Passe passe le mégaphone, y'a du monde au FSM

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samedi, mai 14 2011

Journée de retour à l'Université toulouse Le Mirail

La meute nio fare et Sensibiliz'Action 31 vous invitent pour un deuxième événement le Lundi 16 Mai à l'université Toulouse II "Le Mirail"

Au programme : expo photos, sono ambulante, isoloir à voyages sonores, projections, repas gratuit (dont repas végétarien par l'association Sésame Ouvre toi) et une activité de porteur de paroles sur le thème Quelle devrait être la place de l'université dans un quartier ?

Fly du 16 mai

Animation Porteur de paroles et Soirée projection débat au local Friture

Tv-bruits, la meute nio fare, sensibiliz'Action 31 et le FSM31 vous invitent Jeudi 12 Mai à la place du Salin à partir de 18h.

De retour du dernier forum social qui s'est tenu à Dakar en Février dernier. On n'est pas rentrés les poches vides et on vous propose de nous retrouver ce Jeudi 12 Mai à partir de 18h sur la place du Salin pour un échange sur le thème Quelle est votre utopie ? (Question posée au FSM, voir rubrique porteur de paroles dans FSM ) puis à partir de 21h au local friture pour une soirée d’échange et de projections autour du forum social mondial.

Fly du 12 mai

vendredi, avril 1 2011

Association des jeunes Rapatriés de Thiaroye Sur Mer

Des liens sur des interviews réalisées lors du FSM

ca marche, c'est laborieux, il faut copier, coller le lien, et après vous cliquez sur dowload anyway...c'est un peu long à télécharger...Sorry!

https://docs.google.com/leaf?id=0BxFf_uP_oLtaM2MzNzJhMzctO WVhZS00NTlmLWFjOTAtZDIxZGFmMTM2ODMz&hl=fr&authkey=COPylZcH

https://docs.google.com/leaf?id=0BxFf_uP_oLtaN2NlOTU0OTct MWJmYS00NzE1LTk4MDUtODZiZWUyN2FiMDg0&hl=fr&authkey=CLyQwt8G

https://docs.google.com/leaf?id=0BxFf_uP_oLtaYzBiODJiYTQt NDY0Yy00MjU5LThiNmQtYjUxODQ5MGIwMjky&hl=fr&authkey=CN3M2K4M

Les jeunes rapatriés d'Esoagne et du Maroc racontent leur expérience et leurs espoirs pour l'avenir...

Des photos de la marche contre Frontex, et pour la liberté de circulation

Frontex: L'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne,

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dimanche, mars 6 2011

Porteur de paroles et expression libre

Un début de forum laborieux

Après la grande marche du dimanche, nous sommes arrivés à l’université Cheikh Anta Diop le lundi matin. La situation devient une vraie blague : les ateliers sont introuvables, les salles où devaient se passer les conférences sont occupées par des cours ou des examens, le programme est tortueux, … et très peu d’étudiants savaient ce qu’il se passait au sein de leur faculté. De plus, les débats auxquels certains d’entre nous ont assisté nous paraissaient peu constructifs. Mais cette journée n’est pas finie et nous rencontrons un Italien, Andrea, du réseau Powos, très enthousiaste pour créer de nouvelles formes de débats et s’approprier tant bien que mal le forum social.

Nous avons donc décidé d’organiser un porteur de parole pour le lendemain. Il s’agit d’une activité de réappropriation de l’espace public par le public lui-même. L’idée est de créer un lieu d’échange entre les personnes, où le débat est accessible à tous. Grâce à cette méthode, tout le monde, même les moins à l’aise à l’oral peuvent s’exprimer. L’anonymat perdure alors que le message laissé sur papier fera son chemin dans chaque tête pensante qui posera les yeux sur le rêve d’un autre, sur ses espoirs, ses envies, son expérience. Chacun restera à sa guise pour créer du débat avec ses pairs.

« Ne faites pas de lois pour régir la parole et celle-ci restera libre ».

Nous partons donc acheter du papier, de la ficelle, du scotch et des stylos : la motivation est revenue. Merci à l’équipe Hemisphères et Matières Prises, pour la transmission de cette forme d’expression libre !

Une journée remplie de rencontres

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DSC_7372.JPG Nous arrivons à l’université dans la matinée et décidons d’installer le porteur de parole au niveau de l’allée principale, à un croisement avec beaucoup de passage.

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Nous voulions interroger les inspirations et aspirations individuelles et collectives. Nous décidons donc de leur demander : Quelle est votre utopie ? Cette question représentait pour nous un sujet soulevant nécessairement des débats mais aussi des échanges d’optimisme ou de désarrois face à la multitude de réponses qu’elle amène. Nous voyions dans cette question une possibilité d’expression de ses rêves, de ses idéaux (que trop peu souvent écouté) mettant en avant la force et les espoirs de chacun.

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15-20 minutes plus tard, des passants s’arrêtent, observent et certain commencent à écrire. Nous n’avions pas imaginé qu’autant de personnes s’arrêteraient. Plus de 20 mètres de papier ont été utilisés ! Ce fût un réel succès : plus d’une centaine de personnes se sont arrêtées, principalement des étudiants, non informés de la présence du forum. Beaucoup d’entre eux nous disaient ne pas comprendre la présence de 70 000 personnes dans leur faculté. Aucune de leur lutte ne furent exprimées au forum alors que certains manifestaient pour être orientés, que d’autres étaient en grève pour critiquer les mauvaises conditions d’étude. Cette activité nous a permis d’échanger avec eux sur leurs difficultés quotidiennes, sur le monde etc. C’est un « succès » personnel d’avoir permis aux étudiants de s’exprimer et d’échanger !

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Malgré le succès de la journée nous sommes un peu déçus du déroulement, dans le sens ou il y a eu très peu de débats entre les personnes et les gens se jetaient sur les stylos pour écrire. Au moins nous sommes sûrs qu’il y a un réel besoin d’expression au sein des étudiants. Ce fût un vrai « défouloir » de sentiments, d’espoirs, d’envies. La grande diversité des participants a aussi permis de créer un débat à travers des messages qui font réagir les uns des autres, sur des thèmes très divers (conflit en Casamance, en Côte d’Ivoire, traite des esclaves, un monde meilleur, la paix dans le monde . . .). Globalement nous pouvons mettre en avant que tous les messages des participants ressemblaient à une utopie sous le signe de l’union, de la solidarité entre les peuples. De l’espoir et de la rage pour une Afrique unie, affranchie de toute tutelle, dépendance extérieure. Une Afrique autonome, capable de s’autogérer dans un quotidien stable et sans gouvernements dictatoriaux et bien trop souvent corrompus.

