Mettre en place des solutions qui durent, le récit de trois mois en Haïti, au Sénégal et Rwanda

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L’été dernier, dix étudiants de l’ISTOM (École supérieure d’agro-développement international) ont choisi, pour leur stage de 4e année, de répondre à une demande de Frères des Hommes : recenser les pratiques agricoles et les stratégies de gestion d’exploitation dans trois pays. Ils ont été reçus par nos partenaires sur place, le Mouvement Paysan Papaye (MPP) en Haïti, Duhamic-Adri au Rwanda et l’Union des Groupements Paysans de Meckhé (UGPM) au Sénégal. Quatre des étudiants, Julie Guerin, Sibelle Leclair, Karelle Basselet et Pierre Dei reviennent sur cette mission à la rencontre des familles paysannes.

Comment s’est construite votre mission ?

Sibelle – Mission Sénégal: C’est une mission qui a évolué dans le temps. Nous avons répondu à l’appel d’offre de Frères des Hommes et c’est comme ça que le projet a démarré. Au départ, il s’agissait d’étudier les pratiques innovantes en agroécologie dans les trois pays puis la mission a évoluée vers un recensement et un état des lieux des pratiques agricoles. Ce projet réunissait un peu tout ce que l’on recherchait : il y avait un aspect social et proche des producteurs. Cela nous intéressait de chercher à comprendre comment fonctionnent les petites exploitations agricoles familiales, comment elles arrivent à survenir à leurs besoins. Nous nous sommes donc répartis entre Haïti, le Sénégal et le Rwanda pour aller auprès des partenaires de Frères des Hommes sur place.

Comment vous êtes-vous répartis dans les différents pays ?

Sibelle – Mission Sénégal: Nous étions dix, et la répartition dans les pays s’est faite en fonction des environnements qu’ils voulaient voir, des envies de chacun et aussi en fonction des affinités avec les autres personnes du groupe.

Comment s’est passée la rencontre avec les partenaires ?

Julie – Mission Haïti : Nous sommes arrivés un vendredi soir en Haïti et dès le lundi matin, nous avons eu la première réunion avec le MPP. C’était une réunion de cadrage avec toutes les personnes qui étaient intéressées par le projet. On a présenté notre méthodologie et les questionnaires que l’on a réajustés en fonction du contexte. J’ai l’impression qu’ils étaient vraiment contents. Nous avons donc été très bien accueillis, même si notre référent était très occupé. Un des bénévoles jouait pour nous le rôle de traducteur et il nous accompagnait sur le terrain, on a donc pu beaucoup échanger avec lui.

Sibelle – Mission Sénégal: Nous sommes arrivés au Sénégal au moment de la fin du ramadan, l’équipe n’était donc pas vraiment disponible la première semaine. C’est à partir de la deuxième semaine que l’on a pu avancer. Nous étions logés dans les bureaux de l’UGPM et ils nous ont vraiment bien intégrés. Au niveau des exploitations, les producteurs étaient tous très accueillants.

Karelle – Mission Rwanda: Nous sommes partis au Rwanda pour travailler avec les organisations Duhamic-Adri et Adenya, mais à cause de problèmes logistiques nous n’avons pas pu aller dans le secteur d’Adenya.  L’équipe de Duhamic était très présente et l’un des formateurs a joué le traducteur pour nous pendant toute la durée de l’enquête. Après, l’équipe était très prise par un projet mais elle a eu l’air vraiment contente que l’on soit là et satisfaite des résultats que l’on leur a présenté.

Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer ?

Julie – Mission Haïti: L’une des difficultés que l’on a rencontrées était les déplacements pour les enquêtes sur le terrain. Nous étions en taxi-moto, il faisait très chaud et les trajets étaient longs. Souvent nous arrivions aux entretiens fatigués avant même d’avoir commencé. Au niveau des données récoltées, nous avions parfois du mal à obtenir certaines informations. Les agriculteurs ne se rappelaient pas forcément des rendements, et nous avions peu de temps car le MPP nous avait demandé à ce que les entretiens ne durent pas plus d’une heure et demie.

Sibelle – Mission Sénégal: Nous avons eu un peu de difficultés avec la barrière de la langue car nous n’avions pas de traducteur attitré. Lorsque personne n’était disponible, nous ne pouvions pas aller sur le terrain. L’autre chose est qu’au bout de trois semaines, la saison des pluies a démarré et c’est le moment où les agriculteurs sèment. Ils étaient donc très occupés et nous n’avons pas pu réaliser beaucoup d’entretiens à ce moment-là.

Que représente pour vous le fait de s’engager ?

Karelle – Mission Rwanda: Pour moi, s’engager c’est essayer de mettre en place des solutions face aux problématiques que l’autre rencontre et c’est aussi faire en sorte qu’une fois seule, cette personne puisse être autonome. C’est comme cela que je vois l’engagement dans la solidarité internationale. Je me vois bien continuer là-dedans. Cela m’apporte de la satisfaction à savoir qu’avec des moyens assez limités, on peut arriver à trouver des solutions et à mettre en place des dispositifs qui vont permettre à des personnes dans le besoin de pouvoir s’en sortir.

Julie – Mission Haïti : Pour moi, l’engagement c’est faire avancer les choses. Comme le dit Karelle, on participe à des missions assez courtes, et lorsque l’on repart l’activité continue à se développer et il n’y a pas une assistance.

Pierre – Mission Haïti: Je pense que c’est avant tout créer des partenariats, et échanger des connaissances avec des partenaires locaux. C’est aussi leur apporter des choses qui pourront leur servir dans le futur, en termes logistique ou organisationnelle. Si un jour les partenariats cessent, il y aura quand même tout un bagage que le partenaire aura emmagasiné et qui restera sur le long terme.

Mots clefs : Agricultures paysannes, Lutte contre la pauvreté, Respect de l’environnement
Chaque contribution fait explicitement référence à au moins trois mots clefs du projet associatif de Frères des Hommes

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Infos de l'auteur

Cordélia Montenon

Cordélia est chargée de communication au sein de l'équipe de Frères des Hommes

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