En me rendant aux festivités organisées par le Forum des Paysans de Batang (une organisation paysanne de base membre de KPA) pour la fête de l’indépendance de l’Indonésie le 17 aout, j’ai rencontré une jeune femme étonnante, Amalinda, avec qui je me suis très vite liée d’amitié.
Amalinda travaille dans un domaine tout autre que celui de l’agriculture et de l’accès à la terre. Elle fait actuellement, dans le cadre de son doctorat en sciences sociales, une recherche sur le rôle que jouent les nouveaux entrepreneurs indonésiens dans la classe politique émergente, en étudiant le cas des entrepreneurs dans le domaine du batik. Le batik (qui est un mot javanais) est une technique d'impression des étoffes, pratiquée en Indonésie mais aussi en Inde, Chine, Sri Lanka, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Togo, à l'île Maurice et Madagascar.
Mais qu'est-ce donc que le batik???
Le batik traditionnel est un véritable art de patience et de minutie. Le procédé consiste d'abord à copier des motifs sur du tissu (en général de la soie ou du coton) en utilisant du carbone, puis à appliquer de la cire fondue sur les endroits qui doivent être préservés de la couleur ce qui permet de préserver des zones plus claires. La cire est appliquée à la main avec un petit instrument en bambou avec une tige en cuivre (le canthing) qui contient un petit réservoir pour la cire. Bien sur la taille de l'aiguille en cuivre est différente selon si le tracé du dessin doit être fin ou plus épais.
Les patrons : les dessins sont ceux du fils de cette dame, inspirés par la vie quotidienne indonésienne et les fleurs qui forment le contour sont des motifs indonésiens très traditionnels

Les employées recouvrent les contours des dessins avec de la cire à l'aide du petit outil en bambou
Les modèles réalisés ainsi sont des modèles uniques. Il existe aussi une autre manière artisanale, plus rapide et qui permet de réaliser un même modèle plusieurs fois, en utilisant des tampons en cuivre imprimant directement le motif sur le tissu.

Gamelle contenant la cire au dessus d'un réchaud à gaz plutôt artisanal... Le tampon est posé dans la cire pour s'imbiber avant l'emploi.

Les tampons en cuivre : ces tampons ne sont plus fabriqués à l'heure actuelle, ceux là sont assez anciens.

Ensuite les tissus sont plongés dans des bains de teintures en commençant par les tons les plus clairs.

Une fois une couleur appliquée, les tissus sont plongés dans un bain d'eau bouillante avec une solution spéciale pour enlever la cire, puis les tissus sont rincés à l'eau froide.

Quand la solution ne peut pas enlever toute la cire, le reste est enlevé à la main, en chauffant un petit instrument pointu et en appliquant localement la solution.

Les tissus sont ensuite mis à sécher. Une fois le tissu sec, l'opération peut être renouvelée avec une autre couleur : c'est à dire qu'on recouvre une nouvelle fois de cire les endroits qui ne devront pas être colorés avec la prochaine couleur, on teinte, on enlève la cire, on rince et on fait sécher... Cette opération est répétée autant de fois que nécessaire pour l’obtention des couleurs et motifs désirés.

Au final on obtient un tissu où se mêlent différents tons ou contrastes juxtaposés ou superposés, formant toutes sortes de motifs. Quand un morceau est réalisé entièrement à la main, cela peut prendre jusqu'à 4 mois. Quand il est réalisé avec un tampon en cuivre, cela va un peu plus vite, il faudra alors d'une à deux semaines pour le réaliser, suivant si le nombre de couleurs est important ou non. Un atelier ne peut pas produire plus de 400 pièces par mois, alors que dans l'industriel on parle de 2000 pièces par jour! A des prix défiant toute concurrence on l'aura bien comprit...
Et voilà ce que ça peut donner...
Ces deux morceaux sont réalisés entièrement à la main
Ceux là sont réalisés au tampon en cuivre