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P1060585.JPG Par ailleurs, il a été frappant de voir que très peu de filles se sont exprimées sur le papier. D’après leurs dires, elles se sentent épiées par les autres dans ces moments là, les garçons jugent leur façon de voir les choses. Elles n’ont tout simplement pas la même place que les hommes dans la société. D’après ces constats, nous avons décidé de changer de lieu pour l’installation du lendemain, en préférant un lieu avec moins de passage où les débats pourraient être plus constructifs et plus riches.

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La non présence des femmes nous a poussé à les interpeller en posant la question : En quoi les femmes contribuent-elles au changement ? A travers cette question nous voulions donner la parole à nos consœurs présentent au forum. Connaître leurs messages et mettre en valeur leurs forces physiques et intellectuelles trop de fois écrasées ou non mises en avant par la domination patriarcale.

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Et bingo ! L’installation du lendemain a été beaucoup plus riche en débats, parfois compliqués surtout lorsque qu’il s’agissait de confronter des habitus culturels différents : polygamie, la supériorité masculine, etc. Nous avons eu la chance d’être confronté à des discours d’hommes et de femmes qui ne pouvaient que faire bouger nos cœurs et têtes. Que ce soit dans l’argumentation de la domination masculine légitime et légitimée en grande partie par des interprétations religieuses comme dans la volonté d’un avenir égalitaire, solidaire entre les hommes et les femmes. Les messages le plus souvent mis en verbes furent l’arrêt de la spoliation du genre dans son caractère social et culturel, une éducation pour tous et toutes, l’admission des femmes dans des postes à responsabilité afin quelles puissent de l’intérieur faire bouger les choses et contribuer à un meilleur avenir pour leurs enfants ainsi qu’un respect mutuel entre les deux sexes (comme l’arrêt des violences physiques et morales faites aux femmes).

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Nous avions envie d’agir dans ce Forum, de se réapproprier une partie de l’espace public, où l’on se croise sans pour autant se rencontrer. Car, il nous semble que la participation des dakarois-es est primordiale. Nous avons eu du mal à accepter que les étudiants ne sentent pas vraiment des participants du Forum Social Mondial. En effet, si l’on veut que la politique ne soit pas réservée qu’à une élite, qui décide pour nous, il est temps de donner la parole au plus grand nombre pour apprendre de nos vies et répandre ces informations. Nous espérons que des idées et pratiques porteuses de solutions à la crise, et d’avenir telles que celles abordées au Forum Social Mondial ne restent pas enfermées à des débats entre expert-es.

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Echange avec des étudiant-es lors de notre atelier de porteur de paroles durant le Forum Social Mondial 2011

Certain-es étudiant-es de par leurs situations et conditions de vie ont du mal à se projeter et imaginer leur avenir. Ils ont abordé le problème des visas et de la fermeture des frontières, qui bloquent certains étudiant-es dans leur désir de mobilité, de connaissance de l’Autre. Ils ont évoqué la frustration et le sentiment d’injustice que cela leur procure. Ces remarques sont revenues plusieurs fois à l’écrit et très régulièrement dans les discussions. Tout en étant conscient de notre chance d’avoir un passeport Schengen, nous avons pu dire que nous luttions en France pour que l’enseignement supérieur soit ouvert à tous-toutes, car une université uniquement réservée à la population du pays ne correspond pas à notre vision de l’avenir. Aucune personne ne devrait être forcée à rester dans son pays, à subir la loi des frontières qui n’existe que dans la tête d’une poignée de personnes. De nombreux ateliers et discussions du Forum Social Mondial ont porté sur les migrations, notamment sur les politiques de fermeture des frontières européennes qui bloquent les aspirations individuelles. C’est l’occasion pour les étudiants d’échanger et d’apprendre sur différents exemples d’entrave à la libre circulation et d’utilisation d’individus à travers l’immigration choisie. Nous avons souvent évoqué les liens avec la France et son gouvernement, qui nous l’avons rappelé, ne nous correspond pas. Ce fut l’occasion aussi d’échanger sur nos façons de voir la néo-colonisation et les dominations actuelles qui ne cessent de persister à l’échelle mondiale. etudiants_dakar.JPG

Les étudiant-es ont aussi abordé leurs problèmes actuels : -le manque de chambres en cité universitaire -le manque de bourses, n’assurant pas une vie décente aux étudiant-es -le peu de sérieux de certains des enseignants qui ne les encouragent pas à croire aux enseignements délivrés dans leur université de Cheikh Anta Diop à Dakar. -la non-orientation des nouveaux bacheliers (qui manifestaient dans les allées de l’université durant le Forum Social Mondial, nous n’avons pas d’informations plus récentes)

A travers les photos des panneaux du porteur de paroles vous retrouverez plusieurs de ces thèmes abordés. Dans nos discussions, il est ressorti l’idée que nous ne devions rien attendre de nos gouvernements et de la démocratie représentative de chacun de nos Etats, qui dans ses représentations actuelles ne nous permet pas de croire en la politique. Pour construire l’avenir ensemble, être acteurs- actrices de nos vies, de nos utopies, notre idéal serait de mettre un point d’honneur à l’échange entre individus porteurs de savoir être et savoir faire pour un monde égalitaire. Face à cela, malgré la situation du monde actuel, nous voulons croire à un avenir commun, porteur d’espoir et d’égalité entre tous les peuples du monde entier, sans exception aucune. Nous pensons qu’il est réellement possible d’avoir un monde qui laisse la place à tous LES mondes. Un climat de vie, où chacun-e, malgré nos différences, pourrait vivre comme il,elle l’entend, sans chercher à imposer ses visions du monde aux autres mais en les acceptant pour faire de soi une personne de raison, à l’écoute des besoins de chacun.

Visite de Cat' au port de Dakar le 8 février 2011- en piece jointe, l'article avec les photos...

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L’union des femmes pour le développement de la pêche artisanale est un groupement de 70 GIE (groupement d’intérêt économique) rassemblement près de 800 personnes composées majoritairement de femmes. Quelques hommes y exercent l’activité de pêche. Actuellement, 50% du poisson frais et 10% du poisson séché du marché de Dakar proviendrait de l’activité de l’union des femmes pour la pêche artisanale.

