côte de la mer d'Oman, à 150 km au sud de Goa... Je réfléchis 5 min : j'ai la crève, j'ai un peu de boulot mais pas tant que ça et ça se trouve j'aurais pas d'autres occasions de connaître Kumta... Et toujours aussi avide de balades, ben je dis oui bien sûr !

Donc lundi 21 au soir, je pars prendre le bus pour Kumta. Parveen était déjà partie le samedi, je suis partie que le lundi pour essayer de bosser un peu quand même... Le bus devait partir à 21h et il est parti 1h de retard à cause d'un festival religieux hindou. Je me rappelle plus exactement quelle est l'histoire du festival mais pendant 4 jours, on se serait presque cru au carnaval de Rio ! Des chars de fleurs partout, de la musique à fond, des percussions, des gens qui dansent dans les rues, des statues de dieux et divinités hindous parées de fleurs et de guirlandes en tout genre, etc. C'était plutôt sympa à voir ! Quand le bus est arrivé, j'ai halluciné, les Indiens qui prenaient le bus se sont littéralement jetés sur la porte du bus et sur les soutes à bagages ! Et certains étaient tellement encombrés de bagages qu'il a fallu les mettre sur le toit ! Et déjà, le bus il est super haut donc avec en plus 1,50m de bagages, on se dit qu'on passera jamais sous un pont ou un tunnel par exemple. En même temps, y'en a pas tant que ça en Inde ! Je monte dans le bus et je cherche ma place. J'avais réservé une place "sleeper", Parveen m'avait dit que cétait plus confortable, surtout pour faire 11h de trajet ! Et en effet, c'était bien confortable, un petit box avec une couchette donc, des rideaux pour couper la lumière de l'allée du bus et même une petite bosse au niveau de la tête en guise d'oreiller. Et j'ai plutôt bien dormi. Bon sans compter de temps en temps les virages plutôt sérrés que prenait le chauffeur... Et heureusement que je voyais pas la route (j'étais couchée et c'était de nuit) parce que je pense que je me serais fait plusieurs frayeurs ! Vers 2h du mat, le bus s'arrête au milieu de nul part, à côté d'autres bus et d'une petite cabane : l'aire de repos indienne ! Sauf que les toilettes sont hors service ! Et là, ben soit tu te retiens, soit tu fais comme les Indiens, tu t'enfonces dans les buissons ou tu feintes entre 2 bus. J'ai choisis la 1ère solution ! Et les routes indiennes sont très cahotiques, pas très larges et souvent pleines de trous. Et les autouroutes, ici ça existe pas, d'où les 11h pour faire les 380 km qui séparent Bangalore de Kumta ! Et heureusement que cétait de nuit et que j'ai dormi sinon, ça m'aurait semblé horriblement long ! Le lendemain, j'arrive à Kumta vers 8h. Sauf que Parveen m'attendait à 7h... Et que mon portable ne captait aucun réseau... Donc en descendant du bus, je cherche un endroit pour lui téléphoner et je me fais sauter dessus par les conducteurs de rickshaws qui veulent absolument que je monte avec eux pour aller à Gokarna-Om Beach (c'est LA plage où vont tous les occidentaux dans le coin et bien sûr quand ils en voient un ils sautent sur l'occasion). Sauf que moi je veux pas aller à Om Beach là tout de suite mais je veux téléphoner et tous les STD-ISD (sorte de téléphone publics d'où on peut appeler localement et à l'international) sont fermés et n'ouvrent qu'à 9h ! Grrrrr, en plus je commence à avoir faim et il fait une chaleur de plomb ! Après 5 min à tourner autour de la gare routière, je trouve une petite boutique avec un téléphone à pièces, mais j'ai pas de pièces et le gars dans la boutique a pas assez de monnaie pour un billet de 100 roupies... On respire tout va bien, un peu plus loin, un autre gars dans une autre boutique me fait la monnaie et je peux appeler Parveen ! Ouf ! Elle me dit comment la rejoindre chez elle.

Sa famille habite dans une maison assez grande derrière une école, au milieu des cocotiers et des palmiers mais à l'intérieur il fait méga chaud, alors que dehors, il fait déjà 35° ! Je rencontre sa maman et son papa, et sa grande soeur (qui est enceinte de 6 mois) qui part travailler. On me propose du "hot tea", j'accepte par politesse mais franchement avec la chaleur, pfffff ! Et enfin on me demande si je veux me rafraichir ! Quelle bonne idée ! Et là dans la salle d'eau, un vrai sauna ! Ils chauffent de l'eau au feu de bois dans un espèce de petit bassin... Je me suis lavée à l'eau froide du robinet mais avec la vapeur, 2 min après, j'avais aussi chaud que si je venais de courir un 100 m ! Enfin, faudra que je m'y fasse... Le matin, Parveen devait aller faire des papiers. Et les services administratifs indiens, c'est quelque chose ! En plus, c'est la période des élections donc tout le monde va chercher sa carte d'électeur et les files d'attente s'allongent vite ! Et moi au milieu de tout ça, je crève de chaud et je comprend rien de ce qui se passe, tout le monde parle en Kanada ! Après 2h, Parveen a récupéré ses papiers et me propose un jus de canne à sucre ! Hum, bonne idée ! Sauf que j'ai toujours la crève, enfin surtout je tousse, donc elle me conseille de le prendre à température ambiante... D'ailleurs depuis que j'ai la crève tout le monde me fait boire de l'eau chaude, pas tiède ou à température ambiente, non de l'eau vraiment chaude qui vient de bouillir ! Ok, c'est pour pas aggraver l'état de ma gorge mais par 35° boire de l'eau chaude ça donne chaud ! Enfin bref, le midi, la maman de Parveen nous a préparé du riz (original...) et un curry de poisson, trop bon mais vraiment épicé ! En plus, sans faire attention, j'ai croqué un morceau de piment... Il m'a fallut 10min pour m'en remettre ! Pour adoucir tout ça, elle m'a servi un genre de compote à la mangue, trop délicieux ! C'était parfait !

L'aprèm du 22, Parveen m'a amené sur la fameuse Gokarna-Om Beach où tous les rickshaws voulaient m'amener le matin. Et c'est vrai que ça en valait le coup ! Par contre, pour y arriver faut être patient. D'abord 35min de bus sur des routes cahotiques, déjà c'est la bataille pour monter dans le bus, les gens ont à peine le temps de descendre que ceux qui veulent monter sont déjà assis ! Y'en a même qui font passer leurs sacs par les fenêtres à ceux qui sont à l'intérieur pour réserver un siège ! C'est assez hallucinant à voir ! Et quand le bus est plein, c'est pas grave, on s'entasse encore un peu plus et on fait monter encore un peu plus de monde ! Une vraie boite à sardine quoi ! Et tout ça je vous rappelle par 35°... Après le bus, il a fallu prendre un rickshaw. Pendant 20 minutes, on a parcouru des petits chemins de pierres, puis de terre au milieu de nul part, on se serait cru dans le désert, juste quelques arbustes par ci par là et des petites cabanes. Et ça grimpait aussi pas mal. A un moment, on arrive sur le bord d'une falaise et là vue sur la plage de Gokarna, Om-Beach, à couper le souffle ! Elle est appelée comme ça parce qu'elle a la forme du signe religieux hindou Om (un espèce de 3 en fait).

Cette plage est très prisée par les touristes babas cool occidentaux. A la pleine saison (novembre à mars), la plage en est envahie, au son des full moon parties et au rythme des séances méditation sur la plage au lever et au coucher du soleil. Nous on a eu de la chance, c'est hors saison, donc quasiment personne sur la plage... Cette plage est vraiment belle et plutôt bien préservée (malgré toujours les papiers et autres bouts de plastiques...). Pas de constructions sauvages en béton (à part le mur d'enceinte sécurisé du seul hôtel de luxe...) mais de petites "colonies" en bois et en feuilles de palmiers et cocotiers. Vraiment très roots tout ça !

Gokarna_Om_Beach__2_.jpg Gokarna_Om_Beach__22_.jpg

Le mercredi, on s'est levé tôt le matin pour prendre un bus en direction des Jogs Water Falls, les plus hautes de l'Inde avec 253 mètres, et les 7e mondiales. Le voyage a été très long et aussi pas mal fatiguant... Il a fallu changer 3 fois de bus et une fois arrivé près des bâtiments de l'office du tourisme des chutes, il fallait prendre un combi-taxi parce que à pied et tout seul, c'est pas évident de se balader comme ça ! Les chutes sont alimentées par le fleuve Sharavati et sont vraiment impressionantes à voir pendant la saison de la mousson ! Un peu plus en aval du fleuve a été construit un barrage pour créer une centrale électrique qui aujourd'hui alimente la majeure partie de l'Etat du Karnataka et des Etats voisins. Le barrage reste souvent fermé pendant la saison sèche et donc les chutes ne ressemble plus qu'à une petite cascade. Il parait que les autorités locales n'ouvrent le barrage que les jours de week-end quand l'affluence des touristes est à son maximum, pour leur en mettre plein la vue... En 2007, les pluies de la mousson ont été torrentielles et le barrage a du être ouvert à plusieurs reprises, ce qui a eu des conséquences plutôt désastreuses pour certains villages en bordure du fleuve qui ont été complètement inondés et dont les cultures ont été détruites...