Il existe d’autres façons d'exercer le batik de manière non traditionnelle soit en appliquant la peinture directement sur le tissu avec des outils (pinceau, aérographe...) ou de manière industrielle ce qui permet certes un rendement largement supérieur mais n'a plus aucun attrait artistique.
Cet art a atteint son apogée dans le batik javanais (c’est-à-dire originaire de l’ile indonésienne de Java), le plus élaboré de tous. Les hauts lieux de la fabrication, encore très artisanale sont donc à Java, où l'on distingue 2 grands styles : celui des villes royales de Solo et Yogyakarta dans le centre de l'île et celui de la côte nord, notamment à Pekalongan.
Pendant ma dernière semaine passée en Indonésie j’ai eu la chance d’accompagner Malinda dans sa recherche à Pekalongan et à Solo et d’aller à la rencontre d'entrepreneurs, mais aussi des travailleurs et travailleuses, qui ont su me faire apprécier la délicatesse et la complexité de cet art.
Les origines du batik remontent à un peu plus de mille ans. Le batik s’est développé principalement grâce à de nombreuses entreprises familiales qui ont transmis leurs savoirs de génération en génération. C’est dans les années 1960 que cette activité a le plus prospéré. A cette époque, après avoir acquis l’indépendance, Soekarno (le premier président de la République d’Indonésie) voulu développer l’économie du pays en promouvant plus particulièrement la participation des autochtones, et ce pour contrer le monopole chinois sur la plupart des secteurs. Soekarno instaure alors une politique protectionniste et alloue des aides aux familles ou petits entrepreneurs indigènes désirant démarrer une activité économique.
Dans certaines villes comme Pekalongan, on assiste alors à une véritable explosion de petites fabriques artisanales et familiales grâce aux subventions données par l’état pour obtenir les matières premières (coton, soie, teintes, tampons, petit outil etc.). Bien sur il y eut de nombreux abus : certains n’hésitaient pas à acquérir tout le matériel nécessaire sous couvert de monter leur propre « entreprise » et revendaient le tout à des entrepreneurs chinois qui n’avaient, eux, plus du tout accès aux matériaux du fait de la politique protectionniste. La désagréable conséquence de ces petites manœuvres a été que ces gens qui ont préféré un profit rapide plutôt que de s’installer dans une activité économique durable, se retrouvèrent sans ressources quand Soeharto prit le pouvoir au milieu des années 1960 et mit fin à la politique protectionniste. Alors que les familles qui s’étaient lancées dans ce métier, même si elles ont dû faire face à une concurrence féroce et déloyale parce que Soekarno, à l'inverse de son prédécesseur, distribua des aides uniquement aux industriels et investisseurs étrangers pour développer le batik industriel et semi-industriel, réussirent plus ou moins à vivoter à travers les 30 ans de dictature et beaucoup relancèrent leur activité avec succès dans les dix dernières années.
De Pekalongan à Solo...
Mes aventures avec le batik ont débuté à Pekalongan où le batik représente 80% des activités économiques de la ville. J'ai suivi Amalinda dans ses visites des ateliers de la ville, mais aussi des boutiques qui vendent ce qui est produit dans les ateliers. J’ai constaté que cette activité était beaucoup basée sur le genre : ce sont les femmes qui recouvrent de cire les traits dessinés et ce sont les hommes qui s’occupent de teindre les tissus, couleur après couleur. On ne retrouve pas dans les ateliers traditionnels d’hommes accomplissant les tâches des femmes et vice versa. J’ai découvert que les femmes qui travaillent dans ces ateliers travaillent 6 jours par semaine pour un salaire de 15 000 roupiahs par jour (soit environ 1€), ce qui parait peu mais est en fait bien supérieur à ce que gagne une femme employée dans une plantation de thé par exemple. Les hommes eux gagnent un peu plus, entre 20 000 et 30 000 roupiahs par jour, mais leur travail est plus pénible et surtout ils s’exposent à plus de risques sanitaires puisqu’ils n’ont aucune protection quand ils manipulent la cire fondue bouillante dans des gros tonneaux en fer qui éclatent parfois, et que peu portent des gants pour manipuler les colorants chimiques. Quand aux propriétaires et petits entrepreneurs avec qui j’ai pu discuter, leur problème majeur est celui de ne pouvoir maitriser toute la chaine du batik de la conception à la vente au grand public et donc de ne pouvoir s’assurer des recettes correctes. En effet, ils fabriquent ces merveilleux tissus et les revendent à prix cassés à des boutiques, qui à Pekalongan pratiquent des prix jusqu’à 4 fois supérieurs à ce qu’ils les ont acheté, et à Jakarta cela s’élève entre 10 et 30 fois supérieurs selon les boutiques.
C’est pour cela qu’à Pekalongan, certains entrepreneurs ont décidé de s’associer dans l’idée de former une petite coopérative et d’essayer d’assurer eux-mêmes la vente de leurs produits. C’est ainsi que j’ai pu me joindre à eux pour aller rendre visite à une coopérative déjà fonctionnelle dans l’autre région principale du batik, à Solo, à quelques 8 heures de route de Pekalongan. J’ai donc prit la route avec Amalinda, 6 entrepreneurs, 1 fonctionnaire de la ville de Pekalongan, 1 homme d’affaire (présent pour apporter ses compétences en tant que gérant), tous membres du comité de l’organisation qu’ils venaient de créer. Leur visite à Solo avait pour but de découvrir comment s’organisait la coopérative (constituée de 24 ateliers de fabrication de batik), d’apprendre de leur expérience et voir ce qu’eux pourraient en retirer pour leur futur coopérative.
Le repas avec mes compagnons de voyage : au menu soto (bouillon de poulet avec des oignons frits et des petits légumes, c'est délicieux!!!) pour tout le monde...

