Redorer le blason de l’engagement citoyen

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Démocratie, ce beau concept, issu de la Grèce antique et qui signifie littéralement le pouvoir au peuple, apparaît, selon moi, tant galvaudé ces derniers temps.

Que les messages de nos « chers candidats » étaient persuasifs pour marteler nos cerveaux sur les bienfaits démocratiques des primaires. Formidable symbole en effet que ce déplacement de millions de citoyens, qui de tous bords confondus ont choisi leurs représentants, ou celui du camp adverse (et oui, on peut même aller élire l’adversaire de son choix…), sans oublier au préalable de mettre une pièce dans la cagnotte des partis !!
Payer pour voter ! Personne ne s’offusque ? Serait-ce un petit clin d’œil au vote « censitaire » de 1791 où seuls les hommes actifs pouvaient prétendre élire leurs représentants de la monarchie constitutionnelle ?

Mais que trouve-t-on à redire ? La politique fait son chemin, s’adapte, innove… Certes, mais elle semble perdre au fur et à mesure sa véritable mission qui reste celle de gérer la cité et de responsabiliser les citoyens que nous sommes. La politique est devenue un métier et les élections sont avant tout nécessaires pour conforter le statut des hommes qui sont censés nous représenter.La démocratie représentative s’éloigne de l’intérêt de tous pour se construire au profit d’une élite minoritaire.

« Indignez- vous ! » Stéphane Hessel nous a pourtant laissé un message clair en 2010. Dans cet essai, il convie chacun de nous à ne pas accepter le creusement des inégalités de richesses, regrette le poids du monde financier dans les choix politiques et dénonce l’affaiblissement de l’héritage social du Conseil national de la Résistance. Le livre a enthousiasmé la critique, animé les débats médiatiques mais qu’en ressort-il, finalement ? Une abstention grandissante, un rejet progressif et un dénigrement réel des citoyens vis-à-vis de la sphère décisionnelle.

Dans ce marasme, des expériences électorales ou citoyennes se veulent conquérantes pour offrir des alternatives. Mais il apparaît difficile de combattre un tel système ! « Syriza » en Grèce, « Podémos » en Espagne ou « Nuit debout » en France, les tentatives européennes ne manquent pas pour essayer de redonner du sens aux voix du peuple. Et pourtant, elles restent pour le moment sans voie !

Comment peut-on encore redorer le blason de l’engagement citoyen ? Cette valeur universelle dont on vante tant les qualités peut-elle offrir des solutions crédibles aux modèles dominants ? Des propositions voient le jour et se mettent en place, que ce soit dans les sphères économiques, politiques ou sociales et tels des petits colibris, si chers à Pierre Rabhi, elles tracent des chemins réjouissants.
Créons donc les espaces ou engouffrons-nous dans ceux qui ont fait leur preuve et dans lesquels la place de l’humain est prise en compte et valorisée. Mais dépêchons-nous, car le rouleau compresseur et destructeur mis en place par « nos » élites ne nous attendra pas… Les derniers accords du CETA récemment adopté par le Parlement européen le 15 février dernier en sont une nouvelle illustration !

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Infos de l'auteur

Luc Michelon

Luc Michelon est membre de Frères des Hommes.

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