Jog_Falls__4_.jpg

ça m'a fait penser un peu à la Cachoeira da Fumaça que j'avais vu dans la Chapada Diamantina au Brésil. Vu que ce n'était pas la saison des pluies, c'était un peu décevant... Et en plus, la visite a été plutôt éclair, parce qu'on a pas eu de chance, on est tombé sur un guide un peu bizarre qui commençait à poser des questions indiscrètes à Parveen sur elle et sur moi... Vraiment dommage ! Donc après une balade express d'à peine 1h30, on a repris un bus puis un autre pour arriver dans la petite ville de Syddapur d'où on pouvait prendre un bus qui allait directement à Kumta. Sauf qu'il était 14h et que le bus n'était qu'à 16h30 !! Donc on en a profité pour prendre le temps de manger. Il n'y avait plus de riz et les accompagnements habituels mais des buns et des bondas, ça changeait de d'habitude et c'était vraiment bon ! C'était des espèces de beignets à base de pommes de terre et un avec des légumes, le tout à tremper dans des petites sauces, Miam ! Après ben il a fallu prendre notre mal en patience parce que il n'y avait pas grande chose à faire dans ce trou paumé... Y'avait un petit marché, mais en 15min, on avait fait le tour... Donc, on a cherché un coin d'ombre et on a sagement attendu le bus pour Kumta. Et quand il est arrivé, à nouveau la foire d'empoigne ! Sauf que cette fois, on a pas réussi à trouver de place assise... Et le bus est parti plus de 20 min après que tout le monde soit monté et que le controleur est fait payé le ticket à tout le monde ! Et franchement en plein soleil, le bus est devenu une fournaise ! J'ai failli me sentir mal... Quand le bus a enfin démarré, le bus était tellement plein qu'il avançait à peine et il y avait des gens accrochés aux portes ! Vraiment l'épopée ! Après presque 1h, j'ai enfin réussi à m'assoeir et c'était pas du luxe ! On est arrivé chez Parveen vers 19h30 totalement épuisées !

Le jeudi matin, on a passé pas mal de temps à essayer de trouver un point Internet qui soit ouvert et dont la connexion ne soit pas trop lente pour envoyer un mail à FdH... Et l'après-midi, on est allé faire une dernière balade sur la plage de Kumta. Elle est très peu fréquentée par les touristes qui se dirigent plus vers Om Beach, du coup les Indiens qui étaient sur la plage ont pas arrêté de me suivre du regard pendant tout le temps qu'a duré la balade... Il y a même un gars qui a demandé à Parveen pourquoi elle m'avait amené ici, "les occidentaux c'est à Om Beach qu'il faut les amener !" J'ai un peu halluciné... Heureusement, Kumta Beach, c'est beaucoup de petites criques et de rochers où on peut se poser au soleil à l'abri des regards et c'est bien agréable d'être face à la mer et presque seul au monde ! Si je n'avais pas eu la crève et si je n'avais pas été constamment observée par les Indiens, je me serais bien baignée...

Kumta_Beach.jpg Kumta_Beach__10_.jpg

Le soir à 20h on reprenait le bus pour Bangalore, pour à nouveau 11h de bus ! Mais cette fois, pas de siège couchette mais juste inclinable parce que il ne restait plus de places sinon... Donc là le voyage m'a semblé long... Le vendredi matin, à 7h on est arrivé à Bangalore. Le temps de prendre un rickshaw pour rentrer dans ma famille d'accueil, de prendre une douche et un petit déjeuner, vers 10h, j'étais à FEDINA, les vacances étaient finies !

samedi, avril 19 2008

Le projet de soutien aux populations victimes du tsunami sur les côtes du Kerala

On l’a beaucoup vu à la télé, le tsunami du 26 décembre 2004 a provoqué des pertes humaines et matérielles considérables en Asie du Sud-Est et l’Inde n’y a pas échappé… Après ça, des dizaines et des dizaines d’ONG se sont rendues sur place pour aider à la reconstruction et à la réhabilitation des zones les plus touchées, sauf que parfois certains endroits ont été presque oubliés… Dans le monde des ONG humanitaires d’urgence, la concurrence est importante et au lieu de s’entendre pour répondre aux besoins de tous, elles se concentrent souvent au même endroit…

Le plus souvent les ONG sont restées environ 2 ans pour construire des maisons et des infrastructures sanitaires pour les familles. Aujourd’hui, plus aucune ONG internationale n’est présente dans les zones touchées par le tsunami mais seulement quelques associations locales, dont Ekta Parishad qui s'est rendu compte qu’après la reconstruction des maisons il était plus que tout nécessaire d’accompagner les communautés dans la reconstruction économique, sociale et psychologique… Et c’est ce qu’a décidé de faire Ekta Parishad à partir de 2005 dans les villages de Alapad (district de Kollam) et de Arattupuzha (district de Alapuzha), bordés par la mer d’Oman.

Pas la peine de faire un dessin pour comprendre que dans ces 2 villages – comme dans beaucoup d’autres villages touchés par le tsunami – beaucoup de familles ont du abandonné leurs maisons en ruines et leurs terres, beaucoup ont vu tous leurs biens être engloutis par les énormes vagues et beaucoup se sont retrouvés orphelins, veufs ou veuves… Par endroits, la mer a gagné presque 2km sur les terres. Ces 2 villages sont en fait 2 petites îles séparées du continent par le lac Kayamkulam, que les vagues du tsunami ont facilement atteint. Pour Alapad par exemple, seulement 1km de terre sépare la mer du lac… Avant le tsunami, il y en avait presque 4…

Ekta Parishad est un mouvement social gandhien (inspiré des principes de Gandhi, l’action non-violente en 1er lieu) créé il y a plus de 20 ans principalement pour soutenir les populations marginalisées (les tribus traditionnelles, les Dalits ou Intouchables et les femmes) dans leur lutte pour l’accès à la terre et aux ressources naturelles. Au fil des années, les actions se sont aussi orientées vers la défense des droits humains en général, la lutte contre la mondialisation et ses conséquences, la protection de l’environnement et le développement d’économies populaires durables.

Au Kerala, EP a souhaité orienté son action vers les jeunes et les enfants – car ils représentent le futur de l’Inde – ainsi que vers les femmes qui sont toujours autant victimes de discriminations et de violences de la part des hommes et de la société en générale. L’Inde a beau être la plus grande démocratie du monde et avoir célébré 60 ans d’indépendance, les traditions hindous ont la vie dure…

Le projet soutenu par FDH se compose de 4 volets : des centres de ressources pour les jeunes (les Ekta Youth Resource Centres, EYRC), des centres de ressources pour les enfants (les Kuttikootam Programs – en malayalam, "Kutti" veut dire enfant et "Kootam" veut dire groupe), des Self Help Groups (SHGs) composés le plus souvent de femmes entreprenant leur propre économie et d’un centre de ressources et de dialogue pour les populations (le People’s Centre for Information and Dialogue, PCID).

Les EYRC proposent de nombreuses activités aux jeunes des 2 villages : manifestations culturelles, cours d’informatique et d’anglais, formations au leadership, camps d’études et de sensibilisation en pleine nature, formation de Self Help Groups pour les aider à financer leurs études et participer aux dépenses à leur famille, etc.

Interaction_with_the_youth_and_children.JPG Interaction_with_the_youth_and_children__5_.JPG Discussion avec les jeunes d'Alapad

Youth_SHG_meeting__3_.JPG Youth_SHG_meeting__8_.JPG Discussion avec les jeunes d'Arattapuzha

Les programmes Kuttikootam accueillent des enfants de 4 à 14 ans pour des activités culturelles et artistiques, pour des jeux, pour des ateliers de formations, etc. Ces activités se veulent un complément d’éducation introduisant la notion de jeu et d’échange. EP a mis en place un système de suivi de chaque enfant du Kuttikootam avec la participation de jeunes volontaires faisant partie des EYRC. Chaque volontaire s’occupe de 5 enfants personnellement, les visitent dans leurs familles et discutent avec les parents de tout problème. Tous les mois, les volontaires animent une conférence, à destination des mères surtout, sur les droits de l’enfant et les problématiques concernant les enfants en Inde, travail infantil en 1er lieu. C’est aussi l’occasion de discuter en groupe des situations de chaque famille.