Ella, propriétaire d'un petit atelier à Pekalongan, qu'elle a hérité de ses parents, qui eux-même avaient hérité de leurs parents. Ella est aussi secrétaire de l'organisation.

Amalinda et moi.

Nous avons d’abord été conviés à assister à une présentation de la coopérative de Solo qui existe depuis septembre 2007, puis à un petit tour du quartier pour voir les différents ateliers.

Le président de l’association de Solo (IPAL) nous a raconté comment il avait été très difficile pour eux de s’organiser en coopérative au début car les propriétaires des ateliers se voyaient comme des concurrents et ne souhaitaient pas forcément travailler ensemble. Alors ils ont décidé de se réunir dans la perspective de développer leur village : en fait il s’agit d’un quartier de Solo qui est la quatrième plus grande ville d’Indonésie, mais les indonésiens appellent les quartiers, des villages ; ils ne font pas de distinction de vocabulaire entre un quartier et un village de zone rurale. L’idée qu’ils ont eu était donc d’associer les 24 ateliers du village dans le but de commercialiser eux-mêmes les produits qu’ils fabriquent.
Petit à petit, leur idée de départ s’est transformée et ils ont prit le parti de développer leur activité économique en y mêlant l’histoire du quartier, de la ville, de la région. Ainsi en visitant ce quartier, on peut bien sur voir comment ils travaillent dans leurs ateliers qui sont ouverts au public, mais un guide peut vous accompagner pour connaître l’histoire des maisons de type colonial, savoir à quelles familles elles ont appartenu à travers les siècles, comment elles ont été transformées etc. L’organisation œuvre aussi pour conserver ces vieilles maisons coloniales dont beaucoup tombent en ruine car elles coûtent trop chères à entretenir. Ils essaient de trouver des fonds extérieurs pour les rénover un minimum et mettent eux aussi la main à la pâte. Ils ont d’ailleurs récemment reçu un petit financement de l’UNESCO pour retaper 3 maisons et ainsi préserver leur patrimoine historique et culturel. En général, ils encouragent chaque famille à découvrir l’histoire de leur maison et par conséquent de leur famille et ancêtres pour promouvoir aussi ce côté là de la culture indonésienne. Ils espèrent ainsi, par la conservation des maisons, être un jour élu « village culturel » par l’UNESCO et pensent louer chaque maison rénovée à des touristes de passage et reverser les sommes gagnées par la location à l’organisation pour rénover d’autres maisons et développer encore plus le quartier.
Grâce à l'organisation, on peut également s’instruire sur l’histoire de Solo, savoir par exemple que jusqu'à l'indépendance de l'Indonésie en 1945, Solo (aussi appelée Surakarta) était après 1743, le siège d'une cour royale, car dans la tradition royale javanaise, quand un malheur arrivait au royaume, le roi déplaçait la capitale et Paku Buwono II (le Roi de l'époque) avait alors choisit un lieu au bord du fleuve Solo pour y installer la cour royale ; ou encore que Solo a été l’une des villes les plus lucratives dans le passé car elle se trouve sur l'une des deux principales voies ferrées de Java, celle qui relie Jakarta à Surabaya par le sud en passant par Bandung.
