Mercredi 11 janvier 2012 - A la veille de la célébration du deuxième anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier 2010, les dirigeants de la plateforme Je nan Je (dont fait partie le Mouvement Paysan de Papaye) ont organisé une manifestation à Port-au-Prince qui avait pour destination le Parlement haïtien. Plus de 7 000 personnes, majoritairement des paysans et paysannes sympathisants des organisations-membres, ont déambulé dans les rues pour demander au gouvernement de tenir ses engagements pris à la suite du tremblement de terre. Actuellement, encore 600 000 haïtiens vivent sous des tentes.
Dans le but d’y déposer un cahier des charges contenant diverses revendications, entres autres concernant la reconstruction du pays après le séisme du 12 janvier 2010, les membres de la plateforme « Je nan Je » (traduction : les yeux dans les yeux) ont donné rendez-vous à plusieurs milliers de personnes, venant de tous les départements du pays, dans les rues de Port-au-Prince. Deux des principales revendications sont d’une part l’accès à la terre par le biais d’une réforme agraire intégrale et d’autre part la construction de logements sociaux sains et décents. Le document réclame également au gouvernement présent plus de transparence quant à l’utilisation des fonds reçus au nom des victimes du tremblement de terre et suggère notamment la publication d’un rapport annuel faisant foi des dépenses. Ce document devra être facilement accessible à la communauté internationale. Concernant l’agriculture paysanne, ce document appelle à la mise en place d’une politique de développement de l’agriculture nationale, en respectant les semences locales et en permettant aux paysans de bénéficier de terres exploitables et non destinées à la production d’agro-carburants.
Ce document a été délivré après une longue manifestation durant laquelle les participants chantaient et scandaient des slogans tels que : « Nous voulons des logements pour ceux qui vivent sous les tentes. DES LOGEMENTS. » Portant tous des chapeaux de paille avec inscrits dessus différents messages, des pancartes et des tee-shirts à l’emblème de la plateforme Je nan Je, le cortège a su se faire voir et entendre des autres passants, en les sensibilisant à leur cause et ainsi faire passer leur message. La marche a commencé à Port-au-Prince, plus exactement au Carrefour Aéroport- Route de Delmas, et s’est achevée 5 km plus loin, devant le parlement haïtien, à l’avenue Pie XII.
Arrivés au Parlement haïtien, une dizaine de sénateurs et députés ont reçu la délégation « Je nan Je », dont le président de la chambre des députés fraichement élu. Après avoir entendu tout à tour les représentants des organisations formant la plateforme, les députés se sont publiquement engagés à former une commission qui étudiera les revendications formulées, à statuer sur leurs actions futures dès le mercredi 18 janvier et à prendre leurs responsabilités concernant les promesses tenues à la suite du tremblement de terre.

A gauche, Chavannes cite certaines revendications de la plateforme. A droite, un sénateur répond au discours de Chavannes.
(Re)vivons cette journée exceptionnelle au gré des événements.
5h du matin : Départ de Hinche en convoi exceptionnel. En effet, 1 véhicule de 10 places, 8 tap-tap et 1 bus scolaire ont servi d’escortes pour le Mouvement Paysan de Papaye.
7h : Regroupements de tous les partisans du Plateau Central du MPP à Terre Rouge. Sortis de Hinche, Papaye, Mirebalais, Lascahobas entres autres, nous nous sommes suivis pour une arrivée en fanfare à Port-au-Prince.
8h30 : Arrivés à Port-au-Prince où nous avons rejoint tous les autres manifestants sortis de tout le pays.
Vers 10h : « En route vers le Parlement », comme dirait le slogan de la plateforme Je nan Je.
10h21 : Derrière le char qui diffuse des chansons militantes, les manifestants s’en donnent à cœur joie pour faire entendre leurs revendications.
11h23 : Passage devant le Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes, nous campons. Les sympathisantes de l’organisation Fanm Deside (les femmes decident) scandent des chants louant la femme haitienne. L’une des revendications des femmes dans le cahier des charges concernent la violence faites aux femmes spécialement celle faites aux femmes sous les tentes.
12h17 : Passage devant les camps du Champs de Mars.
12h56 : Chavannes, posté sur le toit du char, prononce un discours sur ce que souhaite la plateforme Je nan Je et sur l’objectif du cahier des charges.
Vers 13h : A peu près une dizaine de sénateurs et députés ont accueillis au Parlement la délégation de « Je nan Je » composés de quelques dirigeants des organisations membres.
Vers 15h : Retour vers Hinche



Focus sur la plateforme JE NAN JE La Plateforme JE NAN JE regroupe 10 organisations paysannes, de femmes et une organisation travaillant à Port-au-Prince et qui aide les victimes du tremblement de terre dans la période d'urgence et qui aide dans la construction des maisons pour reloger les victimes. Je nan Je représente près de 800,000 haïtiens qui souhaitent être considéré comme des partenaires égaux dans la reconstruction de leur pays. Le but de cette campagne est de travailler dans la solidarité avec les haïtiens les plus vulnérables pour influencer le processus d’aide dans le soulagement et la reconstruction d’Haïti. A travers des analyses politiques participatives et des stratégies de plaidoyer, la plateforme JE NAN JE souhaite participer à la reconstruction d’Haïti en réformant des lois sur l’accès à la terre et au logement.







Groupe des formateurs latino-américains