Kuttikootam_program__2_.JPG Kuttikootam_program__9_.JPG Kuttikootam_program__4_.JPG Kuttikootam_program__17_.JPG Interaction_with_the_youth_and_children__12_.JPG

EP proposent régulièrement des formations professionnelles aux femmes membres de Self Help Groups. Ces groupes fonctionnent comme des micro-entreprises durables dans différents domaines : la fabrication de savons et de de produits de nettoyage (100% naturels et faits à la main et en plus ça sent bon !), la fabrication de sacs en papiers et en coton, la transformation de produits alimentaires, l’élevage de poules ou de poissons, la fabrication d’huile de noix de coco bio, etc. Certes, à la fin du mois, elles ne gagnent pas une fortune mais assez pour couvrir les dépenses du quotidien (nourriture, éducation des enfants, soins médicaux, transports, etc) et pour leur permettre de mettre de côté un peu d’argent. Pour beaucoup de familles, c’est grâce à ce type d’activité qu’elles ont pu prétendre à l’ouverture d’un compte dans une banque et reprendre un cours de vie "normale".

Coconut_oil_making_unit__2_.JPG Membre d'un groupe de femmes fabriquant de l'huile de noix de coco à Alapad

Fishing_food_processing_unit__3_.JPG Discussion avec un groupe de femmes fabriquant des crevettes séchées à Alapad

Interaction_with_the_youth_and_children__6_.JPG Tailoring_unit__3_.JPG Membres d'un groupe fabriquant des sacs en tissus coton et nylon à Alapad

Paper_bag_making_unit.JPG Groupe de femmes fabriquant des sacs en carton et en papier à Arattapuzha

Soap_making_unit__11_.JPG Soap_making_unit__13_.JPG Fabrication de savons par un groupe de femmes à Arattapuzha

Karanagapalli_main_outlet.JPG Boutique d'Ekta Parishad où sont vendus les produits fabriqués par les différents SHG d'Alapad et d'Arattapuzha



Le PCID met à disposition des habitants des communautés toutes informations sur leurs droits, sur les programmes du gouvernement en leur faveur, sur des problématiques sociales ou politiques (violences contre les femmes, alcoolisme, accès à la terre, mondialisation, etc), afin que chacun puisse exercer responsablement sa citoyenneté. Dans cette même optique, Ekta Parishad s'investit beaucoup dans la préservation de l'environnement et dans la dénonciation des pollutions par les firmes multi-nationales, comme Coca-Cola dont une des usines a pollué les nappes phréatique près d'un village tribal dans le district de Palakkad, ou deux usines minière qui exploitent les plages de sable noir d'Alapad et d'Arattapuzha pour en extraire des particules servant à la confection d'armes.

Black_sand_mine__1_.JPG Black_sand_mine__4_.JPG Black_sand_mine__5_.JPG Black_sand_mine__7_.JPG La plage de sable noir exploitée par 2 usines minières à Alapad

Pendant ces 2 semaines, j’ai travaillé à la rédaction du rapport de fin de projet et j’ai eu l’occasion de visiter la plupart de ces groupes, de discuter avec eux de ce que leur apporte le projet mis en place par EP, de leur expérience du tsunami, de partager des repas et des moments mémorables… L’équipe du projet a vraiment été adorable avec moi. Les jeunes et les enfants du projet au début avaient peur de me parler, encore plus en anglais, mais au fur et à mesure ça allait mieux et à la fin ils ne voulaient pas que je parte !

L’équipe du projet voulait que je participe avec eux à un camp de jeunes organisé le week-end dernier dans un parc naturel mais j’avais encore pas mal de boulot à faire pour terminer le rapport de projet donc un peu déçue j’ai du choisir de rentrer à Palakkad …

Pour beaucoup, c’était vraiment difficile de parler anglais mais tous essayaient de se faire comprendre et franchement j’ai beaucoup apprécié ! Bon parfois, c’était du langage des signes et c’était plutôt drôle mais on arrivait à se comprendre. Ils ont bien essayé de m’apprendre quelques mots de malayalam (à noter que à Bangalore c’est le kanada ; tous les Etats de l’Inde ont leur propre langue locale et parfois même des villages ont leur propre langue !), mais ça a été assez laborieux… Surtout que le malayalam c’est un alphabet de 56 signes différents !! Donc d’abord, faut apprendre à dessiner le signe, puis apprendre quel son il représente, apprendre à prononcer ce son et enfin apprendre à le combiner à d’autres sons pour faire des mots et des phrases !! Vous comprendrez bien que en seulement 2 semaines c’était pas gagné !

J’ai retenu le basique : bonjour, merci, s’il vous plait, au revoir, allons-y, maman, papa, thé, eau, entre autres. Et c’est déjà bien je trouve ! Surtout que quand j’ai pris le train du retour, une bonne partie du voyage était dans le Tamil Nadu, un autre Etat et donc une autre langue, le tamil ! Et une fois arrivée à Bangalore, à nouveau du kannda ! Il y a de quoi s’embrouiller !!

Ces 2 semaines ont vraiment été très enrichissantes. Les gens de EP font vraiment un super boulot et les jeunes, les enfants ou les femmes avec qui j’ai pu discuter m’ont beaucoup impressionée, par leur courage et leur volonté d’aller de l’avant. Comme j’ai déjà eu cette impression au Brésil, c’est souvent dans ces moments-là qu’on se rend compte qu’on a de la chance et qu’on a de quoi relativiser face aux petits problèmes du quotidien. Et comme au Brésil aussi, il y a eu des moments plutôt durs… Et on se dit aussi qu’on est rien du tout face aux caprices de la nautre…

Maintenant de retour à Bangalore, j’ai retrouvé une ville immense, pleine de monde, de bruit, de pollution…

Le Kerala en touriste…

Malgré le boulot, j’ai réussi à prendre des moments de détente et à faire un peu de tourisme, surtout grâce à Benzi, la coordinatrice du projet, qui m’a accompagné. Grâce à elle aussi, j’ai beaucoup appris sur la diversité naturelle du Kerala, sur les traditions culturelles, sur l’histoire, etc. Au bout de 10 min de discussion avec elle, on peut voir qu’elle adore le Kerala et sa nature, même si des fois elle exagère un peu… Pour elle, presque tout ce qui existe au Kerala est unique au monde…

Mais ça n’empêche que j’ai vraiment apprécié sa compagnie et le fait qu’elle me fasse visiter tous ces endroits… Surtout, je pense que toute seule je n’aurais pas vu la moitié de ce que j’ai vu et fait le 1/3 de ce que j’ai fait… Dans un pays comme l’Inde, les occidentaux et surtout les filles se font facilement remarqués et c’est souvent dans les endroits touristiques que la misère peut être difficile à regarder en face… J’ai beau avoir un certain recul après mon séjour au Brésil, mais en Inde je me sens vite mal à l’aise quand tous les regards sont braqués sur moi et que tout un petit groupe s’agglutine autour de moi en me demandant de l’argent… Et dans ces moments là, c’est le dilemme : donner de l’argent à un et dans la logique des choses en donner aux autres ou alors « essayer » de faire l’indifférente et de continuer son chemin, au risque de se faire suivre pendant 5 minutes par des petits bouts de choux à peine plus hauts que 3 pommes qui font comprendre qu’ils ont faim… Dans les 2 cas, c’est une situation qui met mal à l’aise. Et c’est sûr que pour eux les "blancs" qui ont les moyens de venir dans leur pays, c’est parce qu’ils ont de l’argent et donc ils comprennent pas vraiment pourquoi on pourrait pas leur en donner un peu…

Je savais que l’Inde était un pays pauvre (malgré sa croissance annuelle fulgurante mais inégale…) mais c’est parfois difficile de faire face…

Pourtant, au Kerala en général (excepté les lieux touristiques où les gens savent qu’ils peuvent avoir de la chance auprès des touristes), j’ai eu l’impression que la pauvreté des gens était moins visible… Et je crois que j’ai jamais autant vu d’immenses villas en si peu de temps ! Ce qui ne veut bien sûr pas dire que la pauvreté n’y existe pas.

Bon pour parler de choses un peu plus légères, je vais vous raconter un peu les balades que j’ai pu faire à travers le Kerala.

Le Kerala est le pays des cocotiers (kerala veut dire cocotier en malayalam) et c’est bien vrai ! On ne fait pas un mètre sans voir des cocotiers et des palmiers ! Parfois des bois entiers !! Donc forcément, la noix de coco est cuisinée à toutes les sauces, salées et sucrées. On boit l’eau de coco, directement au cœur de la noix fraîchement coupée du cocotier, et on mange la coco à la chère tendre comme on mangerait du chocolat… On peut aussi se régaler avec le jus frais de la canne à sucre. Bref, tout un tas de choses super exotiques qui m’ont rappelé le Brésil, là où j’avais bu du pur jus de coco et de canne à sucre pour la 1ère fois de ma vie !

Le samedi 5 avril, on est parti tôt le matin sur la moto de Benzi (cheveux au vent :-)) dans la famille de son mari qui habite près de ce qu’on appelle ici les « paddy fields », les rizières. Sur des kilomètres, des étendues entières de rizières à perte de vue, des palmiers et cocotiers au milieu de tout ça. On pouvait voir les gens ramassaient le riz et franchement par une telle chaleur (moyenne de 35°…à l’ombre), il faut du courage… Rien autour que la nature, les oiseaux, de l’eau, c’était vraiment reposant et agréable.

