Frères des Hommes : aide, développement et transformation sociale

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Ces trois mots peuvent résumer les actions et la transformation de FdH depuis 50 ans. Cette évolution, a été façonnée par des réalités internes à l’association (fonctionnement, la vie des équipes, des moyens de financement…) et des changements des contextes externes (politiques de relations internationales, prise en compte d’une solidarité internationale dans les domaines de l’environnement, d’un développement durable, de la sécurité alimentaire, des inégalités sociales…)

Ne plus raisonner entre celui qui donne et celui qui reçoit

Nos missions sont passées de l’aide et des actions ponctuelles et individuelles pour lutter contre la pauvreté à des actions en partenariats pour le développement, pour lesquelles l’association a un rôle de bailleur. Progressivement ces démarches se sont inscrites dans des actions collectives et solidaires. Force est de constater qu’elles révèlent des situations et interrogations très voisines, au Nord et au Sud.
Les rencontres partagées en France avec nos partenaires du Sud, sur l’agriculture paysanne, sur la situation des femmes, sur la formation, illustrent bien à la fois la dimension de la solidarité sur les convergences des situations Nord-Sud mais aussi les réflexions et les solutions pour appréhender des problématiques
Nous rentrons actuellement dans une aire où de manière concertée et partagée nous accompagnons des projets avec un rôle de co-construction. Si nous avons toujours un regard sur le Sud, l’évolution à terme c’est de pousser aussi ce partenariat vers la réflexion et l’action au Nord. Ce virage est très fort car il nous amène à ne plus raisonner dans un positionnement entre celui qui donne et celui qui reçoit, entre le Nord et le Sud, c’est un changement culturel que nous constatons au travers des réalités d’action mais aussi dans le travail réalisé sur le projet associatif, et actuellement, sur les orientations stratégiques. Cette évolution, il nous faut l’assimiler collectivement de façon à l’exprimer et à la communiquer pour qu’elle devienne notre identité.

De manière rétroactive, on matérialise ces changements, du volontariat dans les années 1960 soutenues par des aides financières à la gestion de ces aides financières avec nos partenaires, montrent aussi les évolutions nécessaires en termes de compétences pour nos salariés notamment dans le suivi de la mise en œuvre des projets.
La compétence en gestion (projet, formation, comptable…) est indispensable pour s’assurer de la réalisation d’une action et d’un résultat « formel ». L’enjeu n’est plus seulement dans le contrôle, la justification de la réalisation de taches ou de la bonne utilisation de fonds, indispensables dans nos relations partenariales, mais aussi dans la mise en œuvre d’actions qui relèvent d’un besoin pour des personnes organisées ou non en collectif. Le résultat du projet doit se mesurer dans l’acquisition réelle de nouvelles connaissances et dans la capacité à évaluer l’impact d’une action et pas seulement sur un appui financier. Il nous faut admettre que l’approche gestionnaire, si elle est indispensable, n’a aucun sens si nous ne sommes pas capables de considérer que le point important est l’appropriation réelle de connaissances pour permettre à des personnes d’avancer individuellement et collectivement vers un objectif commun. Avec nos partenaires, nous découvrons et mesurons maintenant ce que recouvre ces nouvelles relations partenariales dans la mise œuvre de ces processus de formation.

Rester acteur comme militant, donateur ou salariés pour la transformation sociale

Un des enjeux pour Frères des Hommes n’est pas de laisser une porte ouverte à la professionnalisation souvent nécessaire dans la mise en œuvre des actions et projets mais de rester acteur comme militant, donateur ou salariés pour la transformation sociale. Il ne s’agit pas d’être dans un rapport de force ou de « compétences » pour atteindre un objectif, mais bien dans une nécessité de considérer que la transformation sociale sera le résultat d’actions diverses et qu’elle n’a aucun sens si elle n’est pas issue de dynamiques et de collectifs pour l’associer à un mouvement qui a des dimensions universelles. La construction d’un processus de formation à la découverte et à la pratique de la solidarité internationale, demande certes des méthodologies de travail en cohérence avec nos principes d’action pour remplir nos missions mais ces formes d’action vers lesquelles nous nous engageons avec nos salariés, ne sont pas les seules pour contribuer à la transformation sociale.

Nos engagements individuels et mutualisés au sein de la constitution d’une équipe ont eu comme fil conducteur l’aide et l’accompagnement de projets par la recherche de financements souvent auprès du grand public et par la même, de mener des actions de sensibilisation sur des réalités au Sud. Une équipe suivait un projet souvent matériel et son résultat. Même si la démarche n’était pas complètement différente de celles menées dans les projets nationaux, elle relevait d’une stratégie individuelle du groupe et de l’association. Si cette approche d’action peut être encore un objectif de fonctionnement, il faut la resituer dans une approche globale et partenariale de la transformation sociale. Au plus près des réalités au Nord, nous sommes aussi en mesure d’être à l’écoute de réalités et besoins locaux qui peuvent nous amener à être acteur dans des actions et dont l’évaluation d’un résultat s’inscrit dans le développement de l’autonomie des personnes. Nous nous ouvrons actuellement un champ d’activité qui nous amène, en tant que militant, à rechercher des nouvelles logiques de partenariats. La dynamique de ces initiatives trouve un sens dans celle de la transformation sociale par des démarches participatives et partagées.

Ces perspectives de réflexions et d’initiatives qui s’ouvrent, nous permettront de se ré-approprier pleinement notre identité en tant que Frères des Hommes.

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Infos de l'auteur

Philippe Roussel

Philippe Roussel est membre de Frères des Hommes

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