Rencontre avec un de ces GIE au port de Dakar 23 personnes appartiennent à ce GIE qui couvre l’ensemble de la filière : de la pêche (réservée aux hommes) à la vente en passant par la transformation et la conservation. Les poissons sont achetés chaque soir par une équipe du GIE. Les prix fluctuent chaque jour. Une partie de la marchandise est transformée (séchée) puis congelée tandis que l’autre est directement revendue à destination du marché. La pêche artisanale est un secteur marginalisé. Peu d’investissements sont réalisés dans ce secteur. L’état sénégalais a néanmoins mis à disposition un entrepôt pour que ce GIE puisse exercer son activité. Malgré cela, l’activité de pêche artisanale n’est pas assez compétitive face à la pêche intensive, effectuée avec les gros chalutiers (espagnoles, grecques, chine,). Le gouvernement tente de réguler la pêche intensive, qui détruit l’écosystème, en contrôlant la pêche des chalutiers à leur arrivée au port. Les femmes manque de moyens pour investir dans de nouvelles caisses de conservation et souhaiterais avoir un bateau pour couvrir l’ensemble de la filière. Les crédits qu’elles peuvent obtenir ne sont pas assez importants pour réaliser ces investissements. Malgré ces difficultés, elles gardent espoir et disent : « on est en route, on est mobilisé et on ne s’arrêtera pas là ».

jeudi, février 17 2011

Portail d'information de la société civile et des médias indépendants

http://www.forumsocial.info/

Un Lien pour retrouver de nombreuses infos sur le Forum Social Mondial, par des médias différents...

Où va le Forum social mondial ? Par Mimoun Rahmani

Voici un article lu sur internet qui peut donner un aperçu d'un bilan du Forum Social Mondial de Dakar qui vient de finir. On prépare des articles avec nos impressions et sur différents moments que nous avons vécu ici à Dakar. NIO FARE!

Par Mimoun Rahmani

Les gouvernements algérien et marocain ont financé en partie le Forum social mondial (FSM) Dakar 2011. Voila une information passée sous silence le 12 février 2011 à la réunion du conseil international du FSM. La rumeur avait circulé lors du séminaire des mouvements sociaux organisé à Dakar les 5, 6 et 7 novembre 2010, le comité d’organisation sénégalais vient de confirmer !

Cela justifie en fait la présence massive au FSM de cette fameusedélégation marocaine officielle composée essentiellement de flics et d’individus représentant des associations fantômes et d’OVG (organisations véritablement gouvernementales) pris en charge par le gouvernement qui a mis à leur disposition tous les moyens logistiques pour défendre « l’unité territoriale du pays ». Et voilà encore pourquoi cette même délégation officielle a eu des stands partout à l’enceinte de l’université Chekh Anta Diop (UCAD) ayant abrité le FSM.

Le gouvernement sénégalais est certainement complice et le comité d’organisation assume une part de responsabilité. Des participants ont critiqué la délégation marocaine dans son ensemble sans faire de nuance ce qui a porté atteinte même à l’image des organisations sociales et mouvements sociaux marocains et, au-delà, à l’image de la dynamique du Forum social marocain.

Le Forum social mondial, qui était jusqu’ici un espace ouvert aux organisations sociales est en passe de devenir un terrain de règlement de comptes entre entités politiques, et on craint qu’il soit récupéré par les gouvernements. Certains membres du conseil international du FSM ont critiqué le fait de donner la parole à la séance d’ouverture à Evo Morales président de la Bolivie, plutôt progressiste, mais ils n’ont rien dit sur le financement du forum par des gouvernements libéraux et anti-démocratiques ni sur le fait que Abdoulay Wade président du Sénégal soit remercié en trois langues à la séance de clôture du Forum.

Deux aspects positifs ont tout de même marqué cette 11ème édition du FSM (la 2ème en Afrique). D’un coté, l’organisation des caravanes qui ont convergées vers Dakar en provenance essentiellement de l’Afrique de l’ouest mais aussi de l’Afrique du Nord, et qui ont permis de sensibiliser et mobiliser assez largement en organisant plusieurs activités en route. Le comité d’organisation n’a pourtant pas soutenu toutes les caravanes mais quelques unes d’entre elles seulement, et n’a prévu ni leur accueil ni leur hébergement. Du coup, les caravaniers ont logé au camp des jeunes dans des conditions déplorables voire inhumaines. De l’autre coté, l’espace du Forum a été ouvert ce qui a permis une large participation en comparaison avec le FSM de Nairobi en 2007 où l’espace était fermé et militarisé. Toutefois, et malgré le chiffre annoncé de 70000 participants, l’implication des mouvements et organisations sénégalaises et surtout l’impact sur la population locale restent relativisés.



Par ailleurs, le Forum a connu une désorganisation totale. On n'a à aucun moment senti quelque chose d'organisationnel. Un véritable cauchemar ! Aucune indication, aucun signal, aucune répartition claire des salles (ou tentes), et le plus souvent pas d’interprétation malgré le retour au FSM des Babels ayant mobilisé et formé près de 120 interprètes. Il faut dire que les conditions n’étaient pas de leur coté. La présence des dizaines de jeunes volontaires n'a pas pour autant réglé les problèmes puisque ces pauvres bénévoles n'ont aucune information à fournir.

La marchandisation a également marqué ce Forum, pratiquement tous les marchands de la ville sont venus présenter leurs produits et leurs bazars! On dirait une foire internationale. Une petite bouteille d’eau qui coute dans les magasins 250 FCFA a été vendue à 500 FCFA et le plat de repas au restaurant de l’UCAD II est vendu à 5000 FCFA (plus de 7,5 euros).

Il est toutefois à signaler que derrière ces problèmes il y avait un acte politique dont la source et le but restent inconnus. La nomination d’un nouveau recteur de l’université à un mois du FSM et sa volonté de remettre en cause la décision prise il y a plusieurs mois de mettre à la disposition du comité d’organisation les locaux de l’université. Ce qui fait que les négociations ont pris du temps au détriment de la préparation et de l’organisation. Finalement le comité n’a obtenu qu’entre 50 à 60% des locaux prévus.