L’organisation a aussi voulu développer la culture locale en organisant par exemple des concerts avec des groupes locaux qui ne sont soit plus trop populaires parce qu’un peu passés de mode, ou au contraire qui débutent tout juste et peuvent ainsi se faire connaître un peu. L’organisation a aussi mis en place un petit centre de formation pour offrir des cours ludiques sur l’art du batik où les participants peuvent réaliser leurs propres produits. Chaque atelier permet aussi aux visiteurs d’apprendre la signification des motifs, car chaque motif a son histoire propre. D'ailleurs d'une ville à l'autre, les motifs sont très différents et les teintes aussi. Le batik n’est pas un simple bout de tissu, c’est un véritable héritage culturel.
Le but est aussi de donner envie aux jeunes de reprendre des affaires et de poursuivre dans cette voie pour préserver le batik comme une activité artisanale et pour que le batik industriel ou semi-industriel, pratiquement dénué de toute substance artistique et historique, ne soit pas le seul à être distribué.
L’organisation a récemment obtenu le soutien financier d’une ONG allemande pour mettre en place un système d’épuration collectif. Construit il y à six mois, ce système constitue un projet pilote, qui s’il marche bien, sera répété dans d’autres quartiers de Solo. L’ONG allemande a procuré les fonds nécessaires pour la mise en place mais le maintien du système est à l’unique charge des ateliers, chacun donnant à peine 40 000 roupiahs par mois (2.50€). Grâce à ce système d’épuration, les produits chimiques (provenant principalement des teintures) ne sont plus déversés dans les rivières, méthode utilisée par la plupart des ateliers. L’idée d’IPAL (l’organisation du quartier) est d’avoir un environnement sain. Tout un travail de communication est donc fait en amont pour prôner pour l’utilisation de teintures plus naturelles et pour recycler les déchets ménagers.
En gros, ils ont essayé de se réunir autour d’un projet commun qui n’est pas axé autour de la compétition mais de l’entre-aide et du commun, pour le bénéfice dans le long terme de tout le quartier. Le côté historique est pour eux aussi un concept de tourisme qu’ils appellent le « tourisme intégré », c’est-à-dire intégré à leurs activités déjà existantes autour de la production de batik. Ainsi ils ont développé toutes sortes d’activités annexes qui ont pu offrir des emplois à d’autres habitants du quartier.
D’abord les propriétaires des 24 ateliers du quartier ont mis en place une stratégie de promotion centralisée avec la création d’une salle d’exposition commune où chacun peut exposer quelques-uns de ses modèles et les offrir à la vente. Ils se sont aussi mis d’accord sur les prix à pratiquer pour qu’il n’y ait pas de concurrence déloyale et pour que les clients s’y retrouvent d’un atelier à l’autre. De plus, ils agissent de manière plus décentralisée en gardant chacun un espace dans son atelier pour un petit point de vente et ils exposent leurs propres modèles mais aussi ceux des 23 autres ateliers. Leur espérance est d’avoir un quartier où toutes les productions seraient distribuées équitablement et par eux-mêmes, sans autres intermédiaires ce qui leur assure non seulement un meilleur revenu mais aussi des prix beaucoup plus bas pour les consommateurs. Et afin d'être visible, ils ont conçus une carte du quartier indiquant les ateliers, les attraits touristiques et autres qu'ils distribuent sur des petits flyers publicitaires.