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L’après-midi, on a rejoint un ami de Benzi pour une balade sur les backwaters, des canaux reliant des lacs immenses et plusieurs fleuves à seulement quelques kilomètres de la côte. C’était vraiment super beau. Et là aussi, à plusieurs kilomètres à la ronde que du vert, que de l’eau, que le bruit du vent et des oiseaux… Bon c’était un peu gâché par le bruit du bateau, mais on peut pas tout avoir… Au fil de la balade, le soleil joue à cache-cache avec les cocotiers et les arbres, on peut voir quelques maisons perdues au milieu de l’eau sur des petits bouts de terre juste assez immergés pour ne pas être inondés.

Les backwaters s’étendent sur plus de 100 km et ils permettent de relier par bateaux les 2 grandes villes de la région, Alapuzha (plus connue sous le nom de Allepey) et Kollam (aussi plus connue sous le nom de Quilon). Une balade bien agréable qui permet d’éviter le bruit des routes et leurs concerts de klaxons… En arrivant à Alapuzha, on a pris un rickshaw jusqu’à la plage pour admirer le coup de soleil, mais malheureusement le ciel à commencer à se couvrir… Donc le coucher de soleil a été un peu loupé et en plus il s’est mis à pleuvoir ! Par contre, c’est assez marrant de voir les Indiens sur la plage, personne en maillot de bain ou en short. Ils restent tous habillés comme à la ville…

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Le 6 avril, c’était un jour de travail mais entre 2 visites, l’équipe de projet m’a fait visité l’ashram d’Amratupuri (sur l’île d’Alapad) où la Mère, Amma, est vénérée comme une déesse vivante. Depuis plus de 20 ans, elle consacre sa vie à aider les autres sur fond de spiritualité et d’actions humanitaires. En Inde, on l’appelle « la Mère qui embrasse », parce qu’à chacune de ses apparitions (elles sont rares donc très attendues), elle prend le temps d’étreindre toutes les personnes qui se présentent devant elle avec leur peine et leurs problèmes. L’ashram à la base, c’était un tout petit temple qui pouvait accueillir quelques centaines de fidèles d’Amma mais au fil des années, elle a gagné tellement d’adeptes qu’il a fallu construire un hangar d’une capacité de plus de 5000 personnes, des immeubles d’habitations, des infrastructures de services, etc. Et les fidèles viennent de loin pour passer quelques jours, semaines, mois ou même années au service de la communauté d’Amma et les occidentaux ne sont pas les derniers à venir effectuer toute sorte de travail volontaire, de la cuisine au ménage, en passant par le pliage de dépliants à l’éphigie d’Amma… Donc c’est sûr, quand on ne connaît pas grand chose à la spiritualité indienne et à l’importance que les Indiens y accordent, on a l’impression de pénétrer dans les bâtiments d’un mouvement sectaire et l’atmosphère peut sembler bizarre… Mais en même temps, on ressent une sensation de calme et de paix… Il est très rare que Amma reste à l’ashram (mais elle est partout en photos !) parce qu’elle est toujours en voyage autour du monde pour diffuser sa conception de partage universel et de respect de l’autre.

101_2039.JPG Petite photo de l'ashram prise en douce, normalement on n'a pas le droit de faire des photos...

101_2042.JPG Avec des membres de l'équipe de projet d'Ekta Parishad sur le pont construit après le tsunami grâce aux fonds récoltés par Amma, pour faciliter l'accès de l'île d'Alapad au continent.

Quand on est extérieur, on a aussi l’impression que c’est un véritable business… Dans l’ashram, on peut trouver au moins une dizaine de boutiques vendant des photos d’Amma, des t-shirts, des cartes postales, etc. Et il est pas rare que les fidèles qui séjournent à l’ashram fassent des dons, souvent plus que généreux… Et de toute façon, ils doivent verser un minimum de loyer pour leur séjour… Donc certes, ça peut paraître un business mais tout l’argent que l’ashram récolte est reverse a l`ONG creee par Amma (le M.A. Math) qui l’utilise pour mettre en place des projets de développement au bénéfice de la communauté : réhabilitation post-tsunami de nombreuses zones dévastées des côtes indiennes, construction de centres médicaux et d’un hôpital super high-tech à Kochi (appelé Cochin par les anglais) avec un laboratoire de recherche sur le cancer reconnu mondialement, des écoles, des centres de loisirs, etc.

Pour plus d`infos, www.amritapuri.org ou www.amma-france.org Vous pourrez avoir un petit apercu...

Le 7 avril, c’était aussi jour de travail mais le matin, l’équipe de projet m’a amené faire une balade en mer, avec un petit bateau de pêche. Et c’était vraiment trop beau ! J’ai pris un méga coup de soleil ce jour-là mais franchement ça valait le coup ! La mer était super calme donc c’était super agréable de se retrouver à plus de 2km du rivage au milieu de la mer d’Oman, d’un bleu presque aveuglant, avec vu sur les îles d’Alapad et d’Arattupuzha. De temps en temps, on pouvait croiser d’autres petits bateaux de pêche ou des chalutiers et on a même acheté du poisson fraîchement pêché sous nos yeux ! Et venue l’heure de manger, c’était vraiment très bon ! Epicé certes mais délicieux…

101_2070.JPG A bord du bateau avec l'équipe de projet d'Ekta Parishad

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Justement côté cuisine, je suis assez surprise mais je me suis plutôt bien habituée à la nourriture. Bon à chaque fin de repas, j’ai la bouche en feu mais je me régale ! Et les repas indiens sont vraiment copieux ! Pas un repas sans riz et pas une petite louche de rien du tout mais une pleine assiette… Plus des currys, des dals, des légumes, de la viande ou du poisson (pour les indiens non-végétariens). Et en fait le curry indien, c’est pas du tout ce qu’on imagine en France et ce qu’on peut manger dans les restos par exemple. Contrairement à ce que l’on croit, on ne mange pas du poulet au curry en Inde mais du curry au poulet ou au poisson, aux pommes de terres, aux légumes, etc. Et bien sûr, tout repas s’accompagne de poivre, de poivrons, de piments et d’épices en tout genre ! A chaque repas, je goutte un nouveau truc et parfois j’ai des surprisess mais dans l’ensemble je me régale ! Assez souvent aussi, pour adoucir le tout, les Indiens arrosent une dernière portion de riz d’un espèce de fromage blanc (que l’on peut d’ailleurs mangé tout seul avec un peu de sucre, miam !).

Et le tout, comme je vous l’ai déjà dit, avec les doigts, de la main droite !!! Et en fait, c’est plutôt agréable de manger avec les doigts ! Finalement avant, les cuillières et autres ustensiles n’existaient pas et les gens s’en sortaient pas plus mal ! Par contre, les gens pensent souvent que parce que je suis européenne, je dois avoir un traitement de faveur… Et franchement, c’est un truc qui m’énerve. Je suis en Inde pour une immersion au cœur de la culture indienne donc quand je mange dans un resto : non je ne veux pas de cuillière et oui je peux supporter de rester sans clim ! Dans la rue : oui je peux marcher par 35°, non j’ai pas forcément besoin qu’on me porte mon sac ou de prendre un rickshaw. Dans n’importe quel endroit : oui je peux faire la queue comme tout le monde et j’ai pas besoin de passer devant tout le monde parce que je suis européenne. Bon c’est peut-être pas la faute des indiens mais celle de certains touristes qui se conduisent comme ça mais c’est assez vexant…

Le 8 avril, encore une balade, mais cette fois à la montagne dans la réserve naturelle de Vagamon. C’est plutôt hallucinant de voir à quelle vitesse le Kerala passe d’un paysage à un autre. Pendant plus d’1h de route, que des arbres de toutes sortes, des petits ruisseaux, des petits lacs, des champs de fleurs, etc. Et quand on est arrivé dans la fameuse réserve, on se rend compte que les indiens aiment bien aussi se balader mais que malheureusement ils ont une conception particulière de la préservation de l’environnement… A l’entrée de la réserve, un panneau indique plusieurs règles de comportement comme ne pas jeter de papiers par terre et la 1ère chose qu’on voit partout sur le sol c’est des emballages de glace, des bouteilles en plastique et toutes sortes de papiers… Vraiment dommage ! Et comble de la préservation de l’environnement (qui devrait donc éviter toute pollution…), les responsables de la réserve mettent à disposition des touristes des 4x4 et des motos cross pour parcourir la réserve !! Comme si les gens ne pouvaient pas profiter de la nature à pied et faire un peu de sport !! Quand on est arrivé et que Benzi m’a demandé si je voulais prendre un 4x4, j’ai cru que j’allais la bouffer ! Et elle qui insiste : « t’es sûre, on va marcher un moment, tu risques d’être fatiguée… » Oui, oui je suis sûre ! Et si je suis fatiguée, ça sera de la bonne fatigue !