Deux moments forts de ce FSM de Dakar ; d’abord la manifestation d'ouverture a été assez importante avec la participation de 60000 personnes selon les médias, du jamais vu au Sénégal. La marche a connue la participation très active des organisations sociales sénégalaises et des mouvements de banlieues de Dakar, elle a été animée par le groupe musical Hip Hop des banlieues sur le cortège du Réseau international CADTM.

Ensuite, la tenue d’une assemblée des mouvements sociaux très populaire et massive. L’AMS a été un grand succès et a pu réunir pas moins de 2000 personnes et sortir une déclaration solide, avec deux dates à retenir: le 20 mars journée globale d'action de solidarité et de soutien du processus révolutionnaire en cours dans le monde arabe, et le 12 octobre comme journée d'action globale contre le capitalisme. Journée qui coïncide avec plusieurs événements : la résistance des peuples indigènes, célébration de la terre mère, commémoration de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb (12 octobre 1492) qui symbolise la naissance du capitalisme mondialisé, et en fin le 12 octobre s’inscrit dans le cadre de la semaine globale d’action contre la dette et les institutions financières internationales.

Les révolutions des peuples tunisiens et égyptiens contre les dictateurs ont été au centre de ce FSM. Pour la première fois un acte d’action concrète est organisé lors du FSM (au-delà de la marche traditionnelle habituelle) puisqu’un sit-in de solidarité avec le peuple égyptien a été organisé devant l’ambassade d’Egypte à Dakar le 11 février 2011 à 13h. Trois heures après l’annonce est tombée : le grand dictateur Hosni Mubarak a finalement décidé de dégager après 18 jours de résistance du peuple égyptien.

Ces deux révolutions, tunisienne et égyptienne, ont montré qu’un «autre monde possible » est en train de se concrétiser mais que cela passe par d’autres canaux que celui du Forum social mondial.



Mimoun Rahmani ATTAC/ CADTM Maroc

vendredi, février 11 2011

Assemblée des mouvements sociaux

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Aujourd'hui le jeudi 10 février 2011 a eu lieu les premières assemblées de convergence pour l'action.

La carte mémoire n'a pas supporter tous les beaux discours alors il faut la reformater...C'est triste de perdre tous ces beaux enregistrements... Mais on vous fera un petit compte rendu à l'écrit des discours, notamment l'introduction par quelques rappeurs ayant réalisé un album pour l'annulation et la compensation de la dette en partenariat avec le CATDM ( Comité d'Annulation pour la dette du Tiers-Monde). Ils ont évoqué la création de leur collectif Y'EN MARRE...On vous en dira plus.

De jeunes étudiants qui n'ont toujours pas réussi à s'inscrire à l'université, malgré leur baccalauréat valide entament une grève de la faim. Les examens approchent et ils n'ont toujours pas eu accès aux cours, ils réclament une réaction de l'Etat, dans les 72h prochaines heures, sinon ils annoncent vouloir s'immoler. Ils esperent que le Forum Social Mondial est une tribune pour faire connaître leurs revendications et relayer leur mouvement de grève

jeudi, février 10 2011

tension et langue de bois (video)

Video qui illustre l'article "tension et langue de bois". Images de la meute nio fare et montage de David Perez.

http://tvbruits.org/spip.php?article1656

mercredi, février 9 2011

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Lien vers le site du Dakar étendu Toulouse. Vous y trouverez une vidéo de la journée de marche du 06 Février.

http://fsm31.toile-libre.org/modules/news/article.php?storyid=14

Mercredi 09 Février. Entretien avec Yousseef, un membre de la délégation Sahraoui.

Yousseef souhaite compléter l'entretien vidéo réalisé juste avant et nous parler du camp Gdaim-izik. Ce camp à été bâti le 10 Octobre 2010 à 12 km de Layounne. Il s'agit d'un camp de protestation, son rôle était de réunir des Sahraouis afin de mutualiser les efforts de luttes et d'alerter l'opinion sur le conflit qui les opposent au royaume du Maroc. Initialement composé de 20 tentes, il en comptait 8000 à sa disparition pour 20000 habitants. Ce camp était organisé et sectorisé, il possédait un système de santé, d'évacuation des déchets, de gardiennage et de distribution alimentaire.

Ce camp a été détruit par l'armée et la gendarmerie marocaine le 08 Novembre 2010, soit un mois après sa construction.

La destruction du camp à été suivie par un pillage des tentes par l'armée afin de récupérer les objets de valeur laissés sur place par les Sahraouis. Le dispositif militaire mis en place par le royaume regroupait gendarmes et armée régulière (environ 10000 soldats). Ils ont utilisé des gaz lacrymogène, de l'eau bouillante propulsée par jet et de nombreux hélicoptères. Youssef évoque ensuite la vie à Layounne (capitale du Sahara occidental) avant le camp. Les médecins y sont présent en très faible nombre et le chômage atteint des taux records. Youssef est titulaire d'une licence de droit mais ne possède aucune opportunité de travail. Il nous explique que son retour au Sahara occidental pourrait signifier son arrestation immédiate et son emprisonnement dans un camp pour son implication au FSM......Et pendant ce temps l'organisation conserve ses positions de neutralité en invoquant le fait qu'elle n'est pas responsable de tous les acteurs présent durant l'évènement.

Camp de Gdaim-izik

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Interview au FSM

-Sans paiers à Bruxelles, Délégation contre les Saharaouis, Politique politicienne du Forum, lobbying.

Paroles d'habitants.

Cette première vidéo est une partie d'un entretien réalisé auprès de Badou (mucisien) et Omar ( assistant du groupe) après leurs concert avec le groupe African reel. Ils évoquent les conditions de vie au Sénégal ainsi que leurs participation à la marche d"ouverture du FSM. La suite de cet entretien suivra bientôt. yallah......

http://dakar.tvbruits.org/vid/lameute2.mov

Marche du Forum Social Mondial (6.02)

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Tension et langue de bois.

L'atelier intitulé « réalité et défis des femmes sahraouis » mardi 08 février à été perturbé par des pro-marocains. Cet évènement fait suite à une serie de heurts entre sahraouis et pro-marocain depuis le début du forum.