L’organisation fonctionne selon un système « d’adhésion ouverte ou fermée ». C’est-à-dire que tous les habitants du quartier sont tous désignés d’office comme membres puisque l’organisation concerne le quartier entier. A ce titre, les habitants peuvent se joindre à toutes les réunions et prendre part à la prise de décisions concernant le quartier. Mais l’adhésion est fermée en ce qui concerne la coopérative d’ateliers et si un atelier veut intégrer la coopérative il doit alors payer une légère côtisation reversée à l’organisation. Ils renouvèlent le comité d’administration de l’organisation tous les 5 ans et se réunissent tous les 25 du mois sans faille, que cela tombe pendant des vacances, des élections, des jours fériés ou non. Pour les réunions mensuelles, ils font de la publicité dans le quartier mais aussi dans les autres quartiers de la ville et chaque atelier paie 100 000 roupiahs à l’organisation pour être dans la brochure de l’évènement et se faire ainsi un peu de publicité.
Afin de développer toutes ces activités annexes, ils n’ont reçu aucune aide de la ville ni des pouvoir publics locaux. Ils ont reçu une aide assez maigre du gouvernement provincial. Ils préfèrent être plus indépendants et avoir une marge de manœuvre assez large alors ils se sont essayer à la récolte de fonds auprès des ONG internationales, mais aussi auprès des entreprises et autres artisans du quartier et des quartiers environnants. Pour cela ils ont installés dans tout le quartier des grands panneaux publicitaires en verre et demandent une contribution aux entreprises ou artisans locaux souhaitant afficher leurs infos et leurs contacts. Pour le reste ils valorisent d’autres types de contributions : le travail bénévole mais aussi les idées pour développer le quartier, et suscitent régulièrement tous les habitants pour contribuer eux aussi à leur manière et participer comme ils peuvent.
La visite de ce quartier de Solo a complètement bluffé le petit groupe de Pekalongan et je dois dire que j'ai été moi-même très impressionnée par tout ce qu'ils ont réussi à mettre en place pour promouvoir leur activité et pour faire vivre le quartier entier de cette activité. Grâce à eux beaucoup de familles ont démarré une activité : des couturiers se sont mis à leur compte et reçoivent même plus de commandes qu'ils ne peuvent en satisfaire ; des personnes ont été formées à la vente ; les jeunes apprennent à dessiner et vendent leurs dessins etc. Un bel esprit d'initiative en tous cas.
J'ai été frappée de voir que ces gens n'ont pas attendu que leur activité ne marche plus et que le quartier se désintègre pour prendre les choses en main et le développer. C'est une belle leçon de projet bien pensé et bien monté et de réussite qu'ils donnent à ce groupe de Pekalongan qui n'est pas, lui, encore très bien organisé. De plus, j'ai rencontré des gens soucieux de leur environnement et du traitement des déchets, ce qui est un problème majeur en Indonésie. Dans les villes traversées par une rivière ou un fleuve, les ordures ménagères, comme celles des industriels, sont simplement déversées dans les rivières. Il n'existe pas de ramassage des ordures, ce sont les ménages et les entreprises qui doivent eux-même se débarrasser de leurs déchets. Quand ils n'ont pas de cours d'eau à portée de main, ils les brûlent, ou pire les entassent dans un coin du quartier, à la portée des enfants et des animaux. Dans les campagnes indonésiennes, les habitants des villages repoussent les ordures aux extrémités des villages et elles restent là non traitées des années durant. C'est une vrai catastrophe qui m'a choqué tout au long de mon séjour et qui, je pense, va prendre des ampleurs ingérables dans l'avenir proche. C'est pourquoi j'ai été très contente de voir qu'à leur niveau local, les personnes de ce quartier de Solo, essaient de gérer leurs déchets et surtout font de la prévention et de la sensibilisation aux habitants. J'espère que l'équipe de Pekalongan s'inspirera de cela!
A Solo, les hommes aussi peuvent passer les dessins à la cire, pas comme à Pekalongan où cette activité est exclusivement féminine

Les maisons coloniales

La petite troupe de Pekalongan continue sa visite du quartier...

La « troupe » de Pekalongan a beaucoup profité de cette journée passée à Solo et a décidé dans un premier temps d’élaborer une base de données sur Pekalongan pour recenser le nombre d’ateliers de batik, le nombre de vendeurs de matières premières, de couturiers etc et d’inscrire tout ça sur une carte à l’instar de ce qui a été fait par l’organisation de Solo. Ils voudraient aussi recenser le nombre de vieilles maisons coloniales se trouvant à Pekalongan, rencontrer les familles qui en sont propriétaires et réfléchir s’ils peuvent s’organiser ensemble. Pour eux ce n’est qu’un début mais en tous cas l’envie de maitriser un peu mieux toute la chaine du batik et de faire découvrir leur art et leurs traditions est bien là. Bien sur, ils n’ont pas les fonds nécessaires pour développer tout cela mais on peut espérer qu’ils trouveront un peu d’aide auprès d’une organisation internationale. Un petit appel à Frères des Hommes pour développer un nouveau partenariat indonésien et développer la petite ville de Pekalongan où le chômage touche à l’heure d’aujourd’hui plus des deux tiers de la population ? Qui sait…. ;)
Photo de groupe avec les membres de l'organisation de Pekalongan (mes compagnons de voyage) et trois membres de la coopérative de Solo après la visite des ateliers de Solo et du musée retraçant la vie du batik, très très belle journée et très instructive pour moi...