Bon, donc un peu déçue mais l’endroit était quand même super beau et agréable. J’ai eu un peu l’impression de me retrouver au sommet du monde (même si il est bien loin de l’endroit où je me trouvais !!) et d’avoir devant moi le même genre de paysages que dans la Chapada Diamantina au Brésil, avec des étendues entières de plantations de thé en plus. Après 1h30 de balade, on est rentré.

101_2115.JPG 101_2138.JPG avec Benzi, d'Ekta Parishad

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Le 11 avril, j’avais terminé toutes les visites pour mon rapport donc Benzi m’a encore amené en vadrouille. Réveil tôt le matin pour prendre le train direction Kanyakumari, dans le Tamil Nadu, l’Etat voisin du Kerala. En chemin, on s’est arrêté dans la petite ville de Thuckalay pour visiter le palace de Padmanabhapuram construit au 15e siècle. Mais attention, dans ce cas-là, palace ne veut pas dire château de luxe avec marbre, grandes baies vitrées, etc. On a plutôt l’impression de se retrouver au milieu de maisons chinoises toutes en bois et c’est plutôt joli. Avec aussi des grands jardins, des arbres immenses et toute une variété de fleurs. Et tout ça au creux des montagnes.

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Vers 14h, on a repris la route, en bus, pour Kanyakumari, appellé aussi le Cap Camorin. C’est la pointe de l’Inde la plus avancée dans la mer. Ce petit bout de terre voit se rencontrer en un même en droit la mer du Bengale venant à l’Est, l’océan Indien au Sud et la mer d’Oman à l’Ouest. Il parait que par beau temps, on peut voir distinctement 3 nuances de couleurs se rejoindre à l’horizon mais manque de chance, il y avait pas de soleil ce jour-là ! Et même avec tous les efforts, j’ai pas vu ces 3 mers se rejoindrent… Un peu déçue donc, surtout que pas de soleil donc pas de coucher de soleil, qui est l’attraction principale du lieu !

En plus, on est arrivé trop tard pour prendre le bateau pour rejoindre les 2 rochers qui se trouvent au large de Kanyakumari. Sur l’un, est érigée une énorme statue à l’éphigie de Thiruvalluar, un grand écrivain indien devenu presque un saint... Et l’autre rocher est appelle Sri Padhaparai et abrite un lieu de méditation, ou le sage indien Vivekanda aurait medité pendant plusieurs années... Comme j’ai pas pu voir ces endroits de près je peux pas trop vous en dire grand-chose mais j’espère retourner à Kanyakumari à temps pour prendre le bateau et avec du soleil pour l’admirer se confondre avec la mer !

On s’est donc contenté d’une balade en bord de mer, pas sur du sable parce que en fait Kanyakumari c’est une falaise. Au bord de la falaise, on peut trouver un temple dédié à l’une des nombreuses divinités indiennes (il faut rentrer dans les temples pieds nus, tête découverte et sans sac… Et d’ailleurs presque tous les endroits de type temples, mémorials ou sanctuaires, il faut rentrer pieds nus… Vive l’hygiène !) On trouve aussi une grande esplanade faisant face à la mer avec un petit parc construit en mémoire des victimes du tsunami. Kanyakumari étant la pointe de l’Inde la plus avancée dans la mer, les dégâts du tsunami y ont été considérables, beaucoup des infrastructure ont été détruites et les monuments ont du être restaurés. Par endroits, on voit encore des traces du tsunami et ça donne une impression bizarre de se sentir tout petit face à la mer… En continuant la balade, on peut trouver un petit marché de babioles et surtout d’attrapes touristes… Et un mémorial dédié à Gandhi construit à l’endroit d’où une partie de ses cendres ont été dispersées 1 an après sa mort le 30 janvier 1948. Il est encore en travaux post-tsunami mais à l’intérieur ont peut voir la stèle où a été déposé l’urne des cendres de Gandhi avant d’être jetées à la mer. Juste au-dessus de cette stèle, un petit trou a été creusé dans le toit par lequel tous les jours à une certaine heure de la journée un rayon de soleil éclaire l’endroit où était cette urne. Autour de la salle principale, il y a une exposition de photos sur la vie de Gandhi, depuis ses études de droits en Angleterre à ses actions non-violentes pour l’Indépendance de l’Inde en passant par les années où il a lutté contre l’Apartheid anglais en Afrique du Sud. Et on peut aussi admirer une gravure sur marbre représentant Gandhi.

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Le soir, on a repris le bus vers 18h direction Tiravandupuram (Trivandrum en anglais c’est plus facile à prononcer !), soit 3h de trajet pour faire 160 km ! Et 3h en bus, au son des klaxons, au rythme des freinages et des dérapages contrôlés, ça peut paraître très long ! Arrivées à Trivandrum, le train pour Changanassery n'était que le lendemain à 7h… Heureusement, Benzi a fait ses études à Trivendrum et on a pu dormi chez un des ses amis… Le lendemain re-belote, 3h de train. A 14h, Benzi prenait un bus pour Munar, une autre réserve naturelle, où était organisé un des camps de jeunes du projet (je devais y aller, mais j’avais encore trop de boulot sur le rapport…) et moi à 17h, j’ai pris à nouveau le train pour rentrer à Palakkad et terminer le rapport avec l’aide de Sreeni !

Donc certes, j’ai vu un maximum de choses en peu de temps mais qu’est-ce que c’était fatiguant !! La femme de Sreeni a vu tout de suite que j’avais l’air plus fatigué, du coup elle m’a amené me faire faire un massage ayurvédique et un bain de vapeur ! Très relaxant ! En sortant, j’avais l’impression de flotter sur un nuage…

Le 14 avril, c’était la fête de Vishu, c’est le nouvel an du calendrier malayali (du Kerala – chaque Etat ayant son propre calendrier et donc sa propre date de nouvel an, mais aujourd’hui, ça n’a plus vraiment la même signification et tout le monde fête le nouvel an sur le calendrier occidental…). C’est l’occasion pour les familles de se réunir autour de grandes tablées et de lourds repas, pour les enfants de s’amuser avec toutes sortes de pétards et de feux d’artifices, etc. Et la tradition veut que l’homme le plus agé de chaque maison donne de l’argent aux plus jeunes… Sreeni a insisté pour que je participe à la tradition, donc en une journée, sans rien demander, j’ai gagné 206 roupies… Les 6 roupies c’est parce qu’il faut donner un billet (dans ce cas un billet de 100 roupies) et une pièce (dans ce cas une de 1 roupie et une autre de 5). Je me suis sentie un peu mal à l'aise de prendre cet argent...

La veille de mon retour à Bangalore, Sreeni qui est très branché "médecines alternatives" et yoga m'a conseillé d'aller faire un massage ayurvédique, pour me ressourcer et évacuer la fatigue de ces 2 semaines intensives au Kerala. Donc je me suis laissée tenter et pendant 1h30 j'avais l'impression d'avoir décroché de la réalité, je suis ressortie du petit institut (en fait une petite pièce en arrière boutique d'une pharmacie ayurvédique) toute légère et l'esprit reposé. Sreeni est vraiment quelqu'un d'adorable et il m'aura beaucoup marqué par son parcours de vie et son militantisme et aussi pour son goût pour la spritualité et sa façon de voir les choses. J'ai beaucoup aimé aussi passé du temps avec ses 2 enfants, on ne se comprenait pas vu qu'ils ne parlent pas anglais mais il y avait un bon "feeling" si on peut dire. Au moment de mon départ pour Bangalore, Sreeni m'a dit qu'il était très heureux de m'avoir rencontré et qu'il me considèrerait dorénavant comme la soeur qu'il n'a jamais eu !

101_1826.JPG Dans les rues de Palakkad

101_2213.jpg Sreeni (tout à droite) et sa famille, chez qui j'ai été hébergée quelques jours à Palakkad.

Voilà, vous savez tout pour sur mes dernières péripéties indiennes en date !

Suite au prochain épisode ! La semaine prochaine, je pars peut-être encore en vadrouille… Une collègue de FEDINA, Parveen, m’a proposé de l’accompagner passer quelques jours dans sa famille dans un petit village en bord de mer, au sud de Goa, l’ancien comptoir portugais… Et franchement, si ça ne tenait qu’à moi, je n’hésiterais pas beaucoup à accepter ! Mais vu que j’ai du mettre mon travail avec FEDINA entre parenthèse pendant mon séjour au Kerala, je suis pas sûre que ça soit très raisonable… Et je suis toujours malade...

Enfin, je verrais bien ! Et puis peut-être que je peux emmener de quoi bosser sur la plage ! ;-)

A bientôt tout le monde !

Deux semaines au Kerala (1er au 15 avril)

Bonjour à tout le monde !