Réalité et défis des femmes Sahraouies. C'était le titre de l'atelier organisé par le forum mardi à 12h30 dans le bâtiment des sciences et techniques. Il s'agit d'un atelier qui donne la parole aux femmes Sahraouies pour leur permettre de témoigner de leur lutte pour l'autodétermination et l'indépendance, et des conditions de vie au Sahara occidental. Rappelons que depuis le début du forum, une tension très forte entre une partie de la délégation marocaine et la délégation sahraouie s'est traduite par plusieurs affrontements verbaux et physiques. On déplore aussi le vol des effets personnels de participants au forum. Ce vol visait les deux seules personnes ayant réussi à faire un film sur un camp de sahraouis proche de Layounne qui a été l'épicentre de l'embrasement de la région en Novembre dernier. C'est donc avec un filtrage par un cordon de sécurité conséquent que s'est fait l'accès à l'amphithéâtre qui hébergeait l'atelier. Avant même le début de l'atelier le barrage de sécurité a été assailli par des jeunes pro-marocain ( beaucoup appartenaient au mouvement des jeunes démocrates) qui au nom de la liberté d'expression demandaient l'accès à l'atelier. Le ton est rapidement monté entre le cordon de sécurité et les jeunes marocains. L'atelier a donc commencé avec beaucoup de retard et d'agitation.

La tribune est constituée par plusieurs associations ( union national des femmes Sahraouies, le réseau d'appui des femmes Sahrouies et le comité des mères des 15 disparus et la coordinara Estatal de associaciones solidarias con el Sahara ) , et par des citoyennes sahraouies.

Le premier témoignage fût celui d'une femme qui a raconté son enlèvement et les tortures qu'elle a subie en 1991 à 17 ans et son arrestation en 2005 après une manifestation pacifique. Elle rappella également le point de vue des Sahraouis sur leur autodétermination et leur indépendance. Elle dénonça également la marche verte qui en 1975 à été monté par le roi pour réunir des marocains et revendiqué la possession du Sahara occidental par le royaume. Ce témoignage raviva les tensions au sein et en dehors de la salle avec les marocains qui essayaient toujours de pénétrer dans l'atelier. La situation etait tendue et complexe. Les Sahraouis souhaitent qu'on écoute leurs témoignages et leurs revendications et les marocains désirent participer au débat ou empêcher ce débat. Les réalités de ce conflit sont palpables à travers les affrontements et il est impossible pour les Sahrouis de s'exprimer en continu pendant plus de 5 min. Après le retour à un calme relatif, le témoignage de la femme pu reprendre. Elle continua d'évoquer les tortures et de dénoncer les violations des droits de l'homme et la difficulté d'accès aux soins pour son peuple.

Le second témoignage fût celui d' une membre du comité des mères des 15 disparu. Elle évoqua à son tour les tortures et le sort réservé aux militants. Il y aurait en effet un centre de détention secret (aucune valeur officiel) réservé à ceux qui luttent pour l'indépendance du Sahara aux alentours de Rabat. Elle demanda ensuite le droit a la vie, à pouvoir s'organiser en association, le droit à la santé, le droit de manifester, … Aussi elle réclama que les violences infligées à son peuple soient reconnues et condamnées par le haut commissariat aux droits de l'homme. Elle raconta ensuite que deux de ses frères ont eux aussi été enlevés et qu'ils seraient encore en vie dans un centre de détention marocain. Elle appela à la création d'un comité organisé dans le but de sensibiliser la communauté internationale. Elle rappela l'absence réelle de dialogue avec les autorités marocaines et le refus de la Justice de prendre en compte les plaintes contre X déposées par ses compatriotes. Elle fait une série de demandes :

libération de tous les prisonniers politiques connaître la vérité sur les disparitions dévoiler le rôle du gouvernement français dans son appui au Maroc dans ce conflit une aide internationale contre la politique de pillage des ressources

La parole est ensuite donnée à une femme qui se déclara être la dernière victime du peuple Sahraoui car son frère a été récemment assassiné et elle ajouta que le gouvernement marocain refuse de lui remettre le corps, ce serait reconnaître sa culpabilité.

Le 4° témoignage fût celui d'une membre de l'union nationale des femmes Sahraouies (créée en 1973 en même temps que le front polisario) qui participe à l'organisation du camp situé en Algérie en essayant d'y défendre des conditions de vie dignes. Cette union est membre de plusieurs organisations de défense des droits des femmes constituées en réseau. Elle commença par invoquer le droit d'enterrer dignement une personne. Elle appela à un combat pacifique, car ce serait pour elle le meilleur moyen de faire passer leur message. De la même manière elle affirma que les violences étatiques ne peuvent dominer un peuple en se référant aux récents évènements qui ont eu lieu en Tunisie et en Égypte.

Le 5° témoignage est celui d'une femme espagnole qui fait partie du réseau d'appui aux femmes Sahraouies. Elle rappela que le gouvernement Sahraoui est composée de 3 femmes et que le parlement est fait d'un tiers de femmes. Son action est de revaloriser les conditions des femmes dans les campements et elle rappela que le peuple Sahraoui ne jouit pas du droit à l'autodétermination commun à tous les peuples de la planète.

On a ensuite assisté à une parodie de débat entre la tribune et l'assemblée. Après que la tribune est attribuée un tour de parole (intenable dans ces conditions), un jeune marocain a pris à parti l'assemblée pour critiquer le rôle de l'Espagne dans le conflit. La tactique des pro-marocains fût alors très claire : l'idée était de reprocher le rôle de l'Algérie et de l'Espagne dans le conflit afin de déplacer le débat et éviter de parler de l'indépendance du Sahara occidental. Il est intéressant de rappeler que le Sahara occidental est une des plus grosse réserve de pêche en Afrique de l'Ouest mais aussi que son sol est riche en pétrole, en uranium et en phosphate. Cela rend son indépendance très difficile. C'est le combat d'un peuple à s'autodéterminer et à disposer d'eux-mêmes contre celui de l'accession aux ressources énergétiques. L'atelier s'est conclu après qu'une très forte pression des pro-marocains pourrisse le débat et précipite la sortie de la tribune. Les pro-marocains ont encore une fois, en partie réussis à faire taire un peuple qui ne demande qu'à exposer ses revendications.

Une conférence de presse du comité directeur du forum à été tenu en fin de journée. Il y était entre autre question des tensions Sahara occidental/ Maroc sur le site. Les organisateurs ont alors brillé par leurs refus de prendre position alors même qu'un peuple est censuré au sein du forum. Autant de neutralité et de langue de bois par les organisateurs d'un évènement qui se veut unificateur de luttes et de mouvements sociaux laissent songeur....

Faites circuler l'information et renseignez vous sur le combat des sahraouis

Charte Mondiale des migrants, Proclamée à Gorée (Sénégal) le 4 Février 2011 samedi 5 février 2011

Les personnes migrantes sont les cibles de politiques injustes. Celles-ci, au détriment des droits universellement reconnus à chaque personne humaine, font s’opposer les êtres humains, les uns aux autres en utilisant des stratégies discriminatoires, fondées sur la préférence nationale, l’appartenance ethnique, religieuse ou de genre.

Ces politiques sont imposées par des systèmes conservateurs et hégémoniques, qui cherchent à maintenir leurs privilèges en exploitant la force de travail, physique et intellectuelle des migrants. Pour cela, ils utilisent les prérogatives exhorbitantes permises par la puissance arbitraire de l’État Nation et du système mondial de domination hérité de la colonisation et de la déportation. Ce système est à la fois caduque, obsolète et génère des crimes contre l’humanité. C’est la raison pour laquelle il doit être aboli.

Les politiques sécuritaires mises en place par les États Nations font croire que les migrations sont un problème et une menace alors qu’elles constituent depuis toujours un fait historique naturel, complexe, certes, mais qui loin d’être une calamité pour les pays de résidence, constituent un apport économique, social et culturel inestimable.

Les migrants sont partout privés du plein exercice de leur droit à la liberté de circulation et d’installation sur notre planète.

Ils sont également privés de leurs droits à la paix ainsi que de leurs droits économiques, sociaux, culturels, civiques et politiques pourtant garantis par différentes conventions internationales.

Seule une large alliance des personnes migrantes pourra promouvoir l’émergence de droits nouveaux pour toute personne de par sa naissance sans distinction d’origine, de couleur, de sexe ou de croyance. Pour cela, cette alliance des migrants devra leur permettre, autour de principes éthiques, de contribuer à la construction de nouvelles politiques économiques et sociales. Elle devra leur permettre aussi de contribuer à une refonte de la conception de la territorialité et du système de gouvernance mondiale dominant actuel et de son soubassement économique et idéologique.

C’est pourquoi nous, migrants du monde entier, à partir des propositions qui nous sont parvenues depuis 2006 et après une large discussion à l’échelle planétaire, adoptons la présente Charte Mondiale des Migrants.

Notre ambition est de faire valoir à partir des situations que vivent les migrants dans le monde, le droit pour tous de pouvoir circuler et s’installer librement sur notre planète, et de contribuer à la construction d’un monde sans murs.

Pour cela, nous, personnes migrantes qui avons quitté notre région ou pays, sous la contrainte ou de notre plein gré et vivons de façon permanente ou temporaire dans une autre partie du monde, réunies les 3 et 4 février 2011 sur l’Ile de Gorée au Sénégal,

Nous proclamons,

Parce que nous appartenons à la Terre, toute personne a le droit de pouvoir choisir son lieu de résidence, de rester là où elle vit ou de circuler et de s’installer librement sans contraintes dans n’importe quelle partie de cette Terre.

Toute personne, sans exclusion, a le droit de se déplacer librement de la campagne vers la ville, de la ville vers la campagne, d’une province vers une autre. Toute personne a le droit de pouvoir quitter n’importe quel pays vers un autre et d’y revenir.

Toutes dispositions et mesures de restriction limitant la liberté de circulation et d’installation doivent être abrogées (lois relatives aux visas, laisser-passer, et autorisations, ainsi que toutes autres lois relatives à la liberté de circulation).

Les personnes migrantes du monde entier doivent jouir des mêmes droits que les nationaux et citoyens des pays de résidence ou de transit et assumer les mêmes responsabilités dans tous les domaines essentiels de la vie économique, politique, culturelle, sociale et éducative. Ils doivent avoir le droit de voter et d’être éligible à tout organe législatif au niveau local, régional et national et d’assumer leurs responsabilités jusqu’à la fin du mandat.

Les personnes migrantes doivent avoir le droit de parler et de partager leur langue maternelle, de développer et faire connaître leurs cultures et leurs coutumes traditionnelles, à l’exception de toute atteinte à l’intégrité physique et morale des personnes et dans le respect des droits humains. Les personnes migrantes doivent avoir le droit de pratiquer leurs religions et leurs cultes.

Les personnes migrantes doivent jouir du droit d’avoir un commerce là où elles le désirent, de se livrer à l’industrie ou à l’exercice de tout métier ou de toute profession permis au même titre que les citoyens des pays d’accueil et de transit ; cela de façon à leurs permettre d’assumer leur part de responsabilité dans la production des richesses nécessaires au développement et l’épanouissement de tous.

Le travail et la sécurité doivent être assurés à toutes les personnes migrantes. Quiconque travaille doit être libre d’adhérer à un syndicat et/ou d’en fonder avec d’autres personnes. Les personnes migrantes doivent recevoir un salaire égal à travail égal et doivent avoir la possibilité de transférer le fruit de leur travail, les prestations sociales et de jouir de la retraite, sans aucunes restrictions. Tout cela, en contribuant au système de solidarité nécessaire à la société de résidence ou de transit.

L’accès aux prestations des services de banques et d’organismes financiers doit être assuré à toutes les personnes migrantes de la même manière que celui accordé aux nationaux et citoyens des pays d’accueil.

Tout le monde a le droit à la terre, qu’ils soient hommes ou femmes. La terre doit être partagée entre ceux qui y vivent et qui la travaillent. Les restrictions à l’usage et à la propriété foncière imposées pour des raisons d’ordre ethnique, national et/ou sur le genre, doivent être abolies ; cela au profit d’une nouvelle vision d’une relation responsable entre les humains et la terre, et dans le respect des exigences du développement durable.

Les personnes migrantes, au même titre que les nationaux et citoyens des pays de résidence ou de transit, doivent être égales devant la loi. Nul ne doit être séquestré, emprisonné, déporté ou voir sa liberté restreinte sans que sa cause ait été équitablement et préalablement entendue et défendue dans une langue de son choix.

Les personnes migrantes ont le droit à l’intégrité physique et à ne pas être harcelées, expulsées, persécutées, arrêtées arbitrairement ou tuées en raison de leur statut ou parce qu’elles défendent leurs droits.

Toute loi qui prévoit une discrimination fondée sur l’origine nationale, le genre, la situation matrimoniale et/ou juridique ainsi que sur les convictions doit être abrogée, quelque soit le statut de la personne humaine.