Comme j’avais plus ou moins prévu, pendant mes 2 semaines passées dans l’Etat du Kerala, au sud-ouest de Bangalore, j’ai eu très peu de temps pour accéder à Internet et mettre à jour le blog…

Je suis rentrée mardi 15 au soir à Bangalore, après 9h de train interminables ! A peine le temps de récupérer du voyage, le lendemain, il fallait retourner au boulot… Non sans mal… Surtout que j’ai la crève et par 35° c’est assez éprouvant… Et pour aider encore un peu, problèmes d’électricité à FEDINA, donc pas d’Internet, pas de téléphone, pas de ventilateur et pas d’eau ! L’électricité est revenu après quelques jours mais la connexion Internet est très capricieuse…

Donc le 31 mars dernier au soir, j’ai pris le train de Bangalore à Palakkad. 9h de train et en fait, dans ce sens, c’est passé plutôt vite parce que c’était de nuit et on m’avait réservé un billet en classe couchettes ! Je sais pas comment c’est fait dans un train français mais en Inde en fait j’ai trouvé ça plutôt confortable. Par contre, faut bien le dire, le train indien c’est pas un TGV ! Pour preuve 9h pour faire un peu plus de 400 km !

Je suis arrivée à Palakkad le 1er avril vers 5h du matin. Sreeni, le coordinateur de Ekta Parishad (EP), la 2e association partenaire de FDH en Inde, est venu me récupérer en moto… Et 15 min en moto avec un sac à dos de 10kg c’est plutôt long ! A chaque accélération, j’avais l’impression que j’allais tombée en arrière… Mais bon je suis arrivée entière c’est le principal.

L’objet de mon séjour au Kerala était de visiter un projet de réhabilitation post-tsunami, d’en faire l’évalution et le rapport final, le projet s’étant terminé fin mars. Enfin plutôt c’est le soutien de FDH qui s’est terminé fin mars, parce que EP ne peut pas arrêter ses activités auprès des communautés du jour au lendemain…

Je ne suis restée que 2 jours à Palakkad, juste le temps de préparer les visites dans les endroits où est mis en place le projet. Le 2 avril au soir, j’ai pris à nouveau le train pour la petite ville de Kayamkulam dans le district de Alapuzha (aussi appelé Allepey). Sur place, j’ai été hébergée par Benzi, la coordinatrice du projet, à Changanassery, une autre toute petite ville beaucoup plus calme et agréable que l’immense Bangalore !!! D’ailleurs, sa maison est complètement perdue dans un petit bois et les voisins se sont le plus souvent les oiseaux et les écurueils dans les arbres ! Ah et quelques petites bestioles aussi…

Enfin, tout ça pour dire que le Kerala j’ai adoré ! Du moins les endroits que j’en ai vu. C’est super beau, les paysages sont verts et diversifiés, les gens sont adorables, on mange super bien (épicé mais en fait trop bon, je me suis vraiment régalée !), la culture y est super riche, etc. En plus j’ai eu la chance d’aller dans des endroits où plutôt peu de touristes (occidentaux j’entends) auront l’occasion d’aller mais j’en ai aussi croisé pas mal dans des endroits plus fréquentés…

Je suis revenue à Palakkad le 12 avril au soir pour finaliser le rapport avec Sreeni, avant de reprendre le train pour Bangalore le 15 avril vers midi. Et le voyage m’a paru vraiment long, parce que j’étais vraiment fatiguée, cette fois j’avais pas de ticket en classe couchette, le train était bondé et bruyant, les sièges pas super confortables et en plus j’avais quelques petits soucis d’estomac… Après un mois en Inde, il fallait bien qu’il fasse des siennes…

En arrivant à Bangalore vers 21h30, j’avais un mauvais pressentiment et j’avais raison : Joseph, de FEDINA, qui devait me récupérer n’était pas là. Donc je l’appelle et il me dit qu’il m’avait pas oublié mais qu’il était plus sûr de l’heure de mon arrivée… Après 1h30 dans le hall de la gare, il est enfin arrivé et m’a déposé dans ma famille d’accueil qui commençait à s’inquiéter de pas me voir arriver.

Il était minuit, le temps de boire une tasse de thé, de prendre une douche et j'étais au lit !

samedi, mars 29 2008

Semaine de travail

Cette semaine, mon travail a été intéressant mais aussi un peu fatiguant…

Duarte, le responsable de FEDINA, m’a donné un rapport d’activité à retravailler, à résumer et à traduire pour envoyer à FDH.

J’ai travaillé sur un power point de présentation de FEDINA pour une conférence que Duarte va animer le 7 avril prochain à Paris, pour parler du projet de soutien aux femmes aux employés du groupe ETAM qui participe au financement du projet. Pour cette conférence, j’ai aussi du faire une sélection de photos et les légendées, et repérer des lots pour une tombola. D’ailleurs, on va aller les acheter tout à l’heure avec Duarte.

Jeudi, j’ai eu une réunion avec plusieurs membres des groupes de femmes du projet. C’était très intéressant mais plutôt fatiguant. Ça a duré toute la journée. Les femmes ne parlaient pas toutes anglais, mais kanada, la langue locale, donc il fallait à chaque fois faire la traduction et ça devenait long. Mais ça m’a permis d’avoir un premier aperçu de leurs activités et d’établir un premier contact avec les femmes que je vais être amenée à revoir par la suite.

D’ailleurs à partir de fin avril, je vais pas mal me balader dans le sud de l’Inde pour aller visiter ces groupes de femmes dans leur village ou commuanauté.

Hier matin, j'ai assisté a une conférence sur une loi passée en 2005 pour dénoncer la violence domestique contre les femmes. Cela aurait pu être três intêressant, sauf que les participants parlaient en kanada… Et vu que j'étais la seule à ne pas comprendre le kanada et à ne parler que anglais, ils ne voulaient pas trop faire la traduction que pour moi… Donc j'ai passé 2h dans une salle à faire des dessins sur mon bloc-notes ! De temps en temps, mes voisins m'expliquaient un peu de quoi ça parlait et quelqu'un va m'envoyer un petit compte-rendu par mail. Donc bon, j'aurais pas tout perdu…

Mais je vais déjà commencé à me balader à partir de la semaine prochaine. Lundi soir et jusqu’au 15 avril, je pars dans l’Etat du Kerala, au sud-ouest du Karnataka, auprès d’un autre partenaire de FDH, Ekta Parishad, dans la ville de Pallakad plus exactement. En perspective, 9h de train…

Sur place, je vais travailler à la rédaction d’un rapport de fin de projet soutenu par FDH. Et ça va être aussi l’occasion de visiter un autre Etat de l’Inde, de rencontrer de nouvelles personnes et de connaître les activités de ce 2e partenaire de FDH.

Voilà, je crois que c’est tout pour les nouvelles fraîches de cette semaine !

Aujourd’hui, on est samedi et ici on travaille jusqu’à 13h… Là il est 12h40, donc c’est bientôt le week-end !

Au programme, lessive et un peu de ménage cet aprèm. Demain, grasse matinée (si j’ai de la chance…) et un peu de shopping avec des collègues de FEDINA, pour essayer de me mettre aux couleurs locales et m’acheter de nouvelles tongs !! (cf. post précédent...)

Sur ce, bon week-end à tout le monde et à très bientôt pour de nouvelles aventures !

Déménagement dans une famille indienne (23 mars)

Dimanche dernier, j’ai quitté l'ISI où j’étais hébergée depuis mon arrivée en Inde pour aller vivre chez une famille indienne. Ce sont des amis de Sebhi, un de mes collègues de FEDINA. Ils habitent dans un quartier proche du bureau, enfin tout est relatif, mais je n’ai plus 1h à 1h30 de bus à parcourir donc c’est déjà ça !

Donc depuis dimanche, j’habite dans le quartier de Ejipura, chez Julianna et ses deux garçons, Vineeth (19 ans) et Vikram (25 ans). Le papa, John, est décéde il y a quelques années. Le frère de Julianna habite aussi chez eux. Et il y a aussi Fudge et Snapy, les chiens ! Ils sont vraiment adorables et aux petits soins avec moi. Surtout Julianna qui fait en sorte que je ne manque de rien du matin au soir… Avec tout ce qu’elle me fait à manger, si j’arrive à perdre du poids ça sera à cause des 30 minutes de marche que je dois faire matin et soir pour aller prendre le bus !

Je suis bien installée, j’ai ma propre chambre avec ma propre salle de bain. Donc je suis vraiment tranquille. Leur maison est plutôt grande, dans un quartier plus ou moins calme… Calme, si on enlève le fait que Ejipura se trouve à moins de 5 km de l’aéroport… Et que leur maison se trouve à 3 rues d’un temple hindou qui sonne sa clochette pendant 10 minutes tous les matins dès 7h !!! Adieu, grasses matinées… Ou alors avec des boules Quies !

Julianna est toujours dans sa cuisine en train de cuisiner et depuis que je suis chez elle, j’essaye de goûter de tout, du moment que ce n’est pas très épicé… Et là, la notion « épicé- pas épicé » est très aléatoire… Ce qui est pas beaucoup épicé pour un indien, le sera toujours beaucoup plus pour mon petit estomac fragile ! Mais je commence à m’y habituer (je n’ai pas encore été malade, ouf !), par contre à la fin des repas, je sens que ma bouche chauffe, lol !

Sinon, je me suis mise aussi à manger avec les droits et c’est plutôt cool en fait ! Bon certes, j’en mets encore un peu partout mais j’arrive à manger c’est l’essentiel. Et les gens de FEDINA disent que je me débrouillent plutôt bien ! Et attention, faut manger avec la main droite… Dommage pour les gauchers ! La gauche est réservée à autre chose… Mais là par contre, j’ai vraiment du mal ! Certes c’est plus écologique… Et oui en Inde, le papier toilette est plutôt cher et les indiens préfèrent utiliser des sauts d’eau…

Mais bon petit à petit, j’arriverais bien à me faire aux coutumes locales ! Il va d’ailleurs falloir que je me mette à la mode vestimentaire indienne, pour essayer de passer un peu plus inaperçue…

Sinon, depuis quelques jours, j’ai droit à un aperçu de la mousson, qui doit commencer en juin. Certes il fait chaud la journée (25-30 degrés) mais le soir, ça éclate souvent en orage… Et là c’est le déluge ! Pendant 30minutes-1h, il pleut et pas des petites gouttes ! Et après ça, grosses flaques partout dans la rue et des bouchons encore pires que d’habitude. Et dans ces moments là, il faut même pas penser à rester les pieds au sec ou garder le pantalon propre… Entre les voitures qui passent en plein dans les flaques et qui éclaboussent, les trottoirs qui sont encombrés de sable et de pierres pour des travaux et les rues qui sont pas toujours en très bonne état (voire parfois plutôt boueuses…). Ça m’a d’ailleurs vallu de glisser en rentrant mercredi soir et de casser ma tongue… Heureusement, j’étais plus qu’à 5 minutes de la maison de ma famille d’accueil, mais essayez de marcher vous avec une tongue dont la partie avant qui doit être entre les doigts de pied ne tient plus, que votre pied et la semelle sont mouillés ! Plutôt comique maintenant, mais sur le coup, je faisais pas la fière…

Ah sinon, pas encore d’attaques incontrôlées de moustiques ou de bestioles, mais je me suis faite un peu plus piquée quand même depuis qu’il pleut presque tous les jours… Mais bon ça va je suis bien équipée. Pourvu que ça dure ! Juste ce matin, j’ai failli avoir une attaque en voyant une bestiole se balader dans ma salle de bain ! Beurk !

Voilà, je crois que c’est tout pour les anecdotes de la vie quotidienne indienne… :-)

Visite de bidonvilles (22 & 23 mars)

Le week-end dernier a été consacré à des visites dans des bidonvilles de Bangalore où FEDINA travaille depuis de nombreuses années…

Une française, représentante de l’ONG Secours Islamique, est arrivée pour 2 semaines. Elle va visiter plusieurs projets de FEDINA, dans l’objectif de devenir un nouveau partenaire. Et donc samedi et dimanche dernier, son programme c’était de visiter plusieurs bidonvilles de Bangalore. Et vu que ça pouvait etre tres interessant pour moi aussi, je les (Diana du Secours Islamique et les personnes de FEDINA) ai accompagné.

On s’est rendu dans 2 bidonvilles, l’un au nord de Bangalore et l’autre au sud. Dans les 2, on a rencontré des représentants de l’Association des Senior Citizens (personnes âgées) qui nous ont guidé dans leur quartier pour nous montrer des maisons réhabilitées avec l’aide de FEDINA et rencontrer des personnes qui bénéficient directement ou indirectement du soutien de FEDINA au quotidien, sur le plan économique, social, sanitaire et politique. On y a aussi rencontré beaucoup de femmes participant au programme Self Health Group de FEDINA, ce sont des groupes qui soutiennent les femmes dans des activités économiques, dans l’accès aux représentations politiques, dans l’accès aux prêts de banques. Ce sont aussi des groupes de parole et de soutien pour les femmes qui en ont besoin (violences, difficultés avec les enfants, manque d’information, etc).

Bidonville de Lingarajipuram Bidonville de Lingarajipuram (2) dans_les_rues_du_bidonville_de_Lingarajipuram.JPG

                                Bidonville de Lingarajipuram

Toutes ces rencontres étaient très intéressantes. Et au milieu du bidonville, on est pas vraiment passé inaperçu… Surtout, Diana, qui est d’origine sénégalaise et moi, bien blanche ! Tout au long des visites on a été suivi par des groupes d’enfants intrigués par notre présence et par notre apparence… Plusieurs s’approchaient pour nous toucher, voir si on était bien réel. Beaucoup nous disaient bonjour en anglais et voulaient nous serrer la main. C’était plutôt marrant. En ce qui concerne les maisons qu’on a visité, certes, c’était pas du grand luxe et parfois les familles étaient très nombreuses à y vivre mais à chaque fois, on nous proposé de rentrer dans les maisons, on nous proposé thé et biscuits, etc. Avec l’aide de FEDINA, beaucoup de familles sont maintenant fières de leur maison et veulent les montrer. La plupart travaillent dans le secteur informel et n’ont pas toujours des conditions de travail très « réglementaires »… La majorité des femmes des bidonvilles travaillent en tant que femme de ménage dans les maisons des classes moyennes, ou alors vendent des fruits et légumes dans la rue. Certaines aussi, issues de la caste des Dalits, ramassent les déchêts, les détritus, tout ce que les autres ne veulent pas faire…

Côté hygiène et propreté, c’est vraiment limite. Même si dans certains endroits, FEDINA – et d’autres ONG locales – mettent en place des infrastructures sanitaires adaptées, elles ne sont pas toujours utilisées… (pas besoin de vous faire un dessin…) Et les tas d’ordures qui se multiplient un peu partout n’arrange pas les choses (odeurs, bestioles, maladies, etc). Mais ce nest pas si facile de modifier les habitudes et les traditions…

Donc voilà, certes, c’était pas évident à voir, certaines maisons (parfois des barraques, des tentes ou des cabanes) étaient vraiment en mauvais état, mais on voit aussi que beaucoup se donne les moyens d’améliorer leur situation.

dans_les_rues_de_Koramangla.JPG Koramangala_slum_-_16th_July__1_.jpg membres_du_Senior_Citizens_SHG_de_Koramangala.JPG Un groupe de Senior Citizens

                             Bidonville de Koramangala

Et d’ailleurs, force est de constater que les initiatrices de cette amélioration se sont les femmes ! Elles s’engagent dans les associations et autres groupes pour travailler ensemble, se mobiliser, etc. Dans beaucoup de cas, se sont elles qui ramènent de quoi faire vivre la famille. Les hommes sont vite découragés par leur situation de pauvreté et ne se donnent pas toujours les moyens de s’en sortir… Donc heureusement que les femmes sont là ! Mais malheureusement, elles sont encore très rarement reconnues pour ça… Elles sont encore trop souvent discriminées dans leur vie de tous les jours, victimes de violences de la part de la communauté mais surtout de leur propre famille et de leur mari… Et c’est en visitant ces bidonvilles, en parlant avec ces femmes, que je me rends compte à quelle point j’ai de la chance d’être né dans un pays occidental… Certes, il y aurait encore quelques petites améliorations à faire mais, rien à voir avec la situation des femmes indiennes…

Bon, je vais pas m’étendre maintenant sur ce sujet, ça pourrait prendre des pages et des pages ! Et puis j’aurais l’occasion de vous en parler plus longuement au cours de mes 5 mois ici, vu que je vais travailler sur un projet de soutien aux femmes !

vendredi, mars 21 2008

1er jours a Bangalore

Coucou a tous !!

Aujourdhui, cest ferie, cest le "Good Friday" un peu le vendredi de Paques quoi. Donc jai pas bosse et jen ai profite pour aller me balader un peu dans la ville et me reperer... Jai pas mal marche et je suis aussi bien fatiguee !!

La je viens de rentrer et donc je me suis arretee a un petit cyber pour essayer de vous raconter un peu mes 1eres journees en Inde.

Lundi 17 mars

Javais deja un peu commence mais je continue. Le 1er jour jetais vraiment fatiguee, jai passe presque toute la journee a dormir... A part un petit moment en debut daprem ou je suis allee dans les bureaux de FEDINA pour rencontrer un peu les gens et visiter les locaux. Je ne suis pas restee tres longtemps, cetait juste histoire de dire que jetais un peu sortie ! Le soir, 2e repas a lindienne et apres il y avait une petite soiree culturelle avec danses, musiques et chants. Jy serais bien allee mais le temps de finir le repas et daller me brosser les dents, je me suis posee 5min sur le lit et je me suis endormie !!! Donc pas dimmersion culturelle pour cette fois...