Les droits humains sont inaliénables et indivisibles et doivent être les mêmes pour tous. La loi doit garantir à toutes les personnes migrantes le droit à la liberté d’expression, le droit de s’organiser, le droit à la liberté de réunion ainsi que le droit de publier.

L’accès aux services de soin et à l’assistance sanitaire doit être garanti à toutes personnes migrantes, au même titre que les nationaux et les citoyens des pays d’accueil et de transit, avec une attention particulière aux personnes vulnérables. A toute personne migrante vivant avec un handicap doivent être garantis le droit à la santé, les droits sociaux et culturels.

La loi doit garantir à toute personne migrante le droit de choisir son partenaire, de fonder une famille et de vivre en famille. Le regroupement familial ne peut lui être refusé et on ne peut la séparer ou la maintenir éloignée de ses enfants.

Les femmes, tout particulièrement, doivent être protégées contre toute forme de violence et de trafic. Elles ont le droit de contrôler leur propre corps et de rejeter l’exploitation de celui-ci. Elles doivent jouir d’une protection particulièrement renforcée, notamment en matière de condition de travail, de santé maternelle et infantile, ainsi qu’en cas de changements de leur statut juridique et matrimonial.

Les migrants mineurs doivent être protègés par les lois nationales en matière de protection de l’enfance au même titre que les nationaux et les citoyens de pays de résidence et de transit. Le droit à l’éducation et à l’instruction doit être garanti.

L’accès à l’éducation et à l’instruction, du préscolaire à l’enseignement supérieur, doit être garanti aux personnes migrantes et à leurs enfants. L’instruction doit être gratuite, et égale pour tous les enfants. Les études supérieures et la formation technique doivent être accessibles à tous dans une nouvelle vision du dialogue et du partage des cultures. Dans la vie culturelle, dans les sports et dans l’éducation, toute distinction fondée sur l’origine nationale doit être abolie.

Les personnes migrantes doivent avoir droit au logement. Toute personne doit avoir le droit d’habiter dans l’endroit de son choix, d’être décemment logée et d’avoir accès à la propriété immobilière ainsi que de maintenir sa famille dans le confort et la sécurité au même titre que les nationaux et citoyens de pays d’accueil et de transit.

A toutes personnes migrantes, il faut garantir le droit à une alimentation saine, et suffisante, et le droit à l’accès à l’eau.

Les personnes migrantes ambitionnent d’avoir l’opportunité et la responsabilité, au même titre que les nationaux et les citoyens de pays d’accueil et de transit, de faire face ensemble aux défis actuels (logement, alimentation, santé, épanouissement...).

Nous, personnes migrantes, nous engageons à respecter et promouvoir les valeurs et principes exprimés ci-dessus et à contribuer ainsi à la disparition de tout système d’exploitation ségrégationniste et à l’avènement d’un monde pluriel, responsable et solidaire.




Plus d'information: http://www.cmmigrants.org/goree

dimanche, février 6 2011

Charte Mondiale des migrants adoptée- que l'on transmettra dans les prochains jours

Gorée symbole de la mobilité forçée à la liberté de circulation.

La charte mondiale des migrants a été adoptée dans l'allégresse le 4 février 2011 sur l'île de Gorée, lieu symbolique s'il en est de la mobilité forcée. Ainsi s'achevait un processus engagé depuis 2006 par des groupements de migrants un peu partout dans le monde. C'est d'abord une charte faite par les migrants, les organisations de l'immigration et de la solidarité internationale ne sont venues qu'en appui. Elle est l'expression d'un consensus pour réaffirmer des principes déjà contenus mais non respectés dans des conventions internationales et dans la déclaration universelle des droits de l'homme. Sont ainsi réaffirmés les principes de la liberté de circulation dans les pays et entre les pays au delà des frontières sans entraves ni contraintes et celui de la liberté de s'installer dans n'importe quelle partie de la terre. A travers cette construction de la charte, les migrants ont pris conscience de la nécessité de quitter la position de victimes pour devenir acteurs d'une nouvelle citoyenneté mondiale qui repose non plus sur la naissance mais sur la résidence.

Quelles perspectives?

Maintenant tout reste à faire, a-t-il été dit après l'adoption de la charte. Elle ne peut pas être une charte de plus, qui pourrait être adoptée par des organisations internationales et par des états sans que cela ne change aussi bien le droit dans son application que les consciences où les frontières psychologiques et culturelles sont encore bien présentes. Il faut donc faire de la pédagogie, communiquer , diffuser la charte dans les langues des pays de migrations, pour qu'elle soit signée par tout le monde, par les migrants et les organisations de la société civile et leurs réseaux. Il faut établir des rapports de force parce que cette charte doit devenir un outil de combat, pour libérer l'humanité de l'entrave à la liberté de circuler.

Dans le public, une intervention a rappelé que si certains voulaient associer des institutions à cette charte, il serait naïf de croire que les Etats vont la signer puisque l'on ne défend pas la souveraineté nationale et territoriale. Même si certaines villes et pays sont acquises à cette cause. Il faut donc s'associer aux mouvements sans frontières, d'ailleurs la construction de la charte est exemplaire puisque les migrants se sont réunis de manière transfrontalière. Il a été aussi évoqué le fait que cette charte est l'occasion de défendre un monde ouvert, responsable et solidaire, plutôt qu'un monde de peur de l'autre, et de repli sur soi.

Le premier lieu de diffusion et de promotion de la charte mondiale des migrants sera cette semaine du 6 au 11 février 2011 au Forum Social Mondial de Dakar.

La marche des mouvements sociaux démarre dans une heure...On y court!

jeudi, février 3 2011

Charte Mondiale des Migrants - l'Histoire en marche

L'Histoire est en marche, ils viennent des quatre points cardinaux et se sont données rendez vous entre le 2 et 4 février 2011 sur l’île de Gorée au large de Dakar au Sénégal. Des femmes, des jeunes et des moins jeunes qui ont toutes et tous en commun le désire de dire au monde qu'ils existent et qu'ils ont des droits et que ces droits doivent être respectés quelque soit l'endroit ou elles et ils décident de mener leur vie. Elles et ils viennent dire au monde que la liberté de circulation et d'installation sont des droits naturels et fondamentaux et que les dispositions restrictives imposées par les Etats Nations au début du 20 éme siècle sont des dispositions arbitraires et injustes et que les êtres humains méritent et exigent de nouvelles formes d'organisation sociétale qui cessent d'introduire des discriminations entre les êtres humains et cessent une fois pour toute d'ériger des murs physiques et mentaux empêchant les êtres humains de réaliser leur destinées, de se rencontrer de vivre en commun et de construire un monde sans murs.



L'Histoire et en marche et pour une fois, les défenseurs des migrants et les représentants des organisations de soutien viendront a Gorée et écouteront les principaux concernés dire au monde qu'ils veulent que l'arbitraire cesse, qu'ils veulent que la discrimination cesse, qu'ils veulent que la Hogra cesse et qu'ils veulent travailler la main dans la main avec toutes et tous mais dans le respect de l'autonomie et de l’indépendance des personnes en migration. Les migrantes et migrants y compris les personnes déplacées et les réfugiés diront a tous qu'elles sont les seules personnes expertes de leur situation et que rien pour les migrants sans les migrants.



NOTHING FOR US, WITHOUT US diront les centaines de migrants qui convergeront vers GOREE pour adopter la charte, adoption qui ne sera que le point de départ d'une dynamique qui verra le partage, la généralisation et la vulgarisation des dispositions de la charte afin que dans toutes les langues parlées, langues de signes et en braille les personnes en migrations puissent s'inspirer des dispositions de la charte mondiale des migrants pour se positionner comme acteurs de leur destinées sur toutes les questions qui les regardent et qui, au jour d'aujourd'hui, se regèlent toujours a huit clos avec des experts Étatiques qui dans toute chose favorisent les intérêts despotiques des ETATS-NATIONS y compris au sein du SYSTÈME des NATIONS-UNIES. Plusieurs dizaines de migrants venant d'Afrique, d'Europe, des Amériques et d'Asie se sont mis en route, ils défient les barrages mis sur leurs routes et s'affrontent à l'arbitraire ,à la corruption des gardes frontières et se sentent renforcées dans leurs convictions de détruire les murs physiques et les mentalités rigides qui gouvernent notre planète et crient a l'unisson; LAISSEZ PASSER, LAISSEZ CIRCULER, LAISSEZ VIVRE. C'est le chant qui sera entonner sur l'île martyr de Gorée, île symbole de la confiscation de la liberté de milliers de personnes dont les descendants reviendront aux racines pour contribuer a l'adoption de la charte mondiale des migrants.

Programme prévisionnel:

Le mercredi 02 Février 2011: accueil des participants et cérémonie officielle en présence du maire de Gorée

Le jeudi 03 Février 2011: travaux en assemblées pour la discussion des propositions et l'adoption de la charte

[sur la base de la synthèse des quatre chartes continentales
www.cmmigrants.org ]

Le vendredi 04 Février 2011: Palabre et échanges sur les perspectives et le partage des dispositions de la charte

N.B: en raison des moyens financier très limité de la coordination de la charte, les personnes migrantes non impliquées dans les travaux des assemblées depuis 2006 et désirant participer a l'adoption de la charte sont priés de se prendre en charge.

Hicham Rachidi

vive l’Égypte libre et démocratique

samedi, janvier 29 2011

Échange avec Mamadou Diallo, couturier

Bonjour, je suis Mamadou Diallo. Je suis couturier à Dakar. Je travaille souvent pour des ambassades et le personnel des consulats. Je suis connu à Dakar car on a publié mon travail dans quelques livres sur les couturiers locaux. J'ai un atelier où je travaille avec une dizaine d'employés. Je suis en colère. J'ai envie que les gens savent ce qui se passe ici à l'ambassade française. Depuis 2003, j'ai fait 3 demandes de visas qui ont été refusées. J'ai demandé des visas touristiques d'un mois pour aller voir mes ami-es en France. J'ai envie de visiter la France, d'aller au stade vélodrome à Marseille. Mes ami-es m'ont fait des certificats d'hébergement, j'avais réuni les sommes d'argent nécessaire pour les dossiers à l'ambassade, pour payer le billet d'avion, et pour ma vie en France pendant mon séjour. Mes 3 demandes ont été refusées sans raison. On ne m'a jamais expliqué pourquoi ça n'avait pas marché. Alors que quand j'allais à mes rendez-vous, les employés de l'ambassade de France me disait que tout était bon. Alors qu'est ce qui ne va pas? Ce n'est pas tant pour l'argent des dossiers de visas(vers 50000 FCFA, soit 80euros) que l'on ne rembourse pas si la demande est refusée, mais surtout pour le principe. Selon quel droit on interdit des visas, alors qu'en plus je rempli tous les critères demandés? Ça marche par pistons à l'ambassade. Si tu as 3 millions de Francs CFA (4500 euros), sans même donner ton passeport, tu peux avoir un passeport avec le visa une semaine après. Les gens ne le savent pas, mais il y a des combines à l'ambassade de France à Dakar. Aujourd'hui nous ne sommes pas tous égaux devant cette politique des visas. Pourquoi je n'aurais pas le droit de venir visiter votre pays, et venir chez mes ami-es que j'ai envie de voir?

Et il paraît que tu avais reçu une carte de Jacques Chirac pour te fêter une nouvelle année? Oui en effet, je pense qu'à l'ambassade, ils doivent envoyer un lot de cartes signées par le président de la république. Ils ont du décidé de me l'envoyer. Il me souhaitait une bonne année, et me remerciait de l'intérêt que je portais pour la France. Ça m'a fait bien rire à l'époque. Je n'ai toujours pas eu d'explications pour mes refus de visas. Aujourd'hui je ne veux plus me fatiguer à perdre mon temps à remplir des dossiers administratifs. J'espère quand même qu'un jour je pourrais visiter la France, et venir y voir les gens que je connais partout en Europe. J'espère bientôt aller en Guinée, mon pays d'origine, pour voir comment est l'activité des couturiers à Conakry. Avec notre nouveau président Alpha Condé, le pays va sûrement changer, ça peut être intéressant de participer au renouveau de la Guinée. Pour l'instant, je continue à travailler dans mon atelier à Dakar, faisant de la couture «Africaine» mais aussi de type «Occidentale».

Merci beaucoup pour ton témoignage. C'est bien que les gens puissent savoir un peu ce qui se passe à travers le monde. La corruption n'est pas réservée qu'aux administrations africaines mais aussi à la France et à l'Europe. Cette politique des visas créée encore plus d'injustices. Merci à vous, c'est un plaisir de pouvoir échanger.Diallo

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