Mardi 18 mars

Je me suis reveillee un peu a la bourre donc pas de petit dej, de toute facon ca aurait juste ete un the ou un cafe parce que le riz des le matin cest pas sur que ca passe... Cest Joseph de FEDINA qui est venu me chercher... en moto !! Quand Duarte ma dit ca la veille, jai pas refuse bien sûr mais une fois sur la moto jetais pas mega rassuree... Au Bresil, javais peur de prendre les "motos-taxis" mais la rien a voir !!! Et puis quoi de mieux pour bien se reveiller que les bruits des klaxons et lodeur des pots dechappement ??? Hum trop de bonheur, vous nimaginez meme pas ! Alors cest sur que la moto ca va plus vite pour les trajets mais faut avoir le coeur bien accroche... Zig-zag, freinages brusques, doublages un peu a larrache et pour passer un carrefour, je vous raconte pas !! Surtout que la plupart du temps, il n'y a pas de feux de signalisation, juste un agent de police qui fait la girouette au milieu et qui rajoute un peu plus au bruit avec son sifflet... Enfin bref, apres plusieurs frayeurs, on est arrive entiers donc tout allait bien. Ma 1ere journee de travail, jai surtout feuillete un peu les bouquins que jai pu trouver sur lasso ou la situation (politique, economique, sociale, solidaire) de l Inde. En fin de matinee, jai eu ma 1ere reunion de travail avec Mita, une indienne originaire du Calcutta, qui ne travaille que depuis quelques mois a FEDINA et qui soccupe de la campagne "Desarmer pour combattre la pauvrete" lancee en partenariat avec FDH. Par rapport a ca, je vais devoir aussi suivre un peu les activites mises en place par FEDINA pour diffuser la campagne.

Donc lapres-midi, jai parcouru les nombreux documents que Mita ma donne sur la campagne, dont un pave de 50 pages !!! Cest interessant mais au bout dun moment mon cerveau sature un peu de langlais... Vers 17h, il y avait une manifestation organisee par une autre asso de Bangalore (ou travaille une ancienne employe de FEDINA) pour denoncer le trafic humain, en particulier celui des femmes et des enfants en vue dune exploitation au travail ou sexuelle. Et ils mont propose de les accompagner. Donc me voila partie avec Joseph en moto, direction un gros carrefour de la ville (la il y avait des feux et meme des passages pietons !!!) pour plus de visibilite a la manif. En fait, cetait surtout un "sit-in", lorganisatrice a distribue des affiches, pancartes et des banderoles a un peu tout le monde et a demande quon se mette aux bord des trottoirs pour que le plus de monde nous voit. Et moi, je suis devenue la star de la manif... Pas un seul des photographes ne ma loupe !! Cetait plutot marrant. Apres ca, retour a l ISI en moto avec Joseph, toujours aussi rassuree... Et il a entrepris de me montrer un peu comment prendre le bus pour aller a lasso depuis la residence... Et a partir de la, jai commence a dechanter... :-( Parce que je comprends pas grand chose quand il me parle... Javais beau lui dire de repeter ou daller plus doucement, rien a faire, cest surtout quil narticule pas beaucoup quand il parle anglais... Et il continue a me dire les numeros des bus, la direction (en langue kannada bien sur, comme si cetait naturel pour moi, mais il y avait pas kannada en 3e langue a la fac....), les arrets ou il faut que je descende etc. Mais il ma quand meme depose devant la residence et ma quand meme dit quil reviendrait me chercher le lendemain matin... Il a bien vu que jetais pas tres rassuree... Javais tout note sur un papier mais il y avait tellement dinformations dun seul coup et la fatigue se faisait aussi sentir, que je ny comprenais pas grand chose...

Mercredi 19 mars

Nouveau trajet ISI-FEDINA en moto avec Joseph. Il me re-explique larret de bus, le numero, pour le trajet aller, ca commence a etre un peu plus clair dans ma tete... ouf !!! Le matin, jai accompagne la plupart des employes de lasso pour une autre manif, celle-la pour demander au gouvernement du Karnataka la mise en place effective et rapide dune reforme daide aux personnes agees vivant dans les bidonvilles de Bangalore et leur garantissant certains droits, comme une retraite, l'acces aux soins, des aides pour les demarches administratives, etc. Cette fois javais mon appareil photo (la veille, lors de la manifestation je lavais oublie...) pour commencer un peu ma serie de photos. Au debut, je prenais surtout des photos densemble, josais pas trop mapprocher des gens pour prendre des photos mais a un moment une dame en saree vert ma fait un signe de la main pour que je mapproche et apres elles voulaient toutes que je les prenne en photo ! Certaines etaient vraiment adorables. Je parle surtout des femmes parce que les hommes (il y en avait mais beaucoup moins) etaient tous rassembles dun seul cote et ne me regardaient presque pas...

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Vers 14h, fin de la manif et retour au local de FEDINA. Laprem jai fait un point avec Duarte sur la preparation de la conference quil doit faire a Paris pour la presentation du projet de soutien aux femmes indiennes pour lequel je vais travailler en majorite. Et il ma demande aussi de faire un petit resume en francais dun autre projet de FDH. Donc des le debut, je ne chome pas !! Le soir, a nouveau trajet jusqua ISI en moto et a nouveau Joseph mexplique le bus pour le retour. Et cette fois, ca allait beaucoup mieux ! En plus, avant de repartir, il sest pose 5min pour faire un recapitulatif et voir si javais tout compris ! Trop gentil ! Et cette fois oui javais tt compris ! :-D

Jeudi 20 mars

Challenge du jour : prendre le bus !!! Et ca sest plutot bien passe, je ne me suis pas perdue, ni trompee de bus, ni darret, etc. Alors les bus indiens, ils sont comment dire...anciens !!! De gros tas de ferraille qui font du bruit, des sieges en sky pas super confortables et aussi cest la quon voit tout le poids de la tradition quand au statut inferieur de la femme indienne : lavant du bus est reserve aux femmes et larriere aux hommes... Il y a meme des petits dessins (un visage de femme) pour bien faire comprendre que quand il ny a plus de petit dessins elles nont plus le droit de s'asseoir... :-( Et je crois que ce jour la, jai eu un peu de mal... Les indiens (les hommes surtout...) me font un peu peur... La maniere dont certains me regardent, ou ne me regardent pas du tout (jai eu droit aux 2 cas de figure) est parfois genante, destabilisante. Certes, ils doivent pas voir souvent de blanches, surtout que Bangalore est pas une ville tres touristique... Le matin jai demande mon chemin a un policier qui au lieu de me repondre a tourner la tete comme si je netais pas plante devant lui... Le soir en attendant le bus pour rentrer, jai eu le droit a des regards plutot louches... Je netais pas tres rassuree... Et le bus qui narrivait pas ! Enfin si mon bus est passe plusieurs fois mais tellement blinde que cetait impossible de monter... Mais les indiens ont peur de rien, ils saccrochent comme ils peuvent aux fenetres et aux portes pour essayer davancer meme de quelques metres... Et les chauffeurs nont pas lair de soucier davoir une grappe de 10-15 personnes qui depasse du bus !!! Plutot impressionnant a voir... Faudra que jessaye de prendre une photo un jour.

Au bout de presque 2h, un bus presque vide est enfin arrive. Le chemin a ete interminable... Des voitures, des bus, des motos, des rickshaws partout dans tous les sens, qui arretaient pas de klaxonner pour rien, je commencais a en avoir mal a la tete... Jarrive enfin a la gare de bus ou je dois faire un changement et la je me dis que ca va encore etre galere pour monter dans le bus... Et deja fallait quil arrive... Et la un jeune indien commence a me taper la causette, il etait bien sympa et il ma dit quil allait dans la meme direction et que donc on pouvait faire le trajet ensemble. Une fois arrivee a larret pres de ISI, je le remercie et commence a marcher mais il me suit... Et jai eu du mal a men depatouiller !

Aujourdhui, vendredi 21 mars.

Ferie donc. Je suis allee me balader un peu, je me suis perdue plusieurs fois, surout que je navais pas de plan, mais jai quand meme reussi a rentrer. Mais Bangalore est une ville fatiguante... :-( Trop de bruit (de klaxons !!!!!), trop de monde, trop de pollution, etc. Bon je sais ca ne fait que quelques jours que je suis la et je suis encore dans la phase dadaptation mais elle est un peu dure... Sans doute le fait que l Inde soit vraiment differente culturellement, humainement... Enfin, je verrais bien dici quelques jours, ca ira surement mieux. Et jespere que le boulot se passera pour le mieux et que ca me permettra de faire un peu "abstraction" (si on peut dire...) du fait que les indiens me font peur... Heureusement, pas ceux avec qui jetravaille qui sont adorables ! Et heureusement encore, pour les projets, je vais surtout travailler avec des femmes, donc ca devrait aller...

Bon, ben je crois que cest tout pour ce nouvel (et long !!!!) article ! Rendez-vous au prochain ! Ce week-end, je vais visiter plusieurs bidonvilles avec lasso et une represante de l'antenne française de l'ONG Secours Islamique qui va peut-etre financer un nouveau projet pour FEDINA. ca sera toujours interessant davoir un 1er contact avec les groupes de femmes avec qui je vais avoir loccasion de travailler.

Aller, je vous laisse ! A bientot

Namaste !! (ca se traduit pas vraiment cest le petit mots que les indiens disent tout le temps pour saluer. Ils utilisent aussi beaucoup Namaskara)

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